f

 

Dé-BloG-aGe

 

Pour remonter, il vous faudra descendre

 

 

9 NOVEMBRE 2009

 

 

Ne pas être dupe.

 

Assumer le contre-courant.

 

D’où vient ce sentiment étrange que la commémoration de la chute du Mur ne tient pas tant de la célébration de la liberté retrouvée que du grand exorcisme d’un Capitalisme prêt à tout pour (faire) oublier la crise qui vient de le frapper…

 

Et entendre sur la triste Radio France pérorer ceux-là qui n’ont jamais vu dans l’effondrement de l’Est autre chose que « l’ouverture d’un formidable marché »…

 

 

8 SEPTEMBRE 2009

 

 

Minus Exodus

 

 Le retour de mes Lutins

 

 

Le 21 juillet dernier (avec l’aide du Monstre du Lac Champlain et d’un bon petit diable, mais c’est une autre histoire…) mes Lutins ont recouvré la liberté. L’opération “Minus exodus” s’est parfaitement déroulée.

 

L'éditeur mauvais payeur (cf. MERCREDI 27 AOÛT 2008) dans l’incapacité d’acquitter ses créances, les livres de son ex-catalogue sont devenus propriétés de leurs auteurs.

 

Ainsi me reviennent mes Lutins en milieu urbain, mes Lutins à la mode de Bretagne, et mon Petit Bêtisier Féerique, tous titres désormais diffusés – de même que les ouvrages d’Amandine Labarre – par Les Éditions du Barbu / EdB.

 

Pour qui ne l’aurait pas compris, ils rigolent, mes Lutins, oui, ils rigolent bien…

 

 

19 MARS 2009

 

 

Manifester – seul – parmi 350 000.

 

Chercher en vain l’autocollant qui dit tout.

 

(Le trouver, plus tard, sur le net.)

 

Casse toi pauv' con Affiche Autocollant du Parti de Gauche

 

 

 

29 JANVIER 2009

 

 

Manifester – seul – parmi 15 000.

 

Avoir froid – marcher vite pour se réchauffer.

 

Se retrouver en tête de cortège, sous les banderoles CFDT.

 

Voir jaune au milieu de l’orange.

 

S’éclipser.

 

 

6 JANVIER 2009

 

 

Lourdes, manifestation littéraire… je repère l’un de mes éditeurs au bar d’un grand hôtel… à son invite, je vais pour m’asseoir ; les doctes écrivains qui lui faisaient tablée s’envolent alors comme moineaux… cinq jours plus tard, le temps enfin venu de prendre la parole, sonne un téléphone : “Ici la bagagerie, les chambres doivent être libérées avant midi…” la moitié de mon maigre auditoire s’envole comme moineaux… (Épouvantable épouvantail !… ne comprends-tu donc pas ?)

 

À Bordeaux, l’hôtel est un claque… je menace de remonter dans le train ; on me reloge… le soir, au premier rang de plus maigre auditoire encore, l’un des organisateurs jacasse avec son voisin ; je ne parle pas depuis trente minutes qu’il ronfle la tête dans les mains… il se réveille au débat pour souligner la vacuité de ce qu’il n’a daigné écouter… à la sortie, il entreprend – même refrain ! – celui qui m’édita sur ce coup-là… dans le taxi conduisant au Kyriade, il me fait part – “on a dû vous le dire souvent…” – de la nullité crasse que lui inspire le titre de l’ouvrage que je viens de présenter… au premier arrêt, il descend sans saluer… (L’épouvantail se marre : gras bourgeois bordelais confit de suffisance… tout en toi ne bat que breloque !)

 

Au p’tit salon perdu (non je ne me souviens plus…), accoudé au zinc de la salle polyvalente, un écrivain des Amériques m’aborde avec la simplicité coutumière “de l’autre côté de la flaque d’eau”… il m’offre le café que je viens de commander, indûment servi, à lui, l’invité VIP… dans la minute qui suit, avec le cynisme coutumier à ce pays qui, “des États-Unis à tous les défauts mais pas le courage d’en prendre le drapeau” [Jean Dead Wolf Leclerc], il place les expressions “adaptation cinématographique”, “Paris-New-York” et “millions de dollars”… (Je m’envole comme moineau…)

 

Au Marché de Noël, les enfants qui passent veulent savoir comment il se peut que la “Dame Blanche” fût en noir… on tache les livres avec du café, du vin chaud… à l’évocation de la maison d’édition, de la collection, certains s’éloignent en ricanant, persuadés d’avoir affaire à quelque camelot “faisant” un lot… Terminus Brocéliande est “nul” ou “bon”, c’est selon… on vend des livres à qui jamais n’en lit… on veut encore y croire…

 

Ma vie d’“écrivain du charbon” (cf. DIMANCHE 20 JANVIER 2007)…

 

 

22 NOVEMBRE 2008

 

 

Réouverture après travaux.

 

L’éditeur mauvais payeur (cf. MERCREDI 27 AOÛT 2008) liquidé comme il se doit, “Polar Grimoire” (cf. MARDI 17 AVRIL 2007) devient Polars&Grimoires, “une collection Renaud Marhic éditée par EdB”.

 

 

Des enquêtes, des intrigues, prenant pour base le LÉGENDAIRE BRETON et, à sa suite, le LÉGENDAIRE DU MONDE… La collection POLARS&GRIMOIRES a vocation à publier des textes contemporains mettant en scène l’humanité confrontée aux LOCATAIRES DE SON IMAGINAIRE : des Korrigans à la Bête du Gévaudan… de Merlin à l’Ankou… de la Fée Morgane au Meneur de loups… POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE !

 

Dans l’immédiat… Réédition des deux premiers titres de la collection : Terminus Brocéliande (Renaud Marhic) et Ankou, lève-toi (Frédérick Houdaer), “nouvelles éditions 2008 (corrigées et remaquettées). Parution, surtout, de La Dame Blanche était en noir (Michel Brosseau), inédit, et troisième opus Polars&Grimoires.

 

L’aventure, donc, continue…

 

 

LUNDI 12 OCTOBRE 2008

 

 

Les succès que l’on peut…

 

Celui-là me va bien.

 

(Toucy, 3000 habitants, capitale de La Puisaye, patrie de Pierre Larousse, une librairie.)

 

Être – une fois dans sa vie – devant Saint-Exupery et Les Bidochons réunis.

 

 

 

 

Yonnemag, octobre 2008

 

 

LUNDI 8 SEPTEMBRE 2008

 

 

Renaud Marhic est heureux de vous annoncer la parution, etc.

 

Cette fois, c’est un peu différent… On peut bien investir pareillement chacun de ses ouvrages – du mieux possible, au fil de l’écriture –, on sait aussi, un jour, posant le point final, que l’on vient d’achever là son “œuvre capitale”. (Au sens que donne le compagnonnage à cette expression.)

 

Ainsi de L’Oreille de Denys.

 

Où le narrateur – “psychologue-sexologue” au myocarde incertain – connaît l’illumination, découvrant l’une de ses patientes – réputée inexplicablement stérile – sans expérience des voies communes en matière de reproduction… Le voilà pensant – enfin ! – l’abîme séparant l’ostentatoire de l’in petto. Et de tenter, à cette aune, d’embrasser une dernière fois le monde. Fin de vie consacrée à traquer la psyché lascive de ses contemporains en ses anfractuosités, quand sa pratique professionnelle lui en avait révélé seules les clés contrefaites. Mais il ignore, ce faisant, initier une réaction en chaîne lui promettant d’assister à la naissance des “Dieux”…

 

Tentative pour penser notre société en son fonctionnement hystérique… dégringolade dans les bas-fonds de l’acculturation… constat clinique de la mort du langage… dénonciation de pseudo-thérapies d’autant plus effrayantes que ceux qu’elles brisent en redemandent… L’Oreille de Denys, après force pérégrinations éditoriales – aussi quelques avertissements quant aux “incompréhensions” que l’ouvrage ne manquera pas de susciter –, a finalement trouvé refuge aux Éditions Rhubarbe, “éditeur de littérature sauvage, textes inclassables et autres curiosités”. À consulter le catalogue des auteurs maison, on comprend qu’il y a pire compagnie.

 

Et ainsi, tout est dit.

 

 

MERCREDI 27 AOÛT 2008

 

 

Le métier des lettres est tout de même le seul où l’on puisse sans ridicule ne pas gagner d’argent.

Journal de Jules Renard 1905-1910

 

Ayant cité Renard, on n’a pas tout dit, tant s’en faut. Cette faculté de l’écrivain à ne point gagner d’argent tient aussi à ce curieux syndrome frappant le monde de l’édition ; j’ai nommé le “syndrome de l’éditeur mauvais payeur”…

 

Le syndrome, donc, à peu près celui-ci : l’auteur sera payé – au mieux ! – de ses premières ventes. Tôt ou tard, les relevés de droits ne seront pas/plus envoyés. Si – réclamation oblige – ils finissent par être communiqués, ils resteront impayés… (Plus qu’un syndrome, une pratique ! un usage !)

 

Certes, l’éditeur mauvais payeur encourt les tribunaux. Selon une constante jurisprudence, il y sera condamné. Mais, les tribunaux, encore faut-il qu’on l’y traîne. Pour retarder l’échéance, l’éditeur mauvais payeur ne manque généralement pas de proposer à l’auteur un tacite marché de dupes : certes, pas une thune, plus un radis, et foin d’artiche… mais qu’est cela en regard de la reconnaissance sociale inhérente à la publication, au statut d’écrivain ?… Allons, un peu de sérieux, l’auteur ! Ne comprenez-vous pas, Œdipe petit pied, qu’à réclamer vos droits c’est le père que vous assassineriez ? Cette branche qui vous fait séant, iriez-vous la scier ?…

 

L’esclavage a beau avoir été aboli voilà deux siècles (décret n°2262 de la Convention nationale du 16 Pluviôse, an II de la République française, une & indivisible), sur la foi d’une simple promesse – être de nouveau publiés –, bien des auteurs accepteront cette forme de travail non rémunéré. (Pas moins rémunérateur – ô combien ! – pour l’éditeur mauvais payeur.)

 

La chanson est connue, et je serais mal placé pour prétendre en ignorer les couplets…

 

“Il n’est pas d’ego qui résiste à l’odeur de l’encre fraîche*…”

 

*Les testicules alimentaires,

Renaud Marhic,

Hématomes Crochus n°13, août 2003.

 

Il n’empêche… À m’être égaré chez un mauvais payeur, je fais aujourd’hui, à mon tour, les frais du syndrome. (Moins que d’autres, il est vrai…)

 

Que s’est-il passé ?… L’apprenti sorcier a succombé sous les assauts des dupes susmentionnées, un jour lassées du marché : auteurs désenchantés à force d’impayés, transformés – mauvaise magie ! – en créanciers déterminés… Bien sûr, les “messages personnels” égrainés sur ce site au cours des mois écoulés n’y auront rien changé. Depuis belle lurette, le roi était nu… bluffeur patelin ignorant des rires, des pieds de nez qui se multipliaient dans son dos… inconscient des événements en cataracte l’obligeant, peu à peu, à révéler sa véritable nature… indifférent aux avertissements de mes Lutins (merci Bug)… croyant pouvoir s’opposer à la loi… (Que croyez-vous qu’il arrivât ?… ce fut la loi qui triompha…)

 

Après cinq ans de “traitement de faveur” (on me payait, moi, l’auteur qui ne transigerait pas…), je dois moi aussi passer par pertes et profits quelques milliers d’euros, oublier cinq années d’efforts éditoriaux, et m’accommoder de la disparition d’une partie conséquente de mon œuvre dispersée au hasard des soldeurs… (Mes Lutins, eux, rigolent – ravis de s’en aller, à p’tits prix, infester d’autres foyers.)

 

À ce stade, il fait beau citer Kipling… Sauf qu’à rebâtir sans un mot, je n’ai pas attendu de voir détruit l’œuvre de ma vie. Tandis que la galère prenait l’eau de toute part, que bruissait la révolte des rameurs, en soute, je travaillais d’arrache-pied à ce radeau bientôt à la mer. Quand enfin sombra la galère, déjà avais-je atteint d’autres terres…

 

Pour épilogue au naufrage, me reviennent mes 17 ans. Au café des copains, un soir, l’un de nous – musicien, dessinateur (il sera le premier à se ranger loin de toute carrière artistique…) –, celui-là, donc, m’avait caricaturé dans une posture trahissant mon actualité du moment. Où l’on peut me voir – sur fond d’espace intersidéral – occupé à changer de planète… (Mon univers était alors celui de la “radio libre” ; d’autres marchés de dupes y avaient force de loi, bien entendu.) Mâchoires serrées, je vais mon nouveau chemin – en toute détermination ; à bon entendeur… Punaisée au mur de mon bureau, elle n’en a plus bougé depuis, cette caricature. La contemplant un quart de siècle plus tard, me dis que je n’ai pas tant vieilli.          

 

 

SAMEDI 3 MAI 2008

 

 

Veuillez à présent écouter quelques messages personnels :

 

Le roi est nu

 

Je répète :

 

Le roi est nu

 

Andersen

 

 

JEUDI 4 AVRIL 2008

 

 

Veuillez à présent écouter quelques messages personnels :

 

Tu bluffes,

tu dis que tu sais mais tu bluffes

tu bluffes

tu peux pas t’en passer tu bluffes

 

J’essaie de te croire mais je n’y arrive pas

tes arguments mégalomanes ressemblent à des chèques en bois

parce que tu as la foi, tu peux bluffer l’existence

t’es prêt à n’importe quoi pour tromper l’évidence

comme un diable innocent,

comme un serpent

 

[…]

 

Comme un programmateur alcoolique avant l’décompte atomique

tu bluffes comme un esclave et tes amis le savent

on se moque de toi quand t’as le dos tourné

tous les mannequins rigolent en faisant des pieds de nez

 

Je répète :

 

on se moque de toi quand t’as le dos tourné

tous les mannequins rigolent en faisant des pieds de nez

 

Tu bluffes, Charlélie Couture, 1991

 

 

MERCREDI 3 AVRIL 2008

 

 

Veuillez à présent écouter quelques messages personnels :

 

[Les lutins n’ont pas leur pareil pour] provoquer des événements en cascade, voire en cataracte – des événements incongrus, forçant les humains à révéler leur vraie nature. […] Plus légitime encore, l’opposition des lutins aux chambardements entrepris pour de sordides raisons de lucre.

 

Je répète :

 

“ … pour de sordides raisons de lucre.

 

Vie et moeurs des lutins bretons, Françoise Morvan, Acte Sud, 1998.

 

 

MARDI 1Er AVRIL 2008

 

 

Veuillez à présent écouter quelques messages personnels :

 

 

 

 

LUNDI 31 MARS 2008

 

 

Veuillez à présent écouter quelques messages personnels :

 

I fought the law and… the law won

 

Je répète :

 

I fought the law and… the law won

 

I Fought the law, S. Curtis, 1959

The Clash, 1979

 

 

DIMANCHE 24 FÉVRIER 2008

 

 

Combien de fois l’avais-je entendu, cette biographie de Charles Bukowski sous la plume de Howard SounesLocked in the arms of a crazy life – l’emportait sur toute autre, évitant les pièges de l’hagiographie, n’épargnant pas les travers du personnage…

 

Ladite biographie vient d’être traduite en français aux Éditions Du Rocher sous le titre Charles Bukowski – Une vie de fou… L’intéressé y apparaît en couverture comme on a rarement pu le voir : pincé, hautain, inquiétant. Il existe des dizaines de photos de Bukowski, toutes ne sont pas posées, loin s’en faut. Elles montrent l’écrivain sous bien des jours : souriant, saoul, grave, saoul, hagard, saoul, désespéré, saoul… Jamais tel que sélectionné par Sounes.

 

Et pour cause : la “biographie évitant l’hagiographie” est un pur produit du people anglo-saxon tel que le pratiquent les non moins anglo-saxons tabloïds. Certes, un livre à charge sur Bukowski ne serait en rien gênant. Mais le livre de Howard Sounes n’est pas à charge, il est – selon la sémillante terminologie journalistique – “anglé”… Suivant les méthodes éprouvées de la presse à scandales, diverses méthodes sont alors à l’œuvre. À ce titre, les légendes du cahier-photos – bien des lecteurs n’iront pas plus loin – sont d’une grande éloquence. Toujours, il s’agit de présenter comme révélation ce qui est parfaitement connu. Et ce, pour mieux faire passer l’insinuation sans laquelle point de scandale…

 

Le poète Steve Richmond resta un ami proche pendant des années mais trouvait hypocrite l’attitude de Bukowski vis-à-vis des drogues.

 

Il convient ici, comme dans le reste du livre – “Bukowski n’avait pas eu le temps de se droguer mais il était complètement saoul.”, etc. –, de laisser entendre que le personnage fut toxicomane. (Il est vrai que Steve Richmond sait de quoi il parle, lui, adepte revendiqué du LSD, qui affirma avoir vu Bukowski, au cours d’une soirée, réduire à la taille de 75 cm…) Mais comme dans le cas de Gainsbourg, l’alcoolisme ne suffit pas. Et tant pis si la toxicomanie révélée consiste en “pas mal d’herbe à la fin des années soixante […]” et “son unique trip sous LSD” — dont l’intéressé ne fait pas mystère dans ses nouvelles, pour mieux affirmer d’ailleurs, au final, son opposition aux drogues.

 

Le poète beat et écrivain Gay Harold Norse créa une controverse en révélant que Bukowski lui avait montré son pénis et lui avait demandé d’en faire autant.”

 

Oui, comme bien d’autres, Bukowski déballait la boutique quand il était ivre ; chose connue entre toutes. Mais sous-entendre une homosexualité latente est autrement vendeur… Et tant pis si l’homosexualité révélée – mais au fait, où est le problème ? – consiste, manifestement, en quelques expériences dont l’intéressé ne fait pas mystère non plus dans ses nouvelles.

 

Joanna Bull se sentit si mal après avoir fait l’amour avec Bukowski qu’elle en vomit.

 

S’il faut commenter, c’est que le malsain, l’ignoble, touche ici au grotesque. En guise d’enquête, Howard Sounes joue principalement des rancœurs des ex-compagnes de Bukowski décrites dans Women. Ainsi de Joanna Bull : “[…] un corps correct […] Sa conversation m’ennuyait et, la plupart du temps, son rire était faux et sonore. L’intéressée ne manquant pas alors de se cabrer – “Nous avions des discussions passionnées et j’avais un corps magnifique !” — et, à l’invitation de Sounes, se venger…

 

Jo Jo Planteen, une jeune admiratrice que Bukowski essaya de séduire à la fin des années soixante-dix.

 

Sans doute le nom de l’intéressée, prédestiné à l’évocation du détournement de mineur, ne suffisait-il pas. Jo Jo Planteen apparaîtra donc sur la photo juvénile en diable, adolescente… Sans plus de commentaire, le corps du texte nous apprend pourtant qu’âgée de 22 ans, c’est elle qui contacta Bukowskipar défi” !

 

Le poète William Wantling se saoula jusqu’à la mort après la publication d’un texte sarcastique de Bukowski sur son compte. Ce dernier essaya de séduire sa veuve éplorée, Ruth, qui ne lui pardonna jamais.

 

Il fallait bien y arriver… Sur la fameuse nouvelle de Bukowski visant, dans son style habituel, William Wantling – décrit par Soumes comme souffrant “d’une terrible dépendance à la drogue et à l’alcool” – greffer l’accusation de meurtre par procuration… On reste alors ébahi devant l’argumentation fournie par le texte lui-même : “Bien que Wantling n’ait peut-être pas eu l’occasion de lire cette nouvelle, Ruth pense qu’il en entendit parler. Ses nombreux amis de L.A. l’avaient sans doute averti. Moins de deux semaines après la parution de la fin de la chronique, Wantling était mort.

 

Mais Howard Sounes ne fait pas que pratiquer le faux scoop, l’insinuation, la diffamation… Plus simplement, il ment par omission. Ainsi met-il en scène, pour les besoins du flétrissement, la fameuse lecture publique au City Lights Book de San Francisco en septembre 1972 :

 

"On se connaît ? demanda-t-il à un fan qui l’interpellait à haute voix. Ne me bouscule pas, bébé…, dit-il d’un ton menaçant avant de se fendre d’un large sourire. Encore une bière et je vous prends tous !" Il rejeta la tête en arrière, exposa sa dentition en ruine et gloussa "Ah ! Ah ! Ah ! Faites gaffe !" Un autre spectateur tenta de monter sur scène. "Putain, qu’est-ce que tu veux, mec ? Dégage ! s’écria Bukowski comme s’il parlait à un chien. Qu’est-ce que t’es ? Un genre de vicelard ?"

 

La suite à l’avenant, toujours insistant sur la laideur physique du personnage, décrivant un malade mental en crise, prêt au passage à l’acte… Locked in the arms of a crazy life, n’est-ce-pas… Quand Howard Sounes publia son livre, en 1998, il n’était pas facile de contrôler ses dires. Aujourd’hui, après la sortie du documentaire Bukowski (Pretty Pictures, 2004), de John Dullaghan, on sait ce qu’il en est de cette lecture au City Lights Book. Et l’on comprend que Howard Sounes a sciemment choisit d’éluder les raisons de ce début d’altercation :

 

Je ne me laisse pas faire. Je commence à lire mon poème. J’entends la voix de ce type s’élever par-dessus mon poème. Je vais me diriger vers lui et le foutre hors de la ville physiquement. Je vais le foutre dehors à coup de pied au cul. Alors fais gaffe ou je te démolis, mother fucker !

 

Howard Sounes – qui n’a jamais rencontré Bukowski – n’a que faire de la réalité. La nature humaine lui est étrangère… Il méconnaît ce que les femmes délaissées racontent de leurs anciens amants… Il feint de tout ignorer de l’âme des poètes… Ne veut pas savoir ce qui peut se passer dans les bars… Et frémit à l’évocation des concours de bites… Comme tous les menteurs sans talent, Howard Sounes est pathétique. Et toc.

 

 

JEUDI 21 FÉVRIER 2008

 

 

Je suis parti, je crois on peut le dire, un peu la fleur au fusil, pensant qu’en tant que journaliste, quand on s’attaquait à un tel fait de société, on ne pouvait qu’avoir un grand nombre de personnes derrière soi, peut-être pas tout le monde, mais en tout cas la majorité. C’est beaucoup plus compliqué que ça… Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les sectes n’ont pas forcément mauvaise presse. Il y a dans la société, dans les médias, chez les sociologues des religions, dans bien d’autres secteurs encore, des gens qui défendent farouchement la liberté qu’ils disent "religieuse" et que j’ai constaté être la liberté de manipuler.

Les Nouvelles croyances,

France 3 Ouest, 19 novembre 2003

 

Quand je repense à cette déclaration que j’effectuais sur un plateau de télévision nantais, voici quatre ans passés (j’enterrais alors ma vie de petit reporter), je me trouve des pudeurs de chaisière…

 

Évidemment, à cette époque, il m’aurait été difficile de déclarer à la face du monde que mes archives regorgeaient d’aimables sauf-conduits et autres témoignages de moralités délivrés par quelque haut-fonctionnaire, quelque politique, quelque autorité morale, en faveur des pires crapuleries sectaires… Que dans ma bonne ville, de bonnes gens arrêtaient ma mère dans la rue : “Qu’est-ce ton fils est allé fouiller la merde ?…” Qu’en cette même ville du Ponant, le sympathique fonctionnaire de police en charge du dossier le conservait en une deshérence rimant avec complaisance, n’oubliant jamais, à l’inverse – et avec quelle inspiration ! –, de flétrir qui, ici, s’opposait aux crapuleries sectaires précitées… Qu’à Brest, toujours, l’intervention fiévreuse d’un petit notable dûment encarté à l’Ordre du Temple Solaire (74 morts à ce jour), suffit à me faire tricard dans deux librairies : livre indisponible dans l’une, conférence annulée dans l’autre. (Merci à La Cité d’avoir, elle, résisté.)

 

Non, vraiment, à cette époque, il m’aurait été difficile de déclarer tout cela. Aussi, il me faut aujourd’hui remercier Mme Emmanuelle Mignon, directrice du cabinet du président de la République, M. Nicolas Sarkozy. Au risque de la méthaphore animalière, il est en effet permi d’estimer que, grâce à sa délicatesse d’éléphant dans un magasin de porcelaine, le loup est enfin sorti du bois…

 

 

DIMANCHE 10 FÉVRIER 2008

 

 

J’ai trop suivi d’ambulances dans la nuit.

 

 

DIMANCHE 20 JANVIER 2007

 

 

 

 

Écrivain du placard”, je le suis sans conteste (cf. MERCREDI 13 AVRIL 2005).

 

Je dois aussi me reconnaître cette autre identité : écrivain du charbon. Du moins, à en croire ceux pour qui aller au-devant du public revient à se salir les mains.

 

Vous avez devant vous les gens qui passent, qui prennent vos bouquins comme ça. Alors ils sont là, avec le bouquin. Vous êtes là. Il y a la photo sur le bouquin, donc ils comparent vaguement si vous êtes mieux ou moins bien. Ils tournent et puis ils commencent à le lire. Et puis après ils sont gênés, alors vous avez en face de vous quelqu’un qui est gêné. Vous êtes vous-même hypergêné. Alors il ne sait pas s’il doit le reposer ou s’il doit… Il y en a, je suis sûre, qui ne l’achètent que parce qu’ils n’osent pas le reposer. C’est horrible, horrible. Non seulement ça n’a aucun intérêt, mais c’est humiliant. Je déteste ça…

Les Salons du Livre selon Brigitte Giraud

Le Nouvel Observateur, 31 août 2006

 

Chaque année, je signe plusieurs centaines de mes ouvrages dans de grands et petits lieux – parcs d’expositions parisiens ou salles polyvalentes de village. L’exercice est périlleux. Comme l’a bien remarqué Brigitte Giraud, l’écrivain se trouve alors confronté à cette étrange espèce : le lecteur. Espèce qui, la chose ne lui a pas plus échappé, se montre capable de tout – allant, aux pires extrémités, jusqu’à se saisir des “bouquins comme ça…” ; “horrible, horrible”, n’est-ce pas…

 

On l’a compris, ce n’est pas parce que Brigitte mange de la tête de veau qu’elle estime devoir côtoyer les bœufs. Cela dit, s’il faut disserter sur la nature humaine soudain confrontée au livre, alors Christian Blanchard s’y est collé avec un autre à-propos :

 

Exemple : un groupe de jeunes double-casquettes, survêtement et baskets de marque, s’arrête et embrasse d’un large regard circulaire l’ensemble de ma collection littéraire. Je vois leurs sourires qui expriment, eux aussi, un langage : "On va le faire chier cet intello !" La conversation s’engage : "C’est la première fois que j’vois un écrivain." Puis viennent les questions classiques : "Y faut combien de temps pour écrire un livre ?" ; "Où trouvez-vous vos idées ?" S’ensuivent les interrogations un peu plus fines : "T’as un nègre ?" ; "Tu gagnes combien de thunes ?" et les affirmations classiques : "Moi, j’lis pas… J’ai eu des profs de français de merde…" etc. Je reste ouvert à leurs exactions. Puis, à court d’arguments, ils partent en roulant des hanches. Une demi-heure plus tard, l’un deux revient, sort un billet de 20 euros : "Moi, je vous prends c’lui-là… mais ne l’dites pas à mes potes. J’veux pas la honte." J’ai apprécié et j’y ai fait une dédicace aux petits oignons.”

 Que les gens sont laids

 

Oui, le lecteur est cela, ce charbon ardent. Cyclique, pour une farce ! Capable, d’année en année, d’un salon l’autre, de revenir vers l’écrivain, de lui dire quoi ou qu’est-ce.

 

Le lecteur en empathie… Ainsi souvent de mes Lutins : là, en remède à l’insomnie – “Pour m’emdormir, un p’tit lutin, ça me fait du bien, vraiment” – ici, infestant les repas de famille – “On en parle au dessert, vous savez…

 

Le lecteur qui n’est pas entré… Ainsi parfois de mes romans : “Votre bouquin, là, j’ai rien compris…” “Vous écrivez bizarrement…” Et méditer alors l’avertissement terrible d’un Jean-François Kahn :

 

Cela me fait mal de le dire, mais nous allons devoir changer notre mode d’écriture. Il y a un type de phrase qui est mort. Je le regrette, parce que je suis d’une génération qui aime ces phrases cicéroniennes, c’est-à-dire une phrase construite, longue, avec des incidentes. Il faut des phrases plus courtes. Mais surtout intégrer que tout accident grammatical rend la phrase moins accessible. S’il y a huit ou neuf mots après le sujet, eh bien il faut répéter le sujet. Les gens ne connaissent plus beaucoup des mots que nous employons. […] Beaucoup de gens de moins de 40 ans n’ont plus les références d’avant. Je reçois des lettres de lecteurs qui me disent qu’ils ne comprennent pas tout ce que j’écris. J’avais parlé du boulangisme, en référence au général Boulanger, ils pensaient que j’évoquais un pâtissier.

Le Monde, 6 janvier 2008

 

Écrivain du charbon”, oui, pas de doute…

 

 

MERCREDI 28 NOVEMBRE 2007

 

 

Quand, à l’occasion des manifestations anti-CPE, je donnais ici ce lien, Résistance..., (cf. SAMEDI 15 AVRIL 2006) je ne pouvais imaginer ce que serait la situation vingt mois plus tard…

 

Salon du livre… chambre d’hôtel… télé 36 cm… Et entendre La Drucker dresser son Droit d’inventaire de La vraie Libération, 60 ans aprèsLa Drucker, oui, décolleté plongeant et sourcils épilés, posant aux concernés, soufflant benoîtement l’air des temps sarkozystes aux côtés d’amis choisis… (Ah ! le tragique Max Gallo…)

 

La tentative de récupération de Guy Môquet ayant échoué, changement de braquet ! Pour mieux flétrir ce que la Résistance, son programme, représentent encore auourd’hui au plan politique, on a convoqué ce qu’il faut d’images trompeuses, de quiproquos assurés…

 

… “Madeleine qui fut tondue en public à 25 ans”… certes, par ceux de “la dernière heure”, sans lien avec les maquis, mais tout de même…

 

… “les enfants de boches”… victimes d’outrageux ostracisme à la suite de leurs mères. Il est vrai que tomber amoureuse d’un bidasse de la Wehrmacht durant l’Occupation était chose naturelle, compréhensible, la plus qui puisse être. Ce que ne pouvaient admettre brutes et barbares n’entendant rien aux choses de l’amour…

 

… “les Résistants du Vercors sacrifiés”… ces benêts ayant donné leur vie pour rien, tellement persuadés qu’ils étaient que le Débarquement aurait lieu dans la Drôme

 

… “les Alliés au courant d’Auschwitz bien avant la fin de la guerre”…  et, partant, tacites complices de l’Holocauste… Plus de rapport direct avec la Libération ou la Résistance, mais la chose fait l’ambiance, pas question de s’en passer ! (Denise Holstein, rescapée d’Auschwitz, bien que travaillée au corps pour appuyer la démonstration conspirationniste… résiste ! Et rend un hommage appuyé à ses libérateurs…)

 

Salon du livre… chambre d’hôtel… télé 36 cm… La Drucker… et vomir.

 

 

SAMEDI 3 NOVEMBRE 2007

 

 

J’ai rencontré Renaud Marhic à la Bibliothèque municipale de Brest où l’on se partageait le même dictionnaire de synonymes. J’avais vu sa tête dans un numéro de l’Ours Polar, une interview menée par Christophe Dupuis et une nouvelle où il était question, entre autres, de Photomaton et de testicules, et une tête comme ça, ça ne s’oublie pas.

Pol’Art Noir

 

Et puis Emeric a quitté Brest et je me suis retrouvé seul avec le dictionnaire de synonymes. Jusqu’à ce qu’aujourd’hui, à la bibliothèque, une fille vienne à passer – une fille en parka et bonnet, qui voulait faire mon portrait. Cela tourne à l’obsession. (Le mois dernier, Yann Le Neveu pour son exposition Écrivains de polar en Bretagne…) Toujours est-il… Quand la fille a eu fini son croquis, elle m’a fait remarquer n’avoir pas, respect du modèle oblige, reproduit le “bouton par là désignant ce grain de beauté m’ayant un jour poussé entre les sourcils comme troisième œil –, l’artiste ajoutant, à l’inverse, n’avoir pas fait l’impasse sur les “poils”. Alors, j’ai immédiatement proposé d’acheter la photocopie de mon portrait à la fille à bonnet. (5 € pour droits d’auteur.) Il m’était apparu en effet profitable de proposer ici, en témoignage – eu égard au syndrôme récemment évoqué (cf. DIMANCHE 8 JUILLET 2007) –, ces deux représentations de ma personnalité puisqu’aussi bien les clichés de Yann Le Neveu s’apprécient, eux, avec bouton et sans poil.

 

La fille voulait aussi un mot de moi, au choix, sur son œuvre…

 

Une histoire de gueule…

 

Oui, décidémment, c’est bien ça. 

 

 

 

 

DIMANCHE 8 JUILLET 2007

 

 

J’avais décidé de me pointer la bouche en cœur, pleinement confiant – je me le répétais comme un mantra – dans le syndrome de l’air con et de la vue basse.

Hermines et idées noires

 

De fait, alors petit reporter, combien de grands gourous, de demi-malfrats, ai-je abusés ainsi ? Eux, ego hors de contrôle, s’épanchant en confidences, s’époumonant en propos incriminants, devant moi – air con, vue basse –, qu’ils ne pouvaient sérieusement penser journaliste ; si ce n’est peut-être à Coin-Coin Magazine… Ceux-là, je les retrouvais aux prétoires, lippe écumante, regard brûlant de haine, réclamant des milles et des cents, enragés de s’être laissés perdre par leur mépris d’autrui. Déboutés, tous, je les ai abandonnés à la quadrature du cercle vicieux où s’agite leur répugnante condescendance…

 

Aujourd’hui, constater ce même mépris, quand – air con, vue basse –, ayant évoqué l’un de mes romans, l’une de mes fictions, il m’est gentiment proposé un quelconque plan foireux pour ces “livres qu’on ne trouve pas en librairies”. La tête de ces généreux, alors, apprenant qu’il s’agit, non d’un premier compte d’auteur, mais d’une douzième, d’une treizième publication, toutes ayant bénéficié d’une diffusion nationale. Ces “certains” – de près de loin “vivant” du Livre, pas moins prompts à tenir pour moins que rien qui ils ne peuvent sérieusement penser écrivain –, j’aime à éclairer la triste position d’où ils s’expriment : la morgue.

 

 

MARDI 17 AVRIL 2007

 

 

Bloguer ou créer, paraître ou écrire, il faut choisir.

 

J’ai choisi.

 

Neuf mois durant, j’ai écrit un roman, bâti une collection.

 

 

Des enquêtes, des intrigues, prenant pour base le légendaire du monde…

 

La collection “Polar Grimoire” a vocation à publier des textes contemporains, “tout public”, mettant en scène l’humanité confrontée à ses créatures de Féerie : des Korrigans à la Bête du Gévaudan… de Merlin à l’Ankou… de la Fée Morgane au Meneur de loups… et autres locataires de notre imaginaire !

 

Le Polar Grimoire – ou “polar féerique” – entend privilégier des récits “carrés”, servis par une vraie qualité d’écriture. En cela, le Polar Grimoire se veut un héritier éclairé du roman populaire d’autrefois.

 

Les ouvrages se présentent au format semi-poche (12,5×18 cm) illustrés de croquis noir et blanc, sous couverture couleur. Le graphisme privilégiant, à cette échelle, le principe du “beau livre” ou “livre objet”.

 

Frédérick Houdaer a signé la première parution : Ankou, lève-toi. J’ai signé la seconde : Terminus Brocéliande. Le dessinateur Godo les a illustrées.

 

Loin, très loin des “Davincerie Code”, puisse Polar Grimoire représenter le vrai mariage du roman noir et des littératures de l’imaginaire !

 

 

 

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Le blogue sensible et sans suite de L’AUTEUR,

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Mort aux vaches ?…  Mort aux vaches ?…

Et alors ? Qui c’est qui va faire le beurre ?

 

00:00 Publié dans La Tête à Toto | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

 

Commentaires

_________________________

 

Top cool ton humour j’adore meuuuuuhhhhh ! bon esprit meuuuuuhhhhh ! lol !

A lundi oublie pas le p’tit chapeau lol ! 

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Bzzzzzzz

 

Posté par : Tite Léa | 11/03/07

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Trop mimi ça m’rappelle quand avec mon frère on avait été poursuivis par un taureau à Ploudaniel et tout

On se voit mardi couvre-toi bienGreat.giflove.gif

Zoubi zoubi

 

Posté par : Zaza jambe de bois | 11/03/07

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Bonjour l’auteur,

Tu ne dois pas désespérer. Je viens de retrouver ces vers de Rimbaud qui semblent écrits pour ce que tu vis en ce moment : "Ca sentira l’étable, Pleine de fumiers chauds, Pleine d’un lent rythme d’haleine, Et de grands dos Blanchissant sous quelque lumière ; Et, tout là-bas, Une vache fientera, fière, A chaque pas."

Courage.

Que mercredi nous préserve de tout sauf l’Amour.

Kiss kiss kiss meuh.gif

 

Posté par : Poétika | 11/03/07

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Vache de toi ! Qui paye ses dettes s’enrichit… Je me comprends. A bon entendeur...


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Posté par : Grand Dédé | 11/03/07

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Eh bien M. L’Auteur, ce n’est pas avec vous en tout cas que je vais faire mon beurre. Et moi qui vous avais offert un Miko pour votre anniversaire…

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Posté par : La boulangère | 11/03/07

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DIMANCHE 11 MARS 2007

 

 

Suite au récent piratage du présent Dé-BloG-aGe, cette rubrique est supprimée sine die.

 

Elle sera remplacée dès demain par un blog quotidien.

 

Vous êtes invités à venir, nombreux, vous y exprimer.

 

La    direction vous remercie de votre compréhension.

 

 

Lundi / Mardi / Mercredi…

 

 

[?] — Psssssttttt !Psssssttttt !

 

[?] — Qui ?… qui ?… qui va là ?… Le Korrigan… c’est toi ?

 

[?] — T’as la berlue, La Glue ? V’la qu’tu m’prends pour c’feignant d’Korrigan ? Lui, j’l’ai croisé y a dix millions de pixels… et l’avait un sacré coup dans l’aile !

 

[?] — S’cuse moi bien cher Lutin, mais on n’y voit moins qu’un humain daltonien…

 

[?] — Foi de Pizz’Raptor, t’as pas tort !

 

[La Glue] —  Ça doit être Bug le Gnome qu’a joué avec les ohms… L’aura fait un impair avec las ampères…

 

[Pizz’Raptor] – Lumignon ou pas lumignon, tout ça ne nous dit pas ou est passé le Patron !

 

[La Glue] — Ah la la !… et si l’était passé d’vie à trépas…

 

[Pizz’Raptor] – Nom d’un p’tit bonhomme, nous interrogerons les fantômes !

 

[La Glue] — Mille quenouilles !… et s’il a été changé en grenouille…

 

[Pizz’Raptor] – La belle affaire, demandons aux Sorcières !

 

[La Glue] — Eh bé… manquerait plus qu’y l’ait été mangé…

 

[Pizz’Raptor] – Les Ogres ! Ho hé !… vous m’entendez ?

 

[La Glue] — Bon… qu’est-ce c’est-y qu’on fait donc, en l’absence du Patron ?

 

[Pizz’Raptor] – On pourrait accrocher nos portraits !

 

[La Glue] — Si fait !…

 

 

 

 

 

 

[Pizz’Raptor] – Ça y est ! C’est tout d’suite plus coquet…

 

[La Glue] — Pas à dire… ça déchire !

 

[Pizz’Raptor] – Foi de Lutin, nous accrocherons ceux des copains !

 

 

 

 

 

 

[La Glue] — C’est beau… incroyable ! Et personne pour nous tomber sur le râble…

 

[Pizz’Raptor] – Qui l’eut cru La Glue ? Et tu sais quoi ? J’ai l’impression qu’on pourrait écrire n’importe quoi…

 

[La Glue] — Mais… mais… mais…

 

[Pizz’Raptor] – OK, toi tu bégayes, moi j’essaye !

 

[Pizz’Raptor] – Bon… tu vois ? À toi ! 

[La Glue] — … …

 

 [Pizz’Raptor] – Et voilà l’travail, mille bonzaïs !

 

[La Glue] — Tais-toi donc, mon Lutin ! N’entends-tu pas qu’on vient ?!

 

[Pizz’Raptor] – Foi de Myrmidon, serait-ce le Patron ?

 

… [Bug le Gnome] – Salut ! salut ! les lustucrus 

 

 

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VENDREDI 25 AOÛT 2006

 

 

Blog ? blog ?

 

Pas blog ! pas blog !

 

 

MERCREDI 9 AOÛT 2006

 

 

Me voilà de retour.

 

Photo preuve : l’auteur sur le terrain.

 

Comme prévu, nombreuses furent les embûches – aussi les épreuves élevantes (cf. VENDREDI 9 JUIN 2006).

 

Mais passons. Car les nouvelles sont mauvaises, les amis. Depuis le reportage d’M6 vous ayant tant fait fantasmer, les choses ont un peu changé à la Jonquera… Le Gouvernement autonome de Catalogne ayant décidé d’un grand ménage, celles qui font l’objet de toutes vos interrogations (tarifs, prestations, etc.) ont disparu du bord des routes. Pareillement ne vont-elles plus, de leur démarche chaloupée, déambulant sur les parkings à camion. Désolé.

 

Photo preuve : plus une fille !

 

Restent les bordels !diront certains. Certes. Mais là encore, rien ne va plus. Qu’on en juge…

 

L’Indépendant 28 juin 2006

 

Voilà… Ce qui pouvait être fait pour éclairer vos lanternes l’a été. Je conçois votre déception, votre amertume… Haut les cœurs ! cependant. Maintenant que vous voilà renseignés, il ne vous reste plus qu’à profiter de ce site pour ce qu’il est, et non pour ce que vous aviez cru y trouver au hasard – vicieux – des mots-clés. Bien sûr, la chose ne sera pas aisée. Mais j’ai confiance en vous, mes “lecteurs” égarés. Vous pouvez y arriver.

 

La littérature est une belle aventure. 

 

 

VENDREDI 9 JUIN 2006

 

 

Donc, ça ne pouvait plus durer.

 

On se rappelle comment il fut ici établi la véritable fréquentation de ce site à prétentions littéraires. Non pas que s’y connecte qui s’intéresse à l’auteur, à ses livres, mais s’y échouant des centaines de pauvres diables en quête de passes ibériques (cf. DIMANCHE 9 OCTOBRE 2005).

 

Parce que, à la page rOmaNs, apparaissent les mots “Espagne”, “Jonquera” et “putes”, Google rabat ici tant et plus de requêtes dont l’impitoyable eStat’ dévoilait comme suit, au mois de mai, la déchirante poésie :

 

jonquera bordel … maison close jonquera … la jonquera bordel … maison close la jonquera … putes jonquera … la jonquera maison close … bordel la jonquera … maisons close a la jonquera … putes a la jonquera … la jonquera filles tarifs … etc.

 

Bref, il ne serait pas raisonnable de continuer plus avant à parler littérature quand l’internaute réclame de toutes autres informations.

 

Demain, je prendrai le chemin de la Jonquera. C’est une longue route et les épreuves ne manqueront pas. Si mes forces ne me trahissent, je rapporterais de quoi satisfaire, enfin, tous ces égarés constituant le premier public de ce site – mon public, somme toute ; lecteurs que l’on peut.

 

Au revoir, les amis.

 

Au revoir et à bientôt.

 

 

JEUDI 25 MAI 2006

 

 

Toujours rien…

 

 

DIMANCHE 30 AVRIL 2006

 

 

La semaine dernière, mes Lutins ont pris la mer en nombre. S’en vont infester le Québec. (Ont séduit la Belle Province au Salon du Livre de Paris.) Trois ans qu’ils vont leur chemin, mes Lutins. À p’tits pas, comme il se doit. Ils ont maintenant leurs fidèles. De salon du livre en “festival BD”, on vient – parfois de loin – m’en dire grand bien ; me dire qu’ils font du bien. Aussi, salon après festival, ils gagnent de nouveaux lecteurs – hilares ou rêveurs – de 7 à 77 ans. Et voir grimper les chiffres ; les fameux. Lentement – mais sûrement désormais –, un succès dessiné…

 

Et puis je songe. J’ai là par-devers d’autres reliques les maquettes de ces ouvrages. Comme il ferait bon les faire passer à quelques grandes maisons faisant-autorité-en-matière-de-littérature-jeunesse. (Moi passé pour béjaune à premier livre.) Et s’entendre expliquer – mille raisons ! – que… oui, oui, oui, bien sûr, mais… non, non, non, pas question !

 

 

VENDREDI 28 AVRIL 2006

 

 

Penser à se méfier de ces “écrivains” qui, au quotidien, alimentent leur blog de 1000 signes ou plus. Four et moulin, hein… Oui, se méfier. (Stéphane Laurent a compris – qui donne à lire ses humeurs littéraires APRÈS avoir renoncé au métier d’écrivain.)

 

 

 

SAMEDI 15 AVRIL 2006

 

 

Résistance...

 

 

DIMANCHE 2 AVRIL 2006

 

 

En privé, le Poète de Matignon se vanterait d’avoir des couilles…

 

Avoir des couilles”, en langage de mâle dominant, signifie, au mieux, le courage, au pire, la faculté de triompher d’autrui selon la loi du plus fort. Pour rester dans cette logique, le Poète de Matignon, bien sûr, n’a pas de couilles ; juste le ridicule de qui persuadé du contraire.

 

On peut feindre la surprise.

 

On nous avait pourtant bien prévenus.

 

Dominique de Villepin est né le 14 novembre 1953 à Rabat, au Maroc. Son enfance, telle qu’il en donne un aperçu dans Éloge des voleurs de feu, fut celle, banale, d’un jeune Français comme les autres. Le petit Dominique se promène les poches bourrées de poèmes griffonnés "sur de tout petits bouts de papier". Parfois, au lieu de manger son quatre-heures, il convoque des mains élues ou des faces sacrées :

 

"Pareil à l’enfant primitif, au rendez-vous des puissances tutélaires et des forces augurales, autour du feu crépitant des rimes douces ou sèches, je convoquais les faces sacrées, les mains élues, les noms glanés sur les chemins buissonniers du premier âge, quand tout reste encore à inventer. Pour rien au monde l’enfant poème ne se fût séparé de son invisible et secrète armure, pas plus qu’il n’eût imaginé de plus beau goûter, de plus grand trésor. Il y avait l’espace infini, les lucarnes du ciel et de la mer. Il y avait l’absence et l’effroi et, pour les conjurer, tous ces mots de couleur."

 

Pendant ce temps, la mère de l’enfant-poème, "penchée sur de hauts et volumineux grimoires", recopie des textes. L’essayiste n’en dit pas plus, mais on imagine volontiers la vie quotidienne de la paisible petite famille, la mère allant cueillir au crépuscule des simples et des racines de mandra­gore, le père domptant des cavales écumantes, la sœur errant sur la lande en psalmodiant d’anciennes mélopées, la bonne traduisant Swedenborg, etc.

 

L’enfant-poème poursuit ses rêves : licence de lettres, ENA. Il devient Secrétaire général de la présidence de la République en 1995, et, en 2002, ministre des Affaires étrangères sous la présidence du magicien Jacques Chirac […].

 

Pour l’incendiaire du Quai d’Orsay, la poésie a ceci d’ori­ginal qu’elle est différente. Et cette différence tient d’abord à son caractère "rebelle". Autre originalité. L’idée revient sans cesse et sous divers vocables, subversion, insoumissio­n, sédition, révolte, sécession : "La révolte devient poésie", "Rage ! Rage du verbe qui s’élance…", "Le poème recueille les forces vivantes, braise indocile et lente". Il y a pour la poésie une "règle d’insoumis­sion", qui ne va pas sans graves périls : "Cette parole naît du plus grand danger", elle fait naître "l’épouvante des gouffres" […]. Selon des sources bien informées, cette violence a provoqué des tensions au sein même du gouver­nement. L’affirmation de Villepin selon laquelle la poésie des voleurs de feu est "inséparable de toute révolution" a suscité l’émoi de plusieurs ministres. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a d’ailleurs publiquement promis l’"impunité zéro" pour les voleurs de feu, et l’ar­restation de la plupart d’entre eux. Le ministre des Affaires étrangères a dû expliquer que la rébellion dont il parle est purement verbale. Il ne s’agit que d’emporter "tous les hommes dans une danse tourbillonnante", de "faire rouler la clé des chants". Le gouvernement de M. Raffarin a été rassuré par ces précisions […].

Le Jourde&Naulleau

Précis de littérature du XXIe siècle,

Pierre Jourde - Éric Naulleau,

Mots et Cie, 2004

                         

Ceci rappelé, reste cette question qui nous laisse – nous, poètes –, à la suite de Dominique de Villepin, tout sens dessous dessus :

 

En avoir ou pas ?

 

À l’instar d’Hemingway, Cendrars en avait ; bien que, un bras perdu, il passa pas mal de temps à se les gratter, de la main restante, en cabine transatlantique trois étoiles ou wagon Pullman de luxe.

 

Et puis, serions le plan, force est de le constater : Frédérick Houdaer en a. Parce qu’il en faut, au poète, pour ÇA !

 

Mais cela ne nous dit pas si Frédérick est disponible pour Matignon.

 

C’était notre rubrique Des poètes et des couilles – en avoir ou pas…, merci de votre attention, à mardi dans la rue, bonsoir.

 

 

JEUDI 30 MARS 2006

 

 

Obtenir par la contrainte ce qui est dû.

 

Vous pouvez dire merci à celui qui a rédigé le mémorandum…” lâche le médecin expert ; à elle, blanche comme morte.

 

(Je sais rédiger un mémorandum.)

 

Dans le hall du Tribunal du Contentieux, d’autres mal foutus espèrent en l’allégement de leur précarité ; l’un deux chantonne.

 

(Combien, parmi eux, à savoir rédiger un mémorandum ?)

 

 

MERCREDI 29 MARS 2006

 

 

Vu hier des gamines chanter l’Internationale à la manif.

 

Ai voulu croire que tout n’est pas perdu.

 

 

DIMANCHE 26 MARS 2006

 

 

Il y a des commerces pour téléphoner au pays, un Monoprix gardienné comme une banque, des bars sans quartier. Aux carrefours, quelques brasseries à loufiats voudraient relever le décor.

 

Cinq hectares moquettés de bleu. Galigrasseuil ou Morpion Éditions. Dans l’intérêt commun, l’armée vigile veille. “Bienvenue au Salon de la Fauche”, se marre une exposante.

 

Avenue de Saint-Ouen. Vieillarde momifiée dans ses hardes. 3°c et ça descend encore. De jeunes touristes italiens – mi-concernés, mi-batteurs de semelle – forment une manière de cercle. À l’ouverture, une blonde parlemente accroupie. La momie réplique en anglais rapide. Pas né qui la fera bouger.

 

Il traîne à son train un caddie ; de quoi rempli ? Fort accent Luxembourgeois, tout en gentillesse, il salue l’assemblée ; de qui lui répond s’enquiert de “la petite santé”. Il s’exalte un instant pour demander un “catalogue analytique”. S’inquiètent mes Lutins ; vite rassurés, pas eux qu’on va analyser…

 

Place Clichy. Chaîne de restauration dédiée viande grillée. On fine bouche sur mon look, je scrute alentours ; personne à me ressembler. Cosmopolitisme a ses limites. (En réserve de ma probité, carte bancaire et chéquier ; panoplie élimée sauvée du désastre.)

 

Chevelure grise, pentacles et gris-gris en babioles, elle veut savoir si c’est bien Merlin, là, un peu parti de la citrouille, en couverture. Renseignée à l’affirmative, elle rejette mon ouvrage sur sa pile ; en l’absence du courage nécessaire à me l’envoyer à la tête. “Pas étonnant qu’on soit dans la merde”, grince-t-elle talons tournés.

 

Transit. Rue Saint-Denis. Un hot-dog. On me propose, pleine chaussée, “un peu à fumer”… Mes Lutins rigolent.

 

Suis là pour écrire sur mes écrits ; faute de goût assumée. Puisqu’aussi bien il faut signer, spéciales dédicaces à Chieh Wen et Mandjou.

 

Bessières. Au bar du coin, 8 Arabes pour 2 Européens. Raï et Star’Ac. Une vieille pocharde a été belle. On m’offre – “Monsieur…” – des cacahuètes grosses comme pois chiches. La Pelforth à 2 euros…

 

Il débarque micro en main ; France Bleue les Bains de Pieds. Trois pages de questionnaire. Du Petit Bêtisier Féerique veut tout connaître. Fin d’interview, question loucedé : “On peut donc rire du sacré ?” Mon éditeur me considère interloqué. Difficile de lui expliquer que, non, j’ignore tout du pertinent intervieweur.

 

Au bar du coin – 9 Arabes pour 1 Européen. Une femme en hidjab brave l’obscurité pour un café prétexte à makrouts. On m’offre, dans la foulée “quelques gâteaux du pays”. Ici, qui ne peut payer le dernier verre payera – “bonne soirée” – la prochaine fois.

 

De loin en loin, on m’agite sous le nez – bibliophile ou quémandeur de comptes – des livres d’avant, des ouvrages d’autre vie. Un peu qui – métempsychose ! – interroge la pierre ponce : “Alors Marcel ! Quoi d’neuf depuis Dunkerque ?

 

Au bar du coin – merde au choc des cultures – les toilettes sont réservées aux clients. Derrière le comptoir, la clé du verrou pend, minuscule, au bout de quatre anneaux contendants.

 

Je signe pour le petit Simon, Breton, et Noir. “Il y a une chose qu’il ne comprend pas bien : tous les Lutins sont blancs…” Mes Lutins réclament en chœur, sine die, la publication des us et coutumes de leurs cousins africains.

 

Au bar du coin – choukran – qui cherche les ennuis initie un ballet où patron et clients sont autant de forces motrices dont l’éconduit ne réalisera les mécanismes qu’une fois sur le trottoir.

 

Où sont E3 ? B6 ? J9 ? Je ne le sais pas. Non, ce livre-là n’est pas de moi. Un musée susceptible d’accueillir une tortue géante empaillée ? Désolé, je ne vois pas.

 

De 17 en 15e. Dernière nuit sans étoile – Gnome Palace ; pour plaire à mes Lutins ne pouvais pas faire moins.

 

Sortie définitive. Vigile. Contrôle du sac. Ton de petit kapo ; je stigmatise. Décontenancé, il trouve la réponse professionnelle adaptée : mon regard. Délit de sale gueule. (Quoi que… Pour lire, oui, je pourrais voler.)

 

Mon Salon du Livre Paris 2006…

 

 

DIMANCHE 12 MARS 2006

 

 

[…] un seul conteur pour cent mille baratineurs

La Ballade du mois d’août 75, Charlélie Couture

 

Oui, c’est exactement cela.

 

 

SAMEDI 11 MARS 2006

 

 

Il aura suffit de l’embrasement de quelques blogs…

 

Démêler l’écrivain de l’écrivant…

 

Contribution :

 

ÉCRIVANT, subst. masc. ÉCRIVANT, ANTE, part. prés., adj. et subst. masc.

Emploi adj., rare. [En parlant d’une pers.] Péj. Qui écrit trop et n’importe quoi.

"Les règles de la poésie et de léloquence, destinées à modérer la folie bavarde et écrivante." (ALAIN, Beaux-arts, 1920, p. 299).

 

ÉCRIVAIN, subst. masc.

Celui, celle qui compose des ouvrages littéraires.

"Il faut savoir, bien sûr, que lon décide d’être un écrivain. En avoir les capacités, voire quelques preuves enfermées dans un tiroir, ne signifie rien tant que lon nest pas résolu. Au talent supposé, il faut ajouter la volonté – je dirais presque à parts égales." (DJIAN, Ardoise, 2002, p.75).

 

Je n’y reviendrai pas.

 

 

DIMANCHE 26 FÉVRIER 2006

 

 

La poésie.

 

Pour tenir.

 

© Dimanche en 9 manches

in William VaurienEmbrouille au Pypoland,

Tramber, Les Humanoïdes Associés, 1984

 

 

SAMEDI 25 FÉVRIER 2006

 

 

Et puis il y a les concours de nouvelles…

 

Cent vingt que recense Le Guide des Concours de nouvelles 2005-2007 (L’Encrier Renversé). Et peu, bien peu, pouvant se targuer d’une réelle dimension littéraire. Stéphane Laurent est l’organisateur de l’un de ceux-là. Sur son blog, à Voie de garage en 15 000 signes, il explique pourquoi il jette l’éponge :

 

Sous mon bureau se trouve un amoncellement de papier de presque un mètre : les textes en cours de lecture d’un concours de nouvelles noires que j’organise depuis cinq ans. Ne les cherchez plus, les frustrés de l’édition, les ménagères à la plume du dimanche, les bourreurs de lignes, les spécialistes du poncif au kilomètre : ils sont sous mon bureau. Mais c’est fini : cinquième édition pliée, je rendrai mon tablier. Le combat s’arrête faute de combattants. De combattants valables, j’entends : pour cinq ou six tireurs d’élite, quelle piétaille incapable de différencier pied gauche et pied droit, et pas foutue de se faire tuer proprement ! Terminée, enfin, l’hypocrisie du palmarès : "tant de textes cette année ; que la compétition fut âpre et cruelle !" Mensonge ! Tous les ans, cinq ou six textes volent à mille pieds au-dessus de la masse et se partagent sans le moindre mal un podium à trois places. Ils sont des dizaines à mettre leur espoir dans dix pages et 15 000 signes, mais le résultat est si pauvre que je sens poindre en moi une forme de mépris. Très mauvais, ça, le mépris. Vite, passer à autre chose…

 

Qui s’est fourvoyé un jour dans le jury d’un tel concours ne viendra par contredire Stéphane Laurent… On aurait même envie d’en rajouter. Parce que, si les concours de nouvelles attirent aujourd’hui ce tragique tout-venant, c’est aussi qu’ils sont légion, ces gentils organisateurs de “manifestations littéraires”, faisant croire aux écrivants du dimanche que l’avenir leur appartient. La “piétaille”, oui… Il faut, pour alimenter un concours – aussi pour certaines revues dites “de création” – tant et plus de chair à canon. Alors la grande illusion – “pourquoi pas moi ?…” –, l’engrenage…

 

Aussi, pour le même prix, sans supplément sur les consommations, ce vade-mecum

 

Copiez ! Collez ! Il vous sera beaucoup pardonné.

 

VADE-MECUM

À L’USAGE DES

PARTICIPANTS AUX CONCOURS DE NOUVELLES

ET AUX

NOUVELLISTES CANDIDATS À LA PUBLICATION EN REVUES

 

 

– Respectez à la lettre les Saints Commandements peuplant les règlements :

 

La Nouvelle se distingue des autres genres littéraires par ses qualités spécifiques :

“Le sujet est original.

“Elle n’est pas un récit de longue haleine s’étendant sur une vie, sur une guerre, sur des années. L’action embrasse une période de temps relativement courte (une heure, une journée, une semaine…)

“Elle n’est ni légende, ni comte.

“Les personnages sont peu nombreux.

“Le rythme du récit est rapide et ne s’embarrasse pas de longs développements psychologiques et philosophiques.

“Elle est ce difficile art de la concision, de l’essentiel, cette tension de l’écriture jusqu’à la chute qui fait souvent d’une anecdote un destin.”*

 

* [Authentique]

 

Faites preuve du plus absolu fidéisme. Ne vous interrogez pas sur l’origine du texte sacré tant et plus photocopié, copié-collé. N’écoutez pas qui prétend que, pareil pensum faisant loi, Selby jr, Bukowski, Carver, Dixon ou Ravalec n’auraient pas publié une ligne.

 

– Soyez consensuels ! N’innovez en rien. Inspirez-vous du lauréat de l’année précédente, du texte dernièrement paru. Vous ravirez organisateurs et comités de lecture qui sont gens d’habitudes et augmenterez ainsi les chances d’arriver à vos fins. Tant pis si, au début de la longue chaîne à laquelle vous ajouterez un maillon sans surprise, était un texte de Quentin Flonflon. L’homme qui a écrit : “La porte fatiguée grinça de tous ses gonds alors que j’entrai l’âme en berne de joyeux rigodons ; hier, ici, je dansais sous les lampions.

 

– Ne protestez jamais contre les thèmes imposés réduisant la nouvelle à un exercice de style puéril. Faîtes mine de vous réjouir quand vous lisez : “Cette année, le thème est… À la pêche aux moules… ; Quel beau dimanche !… ; Ça, c’est un vélo !… ; Dentier… ; Myosotis… ; Napoléon…”

 

De même, battez des mains aux incipit imposés : “À 6 heures, son panaris recommença à le lancer…” ; “Tout le monde était bien d’accord : il fallait remplacer la cloche de l’église…” ; “Si les Bogoliens continuaient de la sorte, la mobilisation deviendrait inévitable…

 

À qui parle de “ploucoulipisme”, tournez prestement le dos.

 

– Chutez plan-plan. Cultivez la pirouette convenue :

 

La surprise de tante Aline

Tante Aline qu’on croyait pleine aux as, qu’on craignait dur qu’elle lègue tout au Petites Sœurs des Pauvres, ben elle avait plus un rond… l’avait tout croqué au casino…

 

Enfin réconciliés !

Voire… Ce ragoût que Monsieur apprécie tant, Madame, elle l’a préparé avec les meilleurs morceaux de Fidèle, le cabot de la discorde rapport à ce qu’il perd(ait) ses poils.

 

La chance de M. Georges

Georges, le clodo qui a trouvé un billet d’Euromillion dans le caniveau, après avoir rêvé dix pages de trois étoiles et de septième ciel, il le jette, le billet…

 

– Écrivez riche. Parcourez les dictionnaires des synonymes à la recherche des termes signalés “vieilli” ou “désuet”. N’écrivez pas : “Un emmerdeur !”, écrivez ; “Un esprit difficultueux…” ; n’écrivez pas “La crampe de l’écrivain”, écrivez “L’agraphie”, n’écrivez pas “Des nouvellistes alignant les formules”, écrivez “Des nouvelliers prolixes en apophtegmes”

 

– Bannissez toute “vulgarité”, toute “pornographie”. Montrez-vous de bonne compagnie. Quand bien même le règlement ne le précise pas, l’élision morale est entendue. (Vulgarité et pornographie, c’est bien connu, ça troue le cul.) Eau de rose et parfums capiteux mis à part, rien ne doit suinter de votre plume. Vos personnages ignoreront tout de la grosse commission, idem pour la petite. Toujours, ils garderont leur slip.

 

– Et surtout n’oubliez pas : au royaume des écrivants-manchots, la couronne est promise à qui écrit avec les pieds.

  

 

MERCREDI 22 FÉVRIER 2006

 

 

Puisqu’il est question d’édition…

 

Sur Chroniques d’un premier roman une jeune femme fait le récit – faussement distancié, sensible, souvent drôle – de ses tentatives éditoriales… Des “comme elle”, des quidams, lui donnent la réplique. Au hasard des échanges jaillissent ces choses sues ; pas à dire. Ainsi ces éditeurs réclamant dix euros aux refusés désirant récupérer leur manuscrit… Ces lettres de pré-refus vous signifiant, en cas de refus, qu’il ne vous sera pas envoyé de lettre de refus… Aussi “l’affaire des points de colle” ; ou comment des manuscrits expédiés par la poste reviennent à leur auteur avec “lettre-type de refus, alors que les pages 10 et 11, quand ce n’est pas 1 et 2 [“piégées” aux points de colle invisible, NdA], n’ont pas été décollées”… On pointe à ce sujet une petite nouvelle sans prétention, rédigée par un piégeur écœuré…

 

Alors je me souviens…

 

Écrivain, je suis aussi éditeur.” Cf. LUNDI 17 JANVIER 2005.

 

Je pense à ces auteurs écrivant à mon émotion. Auxquels je fais passer l’information… Je suis en position de faire publier des textes.

 

Ah oui ? Vraiment…”

 

Puis s’en retournent à quelque grand œuvre promis aux voies postales. (N’oubliez pas la colle, camarades !)

 

 

VENDREDI 17 FÉVRIER 2006

 

 

On reproche assez aux éditeurs leurs lettres de refus stéréotypées. On les présume suffisamment ne lisant pas les manuscrits arrivés par voies postales. On ne va donc faire grief de rien à qui, ayant lu, se fend au surplus d’un refus personnalisé… Oui, ils sont précieux ces qui-là permettant qu’enfin s’ouvre le débat.

 

Ainsi, un éditeur m’écrit :

 

“Votre récit manque cruellement d’épaisseur romanesque ; vous le faites exister par les mots, mais l’avalanche de ces derniers étouffe le lecteur. Nous ne sommes pas sensibles à votre écriture artiste, mélange de verve et d’érudition.”

 

Cher éditeur,

 

Certes, me sais décalé plus qu’à mon tour. Mais là… comment ai-je pu ? Des mots… j’ai fait exister un roman par des mots ! con de moi ! Inutile de vous dire ce à quoi je m’emploie en ce moment… plein la bouche !… pas des mots hein ! Des mots… choisis !… pour aggraver mon cas. Des mots suintant la verve, l’érudition… Haut le cœur ! Chapeau l’artiste ! Indécrottable bohème… je mourrai un jour dans mes mots, étouffé !… cerné d’insensibilité générale. Alors ce sera fini et je serais bien content.

 

Sincèrement.

 

 

MERCREDI 25 JANVIER 2006

 

 

Et quoi lui dire ? à elle, que je vouvoie depuis 7 ans, et qui ce soir, overbourrée, se décide enfin à m’aborder, me demande si on peut se tutoyer… (Oui, puisque, dès demain, je vouvoierais derechef. (C’est faux, somme toute, demain, je ne viendrai pas.)) Alors on se tutoie – à l’abordage ! – mais, non, cocotte, quoique tu me racontes de ta vie, tu ne sauras rien de la mienne. Parce que ma vie n’est pas présentable au commun du social. Quand même ! elle voudrait comprendre… Comprendre pourquoi, le soir, dans les bars, je ne parle qu’aux “tafioles” et aux malades mentaux… (Elle oublie les “Anglais – ingénieur sur plate-forme offshore en rupture de banc avec sa hiérarchie” et autre “trisomique en bordée”.) Cf. SAMEDI 9 AVRIL 2005

 

 

MARDI 24 JANVIER 2006

 

 

Choix a) les grands esprits se rencontrent…

Choix b) méfiez-vous des imitations…

 

Toujours est-il : la véritable histoire du Petit Chaperon rouge est dans le Petit Bêtisier Féerique est nulle part ailleurs.

 

 

VENDREDI 20 JANVIER 2006

 

 

Selby Jr. Et Jean Leloup.

 

Pour Tenir.

 

 

LUNDI 16 JANVIER 2006

 

 

Il faut être enfin raisonnable…” me dit la Camarde, “la question n’est le plus le si mais le quand, comprends-tu ?”.

 

 

JEUDI 12 JANVIER 2006

 

 

On sait des germes quelque part en culture. On se laisse aller à imaginer l’éprouvette, on voudrait penser l’in vitro. Et puis un soir on découvre un avis de “mise à l’isolement” sur la porte de la chambre. Derrière votre épaule, la Camarde chuchote : “staphylocoque…

 

 

JEUDI 29 DÉCEMBRE 2005

 

 

La salle de “déchoquage”. Tout le monde est très gentil avec moi. On me propose du café. On me tape sur l’épaule. Et puis on me dit qu’il faut du “courage”. En salle de déchoquage.

 

 

 

DIMANCHE 25 DÉCEMBRE 2005

 

 

Noël. L’hôpital.

 

Cf. JEUDI 25 DÉCEMBRE 2004

 

Et puis les petits sapins, les limousines des chirurgiens.

 

 

SAMEDI 24 DÉCEMBRE 2005

 

 

La Camarde est revenue lundi. Trois semaines qu’elle se tenait immobile à l’horizon, me clignait de l’œil en coin de rue.

 

Pour l’instant, elle danse.

 

 

SAMEDI 15 OCTOBRE 2005

 

 

Que deviennent nos livres, après que nous les avons écrits ?

 

© Désiré Gogueneau, in Les saucisses de l’exploit, Charlie Schlinguo,

Les Humanoïdes Associés, 1985

 

Oui, mais Charlie Schlingo est mort… (Hommage.)

 

 

DIMANCHE 9 OCTOBRE 2005

 

 

À propos… ceci, non plus, n’est dit : les sites personnels – il suffit de le comprendre – sont comme les cartes de visites ; jamais elles, jamais ils, ne servent à quoi on les destine. Elles sont là, au fond du portefeuille, existant pour rien. Ils sont là, au fond de la Toile, en vain perdurant. Quand on se sépare d’une carte de visite, c’est en général pour la confier – au terme de quelque quiproquo, par civilités obligées – à des doigts en pincettes promis à l’ouverture dès que nous aurons le dos tournés. Quand un site personnel est visité, c’est sept fois sur dix par des regards fugaces, vite détournés, dès que réalisé là où ils se sont posés.

 

Alors tant pis, avec la complicité d’eStat’, je déballe ! je régale ! Voici les mots-clés qui, les douze mois écoulés ont conduit vers ce site… 3,28 % d’entre-vous, pas plus, cherchaient après l’auteur, ses p’tits écrits, ses grosses marottes. Et encore faut-il prendre en compte la recherche “+marhic +"pommes de terre"” dont je ne peux garantir qu’elle ne participe d’une homonymie agricole. Pour le reste, il est des anfractuosités de la nature humaine qu’on peine à imaginer. J’en veux pour preuve “je suis professeur de francais heureux dans le privé sous-contrat”, “air conditionné daeninckx” ou encore “humour platrier en retraite”.

 

Au final, tout un chacun ne bénéficie pas moins ici d’une excellente méthode pour “booster” ses connexions, comme on dit chez les escrocs. Mot-clé “jonquera” – +“putes”, +“ricard, +“maison close”, etc. – (cf. “La Jonquera. Babel des gros culs.in rOmaNs) 15,09 %… Mot-clé “bombasses” (cf. “SECTION MEGA BOMBASSE CONNECTIONin DIMANCHE 16 MAI 2004) 6,4 %

 

Finalement aussi, je n’aurais pas pu écrire aujourd’hui plus belle poésie.

 

Bombasse … kriss graffiti … marhicrenaud marhic … filet de camouflage … ouvrir une sandwicherie … chronikart … maison close la jonquera … la jonquera sex … maison close jonquerajonquera sex … "kriss graffiti" … sex shop la jonquera … putes la jonquera … la jonquera … bombasse blog … jonquera putes … blog bombasse … la jonquera putes … putes jonquera … la jonquera maison close … bibliographie de mickey 3d … jonquera boite de nuit … boite de nuit la jonquera … porte avions charles de gaule … jonquera maison close … blog de bombasse … polar breton … putes a la jonquersex shop roya … photo bombasse … sex jonquerajonquera boite     éditeurs de poésie     la jonquera boite de nuit     concours de nouvelles harfang     boite la jonquera     correspondantes allemandes     "renaud marhic"     boite de nuit a la jonquera     jonquera alcool     histoires de cocus     "kriss graffiti"     "méga bombasse"     boite jonquera     torrent bukowski     la jonquera fille     sonia blog     fipette     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DIMANCHE 14 MAI 2005

 

 

Enfant, l’été venu, loin du béton où à l’année nous marinions, il fallait bien tromper l’ennui. Je n’avais pas plus grand plaisir alors que faire résonner la campagne à grands cris :

 

Merde aux P. !

 

Aux chiottes les C. !

 

Ainsi dégustaient nos voisins, restés 100 km plus au nord…

 

Je retrouve aujourd’hui ce plaisir. Sauf vedettariat, un blog – il suffit de le comprendre – n’est lu par personne d’autre que son auteur. Ainsi est-il loisible de s’y exprimer à la face du monde en toute discrétion :

 

Je suis étranger à ma famille.

 

Mon banquier me fait pitié.

 

Nolwen, je vous préfère saoule.

 

Martine, je te préfère à jeun.


DIMANCHE 8 MAI 2005

 

 

In Lutins en milieu urbain, Groumf, le “voleur de doudous”, dérobe…

 

les ours en fin de course, les souris avachies, les lapins mal en point, les robots en morceaux, les lucioles qui s’étiolent, les Marsu’ mal fichus, les Babar qu’en ont marre, et, naturellement, tous les chiffons qui ne sentent pas bon

 

Alors, je ne peux plus voir un petit traînant son doudou derrière lui sans imaginer que Groumf va surgir et s’en emparer pour lui rendre sa liberté.

 

C’est d’ailleurs exactement ce qui se passe.

 

 

JEUDI 5 MAI 2005

 

 

Depuis ma mort, je réclame instamment qu’on ne me demande plus : “Comment ça va ?

 

Cela me paraît logique.

 

Tout le monde ne comprend pas.

 

 

MERCREDI 13 AVRIL 2005

 

 

Je relis quelques pages. Les trouve parmi les meilleures de ma production. Et réalise : pour gagner de la place, l’ordinateur avait été installé dans un placard sans porte.

 

Je suis un écrivain du placard.

 

Définitivement.

 

 

DIMANCHE 10 AVRIL 2005

 

 

À peu près comme ça…

 

Il y a Catfish McDaris – le poète vivant bien qu’il réussit son suicide – qui écrit comme Bukowski, qui a travaillé à la Poste comme Bukowski, et qui rend hommage à Dave Church :

 

“Jessie était taximan depuis des années. Il y pensait comme à un hobby pour garder une oreille sur les rues. Sa véritable occupation était la poésie, c’était ça qui lui remuait les sangs. Les femmes, la bibine et l’herbe jouaient aussi un rôle important. Quand tout le reste était parti, les mots étaient là. []”

Miaou, Catfish McDaris

 

Il y a Dave Church, dont parle ainsi A. D. Winans :

 

“Dave Church ne se ballade pas avec un P tatoué sur le front comme de nombreux poètes de ma connaissance. []”

 

Il y a A. D. Winans, dont parle ainsi Bukowski :

 

“A. D. Winans est un des rares poètes que j’ai rencontrés (et bordel j’en ai rencontré beaucoup trop) qui ne se comporte pas comme un écrivain et ne pense pas continuellement à lui comme un écrivain, et c’est peut-être pour cela qu’il écrit mieux que les autres. Ma préférence va toujours à un poète que je peux supporter pendant plus de dix minutes ; c’est rare, et c’est le cas avec A. D. []”

 

Le tout traduit par Éric Daejeger dans les numéros spéciaux de sa revue Microbe – épuisés – qu’il réédite au scanner rien que pour mes yeux tristes.

 

J’y pense en observant une fille à forte poitrine, dans les 20-25 ans, marchant à ses dépens au beau milieu de la rue. Quelque part dans le XVe.

 

PS : Quelle heure est-il à Samarkand ?

 

 

SAMEDI 9 AVRIL 2005

 

 

Le soir, dans les bars, je ne parle à personne. Si ce n’est aux Anglais – ingénieur sur plate-forme offshore en rupture de banc avec sa hiérarchie ou trisomique en bordée. (“John, I don’t forgett” ; “Stranger, I never knew your name. I just remember your brother called you "my monkey"…”)

 

D’abord, elle a perdu sa vestedeux dossiers plus loin, cocotte. Ensuite, elle veut savoir ce que j’écris. Elle est très gentille. Jolie comme à son âge. Elle vient là pour la première et la dernière fois – la chose est dommage ; le message pas moins clair. Bien sûr, on réussit à se toucher les mains…

 

Je crois qu’elle voulait rendre jaloux son copain – qu’elle appelait “un copain”.

 

J’en sais rien.

 

 

VENDREDI 8 AVRIL 2005

 

 

Nouveau : pendant la mort du propriétaire (1965-2005), le Dé-BloG-aGe reste ouvert.

 

 

MARDI 1er FÉVRIER 2005

 

 

Handicapée, à vie.

 

Maintenant, verdict tombé de la bouche du grand professeur, je revois celui-là à notre première rencontre.

 

Moi, plein de terreur et d’espoirs :

 

 

Lui, compulsant vaguement le dossier :

 

Alors, comment ça va depuis que je vous ai opérée ?

 

Elle, d’une voix encore affaiblie par la stupeur :

 

Mais… docteur, vous ne m’avez pas encore opérée…

 

 

LUNDI 17 JANVIER 2005

 

 

“Personne ne peut aimer une femme et écrire un roman simultanément. Je veux dire : Écrire un "vrai" roman, aimer "vraiment" une femme.”

 

Zone érogène, Philippe Djian,

Éditions Bernard Barrault, 1984

 

C’est parfois un peu plus compliqué que ça…

 

Écrivain, je suis aussi éditeur.

 

Non pas que je possède une maison d’édition. Ni que je sois salarié d’une telle entreprise.

 

Plutôt, je suis en position de faire publier des textes. Des textes que j’ai… rencontrés. Ou que je suis allé chercher.

 

Là commencent les ennuis – les femmes n’y sont pour rien. Que l’on se figure mes personnages quand je me consacre tout entier à ceux des autres ! Que pensent Denys, Laetitia ou Cigismond, quand ils me savent au côté de Malou, M. le sénateur ou Pistache ?

 

 

LUNDI 3 JANVIER 2005

 

 

Fermeture pour raisons techniques jusqu’au 17.

 

 

SAMEDI 1er JANVIER 2005

 

 

Jour de l’an. L’hôpital.

 

Cf. JEUDI 25 DÉCEMBRE 2004

 

× 2.

 

 

MERCREDI 30 DÉCEMBRE 2004

 

 

Il y a cette fille qui m’aide beaucoup, un peu…

 

Penser à demander à Éric Dejaeger s’il a en stock quelques traductions inédites des poésies de Bukowski.

 

 

JEUDI 25 DÉCEMBRE 2004

 

 

Noël. L’hôpital.

 

Les salles d’attente sont couvertes d’affiches invitant à ne pas perdre la santé. Depuis six mois, je pratique l’exact contraire de ce que préconisent ces affiches. Pour ne pas crever.

 

 

MERCREDI 24 DÉCEMBRE 2004

 

 

Il y a cette fille qui m’aide un peu, beaucoup…

 

Comme je n’ai pas tant à offrir que je puisse m’économiser, j’ai pour elle une nouvelle. J’ai imprimé le texte. L’ai glissé dans mon sac. Que je n’ai jamais au dos quand nous nous croisons… Alors, les pages s’écornent.

 

Me fais l’effet d’un enfant, attendant au mauvais endroit quelque élu de son cœur. Dans la main de l’enfant, les chocolats promis à l’être aimé fondent irrémédiablement.

 

 

JEUDI 23 DÉCEMBRE 2004

 

 

21 heures 20, hier, au retour de l’hôpital.

 

Un chien est couché sur le terre-plein central séparant la chaussée en voies contraires. C’est un labrador, je crois. Il n’a pas l’air blessé. Il attend, seulement.

 

Un instant, je pense à m’arrêter.

 

Et puis je réfléchis.

 

21 heures 30. À travers la vitrine du Pousse Café, j’assiste à une bagarre. Deux types, dont un bedonnant en costume cravate, tabassent un troisième.

 

Adrénaline.

 

Je réfléchis.

 

 

MERCREDI 22 DÉCEMBRE 2004

 

 

Ils sont 0000 à avoir bougé. CQFD.

 

 

MARDI 21 DÉCEMBRE 2004

 

 

“Au secours !”, “au se-cours !”, “au secouuuuurs !”

 

 

LUNDI 20 DÉCEMBRE 2004

 

 

Demain : expérience.

 

 

SAMEDI 18 DÉCEMBRE 2004

 

 

J’envoie deux, trois poèmes au Cherche Midi.

 

Le Cherche Midi répond par un mot manuscrit et gentil.

 

Merci, le Cherche Midi.

 

(J’envoie deux, trois poèmes ailleurs. Plusieurs enveloppes reviennent frappées du sigle NPAI. Les éditeurs de poésie ne font pas suivre leur courrier… Je répète : les éditeurs de poésie ne font pas suivre leur courrier…)

 

 

JEUDI 16 DÉCEMBRE 2004

 

 

Un pas en arrière, deux pas en avant. La Camarde danse pour moi.

 

 

VENDREDI 10 DÉCEMBRE 2004

 

 

La femme que j’aime se meurt en réanimation.

 

Entre deux sanglots, je lui dis La chanson des vieux amants de Jacques Brel.

 

Le soir, elle rêve que Brel est maintenu en vie dans une chambre voisine.

 

 

SAMEDI 4 DÉCEMBRE 2004

 

 

Chers amis,

 

C’est promis !

 

Avant le point final, vous aurez tous un mot.

 

 

DIMANCHE 21 NOVEMBRE 2004

 

 

Ai écouté Houellebecq – Le sens du combat ; Les poétiques de France Culture – tout en contemplant mon défragmenteur de disques faire son œuvre.

 

Conclusion : Houellebecq est nettement meilleur associé à un défragmenteur.

 

 

SAMEDI 20 NOVEMBRE 2004

 

 

Quand je fume solitaire, du haut de mon 2e, je prends toujours bien garde d’éteindre mon mégot – que je lance aux abîmes. Je ne voudrai pas qu’un chien, un chat, un rat musqué, vienne à se brûler les pattes de mes inconséquences.

 

 

DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2004

 

 

Le dimanche, c’est POésIE aussi.

 

IznoMoix

 

Il dit haïr Houellebecq

mais rêve d’être lui

 

Il peut croire en sa chance

il connaît la recette

 

– enculer à tous vers

tout en parlant de Christ

 

Iznogood était drôle

Yann Moix est à pleurer

 

 

SAMEDI 30 OCTOBRE 2004

 

 

Halloween me fait chier. Plus encore les curés. Moralité pratique : Halloween… hip ! hip ! hip !

 

 

VENDREDI 29 OCTOBRE 2004

 

 

Non, je n’ai pas le courage d’ouvrir une sandwicherie.

 

 

SAMEDI 9 OCTOBRE 2004

 

 

Le samedi, c’est POésIE.

 

Insatisfaction

 

Je lorgnais un CD

c’était Gérard Manset

 

Et puis un autre disque

signé Loïc Lantoine

 

Je convoitais aussi

quelques livres et des bons !

Carver et Bukowski

Mizio, Mano Solo

 

J’avais faim des tacos

d’un tex-mex hors de prix

 

J’aurais voulu sur l’heure

pour cocufier l’ennui

traverser le pays

en TER de luxe

et m’arrêter à Nantes

Lieu Unique ! soirée slam !

 

En poche ? 3 euros, 6 cents

Et il y avait plus pauvre

 

 

VENDREDI 8 OCTOBRE 2004

 

 

Je me demande souvent ce que deviennent les personnages de mes nouvelles, de mes romans. Jamais un mot. Pas même au Jour de l’An, aux anniversaires. Et quand je compose les numéros de téléphone que je leur ai attribués, d’autres qu’eux décrochent.

 

J’espère seulement qu’ils vont bien.

 

PS : mes Lutins, eux, sont omniprésents.

 

 

 

MERCREDI 6 OCTOBRE 2004

 

 

Le mercredi 30 juin dernier, la Camarde s’est invitée en grande pompe dans mon entourage immédiat, ma sphère intime.

 

Elle n’est pas arrivée à ses fins.

 

Depuis, aguicheuse, elle relève son suaire à mon anxieuse attention, fait tournoyer nerveusement sa faux…

 

– Alors, qu’est-ce qu’on fait ? me demande-t-elle.

 

– Ben, tu t’casses, j’y réponds.

 

C’est pas gagné.

 

 

MERCREDI 30 JUIN 2004

 

 

Sonia a changé le nom de son blog. Ce n’est plus “SECTION MEGA BOMBASSE CONNECTION”. C’est “CoMoRoUnD CoNnEcTiOn”.

 

Me concernant, je n’ai pas de photo de moi, de ma mifa, ou de pompes Chanel à mettre sur mon blog. Alors je mets le portrait de Bug le Gnome.

 

 

 

DIMANCHE 23 MAI 2004

 

 

Vincent Delerm chante La natation synchronisée.

 

Nos histoires d’amour sont les mêmes / comme si nous avions pratiqué / dans des piscines parallèles / la natation synchronisée

Kensington Square, tôt Ou tard, 2004

 

Malaise. Je n’ai pas connu “les correspondantes allemandes” ni “les correspondants anglais”. (Seulement les adresses, pour avoir la paix. Jamais écrit, bien sûr.) Je n’ai pas disputé d’“interclasses de hand” ni d’“interclasses de volley”. (Dispensé. Pas si con.) Je n’ai pas essayé “le Dry Schweppes pamplemousse” pas plus que “les barquettes plastiques de fish & chips à Porsmouth”. (Qu’est-ce que j’irais foutre à Porsmouth. Aussi moche qu’ailleurs, Porsmouth.) Personne ne “photographiait” mes “erreurs”. (Une seule – pas deux –, une fois, prit une photo de moi. C’est dire.)

 

Vincent Delerm a bien lu papa. Sous l’apparente finesse d’observation, la bonne vieille recette gros sabots : l’identification – sésame de tous les palmarès ! 

 

– Comprenez, cher auteur, votre livre, votre disque, se vendra, pour peu que l’acheteur se reconnaisse dans les personnages mis en page, en musique… Multipliez les anecdotes de portée universelle, tendez à autrui un miroir… [Authentique]

 

Ultime objectif, persuader le chaland à force de clins d’œil discrets, pas moins enamourés : nous sommes tous formidables ! C’est la même recette de l’identification qui règne sans partage sur la “création audiovisuel”. En matière de téléfilm (le navet du samedi soir sur France 3, etc.) on introduira, aux fins de séduction transmutable parts de marché, force “bouldum”… le “bouleversant d’humanité” ! [Authentique]

 

Certes, la nature humaine est une et indivisible. Je ne vais pas le nier après l’avoir écrit :

 

“[Les] particularismes ne sont rien d’autre que la déclinaison d’une seule et même chose : l’Homme. Car qui a voyagé, grattant ici et là les multiples vernis dont s’affuble la nature humaine, sait que l’on ment partout de la même façon, qu’en tout lieu les histoires de cocus font rire aux éclats, qu’il n’est pas de contrée où on ne tue pour de l’argent… Du Grand Canyon au Yémen, personne n’est innocent.”

Le Berry ou la mort !, Harfang hors série n° 6, 2001

 

N’empêche, les établissements Delerm père & fils pratiquent un insupportable consensus pompier. Confondant, l’air de rien, canevas et motifs. Nous pouvons bien être Un, nos vécus respectifs ne nous transforment pas moins, d’un regard l’autre, en Martiens.

 

Nos histoires d’amours sont les mêmes au seul forceps de l’identification putassière. Les établissements Delerm père & fils savent pouvoir compter sur la plasticité de leur clientèle. Au risque de bâtir à peu de frais une littérature, une chanson à texte, de pure hystérie.

 

 

JEUDI 21 MAI 2004

 

 

J’écris l’histoire d’un chameau en fin de vie, se décidant soudain à percer les mystères de la sexualité des pingouins.

 

Je ne sais pas si ça va plaire.

 

 

 

DIMANCHE 16 MAI 2004

 

 

Rien ne serait arrivé sans sonialacomoriene.

 

Pas à revenir Là-dessus.

 

Google à ses charmes. On tape “herméneutique”, on arrive sur rutabaga.com. Qu’avais-je tapé la semaine dernière, en embuscade sur mon clavier, hagard d’aigreur, cyber-fouineur… je l’ignore.

 

En tout cas, sonialacomoriene… et son “blog” !

 

“BIEN VENU ds le monde d’ O_f_~_L_o_V_ e : bon bhé voilà c mon p’tit monde à moi où y a pleins de tofs de moi,ma mifa, mes potos, les pires bo goss (de thierry henry à tony parker, de matt houston à farell, etc…), mon bled les comores etc….où je parle même de mes p’tits soucis, bref le truc banal koi !”

 

On mesurera l’étendue de ce choc fondateur à ma googlisation immédiatement consécutive : “blog”.

 

C’est Lexpansion.com – La newsletter high-tech n°218 du 26 février 2004 qui me répond.

 

“Il y a un an, les blogues étaient au sommet de leur gloire. Au point de se demander si tous les internautes de la Web Generation n’avaient pas leur propre journal personnel. L’un des pionniers de cette nouvelle vague, Blogger, se faisait même racheter par Google et certains y voyaient là les premiers signes de la transformation en profondeur de la presse où chaque blogueur est un journaliste en puissance.”

 

Un peu gêné. Lexpansion.com, quand même…

 

Bon. Pas à faire la fine gueule. Voilà ! Lexpansion.com ou pas, les blogs sont là ! nous pendent au nez ! nous observent en ricanant ! et je ne le savais pas… 

 

On voudra bien le noter, le blog de sonialacomoriene s’intitule fort à propos “SECTION MEGA BOMBASSE CONNECTION”. En langage zyva – encore appelé idiome des cités où les keufs y vont pas –, une “méga bombasse” est un individu de sexe féminin vraiment trop d’la bombe, bébé ! Ou encore : une meuf qui déchire grave ! De facto, le portrait que donne à voir sonialacomoriene révèle une poitrine qu’il n’est pas interdit de taxer d’exception, en adéquation – par le truchement des associations d’idées dont nous parle la psychanalyse – tant avec la notion d’explosion que de déchirure ; pour peu du moins que l’on se place du point de vue du débardeur.

 

Pendant ce temps-là – journaliste re-calculé, écrivain calculateur, victime de coliques néphrétiques –, en cet enfer mathématique et calcaire, je pose au tâcheron de l’écriture. Pour seule angoisse, l’inutilité potentielle de ma démarche. Sonia – comme toutes les Sonia de la toile – n’a pas ces atermoiements. Pas si conne ! Sa “mifa”, ses “potos”, ses “bo goss”, vous les assène à grands coups de blog déchirant comme si l’avenir de la Sécu en dépendait.

 

Quelle leçon !

 

Sonia, grâce à toi, j’ai enfin compris.

 

Trêve de ruminations psychasthéniques.

 

Désormais, le monde va savoir !… un peu…

 

 

sUiTE : conTacT/LiEnS

 

 

acCuEiL