l'oeuvre de MARCEL-LENOIR, une intense émotion étreindra le
visiteur.
Marcel-Lenoir (1872-1931) se situe à une époque charnière
dans l'histoire de l'art.
Fin du XIXème siècle avec le symbolisme et du XXème :
époque à laquelle naissent de nombreux courants. Il s'apparente
à certains, qu'il a sublimé, mais garde toujours son style,
son empreinte très personnels.
Il épure pour atteindre l'Essentiel.
Son idéal était Cimabué
Son scrupule, Albrecht Dürer,
Sa consanguinité, Ingres
Son encaillement, Caravage.
Né à Montauban le 12 mai 1872
Père et grand-père orfèvres.
Très grand dessinateur, MARCEL-LENOIR s'est appliqué
à scruter la vie et l'inscrire définitivement dans des dessins
et peintures magnifiques d'ampleur de dépouillement et de vérité.
'Ma prière c'est peindre.'
De nombreux artistes fréquentaient son atelier rue Notre Dame des Champs à Paris : Modigliani, Fernand Leger, Bourdelle, Picasso. Alberto Giacometti avait une immense admiration pour lui et disait 'Pour moi, c'était à l'époque le plus grand, ... il avait une manière de peindre par facettes qui n'était qu'à lui. Il faisait sur moi une profonde impression.'
En 1889 :
A 17 ans il monte à Paris. Doué pour le dessin, expérimenté
dans la ciselure des bijoux. Autodidacte, il suit les cours de l'Ecole des Arts
Décoratifs pendant six mois.
Il découvre Cluny, le musée du Moyen-Age : vitraux, céramiques,
orfèvrerie et surtout les manuscrits enluminés des moines. Il
fréquente le Louvre où il découvre les primitifs italiens
: Boticelli, Fra Angelico.
Il connaît ses premiers succès avec les enluminures.
Il passe de l'objet à l'enluminure. Il extériorise son rêve.
Ses personnages symbolisent l'ascension et l'Humanité vers l'Idéal.
Il rehausse ses gravures de traits d'or et d'argent. Il use de tout un vocabulaire
symboliste : serpents, chardons, lys, scarabées, plumes de paons, cygnes,
jeunes filles parées de diadèmes, jardins luxuriants.
Parallèlement aux enluminures, il s'adonne au pointillisme : une oeuvre
'Le Couronnement du Christ' (1898) est tout à fait similaire au travail
de Seurat de la même année.
Il se familiarise avec l'Art de Bocklin, Burnes Jones, Puvis de Chavanne. Il
rencontre les poètes symbolistes : Paul Fort, Emile Boissier et l'ésotérisme
des Rose-Croix. Il est doué d'un tempérament mystique, nourri
de syncrétisme religieux.
De
1893 à 1900, ses oeuvres expriment le Symbolisme mystique et onirique
et l'Art nouveau.
De 1901 à 1909 :
Besoin de peindre la nature. Il dit qu'on ne peint pas d'après la nature,
mais que l'on pense d'après la nature. Il couvre ses paysages (Saint-Antonin)
d'une matière épaisse, brute, sortant du tube, étalée
au couteau, au doigt, sans dessin préparatoire.
Charles Malpel expose Marel-Lenoir à Toulouse à l'Union Artistique et dit : 'Cet artiste issu de l'Ecole Symboliste a su se frayer une voie personnelle, originale et féconde. L'Art de la composition s'allie à la liberté.'
Dès 1907 :
Il découpe déjà ses volumes en facettes géométriques.
En 1912 :
Année importante où il s'essaie à la FRESQUE à Bruniquel,
retenant la leçon des primitifs italiens. Il projette son mortier avec
des couleurs très douces. Ses fresques les plus importantes sont celles
de l'Institut catholique de Toulouse : Le Couronnement de la Vierge. et : La
Joie de Vivre, au Musée de Montricoux.
Vers 1915 dans ses portraits, paysages et natures mortes l'influence cézanienne
transparaît dans une architecture cubiste.

Il utilise la couleur, mais aussi le fusain et le pastel (il vénérait
Cézanne).
Dans les années 1916-1925 : style Art Déco : les formes sont rondes,
simplifiées, rythmées, stylisées.

En 1931 :
Il s'éteint à l'âge de 59 ans dans une austère et
émouvante dignité à Montricoux, laissant une oeuvre de
près de 700 tableaux et plusieurs milliers de dessins.
Il laisse à la postérité un travail immense : du bijou
à la fresque.
Personnage complexe, envoûtant, farouchement indépendant, incapable
de compromission avec la critique et le marché de l'art, il ne doit aujourd'hui
son succès qu'à la qualité intrinsèque de son oeuvre.