perception du son d'un instrument IL nous reste à voir les deux derniers maillons de la chaine avant d'attaquer les capteurs électroacoustiques, ces derniers mateurs dont certains sont phycillons ne dépendent pas du luthier ou du fabriquant de cordes mais de beaucoup de facteurs dont certains sont physiologiques et donc très complexes: - l'oreille, dont la sensibilité est variable,
- le lieu d'écoute qui sera absorbant, réflechissant, réverbérant ... et modifiera les sensations d'écoute.
l'oreille
L'analyse des caractéristique d'un signal acoustique par des procédés techniques ne présente plus de problèmes actuellement, on peut mesurer sans peine les intensités, les fréquences, les phases, les durées... mais quand il sagit de quantifier ces caractéristiques avec nos oreilles, le problème est différent, car la variation d'une seule de ces grandeurs correspond à un effet perceptif complexe, les éléments intervenants les uns sur les autres.
caractéristiques de l'oreille Notre oreille est un outil très performant pour l'analyse globale d'un signal. nous allons étudier les différents paramètres qui régissent notre ouïe qu'ils soient physiques ou psychiques.Nous relierons ces points à la perception des timbres d'instruments et de jugements sur leur qualité, ainsi qu'à l'écoute et appréciation d'oeuvres musicales Nous reparlerons des lieux d'écoute dans le chapitre suivant, mais une parenthèse s'impose dès maintenant pour rappeller que l'angle d'écoute du musicien et celui de l'auditeur est complètement différente et l'appréciation d'un timbre ne se fait pas du tout dans les mêmes conditions. sensibilité
Elle dépend de la bande de fréquences ou se situe le signal, nous avons une sensibilité maximum dans un intervalle situé entre 2000 et 4000 hertz, ensuite elle décroit très vite dans les hautes et basses fréquences (>10000 Hz et < 50 Hz) de même notre courbe d'écoute varie selon la pression acoustique qui agit sur nos tympans, les courbes dites de "Fletcher" nous montre ces différentes sensibilités selon les niveaux d'amplitude.
Ces différences expliquent entre autre la présence du filtre physiologique (loudness) sur les amplificateurs de chaînes Hi-Fi.
Notre sensibilité varie également très fort avec l'âge, si on perçoit des aigües à une fréquence de 18000 Hz à quinze ans, à quatre vingt ans, on entend plus que 3000 Hz comme maximum d'aigües.
la sensibilité différentielle
Nous sommes également capables de percevoir des variations minimes des informations que nous recevons: - un intervalle de 1/300èmed'octave (1 savart) pour les intervalles mélodiques. - 0.5 Db (décibel) pour les différences d'intensité. - 1 mS (milli seconde) comme plus petit intervalle entre deux notes. - un décallage de 0.5 mS entre les deux oreilles, ce qui nous permet une très bonne localisation d'un signal dans l'espace.
Ces différentes considérations montrent que la perception d'un signal acoustique est très complexe, deux sons de mêmes fréquence et intensité seront perçus de manières très différentes si l'un d'eux possède des harmoniques situés dans la zone des 3000 Hz, nous le percevrons beaucoup plus intense. Ces phénomènes sont d'ailleurs utilisés par les musiciens: dans un crescendo, les sons faibles sont quasi sinusoïdaux et plus l'amplitude augmente, plus les harmoniques sont présents, ce qui renforce la sensation de puissance.
De même, un chanteur "placera sa voix" en dévelloppant des harmoniques dans cette zone privilégiée, par contre une sourdine sur un instrument atténuera cette même zone.
perception des hauteurs de notes
L'oreille perçoit bien la hauteur d'un son, mais celle ci est dépendante du contenu spectral (harmoniques), un son riche en harmonique paraîtra plus aigu qu'un son pauvre. Entre 1000 et 4000 Hz, le fait de doubler la fréquence d'un son donne l'impression d'un intervalle plus petit que l'octave; ces phénomènes doivent être pris en compte par les accordeurs de piano qui travaillent à l'oreille, si on procède à un relevé des notes d'un piano avec un fréquencemètre on se rend compte que la dernière octaveest accordée avec un écart croissant par rapport à la justesse physique.
Les accordeurs électroniques ne sont d'ailleurs jamais prévus pour travailler dans cette gamme car ils travaillent avec des mesures physiques.
Le passé de nos oreilles
Les sensations que nous percevons à l'écoute d'un son tiennent compte d'expériences antérieures, selon les éléments mémorisés dans notre passé, notre jugement pourra se modifier. Ces informations mémorisées pourrons être lointaines mais aussi très proches; on peut baisser une note dans un mouvement mélodique descendant avec l'impression de justesse et inversément on pourra monter une note dans un mouvement ascendant; de même dans la perception des nuances, après un forté, il faut faire de grands écarts de nuance pour qu'ils soient bien ressentis. Dans les cas de jugement de sonorité d'instruments, un même instrument écouté après un instrument sourd ou après un instrument brillant ne sera pas reconnu par un auditoire, la comparaison de deux instrument doit d'ailleurs se faire en écoute croisée AB suivi de BA avec un petit laps de temps entre les deux écoutes.
et l'avenir ?
Il a aussi sont rôle à jouer car l'auditeur essaye de deviner les évènements à venir et adapte son écoute en fonction, il agit alors sur des bases physiologiques: - adaptation du niveau sonore à l'entrée de l'oreille par les muscles qui régissent l'articulation de la chaîne des osselets qui assurent la transmission des vibrations entre le tympan et l'oreille interne, ce phénomène peut jouer sur une variation de 30 décibels. - nous sommes capables également d'activer certaines cellules de l'oreille et ainsi de jouer sur la finesse d'analyse auditive, c'est cette propriété qui nous permet d'isoler plus ou moins un instrument dans un orchestre.
timbre et sonorité
Tout ce que nous venons de voir montre la difficulté pour une oreille de participer à une "mesure", à la notion de mesure se substitue celle de "proportions", d'ou la difficulté d'établir une correspondance entre le monde physique et celui des perceptions, et le cas de la perception du timbre se situe bien dans ce contexte.
Dans la physique, il s'agit d'analyses spectrale, dans la perception, on notera les changements de couleurs spectrale que le signal peut subir selon l'espace ou le temps. Les transitoires d'attaque, les bruits d'archet, de percussion d'un marteau de piano, de souffle d'un flûtiste... font partie du timbre tel que nous le percevons; si nous reproduisons un timbre synthétisé sans d'attaque, partiels ou bruits parasites caractéristique de l'instrument nous serons incapables de le reconnaître, notre mémoire sera mise en défaut.
voici une analyse d'une attaque de musclée de violon (dédut d'un adagio de J.S. Bach) le fondamental se situe à 290 Hz et la première raie visible après est un partiel d'attaque en hinharmonie avec la note, il y en à d'autre faites l'exercice de les retrouver!
Nous avons deux oreilles, ce n'est pas toujours un avantage car du fait de notre mobilité dans l'espace, les signaux reçus sont fluctuants, malgrés cela ,grace à notre mémoire, nous sommes capables d'élaborer une image sonore cohérente. Un dernier point par rapport au jugement d'un timbre ou de la qualité d'un instrument, le côté psychologique lié au design d'un instrument: un instrument de grande beauté sonnera mieux aux oreilles de certaines personnes chez qui les yeux participent activement à l'écoute, il faut toujours garder une grande objectivité et juger un seul critère à la fois.
Attention fragile !!
Nos oreilles sont un outil merveilleux et il est primordial de les préserver, de leur garder des caractéristiques optimales, on ne répetera jamais assez de faire très attention aux pressions acoustiques que l'on peut leur envoyer en écoutant d la musique à des niveaux démesurés (concert rock, balladeurs,...).
Rappelons quelques chiffres:
0 dB: seuil d'audition
25 dB: maison calme
60 dB: conversation normale
85 dB magasin et bureau bruyant
95 dB: métro, chutes du Nyagara
100 dB usine machines lourdes
120 dB: seuil de la douleur
190 dB moteur à réaction au décollage
Si nous regardons à nouveau les courbes de Fletcher, nous verrons que pour une écoute de 100 dB
en fréquence basse, nous serons au seuil de douleur dans la zone 1000 - 4000 Hz, de même ,
des écoutes prolongées d'un niveau élevé sera destructeur pour les tympans
!!!