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Outre les dons de Mme Suzy Mante-Proust (Portrait du professeur Adrien Proust par Jules Lecomte du Noüy et Portrait de Madame Adrien Proust par Anaïs Beauvais) et le legs d'Odile Gévaudan-Albaret (mobilier Proust-Weil du boulevard Haussmann), les collections du musée consistent principalement en correspondances, manuscrits et documents familiaux.
CORRESPONDANCES : anciennes collections
Quelques lettres de Proust provenant de dons divers et une trentaine de lettres de correspondants (Don JACQUES DE LACRETELLE).
Copies exposées au musée ; présentation et reproduction d’originaux sur demande.
DONATION TRONCHE : don des
enfants de Gustave Tronche (1999 et 2001) Voir www.jeangustavetronche.fr/
Ensemble composé de portraits, manuscrits, correspondances,
éditions originales (voir Bulletin Marcel
Proust n°50, 2000, et n°51, 2001) Louis-Jean-Gustave Tronche (1884-1974), connu sous le nom de
Gustave Tronche ou de Jean-Gustave Tronche, ayant été
administrateur commercial de la NRF de 1912 à 1921, sa
correspondance avec Proust fut abondante. Les lettres de Proust
adressées à Gustave Tronche font preuve de l'extrême attention
qu'il portait à ses amis, de sa générosité affective et
matérielle à leur égard. Elles nous dévoilent un auteur
toujours soucieux de ses uvres, en tant que livres :
impressions à corriger (long errata de la lettre du 16 ou 17
décembre 1919 concernant la première édition de À l'ombre
des jeunes filles en fleurs), demande d'éditions originales
dans le post-scriptum de la lettre du 12 janvier 1920, écrite
par Henri Rochat son secrétaire, demande d'informations à
propos de l'édition de luxe de son dernier volume publié,
commentaires sur le journal de Léon Daudet, L'Action
française. Lettre de Marcel Proust à Gustave Tronche, du 16 ou 17 décembre 1919 Une page manuscrite : "La
dissertation de Gisèle" Une page d'épreuve : "Le
dîner Norpois" Editions originales FONDS AMIOT : don de M. et
Mme Llorens (2001) Ensemble de lettres, cartes postales, photographies et
documents divers ayant appartenu à la famille Amiot. Un certain
nombre d'entre eux témoignent des liens qu'avait la famille
Amiot avec l'Algérie. Lettre de Mme Marthe R. Proust à sa cousine Germaine Amiot,
du 11 juin 1941 (extrait) « Vous voilà donc habitant à Illiers, qui doit être
bien joli en cette saison et je pense au Pré Catelan tout fleuri
et embaumé par les célèbres aubépines. Quel dommage de ne
pouvoir aller jusque là les admirer en pleine floraison. »
Carte postale du 24 octobre 1903 : Le Pré Catelan « 24 octobre 1903. Sommes ici pour linhumation de
Madame Corne, ton grand père a une mine superbe. Il vient de
nous faire les honneurs du pré toujours joli. Bon baiser de
Thérèse. » Lettre de Mathilde Hamart (fille de
Jules et Elisabeth Amiot) du 9 juin 1881 LAgha 9 juin 1881 Ma chère petite Soeur,1 1Sa belle-soeur Berthe
Ménager-Amiot. DON de M. SERGIO PAGLIANO : (2002) Lettre de Marcel Proust à Jacques
Rivière [jeudi 8 juin 1922 ?] FONDS ANDRÉ FERRÉ : don de la famille (2004)
Bibliothèque d'André Ferré (1899-1966), premier éditeur de la Recherche dans la Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 3 vol., 1954. [ Retour au
Sommaire ][ La
Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray ][ Le Bulletin Marcel Proust ] [ La Maison de
Tante Léonie-Musée Marcel Proust
][ L'institut Marcel Proust International ][ L'actualité proustienne
][ Le Prix littéraire Marcel Proust ]
« Le dîner Norpois » (Pléiade I, p. 473-74) et « La
dissertation de Gisèle » (Pléiade II, p. 264-268) sont des
épisodes de À l'ombre des jeunes filles en fleurs, l'un
appartenant à la première partie, l'autre à la seconde. La
genèse de ce volume, paru en juin 1919, est complexe dans la
mesure où la première partie appartenait initialement au volume
présenté à Grasset qui l'a accepté mais qui l'a trouvé trop
long. Ce premier volume qui est devenu Du côté de chez Swann
portait alors le titre de l'uvre entière, Les
Intermittences du coeur, avec pour sous-titre « Le Temps
perdu ». Les deux cents pages que Proust a dû retirer de son
premier volume sont devenues, avec des transformations,
l'ouverture du second. Dans une perspective génétique, le
deuxième facteur de complexité du second volume est l'existence
d'une édition dite « de luxe ». En effet, en 1920, après
avoir obtenu le prix Goncourt, Proust accepte le principe d'une
édition qui comprendrait une héliogravure réalisée à partir
du portrait de Jacques-Emile Blanche (qu'il jugera d'ailleurs
mauvaise) et d'un certain nombre de pages de son manuscrit. Cette
édition ne fut tirée qu'à une cinquantaine d'exemplaires. Le
manuscrit de À l'ombre des jeunes filles en fleurs se
trouve ainsi mis en pièces et dispersé. « La dissertation de
Gisèle » présente la particularité d'avoir été rajoutée,
sous forme de fragment dactylographié, sur les épreuves
Gallimard qui datent de 1917. Trois pages du manuscrit autographe
de « la dissertation de Gisèle » sont conservées à la
Bibliothèque Bodmer à Coligny, près de Genève, après avoir
été achetées à la librairie Berès en 1956.
La page dont nous disposons est une belle illustration de la
façon d'écrire de Proust, plus exactement de composer son
texte, à la façon dont on construit un puzzle. Les
images utilisées dans Le Temps retrouvé pour décrire
le travail de l'écrivain qui coupe et reconstruit son texte se
justifient pleinement ici : « A force de coller les uns
aux autres ces papiers que Françoise appelait mes paperoles, ils
se déchiraient ça et là. Au besoin Françoise ne pourrait-elle
pas m'aider à les consolider, de la même façon qu'elle mettait
des pièces aux parties usées de ses robes [
] »
(Pléiade, IV, p. 611.)
Du côté de chez Swann, Grasset, 1914. Dans la
reliure sont insérées une lettre de Marcel Proust et une note
autographe de Gustave Tronche.
Vous ne m'en voudrez pas je l'espère
dêtre restée si longtemps sans répondre à votre
gentille et si affectueuse lettre ; mais jai voulu
écrire un mot à chacun et mon installation ici, sans faire
beaucoup par moi-même, tout cela ma pris une partie de mon
temps ; il faut dire aussi que je ne puis pas encore en
faire beaucoup à la fois2. On me recommande tant de
ne pas me fatiguer encore dici quelque temps quil
faut bien que je me soumette.
Maman réclame instamment une lettre de
vous bonne petite soeur, tout en comprenant très bien que vous
devez avoir très peu de temps à pouvoir disposer ; mais
vous savez si elle est heureuse dentendre parler de ce cher
petit Jules3 quelle est si privée de ne pas
voir ; la tante ne sera pas moins contente dapprendre
quil fait chaque jour de nouveaux progrès en
gentillesse ; quil doit être intéressant à
présent ; mais jespère en juger bientôt ; car
le docteur tient beaucoup à ce que jaille passer en France
une partie de la fin de lété ; dici là
jaurai retrouvé complètement mes forces et ma santé
dautrefois ; je ne désespère pas de lui entendre
dire papa, maman et essayer de nommer tante aussi.
Loncle Alphonse4 arrive
de faire un voyage dans lintérieur pour voir un peu par
lui-même létat des récoltes ; elles sont
déplorables cette année en Algérie et les affaires sen
ressentiront certainement ; il a fait trop sec et trop beau
temps tout lhiver et depuis six jours nous avons des pluies
continuelles et la température assez froide par instants. Soyez
mon interprète, ma chère petite Berthe, auprès de toute la
famille et des amis pour offrir nos meilleures affections, nous
nous réunissons tous pour vous embrasser bien affectueusement
ainsi que GrandMère, papa, Fernand et bébé.
Votre soeur et amie
M. Hamart
2Mathilde vient davoir une pleurésie.
3 Jules, le frère aîné de Germaine Amiot, est né
en 1880.
4 Alphonse Amiot, propriétaire, ancien juge au
tribunal de commerce, décédé en son domicile, Villa du
Châlet, Mustapha-Supérieur (Alger), le 13 avril 1905. Son
épouse Julie Passart est décédée en 1899.
Dans cette donation, se trouvent deux volumes manuscrits de l'ouvrage de Léon Pierre-Quint, Marcel Proust, sa vie, son œuvre, 1925.
