PoésIE
L’ENFER, UN
PIED DANS
– MIRLITON PUNKOÏDE* –
*mirliton punkoïde [poésie] Vers boiteux sans futur.
Longue tchatche au bout de fil
une amie, la voisine
à peine raccroché
bras d’honneur en loucedé
Celui-là qu’elle caresse
elle en fait pis qu’à pendre
pas de sentiments nets
elle gîte où le vent porte
– le débit du dernier
a crédit d’Évangile
Elle caste, impitoyable
dans la rue, au bistro
disant : “Sa gueule est sale !”
et il faut se gaffer
– aversion passagère
ou racisme ordinaire ?
Parlant de 6e sens :
“Mon père l’avait aussi…”
Elle exhibe ses racines
pour mieux masquer l’ennui
Les Podopsychologues
Et il y a
ces trentenaires
trop
soucieux d’avenir
Leurs yeux
calculateurs
derrière des
verres carrés
Leur faciès
policé
au poil
annihilé
– la chair
morte seulement
peut ainsi
rester glabre
Par peur de
l’échec
ils posent
aux golden boys
et portent
de la marque
et
surveillent votre aplomb
Jaugeant
l’humanité
à l’aune de
ses godasses
une merde à
vos semelles
et leur
vient la défiance
Sans
conscience de l’inique
parfois il
vous l’assène :
“Je regarde
beaucoup
des autres,
les chaussures…”
Psychologues
des pieds
les miens
sont pour vos derches !
Nés quelque part
Les “imbéciles heureux
qui sont nés quelque part”
n’ont pas fini de nuire
Qu’on découvre demain
quelque amibe d’outre-espace
sur le protozoaire
ils iront pérorer
se trouveront bon teint
face au pseudopodé
Tôt ou tard ils diront :
“L’Amibe reluque nos femmes
et nargue nos gardes-barrières
“On veut nous empêcher
de battre nos tapis
de nous curer le nez
la soupe est trop salée…”
Ils banderont alors
leurs plus beaux étendards
parleront de croisade
en affûtant des lames
Malheur à qui de près !
malheur à qui de loin !
aura à leur regard
des manières de microbe
Qu’on découvre demain
quelque amibe d’outre-espace
je ne me dirai plus
citoyen de ce monde
– “citoyen d’univers”
pour l’idonéité
sUiTE : DirECtIOn
d’OUvrAges