f
Dé-BloG-aGe
9 NOVEMBRE 2009
Ne pas être dupe.
Assumer le contre-courant.
D’où vient ce sentiment étrange
que la commémoration de la chute du Mur ne tient pas tant de la célébration de
la liberté retrouvée que du grand exorcisme d’un Capitalisme prêt à tout pour
(faire) oublier la crise qui vient de le frapper…
Et entendre sur la triste Radio
France pérorer ceux-là qui n’ont jamais vu dans l’effondrement de l’Est autre
chose que « l’ouverture d’un formidable marché »…
8 SEPTEMBRE 2009


Le 21 juillet dernier (avec
l’aide du Monstre du Lac Champlain et d’un bon petit diable, mais c’est une
autre histoire…) mes Lutins ont recouvré la liberté. L’opération “Minus exodus” s’est parfaitement déroulée.
L'éditeur
mauvais payeur (cf. MERCREDI 27 AOÛT 2008) dans l’incapacité d’acquitter ses créances, les livres
de son ex-catalogue sont devenus propriétés de leurs auteurs.
Ainsi me reviennent mes Lutins en
milieu urbain, mes Lutins à la
mode de Bretagne, et mon Petit Bêtisier
Féerique, tous titres désormais diffusés – de même que les ouvrages
d’Amandine Labarre – par Les Éditions du Barbu / EdB.
Pour qui ne l’aurait pas compris,
ils rigolent, mes Lutins, oui, ils rigolent bien…
19 MARS 2009
Manifester – seul – parmi 350 000.
Chercher en vain l’autocollant qui dit tout.
(Le trouver, plus tard, sur le net.)

29 JANVIER 2009
Manifester – seul – parmi 15 000.
Avoir froid – marcher vite pour se réchauffer.
Se retrouver en tête de cortège, sous les banderoles
CFDT.
Voir jaune au milieu de l’orange.
S’éclipser.
6 JANVIER 2009
Lourdes, manifestation littéraire…
je repère l’un de mes éditeurs au bar d’un grand hôtel… à son invite, je vais
pour m’asseoir ; les doctes écrivains qui lui faisaient tablée s’envolent
alors comme moineaux… cinq jours plus tard, le temps enfin venu de prendre la
parole, sonne un téléphone : “Ici la
bagagerie, les chambres doivent être libérées avant midi…” la moitié de mon maigre
auditoire s’envole comme moineaux… (Épouvantable épouvantail !… ne
comprends-tu donc pas ?)
À Bordeaux, l’hôtel est un
claque… je menace de remonter dans le train ; on me reloge… le soir, au
premier rang de plus maigre auditoire encore, l’un des organisateurs jacasse
avec son voisin ; je ne parle pas depuis trente minutes qu’il ronfle la
tête dans les mains… il se réveille au débat pour souligner la vacuité de ce
qu’il n’a daigné écouter… à la sortie, il entreprend – même refrain ! –
celui qui m’édita sur ce coup-là… dans le taxi conduisant au Kyriade, il me fait part – “on a
dû vous le dire souvent…” – de la nullité crasse que lui inspire le titre de l’ouvrage que je
viens de présenter… au premier arrêt, il descend sans saluer… (L’épouvantail se
marre : gras bourgeois bordelais confit de suffisance… tout en toi ne bat
que breloque !)
Au p’tit salon perdu (non je ne
me souviens plus…), accoudé au zinc de la salle polyvalente, un écrivain des
Amériques m’aborde avec la simplicité coutumière “de l’autre côté de la flaque
d’eau”… il m’offre le café que je viens de commander, indûment servi, à lui,
l’invité VIP… dans la minute qui suit, avec le cynisme coutumier à ce pays qui,
“des États-Unis à tous les défauts mais pas le
courage d’en prendre le drapeau” [Jean Dead Wolf
Leclerc], il place les expressions “adaptation
cinématographique”,
“Paris-New-York” et “millions de dollars”… (Je m’envole comme moineau…)
Au Marché de Noël, les enfants
qui passent veulent savoir comment il se peut que la “Dame Blanche”
fût en noir… on tache les livres avec du café, du vin chaud… à l’évocation de
la maison d’édition, de la collection, certains s’éloignent en ricanant,
persuadés d’avoir affaire à quelque camelot “faisant” un lot… Terminus
Brocéliande est “nul” ou “bon”, c’est
selon… on vend des livres à qui jamais n’en lit… on veut encore y croire…
Ma vie d’“écrivain du charbon” (cf. DIMANCHE 20 JANVIER 2007)…
22 NOVEMBRE 2008
Réouverture après travaux.
L’éditeur mauvais payeur (cf. MERCREDI 27 AOÛT 2008) liquidé
comme il se doit, “Polar Grimoire” (cf. MARDI 17 AVRIL 2007) devient Polars&Grimoires, “une collection Renaud Marhic éditée par EdB”.
Des enquêtes, des intrigues,
prenant pour base le LÉGENDAIRE BRETON et, à sa suite, le LÉGENDAIRE DU MONDE…
La collection POLARS&GRIMOIRES a vocation à publier des textes
contemporains mettant en scène l’humanité confrontée aux LOCATAIRES DE SON
IMAGINAIRE : des Korrigans à
Dans l’immédiat… Réédition des
deux premiers titres de la collection : Terminus Brocéliande (Renaud Marhic) et Ankou, lève-toi (Frédérick Houdaer),
“nouvelles éditions
L’aventure, donc, continue…
LUNDI 12 OCTOBRE 2008
Les succès que l’on peut…
Celui-là me va bien.
(Toucy, 3000 habitants, capitale de
Être – une fois dans sa vie – devant Saint-Exupery et Les Bidochons
réunis.

Yonnemag, octobre
2008
LUNDI 8 SEPTEMBRE
2008
Renaud Marhic est heureux de vous annoncer
la parution, etc.
Cette fois, c’est un peu différent… On peut
bien investir pareillement chacun de ses ouvrages – du mieux possible, au fil
de l’écriture –, on sait aussi, un jour, posant le point final, que l’on vient
d’achever là son “œuvre capitale”.
(Au sens que donne le compagnonnage à cette expression.)
Ainsi de L’Oreille de Denys.
Où le narrateur – “psychologue-sexologue” au myocarde incertain – connaît
l’illumination, découvrant l’une de ses patientes – réputée inexplicablement
stérile – sans expérience des voies communes en matière de reproduction… Le
voilà pensant – enfin ! – l’abîme séparant l’ostentatoire de l’in petto. Et de tenter, à cette aune, d’embrasser
une dernière fois le monde. Fin de vie consacrée à traquer la psyché lascive de
ses contemporains en ses anfractuosités, quand sa pratique professionnelle lui
en avait révélé seules les clés contrefaites. Mais il ignore, ce faisant,
initier une réaction en chaîne lui promettant d’assister à la naissance des “Dieux”…
Tentative pour penser notre société en son
fonctionnement hystérique… dégringolade dans les bas-fonds de l’acculturation…
constat clinique de la mort du langage… dénonciation de pseudo-thérapies
d’autant plus effrayantes que ceux qu’elles brisent en redemandent… L’Oreille de Denys, après force
pérégrinations éditoriales – aussi quelques avertissements quant aux “incompréhensions” que l’ouvrage ne manquera pas de susciter
–, a finalement trouvé refuge aux Éditions Rhubarbe, “éditeur de littérature sauvage, textes
inclassables et autres curiosités”. À
consulter le catalogue des auteurs maison, on
comprend qu’il y a pire compagnie.
Et ainsi, tout est dit.
MERCREDI 27 AOÛT 2008
Le métier
des lettres est tout de même le seul où l’on puisse sans ridicule ne pas gagner
d’argent.
Journal de Jules Renard 1905-1910
Ayant cité Renard, on n’a pas tout dit, tant
s’en faut. Cette faculté de l’écrivain à ne point gagner d’argent tient aussi à
ce curieux syndrome frappant le monde de l’édition ; j’ai nommé le
“syndrome de l’éditeur mauvais payeur”…
Le syndrome, donc, à peu près
celui-ci : l’auteur sera payé – au mieux ! – de ses premières ventes.
Tôt ou tard, les relevés de droits ne seront pas/plus envoyés. Si – réclamation
oblige – ils finissent par être communiqués, ils resteront impayés… (Plus qu’un
syndrome, une pratique ! un usage !)
Certes, l’éditeur mauvais payeur encourt les
tribunaux. Selon une constante jurisprudence, il y sera condamné. Mais, les
tribunaux, encore faut-il qu’on l’y traîne. Pour retarder l’échéance, l’éditeur
mauvais payeur ne manque généralement pas de proposer à l’auteur un tacite
marché de dupes : certes, pas une thune, plus un radis, et foin d’artiche…
mais qu’est cela en regard de la reconnaissance sociale inhérente à la
publication, au statut d’écrivain ?… Allons, un peu de sérieux, l’auteur !
Ne comprenez-vous pas, Œdipe petit pied, qu’à réclamer vos droits c’est le père
que vous assassineriez ? Cette branche qui vous fait séant, iriez-vous la
scier ?…
L’esclavage a beau avoir été aboli voilà
deux siècles (décret n°2262 de
La chanson est connue, et je serais mal
placé pour prétendre en ignorer les couplets…
“Il n’est
pas d’ego qui résiste à l’odeur de
l’encre fraîche*…”
*Les testicules alimentaires,
Renaud
Marhic,
Hématomes Crochus n°13,
août 2003.
Il n’empêche… À m’être égaré chez un mauvais
payeur, je fais aujourd’hui, à mon tour, les frais du syndrome. (Moins que
d’autres, il est vrai…)
Que s’est-il passé ?… L’apprenti
sorcier a succombé sous les assauts des dupes susmentionnées, un jour lassées
du marché : auteurs désenchantés à force d’impayés, transformés – mauvaise
magie ! – en créanciers déterminés… Bien sûr, les “messages
personnels” égrainés sur ce site au
cours des mois écoulés n’y auront rien changé. Depuis belle lurette, le roi était
nu… bluffeur patelin ignorant des rires, des pieds de nez qui se multipliaient
dans son dos… inconscient des événements en cataracte l’obligeant, peu à peu, à
révéler sa véritable nature… indifférent aux avertissements de mes Lutins
(merci Bug)… croyant pouvoir s’opposer à la loi… (Que croyez-vous qu’il
arrivât ?… ce fut la loi qui triompha…)
Après cinq ans de “traitement de faveur” (on
me payait, moi, l’auteur qui ne transigerait pas…), je dois moi aussi passer
par pertes et profits quelques milliers d’euros, oublier cinq années d’efforts
éditoriaux, et m’accommoder de la disparition d’une partie conséquente de mon
œuvre dispersée au hasard des soldeurs… (Mes Lutins, eux, rigolent – ravis de
s’en aller, à p’tits prix, infester d’autres foyers.)
À ce stade, il fait beau citer Kipling… Sauf
qu’à rebâtir sans un mot, je n’ai pas attendu de voir détruit l’œuvre de ma
vie. Tandis que la galère prenait l’eau de toute part, que bruissait la révolte
des rameurs, en soute, je travaillais d’arrache-pied à ce radeau bientôt à la
mer. Quand enfin sombra la galère, déjà avais-je atteint d’autres terres…
Pour épilogue au naufrage, me reviennent mes
17 ans. Au café des copains, un soir, l’un de nous – musicien, dessinateur
(il sera le premier à se ranger loin de toute carrière artistique…) –,
celui-là, donc, m’avait caricaturé dans une posture trahissant mon actualité du
moment. Où l’on peut me voir – sur fond d’espace intersidéral – occupé à
changer de planète… (Mon univers était alors celui de la “radio libre” ; d’autres
marchés de dupes y avaient force de loi, bien entendu.) Mâchoires serrées, je
vais mon nouveau chemin – en toute détermination ; à bon entendeur…
Punaisée au mur de mon bureau, elle n’en a plus bougé depuis, cette caricature.
La contemplant un quart de siècle plus tard, me dis que je n’ai pas tant
vieilli.
SAMEDI 3 MAI 2008
Veuillez à présent écouter
quelques messages personnels :
Je répète :
JEUDI 4 AVRIL 2008
Veuillez à présent écouter quelques messages
personnels :
“Tu bluffes,
tu dis que tu
sais mais tu bluffes
tu bluffes
tu peux pas
t’en passer tu bluffes
“J’essaie de te croire mais je n’y arrive pas
tes arguments
mégalomanes ressemblent à des chèques en bois
parce que tu as
la foi, tu peux bluffer l’existence
t’es prêt à
n’importe quoi pour tromper l’évidence
comme un diable
innocent,
comme un serpent
[…]
“Comme un programmateur alcoolique avant
l’décompte atomique
tu bluffes comme
un esclave et tes amis le savent
on se moque
de toi quand t’as le dos tourné
tous les
mannequins rigolent en faisant des pieds de nez”
Je répète :
“on se moque
de toi quand t’as le dos tourné
tous les
mannequins rigolent en faisant des pieds de nez”
Tu bluffes, Charlélie
Couture, 1991
MERCREDI 3 AVRIL 2008
Veuillez à présent écouter
quelques messages personnels :
Je répète :
Vie et moeurs
des lutins bretons, Françoise Morvan, Acte Sud,
1998.
MARDI 1Er
AVRIL 2008
Veuillez à présent écouter
quelques messages personnels :
LUNDI 31 MARS 2008
Veuillez à présent écouter
quelques messages personnels :
Je répète :
I Fought
the law,
S. Curtis, 1959
The Clash, 1979
DIMANCHE 24 FÉVRIER
2008
Combien de fois l’avais-je entendu, cette
biographie de Charles Bukowski sous la plume de
Howard Sounes – Locked in the arms of a crazy
life – l’emportait sur toute autre, évitant les pièges de l’hagiographie,
n’épargnant pas les travers du personnage…
Ladite biographie vient d’être traduite en
français aux Éditions Du Rocher sous le titre Charles Bukowski – Une vie de fou…
L’intéressé y apparaît en couverture comme on a rarement pu le voir :
pincé, hautain, inquiétant. Il existe des dizaines de photos de Bukowski,
toutes ne sont pas posées, loin s’en faut. Elles montrent l’écrivain sous bien
des jours : souriant, saoul, grave, saoul, hagard, saoul, désespéré,
saoul… Jamais tel que sélectionné par Sounes.
Et pour cause : la “biographie
évitant l’hagiographie” est un pur
produit du people anglo-saxon tel que le pratiquent les non moins anglo-saxons
tabloïds. Certes, un livre à charge sur Bukowski ne
serait en rien gênant. Mais le livre de Howard Sounes
n’est pas à charge, il est – selon la sémillante terminologie journalistique –
“anglé”… Suivant les méthodes
éprouvées de la presse à scandales, diverses méthodes sont alors à
l’œuvre. À ce titre, les légendes du cahier-photos – bien des lecteurs
n’iront pas plus loin – sont d’une grande éloquence. Toujours, il s’agit de
présenter comme révélation ce qui est parfaitement connu. Et ce, pour mieux
faire passer l’insinuation sans laquelle point de
scandale…
“Le poète Steve Richmond resta un ami proche
pendant des années mais trouvait hypocrite l’attitude de Bukowski
vis-à-vis des drogues.”
Il convient ici, comme dans le reste du
livre – “Bukowski n’avait
pas eu le temps de se droguer mais il était complètement saoul.”, etc. –, de laisser entendre que le personnage
fut toxicomane. (Il est vrai que Steve Richmond sait de quoi il parle, lui,
adepte revendiqué du LSD, qui affirma avoir vu Bukowski,
au cours d’une soirée, réduire à la taille de 75 cm…) Mais comme dans le
cas de Gainsbourg, l’alcoolisme ne suffit pas. Et tant pis si la toxicomanie
révélée consiste en “pas mal d’herbe
à la fin des années soixante […]” et
“son unique trip sous LSD” — dont
l’intéressé ne fait pas mystère dans ses nouvelles, pour mieux affirmer
d’ailleurs, au final, son opposition aux drogues.
“Le poète beat et écrivain Gay Harold Norse créa une controverse en révélant que Bukowski lui avait montré son pénis et lui avait demandé
d’en faire autant.”
Oui, comme bien d’autres, Bukowski déballait la boutique quand il était ivre ;
chose connue entre toutes. Mais sous-entendre une homosexualité latente est
autrement vendeur… Et tant pis si l’homosexualité révélée – mais au fait, où
est le problème ? – consiste, manifestement, en quelques expériences dont
l’intéressé ne fait pas mystère non plus dans ses nouvelles.
“Joanna Bull se sentit si mal après avoir
fait l’amour avec Bukowski qu’elle en vomit.”
S’il faut commenter, c’est que le malsain,
l’ignoble, touche ici au grotesque. En guise d’enquête, Howard Sounes joue principalement des rancœurs des ex-compagnes de
Bukowski décrites dans Women. Ainsi de Joanna
Bull : “[…] un corps correct […]
Sa conversation m’ennuyait et, la plupart du temps, son rire était faux et
sonore.” L’intéressée ne manquant pas alors de se cabrer – “Nous avions
des discussions passionnées et j’avais un corps magnifique !” — et, à l’invitation de Sounes, se venger…
“Jo Jo Planteen, une jeune admiratrice que Bukowski
essaya de séduire à la fin des années soixante-dix.”
Sans doute le nom de l’intéressée,
prédestiné à l’évocation du détournement de mineur, ne suffisait-il pas. Jo Jo Planteen apparaîtra donc sur
la photo juvénile en diable, adolescente… Sans plus de commentaire, le corps du
texte nous apprend pourtant qu’âgée de 22 ans, c’est elle qui contacta Bukowski “par défi” !
“Le poète William Wantling
se saoula jusqu’à la mort après la publication d’un texte sarcastique de Bukowski sur son compte. Ce dernier essaya de séduire sa
veuve éplorée, Ruth, qui ne lui pardonna jamais.”
Il fallait bien y arriver… Sur la fameuse
nouvelle de Bukowski visant, dans son style habituel,
William Wantling – décrit par Soumes
comme souffrant “d’une terrible dépendance à la drogue et à l’alcool” – greffer l’accusation de meurtre par
procuration… On reste alors ébahi devant l’argumentation fournie par le texte
lui-même : “Bien que Wantling n’ait
peut-être pas eu l’occasion de lire cette nouvelle, Ruth pense qu’il en
entendit parler. Ses nombreux amis de L.A. l’avaient sans doute averti. Moins
de deux semaines après la parution de la fin de la chronique, Wantling était mort.”
Mais Howard Sounes
ne fait pas que pratiquer le faux scoop, l’insinuation, la diffamation… Plus
simplement, il ment par omission. Ainsi met-il en scène, pour les besoins du
flétrissement, la fameuse lecture publique au City Lights Book de San Francisco
en septembre 1972 :
“"On se connaît ? demanda-t-il à un
fan qui l’interpellait à haute voix. Ne me bouscule pas, bébé…, dit-il d’un ton
menaçant avant de se fendre d’un large sourire. Encore une bière et je vous prends
tous !" Il rejeta la tête en arrière, exposa sa dentition en ruine et
gloussa "Ah ! Ah ! Ah ! Faites gaffe !" Un autre
spectateur tenta de monter sur scène. "Putain, qu’est-ce que tu veux,
mec ? Dégage ! s’écria Bukowski comme s’il
parlait à un chien. Qu’est-ce que t’es ? Un genre de vicelard ?"”
La suite à l’avenant, toujours insistant sur
la laideur physique du personnage, décrivant un malade mental en crise, prêt au
passage à l’acte… Locked in the arms of a crazy life, n’est-ce-pas… Quand Howard Sounes publia son livre, en 1998, il n’était pas facile de
contrôler ses dires. Aujourd’hui, après la sortie du documentaire Bukowski (Pretty Pictures, 2004), de John Dullaghan, on sait ce qu’il en est de cette lecture au City
Lights Book. Et l’on comprend que Howard Sounes a
sciemment choisit d’éluder les raisons de ce début d’altercation :
“Je ne me laisse pas faire. Je commence à
lire mon poème. J’entends la voix de ce type s’élever par-dessus mon poème. Je
vais me diriger vers lui et le foutre hors de la ville physiquement. Je vais le
foutre dehors à coup de pied au cul. Alors fais gaffe ou je te démolis, mother fucker !”
Howard Sounes –
qui n’a jamais rencontré Bukowski – n’a que faire de
la réalité. La nature humaine lui est étrangère… Il méconnaît ce que les femmes
délaissées racontent de leurs anciens amants… Il feint de tout ignorer de l’âme
des poètes… Ne veut pas savoir ce qui peut se passer dans les bars… Et frémit à
l’évocation des concours de bites… Comme tous les menteurs sans talent, Howard Sounes est pathétique. Et toc.
JEUDI 21 FÉVRIER 2008
“Je suis parti, je crois on peut le dire, un
peu la fleur au fusil, pensant qu’en tant que journaliste, quand on s’attaquait
à un tel fait de société, on ne pouvait qu’avoir un grand nombre de personnes
derrière soi, peut-être pas tout le monde, mais en tout cas la majorité. C’est
beaucoup plus compliqué que ça… Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les
sectes n’ont pas forcément mauvaise presse. Il y a dans la société, dans les
médias, chez les sociologues des religions, dans bien d’autres secteurs encore,
des gens qui défendent farouchement la liberté qu’ils disent
"religieuse" et que j’ai constaté être la liberté de manipuler.”
Les Nouvelles croyances,
France 3
Ouest, 19 novembre 2003
Quand je repense à cette
déclaration que j’effectuais sur un plateau de télévision nantais, voici quatre
ans passés (j’enterrais alors ma vie de petit reporter), je me trouve des
pudeurs de chaisière…
Évidemment, à cette époque, il
m’aurait été difficile de déclarer à la face du monde que mes archives
regorgeaient d’aimables sauf-conduits et autres témoignages de moralités
délivrés par quelque haut-fonctionnaire, quelque politique, quelque autorité
morale, en faveur des pires crapuleries sectaires… Que dans ma bonne ville, de
bonnes gens arrêtaient ma mère dans la rue : “Qu’est-ce ton fils est allé fouiller la merde ?…” Qu’en cette même ville du
Ponant, le sympathique fonctionnaire de police en charge du dossier le
conservait en une deshérence rimant avec
complaisance, n’oubliant jamais, à l’inverse – et avec quelle
inspiration ! –, de flétrir qui, ici, s’opposait aux crapuleries sectaires
précitées… Qu’à Brest, toujours, l’intervention fiévreuse d’un petit notable
dûment encarté à l’Ordre du Temple Solaire (74 morts à ce jour), suffit à me
faire tricard dans deux librairies : livre indisponible dans l’une,
conférence annulée dans l’autre. (Merci à
Non, vraiment, à cette époque, il
m’aurait été difficile de déclarer tout cela. Aussi, il me faut aujourd’hui
remercier Mme Emmanuelle Mignon, directrice du cabinet du
président de
DIMANCHE 10 FÉVRIER
2008
J’ai trop suivi d’ambulances dans
la nuit.

“Écrivain
du placard”, je le suis
sans conteste (cf. MERCREDI 13 AVRIL 2005).
Je dois aussi me reconnaître
cette autre identité : écrivain du charbon. Du moins, à en croire ceux
pour qui aller au-devant du public revient à se salir les mains.
“Vous avez devant vous les gens qui passent,
qui prennent vos bouquins comme ça. Alors ils sont là, avec le bouquin. Vous
êtes là. Il y a la photo sur le bouquin, donc ils comparent vaguement si vous
êtes mieux ou moins bien. Ils tournent et puis ils commencent à le lire. Et
puis après ils sont gênés, alors vous avez en face de vous quelqu’un qui est
gêné. Vous êtes vous-même hypergêné. Alors il ne sait
pas s’il doit le reposer ou s’il doit… Il y en a, je suis sûre, qui ne
l’achètent que parce qu’ils n’osent pas le reposer. C’est horrible, horrible.
Non seulement ça n’a aucun intérêt, mais c’est humiliant. Je déteste ça…”
Les Salons du Livre selon Brigitte Giraud
Le Nouvel Observateur, 31 août
2006
Chaque année, je signe plusieurs centaines
de mes ouvrages dans de grands et petits lieux – parcs d’expositions parisiens
ou salles polyvalentes de village. L’exercice est périlleux. Comme l’a bien
remarqué Brigitte Giraud, l’écrivain se trouve alors confronté à cette étrange
espèce : le lecteur. Espèce qui, la chose ne lui a pas plus échappé, se
montre capable de tout – allant, aux pires extrémités, jusqu’à se saisir des “bouquins comme ça…” ; “horrible, horrible”, n’est-ce pas…
On l’a compris, ce n’est pas
parce que Brigitte mange de la tête de veau qu’elle estime devoir côtoyer les
bœufs. Cela dit, s’il faut disserter sur la nature humaine soudain confrontée
au livre, alors Christian Blanchard s’y est collé avec un autre à-propos :
“Exemple : un groupe de jeunes
double-casquettes, survêtement et baskets de marque, s’arrête et embrasse d’un
large regard circulaire l’ensemble de ma collection littéraire. Je vois leurs
sourires qui expriment, eux aussi, un langage : "On va le faire chier
cet intello !" La conversation s’engage : "C’est la première
fois que j’vois un écrivain." Puis viennent les questions
classiques : "Y faut combien de temps pour écrire un
livre ?" ; "Où trouvez-vous vos idées ?"
S’ensuivent les interrogations un peu plus fines : "T’as un
nègre ?" ; "Tu gagnes combien de thunes ?" et les
affirmations classiques : "Moi, j’lis pas…
J’ai eu des profs de français de merde…" etc. Je reste ouvert à leurs
exactions. Puis, à court d’arguments, ils partent en roulant des hanches. Une
demi-heure plus tard, l’un deux revient, sort un billet de 20 euros :
"Moi, je vous prends c’lui-là… mais ne l’dites pas à mes potes. J’veux pas
la honte." J’ai apprécié et j’y ai fait une dédicace aux petits oignons.”
Oui, le lecteur est cela, ce
charbon ardent. Cyclique, pour une farce ! Capable, d’année en année, d’un
salon l’autre, de revenir vers l’écrivain, de lui dire quoi ou qu’est-ce.
Le lecteur en empathie… Ainsi
souvent de mes Lutins : là, en remède à l’insomnie – “Pour m’emdormir, un p’tit lutin, ça
me fait du bien, vraiment” – ici, infestant les repas de famille – “On en parle au dessert, vous savez…”
Le lecteur qui n’est pas entré…
Ainsi parfois de mes romans : “Votre
bouquin, là, j’ai rien compris…” “Vous écrivez bizarrement…” Et méditer alors
l’avertissement terrible d’un Jean-François Kahn :
“Cela
me fait mal de le dire, mais nous allons devoir changer notre mode d’écriture.
Il y a un type de phrase qui est mort. Je le regrette, parce que je suis d’une génération
qui aime ces phrases cicéroniennes, c’est-à-dire une phrase construite, longue,
avec des incidentes. Il faut des phrases plus courtes. Mais surtout intégrer
que tout accident grammatical rend la phrase moins accessible. S’il y a huit ou
neuf mots après le sujet, eh bien il faut répéter le sujet. Les gens ne
connaissent plus beaucoup des mots que nous employons. […] Beaucoup de gens de moins de 40 ans n’ont plus les références d’avant. Je
reçois des lettres de lecteurs qui me disent qu’ils ne comprennent pas tout ce
que j’écris. J’avais parlé du boulangisme, en référence au général Boulanger,
ils pensaient que j’évoquais un pâtissier.”
Le Monde, 6 janvier 2008
“Écrivain
du charbon”, oui,
pas de doute…
MERCREDI 28 NOVEMBRE
2007
Quand, à l’occasion des
manifestations anti-CPE, je donnais ici ce lien, Résistance...,
(cf. SAMEDI
15 AVRIL 2006) je ne
pouvais imaginer ce que serait la situation vingt mois plus tard…
Salon du livre… chambre d’hôtel…
télé 36 cm… Et entendre
La tentative de récupération de
Guy Môquet ayant échoué, changement de braquet !
Pour mieux flétrir ce que
… “Madeleine
qui fut tondue en public à 25 ans”… certes, par ceux de “la
dernière heure”,
sans lien avec les maquis, mais tout de même…
… “les enfants de boches”… victimes d’outrageux
ostracisme à la suite de leurs mères. Il est vrai que tomber amoureuse d’un
bidasse de
… “les Résistants du Vercors sacrifiés”… ces benêts ayant donné leur
vie pour rien, tellement persuadés qu’ils étaient que le Débarquement aurait
lieu dans
… “les Alliés au courant d’Auschwitz
bien avant la fin de la guerre”… et, partant, tacites complices
de l’Holocauste… Plus de rapport direct avec
Salon du livre… chambre d’hôtel…
télé 36 cm…
SAMEDI 3 NOVEMBRE
2007
“J’ai rencontré Renaud Marhic à
Et puis Emeric a quitté Brest et
je me suis retrouvé seul avec le dictionnaire de synonymes. Jusqu’à ce
qu’aujourd’hui, à la bibliothèque, une fille vienne à passer – une fille en
parka et bonnet, qui voulait faire mon portrait. Cela tourne à l’obsession. (Le
mois dernier, Yann Le
Neveu pour son exposition Écrivains
de polar en Bretagne…) Toujours est-il… Quand la fille a eu fini son
croquis, elle m’a fait remarquer n’avoir pas, respect du modèle oblige, reproduit
le “bouton” – par là désignant ce grain de beauté m’ayant un jour poussé entre les
sourcils comme troisième œil –, l’artiste ajoutant, à l’inverse, n’avoir pas
fait l’impasse sur les “poils”. Alors, j’ai immédiatement
proposé d’acheter la photocopie de mon portrait à la fille à bonnet. (5 €
pour droits d’auteur.) Il m’était apparu en effet profitable de proposer ici,
en témoignage – eu égard au syndrôme récemment évoqué
(cf. DIMANCHE
8 JUILLET 2007)
–, ces deux représentations de ma personnalité puisqu’aussi bien les clichés de
Yann Le Neveu s’apprécient, eux, avec bouton et sans poil.
La fille voulait aussi un mot de
moi, au choix, sur son œuvre…
“Une
histoire de gueule…”
Oui, décidémment,
c’est bien ça.
DIMANCHE 8 JUILLET
2007
“J’avais décidé de me pointer la bouche en
cœur, pleinement confiant – je me le répétais comme un mantra – dans le
syndrome de l’air con et de la vue basse.”
De fait, alors petit reporter, combien de grands
gourous, de demi-malfrats, ai-je abusés ainsi ? Eux, ego hors de contrôle, s’épanchant en confidences, s’époumonant en
propos incriminants, devant moi – air con, vue basse –, qu’ils ne pouvaient
sérieusement penser journaliste ; si ce n’est peut-être à Coin-Coin Magazine… Ceux-là, je les retrouvais
aux prétoires, lippe écumante, regard brûlant de haine, réclamant des milles et
des cents, enragés de s’être laissés perdre par leur
mépris d’autrui. Déboutés, tous, je les ai abandonnés à la quadrature du cercle
vicieux où s’agite leur répugnante condescendance…
Aujourd’hui, constater ce même
mépris, quand – air con, vue basse –, ayant évoqué l’un de mes romans, l’une de
mes fictions, il m’est gentiment proposé un quelconque plan foireux pour ces “livres qu’on ne trouve pas en librairies”. La tête de ces généreux, alors, apprenant qu’il
s’agit, non d’un premier compte d’auteur, mais d’une douzième, d’une treizième
publication, toutes ayant bénéficié d’une diffusion nationale. Ces “certains” –
de près de loin “vivant” du Livre, pas moins prompts à tenir pour moins que
rien qui ils ne peuvent sérieusement penser écrivain –, j’aime à éclairer la
triste position d’où ils s’expriment : la morgue.
MARDI 17 AVRIL 2007
Bloguer ou créer, paraître ou écrire, il
faut choisir.
J’ai choisi.
Neuf mois durant, j’ai écrit un roman,
bâti une collection.
Des enquêtes, des intrigues,
prenant pour base le légendaire du monde…
La collection “Polar Grimoire” a
vocation à publier des textes contemporains, “tout public”, mettant en scène
l’humanité confrontée à ses créatures de Féerie : des Korrigans à
Le Polar Grimoire – ou “polar
féerique” – entend privilégier des récits “carrés”, servis par une vraie
qualité d’écriture. En cela, le Polar Grimoire se veut un héritier éclairé du
roman populaire d’autrefois.
Les ouvrages se présentent au
format semi-poche (12,5×18 cm) illustrés de croquis noir et blanc, sous couverture
couleur. Le graphisme privilégiant, à cette échelle, le principe du “beau
livre” ou “livre objet”.
Frédérick Houdaer a signé la première parution : Ankou,
lève-toi. J’ai signé la seconde : Terminus Brocéliande. Le
dessinateur Godo les a illustrées.
Loin, très loin des “Davincerie Code”, puisse Polar Grimoire représenter
le vrai mariage du roman noir et des littératures de l’imaginaire !
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Mort aux vaches !
Mort aux
vaches ?… Mort aux vaches ?…
Et alors ? Qui c’est
qui va faire le beurre ?
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_________________________
Top cool ton humour
j’adore meuuuuuhhhhh ! bon
esprit meuuuuuhhhhh ! lol !
A lundi
oublie pas le p’tit chapeau lol !
![]()
![]()
Bzzzzzzz
Posté par :
Tite Léa | 11/03/07
--------------------------------------------------------------------
Trop mimi ça
m’rappelle quand avec mon frère on avait été poursuivis par un taureau à Ploudaniel et tout
On se voit mardi
couvre-toi bien![]()
![]()
Zoubi zoubi
Posté par : Zaza jambe de bois | 11/03/07
--------------------------------------------------------------------
Bonjour l’auteur,
Tu ne dois pas
désespérer. Je viens de retrouver ces vers de Rimbaud qui semblent écrits pour
ce que tu vis en ce moment : "Ca sentira l’étable, Pleine de fumiers
chauds, Pleine d’un lent rythme d’haleine, Et de grands dos Blanchissant sous
quelque lumière ; Et, tout là-bas, Une vache fientera, fière, A
chaque pas."
Courage.
Que mercredi nous
préserve de tout sauf l’Amour.
Kiss kiss kiss ![]()
Posté par : Poétika | 11/03/07
--------------------------------------------------------------------
Vache de toi !
Qui paye ses dettes s’enrichit… Je me comprends. A bon entendeur...
fcys14-->
<--dlb
Posté par :
Grand Dédé | 11/03/07
--------------------------------------------------------------------
Eh bien M. L’Auteur,
ce n’est pas avec vous en tout cas que je vais faire mon beurre. Et moi qui
vous avais offert un Miko pour votre anniversaire…
![]()
Posté par : La
boulangère | 11/03/07
--------------------------------------------------------------------
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DIMANCHE 11 MARS 2007
Suite au récent piratage du
présent Dé-BloG-aGe, cette
rubrique est supprimée sine die.
Elle sera remplacée dès demain
par un blog quotidien.
Vous êtes invités à venir,
nombreux, vous y exprimer.
La direction vous remercie de votre compréhension.
Lundi / Mardi / Mercredi…
[?] — Psssssttttt !… Psssssttttt !…
[?] — Qui ?…
qui ?… qui va là ?… Le Korrigan… c’est toi ?
[?] — T’as la
berlue,
[?] — S’cuse moi bien cher Lutin, mais on n’y voit moins qu’un
humain daltonien…
[?] — Foi de Pizz’Raptor, t’as pas tort !
[
[Pizz’Raptor] – Lumignon ou pas lumignon, tout ça ne nous
dit pas ou est passé le Patron !
[
[Pizz’Raptor] – Nom d’un p’tit bonhomme, nous interrogerons
les fantômes !
[
[Pizz’Raptor] – La belle affaire, demandons aux
Sorcières !
[
[Pizz’Raptor] – Les Ogres ! Ho hé !… vous
m’entendez ?
[
[Pizz’Raptor] – On pourrait accrocher nos portraits !
[
[Pizz’Raptor] – Ça y est ! C’est tout d’suite plus
coquet…
[
[Pizz’Raptor] –
Foi de Lutin, nous accrocherons ceux des copains !
[
[Pizz’Raptor] –
Qui l’eut cru
[
[Pizz’Raptor] –
OK, toi tu bégayes, moi j’essaye !

[Pizz’Raptor] – Bon… tu vois ? À toi !
[

[Pizz’Raptor] – Et voilà
l’travail, mille bonzaïs !
[
[Pizz’Raptor] – Foi de Myrmidon, serait-ce le Patron ?
… [Bug le Gnome] –
Salut ! salut ! les
lustucrus…
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Non trouvé
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VENDREDI 25 AOÛT 2006
Blog ? blog ?
Pas blog ! pas blog !
MERCREDI 9 AOÛT 2006
Me voilà de retour.

Photo preuve :
l’auteur sur le terrain.
Comme prévu, nombreuses furent
les embûches – aussi les épreuves élevantes (cf. VENDREDI 9 JUIN 2006).
Mais passons. Car les nouvelles
sont mauvaises, les amis. Depuis le reportage d’M6 vous ayant tant fait
fantasmer, les choses ont un peu changé à

Photo preuve : plus
une fille !
“Restent
les bordels !” diront certains. Certes. Mais là encore, rien ne va plus.
Qu’on en juge…

L’Indépendant 28 juin 2006
Voilà… Ce qui pouvait être fait
pour éclairer vos lanternes l’a été. Je conçois votre déception, votre
amertume… Haut les cœurs ! cependant. Maintenant
que vous voilà renseignés, il ne vous reste plus qu’à profiter de ce site pour
ce qu’il est, et non pour ce que vous aviez cru y trouver au hasard – vicieux –
des mots-clés. Bien sûr, la chose ne sera pas aisée. Mais j’ai confiance en
vous, mes “lecteurs” égarés. Vous pouvez y arriver.
La littérature est une belle
aventure.
VENDREDI 9 JUIN 2006
Donc, ça ne pouvait plus durer.
On se rappelle comment il fut ici
établi la véritable fréquentation de ce site à prétentions littéraires. Non pas
que s’y connecte qui s’intéresse à l’auteur, à ses livres, mais s’y échouant
des centaines de pauvres diables en quête de passes ibériques (cf. DIMANCHE 9 OCTOBRE
2005).
Parce que, à la page rOmaNs, apparaissent les mots “Espagne”, “Jonquera” et “putes”, Google rabat ici tant et plus
de requêtes dont l’impitoyable eStat’ dévoilait comme
suit, au mois de mai, la déchirante poésie :
“jonquera bordel … maison close jonquera … la jonquera bordel … maison close la jonquera
… putes jonquera … la jonquera
maison close … bordel la jonquera … maisons close a
la jonquera … putes a la jonquera
… la jonquera filles tarifs … etc.”
Bref, il ne serait pas
raisonnable de continuer plus avant à parler littérature quand l’internaute
réclame de toutes autres informations.
Demain, je prendrai le chemin de
Au revoir, les amis.
Au revoir et à bientôt.
JEUDI 25 MAI 2006
Toujours rien…
DIMANCHE 30 AVRIL
2006
La semaine dernière, mes Lutins ont pris la mer en
nombre. S’en vont infester le Québec. (Ont séduit
Et puis je songe. J’ai là
par-devers d’autres reliques les maquettes de ces ouvrages. Comme il ferait bon
les faire passer à quelques grandes maisons
faisant-autorité-en-matière-de-littérature-jeunesse. (Moi passé pour béjaune à
premier livre.) Et s’entendre expliquer – mille raisons ! – que… oui, oui,
oui, bien sûr, mais… non, non, non, pas question !
VENDREDI 28 AVRIL
2006
Penser à se méfier de ces “écrivains”
qui, au quotidien, alimentent leur blog de 1000 signes ou plus. Four et moulin,
hein… Oui, se méfier. (Stéphane Laurent
a compris – qui donne à lire ses humeurs littéraires APRÈS avoir renoncé au
métier d’écrivain.)
SAMEDI 15 AVRIL 2006
DIMANCHE 2 AVRIL 2006
En privé, le Poète de Matignon se
vanterait d’avoir des couilles…
“Avoir
des couilles”, en
langage de mâle dominant, signifie, au mieux, le courage, au pire, la faculté
de triompher d’autrui selon la loi du plus fort. Pour rester dans cette
logique, le Poète de Matignon, bien sûr, n’a pas de couilles ; juste le
ridicule de qui persuadé du contraire.
On peut feindre la surprise.
On nous avait pourtant bien
prévenus.
“Dominique
de Villepin est né le 14 novembre 1953 à Rabat, au Maroc. Son enfance, telle
qu’il en donne un aperçu dans Éloge des voleurs de feu, fut celle,
banale, d’un jeune Français comme les autres. Le petit Dominique se promène les
poches bourrées de poèmes griffonnés "sur de tout petits bouts de
papier". Parfois, au lieu de manger son quatre-heures, il convoque des
mains élues ou des faces sacrées :
"Pareil
à l’enfant primitif, au rendez-vous des puissances tutélaires et des forces augurales,
autour du feu crépitant des rimes douces ou sèches, je convoquais les faces
sacrées, les mains élues, les noms glanés sur les chemins buissonniers du
premier âge, quand tout reste encore à inventer. Pour rien au monde l’enfant
poème ne se fût séparé de son invisible et secrète armure, pas plus qu’il n’eût
imaginé de plus beau goûter, de plus grand trésor. Il y avait l’espace infini,
les lucarnes du ciel et de la mer. Il y avait l’absence et l’effroi et, pour
les conjurer, tous ces mots de couleur."
Pendant ce temps, la mère de l’enfant-poème, "penchée sur de hauts
et volumineux grimoires", recopie des textes. L’essayiste n’en dit pas
plus, mais on imagine volontiers la vie quotidienne de la paisible petite
famille, la mère allant cueillir au crépuscule des simples et des racines de mandragore, le père domptant des cavales écumantes, la
sœur errant sur la lande en psalmodiant d’anciennes mélopées, la bonne
traduisant Swedenborg, etc.
L’enfant-poème poursuit ses rêves : licence de lettres, ENA. Il devient
Secrétaire général de la présidence de
Pour l’incendiaire du Quai d’Orsay, la poésie a ceci d’original qu’elle est différente. Et cette différence tient
d’abord à son caractère "rebelle". Autre originalité. L’idée revient
sans cesse et sous divers vocables, subversion, insoumission,
sédition, révolte, sécession : "La révolte devient poésie",
"Rage ! Rage du verbe qui s’élance…", "Le poème recueille les
forces vivantes, braise indocile et lente". Il y a pour la poésie une
"règle d’insoumission", qui ne va pas sans
graves périls : "Cette parole naît du plus grand danger", elle
fait naître "l’épouvante des gouffres" […]. Selon des sources bien
informées, cette violence a provoqué des tensions au sein même du gouvernement. L’affirmation de Villepin selon laquelle la
poésie des voleurs de feu est "inséparable de toute révolution" a
suscité l’émoi de plusieurs ministres. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas
Sarkozy, a d’ailleurs publiquement promis l’"impunité zéro" pour les
voleurs de feu, et l’arrestation de la plupart
d’entre eux. Le ministre des Affaires étrangères a dû expliquer que la
rébellion dont il parle est purement verbale. Il ne s’agit que d’emporter
"tous les hommes dans une danse tourbillonnante", de "faire
rouler la clé des chants". Le gouvernement de M. Raffarin a été rassuré
par ces précisions […].”
Le Jourde&Naulleau –
Précis de littérature du
XXIe siècle,
Pierre Jourde - Éric Naulleau,
Mots et Cie, 2004
Ceci rappelé, reste cette
question qui nous laisse – nous, poètes –, à la suite de Dominique de Villepin,
tout sens dessous dessus :
“En
avoir ou pas ?”
À l’instar d’Hemingway, Cendrars
en avait ; bien que, un bras perdu, il passa pas mal de temps à se les
gratter, de la main restante, en cabine transatlantique trois étoiles ou wagon
Pullman de luxe.
Et puis, serions le plan, force
est de le constater : Frédérick Houdaer en a. Parce qu’il en faut, au poète, pour ÇA
!
Mais cela ne nous dit pas si Frédérick est disponible pour Matignon.
C’était notre rubrique Des poètes et des couilles – en avoir ou
pas…, merci de votre attention, à mardi dans la rue, bonsoir.
JEUDI 30 MARS 2006
Obtenir
par la contrainte ce qui est dû.
“Vous pouvez
dire merci à celui qui a rédigé le mémorandum…” lâche le médecin
expert ; à elle, blanche comme morte.
(Je
sais rédiger un mémorandum.)
Dans
le hall du Tribunal du Contentieux, d’autres mal foutus espèrent en
l’allégement de leur précarité ; l’un deux chantonne.
(Combien,
parmi eux, à savoir rédiger un mémorandum ?)
MERCREDI 29 MARS 2006
Vu
hier des gamines chanter l’Internationale
à la manif.
Ai
voulu croire que tout n’est pas perdu.
DIMANCHE 26 MARS 2006
Il y
a des commerces pour téléphoner au pays, un Monoprix gardienné comme une
banque, des bars sans quartier. Aux carrefours, quelques brasseries à loufiats voudraient
relever le décor.
Cinq
hectares moquettés de bleu. Galigrasseuil ou Morpion
Éditions. Dans l’intérêt commun, l’armée vigile veille. “Bienvenue au
Salon de
Avenue
de Saint-Ouen. Vieillarde momifiée dans ses hardes. 3°c et ça descend encore.
De jeunes touristes italiens – mi-concernés, mi-batteurs de semelle – forment
une manière de cercle. À l’ouverture, une blonde parlemente accroupie. La momie
réplique en anglais rapide. Pas né qui la fera bouger.
Il
traîne à son train un caddie ; de quoi rempli ? Fort accent
Luxembourgeois, tout en gentillesse, il salue l’assemblée ; de qui lui
répond s’enquiert de “la petite santé”. Il s’exalte un instant
pour demander un “catalogue analytique”. S’inquiètent mes
Lutins ; vite rassurés, pas eux qu’on va analyser…
Place
Clichy. Chaîne de restauration dédiée viande grillée. On fine bouche sur mon
look, je scrute alentours ; personne à me ressembler. Cosmopolitisme a ses
limites. (En réserve de ma probité, carte bancaire et chéquier ; panoplie
élimée sauvée du désastre.)
Chevelure
grise, pentacles et gris-gris en babioles, elle veut savoir si c’est bien
Merlin, là, un peu parti de la citrouille, en couverture. Renseignée à
l’affirmative, elle rejette mon ouvrage sur sa pile ; en l’absence du
courage nécessaire à me l’envoyer à la tête. “Pas étonnant qu’on soit dans la
merde”, grince-t-elle talons tournés.
Transit.
Rue Saint-Denis. Un hot-dog. On me propose, pleine chaussée, “un peu à fumer”…
Mes Lutins rigolent.
Suis
là pour écrire sur mes écrits ; faute de goût assumée. Puisqu’aussi bien
il faut signer, spéciales dédicaces à Chieh Wen et Mandjou.
Bessières.
Au bar du coin, 8 Arabes pour 2 Européens. Raï et Star’Ac. Une vieille pocharde a
été belle. On m’offre – “Monsieur…” – des cacahuètes grosses
comme pois chiches.
Il
débarque micro en main ; France Bleue les Bains de Pieds. Trois pages de
questionnaire. Du Petit Bêtisier Féerique veut
tout connaître. Fin d’interview, question loucedé :
“On
peut donc rire du sacré ?” Mon éditeur me considère interloqué.
Difficile de lui expliquer que, non, j’ignore tout du pertinent intervieweur.
Au
bar du coin – 9 Arabes pour 1 Européen. Une femme en hidjab brave l’obscurité
pour un café prétexte à makrouts. On m’offre, dans la
foulée “quelques gâteaux du pays”. Ici, qui ne peut payer le
dernier verre payera – “bonne soirée” – la prochaine fois.
De
loin en loin, on m’agite sous le nez – bibliophile ou quémandeur de comptes –
des livres d’avant, des ouvrages d’autre vie. Un peu qui – métempsychose !
– interroge la pierre ponce : “Alors Marcel ! Quoi d’neuf depuis
Dunkerque ?”
Au
bar du coin – merde au choc des cultures – les toilettes sont réservées aux clients.
Derrière le comptoir, la clé du verrou pend, minuscule, au bout de quatre
anneaux contendants.
Je
signe pour le petit Simon, Breton, et Noir. “Il y a une chose qu’il ne
comprend pas bien : tous les Lutins sont blancs…” Mes
Lutins réclament en chœur, sine die,
la publication des us et coutumes de leurs cousins africains.
Au
bar du coin – choukran – qui cherche les ennuis
initie un ballet où patron et clients sont autant de forces motrices dont
l’éconduit ne réalisera les mécanismes qu’une fois sur le trottoir.
Où
sont E3 ? B6 ? J9 ? Je ne le sais pas. Non, ce livre-là n’est
pas de moi. Un musée susceptible d’accueillir une tortue géante
empaillée ? Désolé, je ne vois pas.
De 17
en 15e. Dernière nuit sans étoile – Gnome Palace ; pour plaire
à mes Lutins ne pouvais pas faire moins.
Sortie
définitive. Vigile. Contrôle du sac. Ton de petit kapo ; je stigmatise.
Décontenancé, il trouve la réponse professionnelle adaptée : mon regard.
Délit de sale gueule. (Quoi que… Pour lire, oui, je pourrais voler.)
Mon
Salon du Livre Paris 2006…
DIMANCHE 12 MARS 2006
Oui, c’est exactement cela.
SAMEDI 11 MARS 2006
DIMANCHE 26 FÉVRIER
2006

© Dimanche en 9 manches
in William Vaurien – Embrouille
au Pypoland,
Tramber, Les Humanoïdes
Associés, 1984
Et puis il y a les concours de nouvelles…
Cent vingt que recense Le Guide des Concours de nouvelles 2005-2007
(L’Encrier Renversé). Et peu, bien
peu, pouvant se targuer d’une réelle dimension littéraire. Stéphane Laurent est
l’organisateur de l’un de ceux-là. Sur son blog, à Voie de garage en 15 000 signes, il
explique pourquoi il jette l’éponge :
“Sous
mon bureau se trouve un amoncellement de papier de presque un mètre : les
textes en cours de lecture d’un concours de nouvelles noires que j’organise
depuis cinq ans. Ne les cherchez plus, les frustrés de l’édition, les ménagères
à la plume du dimanche, les bourreurs de lignes, les spécialistes du poncif au
kilomètre : ils sont sous mon bureau. Mais c’est fini : cinquième
édition pliée, je rendrai mon tablier. Le combat s’arrête faute de combattants.
De combattants valables, j’entends : pour cinq ou six tireurs d’élite,
quelle piétaille incapable de différencier pied gauche et pied droit, et pas
foutue de se faire tuer proprement ! Terminée, enfin, l’hypocrisie du
palmarès : "tant de textes cette année ; que la compétition fut
âpre et cruelle !" Mensonge ! Tous les ans, cinq ou six textes
volent à mille pieds au-dessus de la masse et se partagent sans le moindre mal
un podium à trois places. Ils sont des dizaines à mettre leur espoir dans dix
pages et 15 000 signes, mais le résultat est si pauvre que je sens poindre
en moi une forme de mépris. Très mauvais, ça, le mépris. Vite, passer à autre
chose…”
Qui s’est fourvoyé un jour dans
le jury d’un tel concours ne viendra par contredire Stéphane Laurent… On aurait
même envie d’en rajouter. Parce que, si les concours de nouvelles attirent aujourd’hui
ce tragique tout-venant, c’est aussi qu’ils sont légion, ces gentils
organisateurs de “manifestations littéraires”, faisant croire aux écrivants du dimanche que l’avenir leur appartient. La “piétaille”,
oui… Il faut, pour alimenter un concours – aussi pour certaines revues dites “de création” –
tant et plus de chair à canon. Alors la grande illusion – “pourquoi pas moi ?…” –, l’engrenage…
Aussi, pour le même prix, sans
supplément sur les consommations, ce vade-mecum…
Copiez ! Collez ! Il
vous sera beaucoup pardonné.
VADE-MECUM
À L’USAGE DES
PARTICIPANTS AUX CONCOURS DE
NOUVELLES
ET AUX
NOUVELLISTES CANDIDATS À
– Respectez à la lettre les Saints Commandements peuplant les règlements
:
“
“Le sujet est original.
“Elle n’est pas un récit de
longue haleine s’étendant sur une vie, sur une guerre, sur des années. L’action
embrasse une période de temps relativement courte (une heure, une journée, une
semaine…)
“Elle n’est ni légende, ni comte.
“Les personnages sont peu
nombreux.
“Le rythme du récit est rapide et
ne s’embarrasse pas de longs développements psychologiques et philosophiques.
“Elle est ce difficile art de la
concision, de l’essentiel, cette tension de l’écriture jusqu’à la chute qui
fait souvent d’une anecdote un destin.”*
* [Authentique]
Faites preuve du plus absolu fidéisme. Ne vous interrogez pas sur
l’origine du texte sacré tant et plus photocopié, copié-collé. N’écoutez pas
qui prétend que, pareil pensum
faisant loi, Selby jr, Bukowski,
Carver, Dixon ou Ravalec
n’auraient pas publié une ligne.
– Soyez consensuels ! N’innovez en rien. Inspirez-vous du lauréat de
l’année précédente, du texte dernièrement paru. Vous ravirez organisateurs et
comités de lecture qui sont gens d’habitudes et augmenterez ainsi les chances
d’arriver à vos fins. Tant pis si, au début de la longue chaîne à laquelle vous
ajouterez un maillon sans surprise, était un texte de Quentin Flonflon. L’homme
qui a écrit : “La
porte fatiguée grinça de tous ses gonds alors que j’entrai l’âme en berne de
joyeux rigodons ; hier, ici, je dansais sous les lampions.”
– Ne protestez jamais contre les thèmes imposés réduisant la nouvelle à
un exercice de style puéril. Faîtes mine de vous réjouir quand vous lisez : “Cette année, le thème est… À la pêche aux moules… ; Quel beau dimanche !… ; Ça, c’est un
vélo !… ; Dentier… ; Myosotis… ; Napoléon…”
De même, battez des mains aux incipit
imposés : “À 6
heures, son panaris recommença à le lancer…” ; “Tout le monde était bien d’accord
: il fallait remplacer la cloche de l’église…” ; “Si les Bogoliens
continuaient de la sorte, la mobilisation deviendrait inévitable…”
À qui parle de “ploucoulipisme”, tournez
prestement le dos.
– Chutez plan-plan. Cultivez la pirouette convenue :
La surprise de tante Aline
Tante Aline qu’on croyait pleine aux as, qu’on craignait dur qu’elle
lègue tout au Petites Sœurs des Pauvres, ben elle avait plus un rond… l’avait
tout croqué au casino…
Enfin réconciliés !
Voire… Ce ragoût que Monsieur apprécie tant, Madame, elle l’a préparé
avec les meilleurs morceaux de Fidèle, le cabot de la discorde rapport à ce
qu’il perd(ait) ses poils.
La chance de M. Georges
Georges, le clodo qui a trouvé un billet d’Euromillion
dans le caniveau, après avoir rêvé dix pages de trois étoiles et de septième
ciel, il le jette, le billet…
– Écrivez riche. Parcourez les dictionnaires des synonymes à la recherche
des termes signalés “vieilli” ou “désuet”. N’écrivez pas : “Un emmerdeur !”, écrivez ; “Un esprit difficultueux…” ; n’écrivez pas “La crampe de l’écrivain”, écrivez “L’agraphie”, n’écrivez pas “Des nouvellistes alignant les formules”,
écrivez “Des nouvelliers prolixes en apophtegmes”…
– Bannissez toute “vulgarité”, toute “pornographie”. Montrez-vous de bonne compagnie. Quand bien même le règlement ne le
précise pas, l’élision morale est entendue. (Vulgarité et pornographie, c’est
bien connu, ça troue le cul.) Eau de rose et parfums capiteux mis à part, rien
ne doit suinter de votre plume. Vos personnages ignoreront tout de la grosse
commission, idem pour la petite.
Toujours, ils garderont leur slip.
– Et surtout n’oubliez pas : au royaume des écrivants-manchots,
la couronne est promise à qui écrit avec les pieds.
Puisqu’il est question d’édition…
Sur Chroniques d’un premier roman une jeune femme fait le récit –
faussement distancié, sensible, souvent drôle – de ses tentatives éditoriales…
Des “comme elle”, des quidams, lui donnent la réplique. Au hasard des échanges
jaillissent ces choses sues ; pas à dire. Ainsi ces éditeurs réclamant dix
euros aux refusés désirant récupérer leur manuscrit… Ces lettres de pré-refus
vous signifiant, en cas de refus, qu’il ne vous sera pas envoyé de lettre de
refus… Aussi “l’affaire des points de colle” ; ou comment des
manuscrits expédiés par la poste reviennent à leur auteur avec “lettre-type de refus, alors que les pages 10 et 11, quand ce
n’est pas 1 et 2 [“piégées”
aux points de colle invisible, NdA], n’ont pas été décollées”… On pointe à ce sujet une petite nouvelle sans prétention, rédigée par un
piégeur écœuré…
Alors je me souviens…
“Écrivain,
je suis aussi éditeur.”
Cf. LUNDI
17 JANVIER 2005.
Je pense à ces auteurs écrivant à
mon émotion. Auxquels je fais passer l’information… Je suis en position de
faire publier des textes.
“Ah
oui ? Vraiment…”
Puis s’en retournent à quelque
grand œuvre promis aux voies postales. (N’oubliez pas la colle,
camarades !)
On reproche assez aux éditeurs leurs
lettres de refus stéréotypées. On les présume suffisamment ne lisant pas les
manuscrits arrivés par voies postales. On ne va donc faire grief de rien à qui,
ayant lu, se fend au surplus d’un refus personnalisé… Oui, ils sont précieux
ces qui-là permettant qu’enfin s’ouvre le débat.
Ainsi, un éditeur m’écrit :
“Votre récit
manque cruellement d’épaisseur romanesque ; vous le faites exister par les
mots, mais l’avalanche de ces derniers étouffe le lecteur. Nous ne sommes pas
sensibles à votre écriture artiste, mélange de verve et d’érudition.”
Cher éditeur,
Certes, me sais décalé plus qu’à mon tour. Mais là… comment ai-je pu ? Des
mots… j’ai fait exister un roman par des mots ! con
de moi ! Inutile de vous dire ce à quoi je m’emploie en ce moment… plein
la bouche !… pas des mots hein ! Des mots… choisis !… pour
aggraver mon cas. Des mots suintant la verve, l’érudition… Haut le cœur !
Chapeau l’artiste ! Indécrottable bohème… je mourrai un jour dans mes mots,
étouffé !… cerné d’insensibilité générale. Alors ce sera fini et je
serais bien content.
Sincèrement.
Pour l’instant, elle danse.
Que deviennent nos livres, après que nous
les avons écrits ?

© Désiré Gogueneau, in Les
saucisses de l’exploit, Charlie Schlinguo,
Les Humanoïdes Associés,
1985
Oui, mais Charlie Schlingo est mort… (Hommage.)
À propos… ceci, non plus, n’est
dit : les sites personnels – il suffit de le comprendre – sont comme les
cartes de visites ; jamais elles, jamais ils, ne servent à quoi on les
destine. Elles sont là, au fond du portefeuille, existant pour rien. Ils sont
là, au fond de
Alors tant pis, avec la
complicité d’eStat’, je déballe ! je régale ! Voici les mots-clés qui, les douze mois
écoulés ont conduit vers ce site… 3,28 % d’entre-vous,
pas plus, cherchaient après l’auteur, ses p’tits écrits, ses grosses marottes.
Et encore faut-il prendre en compte la recherche “+marhic +"pommes de terre"” dont je ne peux garantir
qu’elle ne participe d’une homonymie agricole. Pour le reste, il est des
anfractuosités de la nature humaine qu’on peine à imaginer. J’en veux pour
preuve “je suis professeur de francais
heureux dans le privé sous-contrat”, “air conditionné daeninckx” ou encore “humour platrier
en retraite”.
Au final, tout un chacun ne bénéficie
pas moins ici d’une excellente méthode pour “booster” ses connexions, comme on
dit chez les escrocs. Mot-clé “jonquera”
– +“putes”, +“ricard”,
+“maison close”,
etc. – (cf. “
Finalement
aussi, je n’aurais pas pu écrire aujourd’hui plus belle poésie.
“Bombasse …
kriss graffiti … marhic … renaud
marhic … filet de camouflage … ouvrir une
sandwicherie … chronikart … maison close la jonquera … la jonquera sex … maison close jonquera … jonquera sex … "kriss
graffiti" … sex shop la jonquera
… putes la jonquera … la jonquera
… bombasse blog … jonquera putes … blog bombasse … la
jonquera putes … putes jonquera
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3d … jonquera boite de nuit … boite de nuit la jonquera … porte avions charles
de gaule … jonquera maison close … blog de bombasse …
polar breton … putes a la jonquer … sex shop roya … photo bombasse … sex jonquera … jonquera boite
… éditeurs de poésie … la jonquera boite de nuit
… concours de nouvelles
harfang … boite la jonquera …
correspondantes allemandes
… "renaud
marhic"
… boite de nuit a la jonquera … jonquera
alcool … histoires de cocus …
"kriss graffiti"
… "méga bombasse" …
boite jonquera …
torrent bukowski … la jonquera fille
… sonia
blog …
fipette
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boite de nuit la jonquera espagne … sonialacomoriene
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correspondantes allemandes
… porte caffarelli … la jonquera+boite de nuit
… filet de camouflage blanc …
camions buffalo grill … sex shop la jonquera espagne … c’était un pauvre gars qui s’appelait armand … fille jonquera …
boite de nuit jonquera … probleme de repere
spatio-temporel … alcool jonquera … hematomes crochus
… renaud
marhic … petit peuple bibliothèque de jeunesse … anarcho-droitistes
… alcool la jonquera …
correspondantes allemandes +
ans … sexualité des pingouins …
maison close espagne jonquera …
recette fish and chips … la jonquera alcool
… litterature
jeunesse … marhic renaud … introview …
histoires cocus … sex shop jonquera … la jonquera
tabac …
blog sonia
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supermarchés … les putes de la jonquera …
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roussel illustrations … hotel papa luna …
"amour dans la boue"
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veux dire la scoumoune … routiers espagne
putes …
je ne voudrai pas crever … la jonquera
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gaule …
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livre la chasses des bigorneaux … vends guimbarde …
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déchets dans la littérature de la jeunesse
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quimper … pompier canevas …
romans vignes …”
Enfant, l’été venu, loin du béton
où à l’année nous marinions, il fallait bien tromper l’ennui. Je n’avais pas
plus grand plaisir alors que faire résonner la campagne à grands cris :
“Merde
aux P. !”
“Aux
chiottes les C. !”
Ainsi dégustaient nos voisins,
restés
Je retrouve aujourd’hui ce
plaisir. Sauf vedettariat, un blog – il suffit de le comprendre – n’est lu par
personne d’autre que son auteur. Ainsi est-il loisible de s’y exprimer à la
face du monde en toute discrétion :
“Je
suis étranger à ma famille.”
“Mon
banquier me fait pitié.”
“Nolwen, je vous préfère saoule.”
“Martine,
je te préfère à jeun.”
In Lutins en milieu urbain,
Groumf, le “voleur de
doudous”, dérobe…
“… les ours en
fin de course, les souris avachies, les lapins mal en point, les robots en
morceaux, les lucioles qui s’étiolent, les Marsu’ mal
fichus, les Babar qu’en ont marre, et, naturellement, tous les chiffons qui ne
sentent pas bon…”
Alors, je ne peux plus voir un
petit traînant son doudou derrière lui sans imaginer que Groumf
va surgir et s’en emparer pour lui rendre sa liberté.
C’est d’ailleurs exactement ce
qui se passe.
Depuis ma mort, je réclame
instamment qu’on ne me demande plus : “Comment ça
va ?”
Cela me paraît logique.
Tout le monde ne comprend pas.
Je relis quelques pages. Les
trouve parmi les meilleures de ma production. Et réalise : pour gagner de
la place, l’ordinateur avait été installé dans un placard sans porte.
Je suis un écrivain du placard.
Définitivement.
À peu près comme ça…
Il y a Catfish
McDaris – le poète vivant bien qu’il réussit son
suicide – qui écrit comme Bukowski, qui a travaillé à
“Jessie était
taximan depuis des années. Il y pensait comme à un hobby pour garder une
oreille sur les rues. Sa véritable occupation était la poésie, c’était ça qui
lui remuait les sangs. Les femmes, la bibine et l’herbe jouaient aussi un rôle
important. Quand tout le reste était parti, les mots étaient là. […]”
Miaou, Catfish McDaris
Il y a Dave Church, dont parle
ainsi A. D. Winans :
“Dave Church
ne se ballade pas avec un P tatoué sur le front comme de nombreux poètes de ma
connaissance. […]”
Il y a A.
D. Winans, dont parle ainsi Bukowski :
“A. D. Winans est un des rares poètes que j’ai rencontrés (et
bordel j’en ai rencontré beaucoup trop) qui ne se comporte pas comme un
écrivain et ne pense pas continuellement à lui comme un écrivain, et c’est
peut-être pour cela qu’il écrit mieux que les autres. Ma préférence va toujours
à un poète que je peux supporter pendant plus de dix minutes ; c’est rare,
et c’est le cas avec A. D. […]”
Le tout traduit par Éric Daejeger dans les numéros spéciaux de sa revue Microbe
– épuisés – qu’il réédite au scanner rien que pour mes yeux tristes.
J’y pense en observant une fille
à forte poitrine, dans les 20-25 ans, marchant à ses dépens au beau milieu de
la rue. Quelque part dans le XVe.
PS : Quelle heure est-il à
Samarkand ?
Le soir, dans les bars, je ne
parle à personne. Si ce n’est aux Anglais – ingénieur sur plate-forme offshore
en rupture de banc avec sa hiérarchie ou trisomique en bordée. (“John,
I don’t forgett…” ;
“Stranger, I never knew your name. I just remember your brother called you "my monkey"…”)
D’abord, elle a perdu sa veste – deux dossiers plus loin, cocotte. Ensuite, elle veut savoir ce que
j’écris. Elle est très gentille. Jolie comme à son âge. Elle vient là pour la
première et la dernière fois – la chose est dommage ; le message pas moins
clair. Bien sûr, on réussit à se toucher les mains…
Je crois qu’elle voulait rendre
jaloux son copain – qu’elle appelait “un copain”.
J’en sais rien.
Nouveau : pendant la mort du
propriétaire (1965-2005), le Dé-BloG-aGe reste ouvert.
Handicapée, à vie.
Maintenant, verdict tombé de la
bouche du grand professeur, je revois celui-là à notre première rencontre.
Moi, plein de terreur et
d’espoirs :
“…”
Lui, compulsant vaguement le dossier :
“Alors,
comment ça va depuis que je vous ai opérée ?”
Elle, d’une voix encore affaiblie
par la stupeur :
“Mais…
docteur, vous ne m’avez pas encore opérée…”
“Personne
ne peut aimer une femme et écrire un roman simultanément. Je veux dire :
Écrire un "vrai" roman, aimer "vraiment" une femme.”
Zone érogène, Philippe Djian,
Éditions
Bernard Barrault, 1984
C’est parfois un peu plus
compliqué que ça…
Écrivain, je suis aussi éditeur.
Non pas que je possède une maison
d’édition. Ni que je sois salarié d’une telle entreprise.
Plutôt, je suis en position de
faire publier des textes. Des textes que j’ai… rencontrés. Ou que je suis allé
chercher.
Là commencent les ennuis – les
femmes n’y sont pour rien. Que l’on se figure mes personnages quand je me
consacre tout entier à ceux des autres ! Que pensent Denys, Laetitia ou Cigismond, quand ils me savent au côté de Malou, M. le
sénateur ou Pistache ?
Fermeture pour raisons techniques
jusqu’au 17.
Jour de l’an. L’hôpital.
Cf. JEUDI 25 DÉCEMBRE
2004
× 2.
Il y a cette fille qui m’aide
beaucoup, un peu…
Penser à demander à Éric Dejaeger s’il a en stock quelques traductions inédites des
poésies de Bukowski.
Noël. L’hôpital.
Les salles d’attente sont
couvertes d’affiches invitant à ne pas perdre la santé. Depuis six mois, je pratique
l’exact contraire de ce que préconisent ces affiches. Pour ne pas crever.
Il y a cette fille qui m’aide un
peu, beaucoup…
Comme je n’ai pas tant à offrir
que je puisse m’économiser, j’ai pour elle une nouvelle. J’ai imprimé le texte.
L’ai glissé dans mon sac. Que je n’ai jamais au dos quand nous nous croisons…
Alors, les pages s’écornent.
Me fais l’effet d’un enfant,
attendant au mauvais endroit quelque élu de son cœur. Dans la main de l’enfant,
les chocolats promis à l’être aimé fondent irrémédiablement.
21 heures 20, hier, au retour de
l’hôpital.
Un chien est couché sur le
terre-plein central séparant la chaussée en voies contraires. C’est un labrador,
je crois. Il n’a pas l’air blessé. Il attend, seulement.
Un instant, je pense à m’arrêter.
Et puis je réfléchis.
21 heures 30. À travers la
vitrine du Pousse Café, j’assiste à une bagarre. Deux types, dont un bedonnant
en costume cravate, tabassent un troisième.
Adrénaline.
Je réfléchis.
Ils sont 0000 à avoir bougé.
CQFD.
“Au secours !”, “au se-cours !”, “au secouuuuurs
!”
Demain : expérience.
J’envoie deux, trois poèmes au
Cherche Midi.
Le Cherche Midi répond par un mot
manuscrit et gentil.
Merci, le Cherche Midi.
(J’envoie deux, trois poèmes
ailleurs. Plusieurs enveloppes reviennent frappées du sigle NPAI. Les éditeurs de
poésie ne font pas suivre leur courrier… Je répète : les éditeurs de
poésie ne font pas suivre leur courrier…)
Un pas en arrière, deux pas en
avant.
La femme que j’aime se meurt en
réanimation.
Entre deux sanglots, je lui dis La
chanson des vieux amants de Jacques Brel.
Le soir, elle rêve que Brel est
maintenu en vie dans une chambre voisine.
Chers amis,
C’est promis !
Avant le point final, vous aurez
tous un mot.
Ai écouté Houellebecq – Le
sens du combat ; Les poétiques de France Culture – tout en
contemplant mon défragmenteur de disques faire son œuvre.
Conclusion : Houellebecq est
nettement meilleur associé à un défragmenteur.
Le dimanche, c’est POésIE
aussi.
IznoMoix
Il dit haïr Houellebecq
mais rêve d’être lui
Il peut croire en sa chance
il connaît la recette
– enculer à tous vers
tout en parlant de Christ
Iznogood était drôle
Yann Moix
est à pleurer
Halloween me fait chier. Plus
encore les curés. Moralité
pratique :
Halloween… hip ! hip ! hip !
Non, je n’ai pas le courage
d’ouvrir une sandwicherie.
Le samedi, c’est POésIE.
Insatisfaction
Je lorgnais
un CD
c’était Gérard Manset
Et puis un autre
disque
signé Loïc Lantoine
Je
convoitais aussi
quelques livres et des bons !
Carver et Bukowski
Mizio, Mano Solo
J’avais
faim des tacos
d’un tex-mex hors de prix
J’aurais
voulu sur l’heure
pour cocufier l’ennui
traverser le pays
en TER de luxe
et m’arrêter à Nantes
Lieu
Unique ! soirée slam !
En
poche ? 3 euros, 6 cents
Et il y
avait plus pauvre
Je me demande souvent ce que
deviennent les personnages de mes nouvelles, de mes romans. Jamais un mot. Pas
même au Jour de l’An, aux anniversaires. Et quand je compose les numéros de
téléphone que je leur ai attribués, d’autres qu’eux décrochent.
J’espère seulement qu’ils vont
bien.
PS : mes Lutins, eux, sont
omniprésents.
Le mercredi 30 juin dernier,
Elle n’est pas arrivée à ses
fins.
Depuis, aguicheuse, elle relève
son suaire à mon anxieuse attention, fait tournoyer nerveusement sa faux…
– Alors, qu’est-ce qu’on
fait ? me demande-t-elle.
– Ben, tu t’casses, j’y réponds.
C’est pas gagné.
Sonia a changé le nom de son
blog. Ce n’est plus “SECTION MEGA BOMBASSE CONNECTION”. C’est “CoMoRoUnD CoNnEcTiOn”.
Me concernant, je n’ai pas de
photo de moi, de ma mifa, ou
de pompes Chanel à mettre sur mon blog. Alors je mets le portrait de Bug le
Gnome.
DIMANCHE 23
MAI 2004
Vincent Delerm chante La natation synchronisée.
Nos histoires d’amour sont les mêmes /
comme si nous avions pratiqué / dans des piscines parallèles / la natation
synchronisée
Kensington
Square, tôt Ou tard, 2004
Malaise. Je n’ai pas connu “les correspondantes
allemandes” ni “les correspondants anglais”. (Seulement les adresses, pour
avoir la paix. Jamais écrit, bien sûr.) Je n’ai pas disputé d’“interclasses de hand” ni d’“interclasses de volley”. (Dispensé. Pas si con.) Je
n’ai pas essayé “le Dry Schweppes pamplemousse” pas plus que “les barquettes plastiques de fish & chips à
Porsmouth”. (Qu’est-ce que j’irais foutre à Porsmouth.
Aussi moche qu’ailleurs, Porsmouth.) Personne ne “photographiait”
mes “erreurs”. (Une seule – pas deux –, une fois, prit une photo de
moi. C’est dire.)
Vincent Delerm
a bien lu papa. Sous l’apparente finesse d’observation, la bonne vieille
recette gros sabots : l’identification – sésame de tous les
palmarès !
– Comprenez, cher auteur, votre
livre, votre disque, se vendra, pour peu que l’acheteur se reconnaisse dans les
personnages mis en page, en musique… Multipliez les anecdotes de portée
universelle, tendez à autrui un miroir… [Authentique]
Ultime objectif, persuader le
chaland à force de clins d’œil discrets, pas moins enamourés : nous sommes
tous formidables ! C’est la même recette de l’identification qui règne
sans partage sur la “création audiovisuel”. En matière de téléfilm (le navet du
samedi soir sur France 3, etc.) on introduira, aux fins de séduction transmutable
parts de marché, force “bouldum”… le “bouleversant d’humanité” ! [Authentique]
Certes, la nature humaine est une
et indivisible. Je ne vais pas le nier après l’avoir écrit :
“[Les]
particularismes ne sont rien d’autre que la déclinaison d’une seule et même
chose : l’Homme. Car qui a voyagé, grattant ici et là les multiples vernis
dont s’affuble la nature humaine, sait que l’on ment partout de la même façon,
qu’en tout lieu les histoires de cocus font rire aux éclats, qu’il n’est pas de
contrée où on ne tue pour de l’argent… Du Grand Canyon au Yémen, personne n’est
innocent.”
Le
Berry ou la mort !, Harfang hors série n° 6,
2001
N’empêche, les établissements Delerm père & fils pratiquent un insupportable consensus
pompier. Confondant, l’air de rien, canevas et motifs. Nous pouvons bien être
Un, nos vécus respectifs ne nous transforment pas moins, d’un regard l’autre,
en Martiens.
Nos histoires d’amours sont les
mêmes au seul forceps de l’identification putassière. Les établissements Delerm père & fils savent pouvoir compter sur la
plasticité de leur clientèle. Au risque de bâtir à peu de frais une
littérature, une chanson à texte, de pure hystérie.
JEUDI 21 MAI
2004
J’écris l’histoire d’un chameau en fin de
vie, se décidant soudain à percer les mystères de la sexualité des pingouins.
Je ne sais pas si ça va plaire.
DIMANCHE 16
MAI 2004
Rien ne serait arrivé sans sonialacomoriene.
Pas à revenir Là-dessus.
Google à ses charmes. On tape “herméneutique”, on arrive sur rutabaga.com.
Qu’avais-je tapé la semaine dernière, en embuscade sur mon clavier, hagard
d’aigreur, cyber-fouineur… je l’ignore.
En tout cas, sonialacomoriene…
et son “blog” !
“BIEN VENU ds le
monde d’ O_f_~_L_o_V_ e : bon bhé voilà c mon p’tit monde à moi où y a pleins de tofs de moi,ma mifa, mes potos, les pires bo goss (de thierry henry à tony parker, de matt houston à farell, etc…), mon bled les comores etc….où je parle même de
mes p’tits soucis, bref le truc banal koi !”
On mesurera l’étendue de ce choc fondateur à
ma googlisation immédiatement consécutive : “blog”.
C’est Lexpansion.com – La newsletter
high-tech n°218 du 26 février 2004 qui me répond.
“Il y a un an, les blogues étaient au sommet
de leur gloire. Au point de se demander si tous les internautes de
Un peu gêné. Lexpansion.com, quand même…
Bon. Pas à faire la fine gueule.
Voilà ! Lexpansion.com ou pas, les blogs sont là ! nous
pendent au nez ! nous observent en
ricanant ! et je ne le savais pas…
On voudra bien le noter, le blog de sonialacomoriene s’intitule fort à propos “SECTION MEGA BOMBASSE CONNECTION”. En langage zyva
– encore appelé idiome des cités où les keufs y vont pas –, une “méga
bombasse” est un individu de sexe féminin vraiment trop d’la bombe,
bébé ! Ou encore : une meuf qui déchire grave ! De facto,
le portrait que donne à voir sonialacomoriene révèle
une poitrine qu’il n’est pas interdit de taxer d’exception, en adéquation – par
le truchement des associations d’idées dont nous parle la psychanalyse – tant
avec la notion d’explosion que de déchirure ; pour peu du moins que l’on
se place du point de vue du débardeur.
Pendant ce temps-là – journaliste re-calculé, écrivain calculateur, victime de coliques
néphrétiques –, en cet enfer mathématique et calcaire, je pose au tâcheron de
l’écriture. Pour seule angoisse, l’inutilité potentielle de ma démarche. Sonia
– comme toutes les Sonia de la toile – n’a pas ces atermoiements. Pas si
conne ! Sa “mifa”, ses “potos”, ses “bo goss”,
vous les assène à grands coups de blog déchirant comme si l’avenir de
Quelle leçon !
Sonia, grâce à toi, j’ai enfin compris.
Trêve de ruminations psychasthéniques.
Désormais, le monde va savoir !… un
peu…
sUiTE : conTacT/LiEnS