Françoise GRANGER
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Françoise Granger
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Née en 1952. Nationalité française.

Ecole Supérieure d'Arts Graphiques (ESAG) - PARIS.

Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts (ENSBA) - PARIS.

Françoise GRANGER entreprend des études artistiques à PARIS en 1970,après un baccalauréat de philosophie.Très influencée par le climat artistique de l'époque,elle s'éloigne rapidement de toute forme d'expressionisme,sensibilité qui ne lui convient pas.

Attachée à la forme,au dessin,à la structure,elle travaille essentiellement à partir de son environnement quotidien.Elle tente de raconter ce qu'il peut y avoir d'essentiel dans l'anecdote et de restituer à chaque chose ordinaire sa part de rêve.

Un univers manga, grave sous la farce

Des bébêtes pas si bêtes
Des hommes pas tout à fait hommes

Françoise Granger a beaucoup d'idées. Des idées à tout faire, la main à la pâte (à papier) et des mains à tout créer. Un art…isanat qui revendique son aspect déco. Servies par une spontanéité, un parler vif et une pratique assidue, les œuvres se suivent sans se ressembler.

Passant avec naturel et incongruité de la vache à la tortue, des poules aux éléphants, du « lapinodrome » à l'aquarium, elle enfante depuis une vingtaine d'années un joyeux bestiaire qui ne doit rien aux fermes et autres savanes par trop rebattues. Un univers manga, où formes et couleurs s'interpellent, qui côtoie celui des hommes et dénote ironie légère aussi bien que colère rentrée.

Si les animaux sont “de merveilleux prétextes à formes”, quelques figures humaines portent aussi en elles matière à l'indignation qui affleure souvent derrière le sujet. Sans trajectoire toute tracée ni prétentions conceptuelles, Françoise Granger lance des clins d'œil et préfère le rire aux larmes. Ce qu'elle aime, c'est proposer des histoires, fabulettes coquines ou apologues un rien politiques. Les titres parlent d'eux-mêmes sans trop en dire, laissant chacun interpréter comme il l'entend des œuvres coups de poing ou pieds de nez selon l'humeur du moment.

Surgi de nulle part ou de partout, tout un petit monde se met en branle au gré de la saison ou de l'actualité. Ainsi le « Trou de la sécu » côtoie « l'Ange de la rédemption républicaine », les Fleurs de l'an 2000 sont celles du Sida, de Belgrade ou de Tchernobyl et sa « Maternité » fait dans la douleur. Car enfin, quoi ! on n'est pas que des bêtes…

P. Terelli