Parallèlement
à cette association, d'autres groupes plus ou moins informels, cherchaient
à attirer l'attention des lyonnais sur le Vieux Lyon.
L'un s'était constitué
autour de Simone Pelosse, potière installée rue du Doyenné au début
des années 50.
Son dynamisme
et son enthousiasme communicatif attirèrent bientôt dans le quartier
Saint-Georges un restaurant convivial ("La Joyeuse Bardane" - ce qui,
en lyonnais, signifie "La Joyeuse Punaise"!), des galeries d'art ("Myrelingues"
avec Félix Gachet, la Galerie Saint-Georges avec Denise Fessetaud-Mermillon)
et divers ateliers d'artisans: Raymond Richard, "lieur" de livres,
Alice Gaillard et Suzanne Reynes "tisseuses", Turin-Guinet, ferronnier;
suivis par l'ouverture du "Petit Bouif", rue Saint-Georges, où les
marionnettistes Jean Clerc et Jean-Guy Mourguet donnèrent un coup
de jeune à Guignol.
Le préfet de l'époque,
Roger Ricard, et son épouse, étaient de fidèles habitués des soirées
de Simone Pelosse.
La Jeune Chambre
Economique lyonnaise, qui réunissait quelques jeunes gens d'une trentaine
d'années sous la présidence de Jean Perrachon, avait créé en 1955,
à l'initiative de Marc Levin, bientôt rejoint par Régis Neyret, Michel
Nicolas, Jean Clerc et Bernard Birot, une commission "Tourisme", qui
choisit pour thème l'étude de l'intérêt archéologique et touristique
du Vieux Lyon et les possibilités de réhabilitation de ce quartier
déshérité.
Cette commission
entreprit une enquête auprès des historiens, des journalistes et des
autorités, entre en contact avec la Renaissance du Vieux Lyon et organisa
des concours pour les scolaires et des visites. Elle créa, rue Saint-Jean,
sous la direction de Michel Nicolas, une permanence d'information
pour les habitants et les commerçants du quartier.
Le résultat fut
la publication, en 1957, d'un rapport intitulé "Suggestions pour
le Quartier Saint-Jean" qui eut un important retentissement. Il
demandait en particulier d'associer le quartier aux fêtes du Bimillénaire
de Lyon prévues pour 1958, et proposait pour la première fois un circuit
de visite du Vieux Lyon dessiné par Jean Clerc. Le nouveau Maire,
Louis Pradel, reçut favorablement les auteurs et leurs propositions.
De son côté, l'architecte
des Bâtiments de France de l'époque, Robert Thévenot, était tout à
fait sensible à l'intérêt du Vieux Lyon: il fut à l'origine, sous
l'égide du préfet Roger Ricard, du premier "arrêté municipal" qui
allait être voté en novembre 1960 pour la protection du quartier.
Enfin, le Syndicat
d'Initiative, présidé par Paul Defond (Directeur Paul Gouttenoire,
puis Paul Goujon à partir de 1958), bientôt soutenu par le premier
Commissaire Régional au Tourisme Jacques de Place, s'intéressa alors
activement au Vieux Lyon qui devait rapidement devenir le premier
fleuron touristique de Lyon.
C'est Paul Defond
qui eut l'idée de pousser Jacques Chaveyriat, administrateur du Syndicat
d'Initiative et habitant du quai Romain Rolland, à prendre en 1958
la présidence de la modeste association de quartier Renaissance
du Vieux Lyon pour lui donner, avec la participation des animateurs
de la Jeune Chambre Economique, un nouveau dynamisme.
Il restait à fusionner
ces diverses initiatives, ce que fit la nouvelle "Renaissance du Vieux
Lyon" en 1958.