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1946-1958 : des initiatives diverses

Les documents manquent et les souvenirs s'estompent sur la première décennie de la Renaissance du Vieux Lyon. On relèvera que l'association a été créée par un enseignant, François Palasse, professeur de lettres aux Lazaristes, fils d'un médecin très populaire dans le quartier. C'était le 28 octobre 1946.

Seuls les habitants des quartiers Saint-Jean, Saint-Georges et Saint-Paul pouvaient y adhérer.

Objectif: faire connaître et sauvegarder le patrimoine culturel de la rive droite de la Saône.

Un postier retraité, Henri Fuinel, présida à partir de 1956 l'association dont les membres se réunissaient au Café des Nageurs, quai de la Bibliothèque (aujourd'hui transformé en restaurant indien, sur le quai Romain Rolland).

Parmi les objectifs, l'association privilégiait la propreté du quartier, qui laissait alors beaucoup à désirer. Une petite subvention municipale (500 F par an !) était distribuée aux concierges pour les inciter à nettoyer les allées. Deux ou trois fois par an, à partir du début des années 50, l'association organisait, avec le Syndicat d'Initiative, des visites des cours et immeubles de Saint-Georges et Saint-Jean, sous la conduite de quatre érudits lyonnais de l'époque, Louis Jasseron, Martin Basse, Jean Beaumont et Bernard Le Nail.

L'un des objectifs du Président Fuinel était la disparition de ce qu'il appelait le "Village nègre" ou "les cabanes à lapins de l'OTL": il s'agissait des jardins ouvriers qui étaient implantés le long du Chemin Neuf.

Le maire, Louis Pradel, les supprima au début des années 60 lorsqu'il fit aménager la fontaine bétonnée du Chemin Neuf.

La Renaissance du Vieux Lyon organisait aussi des fêtes de quartier parmi lesquelles un cyclo-cross annuel à travers les rues et " montées " du Vieux Lyon, ce qui montre que rien n'est nouveau sous le soleil - même pas le VTT! Mais à la fin des années 50, sa caisse était vide et le nombre de ses adhérents réduit à sa plus simple expression.

Des initiatives diverses bientôt rassemblées

Parallèlement à cette association, d'autres groupes plus ou moins informels, cherchaient à attirer l'attention des lyonnais sur le Vieux Lyon.

L'un s'était constitué autour de Simone Pelosse, potière installée rue du Doyenné au début des années 50.

Son dynamisme et son enthousiasme communicatif attirèrent bientôt dans le quartier Saint-Georges un restaurant convivial ("La Joyeuse Bardane" - ce qui, en lyonnais, signifie "La Joyeuse Punaise"!), des galeries d'art ("Myrelingues" avec Félix Gachet, la Galerie Saint-Georges avec Denise Fessetaud-Mermillon) et divers ateliers d'artisans: Raymond Richard, "lieur" de livres, Alice Gaillard et Suzanne Reynes "tisseuses", Turin-Guinet, ferronnier; suivis par l'ouverture du "Petit Bouif", rue Saint-Georges, où les marionnettistes Jean Clerc et Jean-Guy Mourguet donnèrent un coup de jeune à Guignol.

Le préfet de l'époque, Roger Ricard, et son épouse, étaient de fidèles habitués des soirées de Simone Pelosse.

La Jeune Chambre Economique lyonnaise, qui réunissait quelques jeunes gens d'une trentaine d'années sous la présidence de Jean Perrachon, avait créé en 1955, à l'initiative de Marc Levin, bientôt rejoint par Régis Neyret, Michel Nicolas, Jean Clerc et Bernard Birot, une commission "Tourisme", qui choisit pour thème l'étude de l'intérêt archéologique et touristique du Vieux Lyon et les possibilités de réhabilitation de ce quartier déshérité.

Cette commission entreprit une enquête auprès des historiens, des journalistes et des autorités, entre en contact avec la Renaissance du Vieux Lyon et organisa des concours pour les scolaires et des visites. Elle créa, rue Saint-Jean, sous la direction de Michel Nicolas, une permanence d'information pour les habitants et les commerçants du quartier.

Le résultat fut la publication, en 1957, d'un rapport intitulé "Suggestions pour le Quartier Saint-Jean" qui eut un important retentissement. Il demandait en particulier d'associer le quartier aux fêtes du Bimillénaire de Lyon prévues pour 1958, et proposait pour la première fois un circuit de visite du Vieux Lyon dessiné par Jean Clerc. Le nouveau Maire, Louis Pradel, reçut favorablement les auteurs et leurs propositions.

De son côté, l'architecte des Bâtiments de France de l'époque, Robert Thévenot, était tout à fait sensible à l'intérêt du Vieux Lyon: il fut à l'origine, sous l'égide du préfet Roger Ricard, du premier "arrêté municipal" qui allait être voté en novembre 1960 pour la protection du quartier.

Enfin, le Syndicat d'Initiative, présidé par Paul Defond (Directeur Paul Gouttenoire, puis Paul Goujon à partir de 1958), bientôt soutenu par le premier Commissaire Régional au Tourisme Jacques de Place, s'intéressa alors activement au Vieux Lyon qui devait rapidement devenir le premier fleuron touristique de Lyon.

C'est Paul Defond qui eut l'idée de pousser Jacques Chaveyriat, administrateur du Syndicat d'Initiative et habitant du quai Romain Rolland, à prendre en 1958 la présidence de la modeste association de quartier Renaissance du Vieux Lyon pour lui donner, avec la participation des animateurs de la Jeune Chambre Economique, un nouveau dynamisme.

Il restait à fusionner ces diverses initiatives, ce que fit la nouvelle "Renaissance du Vieux Lyon" en 1958.


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