L'histoire d'une femme qui, voulant fuir la routine, quitte son mari et décide de refaire sa vie en compagnie de sa fille, peut sembler banale.
Cependant, en lisant ce livre, j'ai eu comme l'impression d'être projetée dans un univers étrange, l'auteur insérant des descriptions et des impressions personnelles n'ayant aucun rapport immédiat avec l'histoire, et les trois générations - dont on ignore presque tout - ayant les mêmes indices impersonnels. J'ai alors eu envie de me rattacher à cette femme mystérieuse, vêtue d'une robe de plage, qui semble désorientée face à la menace du passé et l'espoir d'une vie meilleure. J'étais avec elle lors de la rencontre du maître nageur - passage où elle soulage et oublie les douleurs de l'amour face à sa future vie en Australie. Même si Marie Darrieussecq n'attache pas beaucoup d'importance aux sentiments, on les ressent fortement.
La mer joue un rôle primordial, car c'est ici que naît et s'installe l'espoir. On est fasciné par l'ampleur de la mer dans ce roman, où le "mal de mer" peut se traduire par cet "engloutissement", et le mouvement de la mer reproduit le mouvement de cette femme qui a besoin de nouveauté pour oublier le passé.
Mais ne serait-ce pas une folie purement égoïste d'aller refaire sa vie ailleurs sans se soucier de ses proches?
Maëlle CABIOC'H - Première L