VERS
UNE HUMANITE PROSPERE La prochaine
étape de l'évolution de la civilisation ne
peut être franchie sans remettre en cause les
attitudes et les postulats qui sous-tendent les approches
actuelles du développement économique et
social. L'effort
éxigé pour lutter contre les innombrables maux
qui affligent l'humanité doit être
stimulé par la perspective d'une humanité
prospère au plein sens du terme, autrement dit, par
la prise de conscience des possibilités de
bien-être matériel et spirituel. S'il est vrai
que les gouvernements de la planète s'efforcent, par
le biais du système des Nations Unies de construire
un nouvel ordre mondial, il est tout aussi vrai que cette
même perspective galvanise les peuples du
monde. Le principe
de base d'une stratégie qui engage la population
mondiale à assumer la responsabilité de son
destin doit se fonder sur la conscience de l'unité du
genre humain. Les relations
individu-société étant
réciproques, la transformation désormais
nécessaire doit apparaître simultanément
dans les consciences et dans la structure des institutions
sociales. La justice
est la seule force qui puisse transformer la conscience
naissante de l'unité de l'humanité en une
volonté collective capable d'ériger
sereinement les structures nécessaires à une
vie communautaire mondiale. Se
préoccuper d'assurer à tous la liberté
de pensée et d'action menant à
l'épanouissement personnel ne justifie pas le culte
de l'individualisme qui corropt si profondément de
nombreux pans de la vie contemporaine. L'humanité
étant une et indivisible, chacun de ses membres est
un gage qui lui est confié dès la naissance.
Cette responsabilité constitue le fondement moral de
la plupart des autres droits économiques et sociaux
notament que les textes des Nations Unies tentent de
définir. LA
PAIX MONDIALE ET LE GOUVERNEMENT
MONDIAL Nous
reproduisons ici quelques bonnes pages du livre
publié sous ce titre par George Ronald, Oxford, avec
la permission de l'auteur et de son éditeur. Nous les
en remercions (NDLR). L'établissement
de la paix mondiale par un gouvernement mondial est un
élément inhérent à la vision
baha'ie de l'avenir de l'humanité. Nombreux sont
ceux qui considèrent ce but comme " absolument
utopique ". Et pourtant, pour les baha'is, Il s'agit d'une
idée dont l'heure est venue. Comment
passer du " désarmement " et de la pauvreté
mondiale au gouvernement mondial.. Comme c'est
le cas pour nombre de problèmes importants, trop
souvent les gens remarquent les symptômes sans voir
les causes fondamentales. Des millions de gens se sentent
menacés par les armes nucléaires et aimeraient
les voir disparaître. D'autres reconnaissent à
l'instar de Baha'u'llah, le fondateur de le foi Baha'ie)
l'extrême urgence des besoins humains que les budgets
nationaux ignorent au profit des dépenses
militaires. Mais en
dépit des protestations répétées
de millions de gens provenant de millieux économiques
politiques et nationaux divers, la course aux armements n'a
pas été ralenti ; mais au contraire
précipitée. Les super-puissances sont comme
deux voisins ennemis qui pointeraient sur leurs tempes dans
le but qu'aucun ne feraient un mouvement brusque ou qu'il ne
pourra espérer tirer le premier. Tel est
l'état du monde à la fin du 20ème
siécles. La premi
ère chose qu'il faut comprendre, est que le
désarmement et l'établissement d'un
gouvernement mondial sont intrinséquement
liés. Ceci parce que la définition même
de la souveraineté comprend le droit d'une nation
à déclarer la guerre. Eliminer ce droit (par
un désarmement efficace), c'est éliminer une
partie importante de la souveraineté nationale. Le
vide ainsi créé ne peut être
comblé que par une autorité mondiale
véritable. Les nations pourraient demeurer
souveraines pour les affaires intérieures, mais elles
ne pourraient plus imposer leurs visées dans
l'arène internationale. Le
désarmement unilatéral est
suggéré par quelques personnes aujourd'hui.
Bien que cette idée semble avoir un certain
mérite superficiellement, son insuffisance est
évidente, comme l'a expliqué "
Abdu"l-Bahà ", fils du fondateur de la foi
baha'ie. Le
désarmement nucléaire bilatéral
à des " niveaux préventifs " ou
supérieurs, qui fait actuellement l'objet de
négociations entre les super-puissances, est
insignifiant puisque, par définition, notre "
destruction mutuelle " serait encore " assurée ". Qui
serait soulagé d'apprendre que 6.000 ogives
nucléaires sont pointées sur son pays, au lieu
des 10.000 de naguère ? Le
désarmement au-dessous des niveaux préventifs,
en l'absence d'une autorité mondiale, romprait
l'équilibre ; il aménerait les nations
à penser qu'elles pourraient attaquer sans encourir
de fortes représailles. Tout en réduisant
l'ampleur d'une guerre majeure, il en augmenterait
certainement la probabilité. Eliminer
complètement les armes nucléaires
contribuerait à un énorme et dispendieux
accroissement des forces classiques. Et à nouveau,
l'équilibre serait rompu ; la guerre deviendrait "
pensable " une fois de plus... L'élimination de
toutes les armes nucléaires et classiques, sans
l'établissement d'une autorité mondiale,
conduirait à une anarchie complète - n'importe
quelle petite force menacerait les autres. Cette situation
serait extrêmement instable et ne contribuerait
aucunument à augmenter notre sentiment de
sécurité. En termes
pratiques, on peut dire que les gouvernements ne prendront
aucune mesure pour passer d'un état donné de
sécurité à celui pressenti assurant une
sécurité moindre. Une de leurs tâches
fondamentales est d'assurer la sécurité de
leurs citoyens. Pourtant la quête de
sécurité, par le pouvoir militaire, qui
coûte trois mille milliards de dollars par an au
monde, nous conduit à un état où nous
avons moins de sécurité aujourd'hui que nous
n'en avions il y a quarante ans. Ceci est dù au fait
que le monde a atteint un état où la
sécurité ne peut plus être
achetée avec davantage d'armements. Elle ne peut
être assurée qu'en remplaçant le
système de l'anarchie internationale par un
système de véritable droit international.
Toute proposition qui n'abolirait pas
l'illégalité dans un système
international échourait dans sa tentative d'offrir
davantage de sécurité. Et le seul
système viable serait d'établir un
véritable état de droit entre nations, un
gouvernement mondial qui fonctionne.
Le gouvernement
mondial et la force mondiale de
sécurité Il y a aussi
lieu de comprendre clairement que l'idée du
gouvernement mondial est reliée à celle d'une
force mondiale de sécurité. Bien que cette
idée puisse paraître désagréable
à ceux qui appellent de leurs vux le
désarmement absolu et total, l'histoire des Nations
Unies a déjà démontré que
l'autorité mondiale sera en grande partie inefficace,
si on ne lui donne pas le pouvoir réel
nécessaire de faire exécuter ses
décisions, de faire arrêter le
réarmement national, et de maintenir la
coopération entre nations lorsque des
différents internationaux surgissent. Cette force
pourrait être assez modeste et armée de
manière relativement légère, selon les
normes actuelles, et elle devrait être assez forte, de
sorte que l'ensemble de ses unités pourrait
aisément soumettre la garde nationale et les forces
de police de tout pays ou ensemble de pays qui,
eux-mêmes, ne pourraient être que
légèrement armés. La plupart de ses
membres seraient des soldats de réserve et
viendraient de petits pays. Cette force pourrait aussi
opérer en accord avec les forces de la garde
nationale de différents pays. De plus, on ne ferait
appel à elle qu'en dernier ressort, seulement lorsque
les méthodes de médiation, d'arbitrage et de
sanctions économiques auraient
échoué... Si l'on
s'aperçoit qu'il existe un lien étroit entre
le désarmement et le gouvernement mondial, et entre
le gouvernement mondial et la force mondiale de
sécurité, il est nécessaire que l'on
comprenne plus à fond la connexion entre la guerre et
le système de la souveraineté nationale.
Albert Einstein a dit : "...La cause
réelle des conflits internationaux est due à
l"existence de nations souveraines qui rivalisent entre
elles. Ni les gouvernements ni les peuples ne semblent avoir
appris les leçons du passé ; ils ne semblent
pas être prêts ni capables de repenser à
fond le problème. Les conditions qui prévalent
aujourd"hui dans le monde forcent les pays à
commettre des actes produisant inévitablement la
guerre pour protéger leur propre
sécurité. " On peut donc
s'attendre à ce que la guerre se produise
périodiquement. Certains pensent que dans le monde
actuel la guerre naît de la confrontation entre le
monde communiste et le monde capitaliste ; et ils
espèrent que l'un ou l'autre de ces groupes
disparaisse ou renonce à ses visées, pour que
tout s'arrange. Penser ainsi fait preuve de
myopie. Imaginons un
instant que les systèmes idéologiques actuels
n'existent pas. Cela conduirait-il à une paix
complète et durable ? La concurrence
économique ménerait en fin de compte à
la crainte d'être dominé, à la
méfiance, à la suspicion et au
protectionnisme, ce qui conduirait de nouveau à
forger des alliances, à la course aux armements et,
finalement, à la guerre. D'autres facteurs tels que
les rapports entre les exédents de production et le
chômage, l'industrie des armements et la tendance de
la nouvelle génération à ignorer
l'horreur des guerres vécues par les
générations précèdentes, tous
ces facteurs concourrent à créer un cycle
évident de guerre et de paix, que les
idéologies politiques au goùt du jour ne font
que recouvrir d'un vernis. C'est ainsi
que la guerre n'est pas seulement un " droit " revenant aux
nations dites souveraines - mais aussi est souvent le
produit invariable et inévitable du système
des Etats-nations.
Quelques
personnes pensent qu'un système de dissuasion - la
menace qu'une nation ripostera par des représailles
dévastatrices - est suffisant pour éviter la
guerre. Ainsi les armes nucléaires, selon la
théorie de la dissuasion, ne sont construites
qu'à titre préventif. Ce système peut
paraître efficace, de prime abord, si les
possibilités d'erreurs humaines et mécaniques,
le sabotage, le terrorisme, l'éventuelle
incapacité mentale d'un dirigeant mentale d'un
dirigeant mondial et la possibilité de voir une des
petites nations nucléaires bouleverser les cartes
pouvaient être entièrement exclues. Il ne
faudrait pas s'imaginer non plus que le concept de la
dissuasion est quelque chose d'entièrement nouveau.
Toute nouvelle découverte majeure en matière
d'armement a fait penser que " personne n"oserait plus nous
attaquer " ou que " la paix viendra parce qu"il serait trop
inhumain d"utiliser de telles armes destructrices ".
Et pourtant
il a été démontré constamment
que notre capacité d'inventer des armes toujours plus
mortelles n'est surpassée que par notre
volonté de les utiliser. La nature des
armes nucléaires rend impossible une défense
significative de son propre pays contre une attaque
éventuelle. Les effets de la détonation, de
l'explosion et des retombées radioactives sont si
intenses et pénétrantes qu'elles rendraient
inefficace toute structure normale utilisée comme
abri. Et les effets à long terme d'une telle attaque
seraient que de grandes parties de la population
périraient d'inanition, de maladies dues aux
radiations, et de froid. La communication,
les transports et la réalité
nouvelle Un autre
concept essentiel que beaucoup de gens n'arrivent pas
à comprendre est l'ampleur de l'impact de la
révolution continue de ces 150 dernières
années, sur le plan des transports, des moyens de
communication et du potentiel de destruction. Huit
inventions majeures, ou groupes d'inventions, sont apparues
en cet âge sur la scène mondiale. Je les
appelle les inventions de " télé-masse ",
parce qu'elles ont deux caractéristiques communes :
elles ont touché les masses humaines et elles ont
réduit les longues distances qui nous
séparaient naguère sous formes d'états
et de tribus différents. Ces inventions majeures sont
: 1. Le
développement de la presse de masse, des journaux,
magazines et livres qui, avec leurs systèmes de
distribution, ont créé un forum international
d'idées, éduquant et informant
l'humanité, nous obligeant à prendre
conscience d'un monde plus vaste et de la condition des
peuples. 2. Le
développement de la radio et de la
télévision, qui a eu un effet incalculable sur
la prise de consci ence de l'humanité de son
environnement global, en particulier à la suite de la
croissance simultanée des services de nouvelles et de
journaux radiodiffusés et
télévisés. Ces inventions atteignent
les gens cultivés autant que les analphabètes
et, de ce fait, englobent pratiquement toute
l'humanité. Au " transistor ", en particulier,
revient la distinction d'être l'invention la plus
universelle et la plus moderne. 3. Le
télégraohe, le téléphone, le
telex et les satellites de télécommunication
ont contribué à établir un
réseau mondial de communication à double sens,
reliant les hommes par la pensée, facilement,
à bon marché et fréquemment, chaque
fois qu'une rencontre physique est impossible. L'information
qui par le passé se mouvait à la vitesse du
cheval ou de la voile, se transmet aujourd'hui à la
vitesse de la lumière. 4.
L'échange des matières, et des produits
fabriqués industriellement, transportés sur
les océans, a été profondèment
transformé en termes de volume et de vitesse par
l'invention des navires cargos modernes. Le volume du
commerce mondial rendu possible par ce système est
énorme. A son tour, le commerce mondial a
créé une économie mondiale et notre
interdépendance économique, qui unit le monde
chaque jour davantage. 5. Le navire
cargo n'aurait, à lui seul, guère
créé plus qu'une économie mondiale
côtière, sans le système du train et du
camion qui permet de transporter de grandes quantités
de marchandises sur de longues distances à
l'intérieur des terres. Ainsi le système
économique mondial touche tous les hommes, sauf ceux
qui ne vivent pas près d'une route, d'une voie de
chemin de fer, d'un port ou d'une rivière navigable.
Rares sont ceux qui ne sont pas touchés ! 6.
L'automobile et l'autocar ont eu les mêmes effets pour
l'homme que le rail et le camion pour les marchandises ; le
transport rapide de nombreuse personnes sur de grandes
distances a été rendu possible. Les
échanges quotidiens entre populations d''rigines
diverses ont été ainsi facilités
notamment dans les centres urbains: tout cela a eu un effet
profond sur la pensée humaine et la manières
dont l'homme se perçoit lui-même. Des
structures sociales ont ainsi été
détruites, en facilitant le mouvement, alors
qu'auparavant il était peu fréquent, voire
impossible. 7. Alors que
l'automobile a rapproché les états et les
pays, l'avion à réaction a réuni
à la fois les pays et les continents. La
faculté de sauter d'un pays à un autre
facilement et a bon marché a eu pour résultat
une explosion du nombre de voyageurs internationaux qui ont
l'occasion d'apprécier la diversité de
l'humanité. Nous avons ainsi le sentiment de vivre
à l'intérieur d'un " village global
". 8. En fin de
compte, l'arme nucléaire, accompagnée du
missile intercontinental, quoique profondément
négative, doit aussi être
considérée parmi les inventions de "
télé-masse ". Si les autres inventions ont
rendu désirables l'unité mondiale, celle-ci la
rend impérative. Elle nous force à nous
entendre les uns les autres ; elle a profondément
altéré notre conception de la guerre et
pourrait bien devenir la motivation de notre union
politique, quoique par la peur plutôt que par
l'amour. Les baha'is
reconnaissent naturellement qu'il ne s'agit pas d'une
coincidence si toutes ces découvertes technologiques
se produisent simultanément en cet âge. C'est
plutôt le résultat d'une impulsion spirituelle
universelle qui touche toute l'humanité chaque fois
qu'apparaît une nouvelle Manifestation divine.
Baha'u'llàh a dit : " Nous avons appelé
à l'être une nouvelle Création, comme
signe de Notre grâce envers les hommes ". Tôt ou tard,
l'humanité devra s'occuper de cette nouvelle
réalité : " Dans les
cycles du passé, quoique l"harmonie avait
été établie, en raison de l"absence des
moyens, l'unité de l'humanité ne pouvait pas
être réalisée. Les continents restaient
largement divisés, même entre les peuples de
même continent, l"association et l'échange
culturel étaient presque impossible. Par
conséquent, les rapports,
la compréhension et l'unité entre tous les
peuples et tribus de la terre ne pouvaient pas être
réalisés... Pour chacun, il est aujourd'hui
facile de se rendre dans n'importe quel pays, d'avoir des
rapports et des échanges de vues avec ses habitants,
et de se familiariser, par le canal de publications, avec la
condition, les croyances religieuses et la pensée de
tous les hommes. De cette
manière, tous les membres de la famille humaine,
qu'ils représentent un peuple ou les gouvernements,
sont devenus de plus en plus interdépendants.
L'autarcie n'est plus possible pour aucun d'entre eux, car
les liens politiques unissent tous les peuples et toutes les
nations, et les liens commerciaux et industriels, ceux de
l'agriculture et de l'éducation, sont
renforcés chaque jour. C'est pourquoi l'unité
de l'humanité peut être réalisée
en ce jour "
L'élimination
de la menace croissante de l'extinction de
l'humanité, due à une guerre nucléaire
devrait naturellement être une raison suffisante. Des
études consacrées aux effets d'une guerre
nucléaire totale entre les super-puissances ont
montré qu'elle pourrait aboutir à l'extinction
de l'espèce humaine entière, pas seulement
à cause des effets immédiats, mais à la
suite des effets écologiques à long terme - "
l'hiver nucléaire " causé par la
poussière et la fumée voilant la
lumière du soleil ; et la destruction de la couche
d'ozone dans l'atmosphère supérieure, ce qui
permettrait aux rayons ultraviolets mortels d'atteindre la
surface de la terre pendant une période
prolongée. Mais en plus
de cette raison majeure d'établir un gouvernement
mondial, il y en a d'autres, tout autant valables... Le
problème de la guerre classique et de la guerilla ne
s'est guère amoindri avec l'avènement des
armes nucléaires. Près de seize millions de
vies ont été perdues dans 160 conflits
armés pendant les quarante années de la
soi-disant " paix " qui a suivi la fin de la Seconde Guerre
mondiale. Les conflits conventionnels et de guerilla qui
continuent à travers le monde créent une
demande constante pour un gouvernement international,
quoique l'intensité apparente de cette pression varie
selon la région géographique. Le
coùt incroyable du maintient et de
l'amélioration de l'appareil militaire du
système des Etats-nations, et le détournement
simultané des moyens pour remplir les besoins urgents
de l'humanité, constituent une troisième
raison de remplacer ce système par une structure
mondiale. Il y a plus d'un siècle, Baha'u'llàh
s'est écrié : " 0 rois de la terre ! Nous vous
voyons augmenter chaque année vos dépenses et
faire supporter ce fardeau à vos sujets. En
vérité, ceci est entièrement et
grandement injuste ". Ceux qui
pensent qu'un gouvernement mondial coùterait trop
cher feraient bien de considérer cette statistique :
" Le système des Nations Unies, en entier, pourrait
fonctionner pendant deux siècles en utilisant
seulement un budget annuel affecté aux
dépenses militaires mondiales ". En plus
d'éviter la guerre et ses dépenses, il faut
tout simplement constater le fait que le monde ne comprend
plus qu'un système économique. Les
problèmes d'un système économique ne
sauraient être résolus par un vague groupe mal
coordonné d'entités politiques
nationales. On a besoin
d'un gouvernement mondial pour beaucoup d'autres raisons. On
peut obtenir une idée de la portée du besoin
d'un gouvernement mondial en parcourant simplement la liste
de quelques-unes des organisations
spécialisées des NationsUnies. Chacune d'entre
elles existe dans le but de résoudre des
problèmes dont les gouvernements nationaux, à
eux seuls, ne sont pas capables de traiter
adéquatement. Chacune, par conséquent,
représente une raison de plus pour l'existence d'un
gouvernement mondial. On a
trouvé une foule de raisons pour s'opposer à
la formation d'un gouvernement mondial. Le fait que le
septicisme et la peur ont remplacé l'espoir et le
courage dans tant de curs constitue un triste reflet
de la condition spirituelle de notre âge. Bien qu'il
est souhaité, Face à
chaque situation inconnue, de faire preuve de circonspection
et de précaution, le genre de septicisme et de
crainte automatiques que l'on rencontre trop souvent
lorsqu'on avance l'idée d'un gouvernement mondial
fait sùrement partie du problème spirituel
qu'il y a lieu de surmonter. Nous devons contrer ce
scepticisme et cette crainte par des arguments bien
raisonnés et par une attitude positive. .
Scepticisme dû
à une compréhension erronée de
l'histoire Si le
scepticisme provient d'une mauvaise compréhension de
l'absence du progrès humain sur le plan individuel,
il est aussi motivé par une compréhension
erronée similaire de l'histoire du
développement social humain. Ce septicisme est
typiquement exprimé dans des déclarations
telles que : " L'humanité a toujours
été divisée en nations et elle le sera
toujours ". Une
compréhension de l'histoire vue sous cette forme
d'unités organisées toujours croissantes est
en fait plus juste. C'est ainsi que les forces vives de
l'histoire nous font avancer vers une organisation mondiale
plutôt que de maintenir le statut quo de l'Etat-nation
: " L'unification de l"humanité dans son ensemble est
la marque distinctive de l"étape vers laquelle la
société humaine est en train de se
diriger. L"unité
de la famille, de la tribu, de la cité-Etat, et de la
nation, ont tour à tour été
tentées et pleinement réalisées.
L"unité mondiale est le but vers lequel une
humanité harcelée s'efforce de parvenir.
L"édification des nations est parvenue à son
terme. L"anarchie inhérents à la
souveraineté de l"état va atteindre son
paroxisme. Un monde, mû vers sa maturité, doit
abandonner ce fétiche, reconnaître
l"unité et l"unicité des rapports humains, et
établir une fois pour toutes le mécanisme qui
saura le mieux incarner ce principe fondamental de sa vie
". Septicisme dû
à la dimension du monde et à la
diversité de ses valeurs Une autre
objection des sceptiques est que le monde est trop vaste et
trop divers pour ne former qu'une entité. Il est
évident que la première partie de cette
assertion est fausse. A la fois en matière de
distance dans le temps pour voyager et en ce qui concerne la
vitesse des communications, le monde est aujourd'hui bien
plus petit que les treize colonies américaines
lorsqu'elles furent unies en 1776. Il y a cent ans, on
s'étonnait d'entendre qu'on pouvait voyager " autour
du monde en quatre-vingts jours ". Actuellement, il est
facile de faire le tour du monde en Quatre-vingts heures,
voire moins. Et si nous parlons de missiles, ce temps est
ramené à quelques quatre-vingts minutes. Et
dans le domaine des télécommunications
mondiales, cette période est essentiellement
instantanée. Nous vivons véritablement dans un
" village global ". Le monde n'est plus trop vaste pour une
gestion planétaire. Il est devenu trop petit pour
s'en passer. Si des
valeurs internationales sont nécessaires, elles le
sont pour opérer sur le plan international seulement.
Ailleurs, la diversité des normes peut continuer
à exister. Et se mettre d'accord sur des valeurs
internationales n'est pas si difficile, puisque nos
dirigeants et diplomates représentant toutes les
nations participent à des efforts communs depuis de
nombreuses années. Ils ne sont plus des
étrangers les uns pour les autres. Nous nous
dirigeons vers un sens commun de valeurs mondiales. Ce but
n'est pas au-delà de notre portée. Scepticisme dû
à la répugnance de nos dirigeants d'accepter
des changements significatifs Beaucoup de
gens éprouvent du scepticisme envers l'idée
d'un gouvernement mondial parce qu'ils croient que les
dirigeants du monde ne sont pas disposés
personnellement à céder leur place aux
rênes du pouvoir et à se soumettre à une
autorité mondiale. Si nous étudions cette
question, nous découvrons plutôt que les
dirigeants sont nombreux qui, tout en observant la
scène mondiale de leur position élevée
avantageuse, reconnaissent la nécessité d'une
autorité mondiale, mais qu'ils craignent qu'il est
politiquement impossible de défendre cette
idée, puisque leur électorat n'est pas
prêt à l'accepter. Ils ont peur de
répéter l'erreur de Woodrow Wilson qui
s'efforça de conduire un peuple récalcitrant
au sein de la société des Nations et
échoua dans sa tentative d'obtenir l'appui requis de
l'opinion publique. Nombreux sont les dirigeants qui font
partie d'une organisation qui s'appelle " les Parlementaires
pour un Ordre mondial ", Qui comprend plus de 600
députés de trente cinq pays. Nous
assistons à un paradox curieux. Les gens crient que
le gouvernement mondial est une chimère parce que les
dirigeants des nations y répugnent. Nombreux sont les
dirigeants qui reconnaissent la nécessité d'un
gouvernement mondial, mais qui y renoncent parce qu'ils
croient que les peuples le refusent. Les dirigeants sont
peut-être plus proches de la vérité : la
vérité : la répugnance des peuples est
un obstacle plus grand à franchir pour établir
un gouvernement mondial, que ne l'est le refus des
gouvernements. Du moins en Occident. Mais on peut atteindre
les peuples. Leur opinion peut être changée
grâce à l'éducation. Cette tâche
revient principalement aux baha'is et autres personnes et
organisations qui ont une vision globale du
monde. Scepticisme dû
à l'échec des Nations Unies Il arrive
fréquemment qu'on cite l'échec de l'O.N.U.
dans sa tentative de maintenir la paix, comme elle avait
été créée pour le faire, pour
répondre négativement à la thèse
du gouvernement mondial. La
réponse ici est claire : L'O.N.U. n'a jamais
été pourvue de l'autorité
nécessaire au maintient de la paix. A la fin de la
Seconde Guerre mondiale, les nations victorieuses
n'étaient pas disposées à céder
suffisamment de leur souveraineté nationale pour
établir une institution mondiale efficace. En
dépit de ses faiblesses, il est interressant de
relever que depuis la création de l'O.N.U., la guerre
classique, dans le sens d'un gouvernement attaquant
ouvertement un autre gouvernement dans le but d'occuper son
territoire, est devenue inacceptable par concensus
général admis par les nations - et elle se
produit rarement aujourd'hui. Il s'agit là d'un pas
en avant.
Le scepticisme
dû à la transition Certains sont
sceptiques enfin parce qu'ils ne voient tout simplement pas
comment la transition aura lieu. Cette question : " Comment
y arriver ? " est très importante. Il est
évident que si tous les peuples désiraient
l'établissement d'un gouvernement mondial, on y
arriverait. Il n'y a pas d'obstacles d'ordre technique. Il
est aussi évident qu'il ne serait même pas
nécessaire d'avoir, au début, le soutien de
tous les peuples. Si un nombre suffisant de nations, parmi
les pays démocratiques, s'attachaient fermement
à cette idée, plusieurs initiatives pourraient
être prises par ces pays pour démontrer aux
autres qu'ils désirent sincèrement une paix
durable et qu'ils sont prêts à se joindre
à d'autres nations en renonçant à
certains aspects de leur souveraineté nationale en
faveur d'une organisation mondiale. Le pas
primordial et le plus important est celui de
l'éducation : enseigner aux peuples que le
gouvernement mondial est possible et que ses avantages sont
bien plus grands que les coûts. Les
sceptiques diront que les transitions antérieures
vers une antité sociale plus grande se sont faites
lorsqu'un groupe sociale était menacé par un
ennemi extérieur commun. Aujourd'hui, nous tous avons
un ennemi commun, mais il est au-dedans de nous. C'est
l'attachement aux formes caduques de l'organisation sociale,
c'est la crainte que nous éprouvons les uns envers
les autres, ce sont nos préjugés, notre
cupidité, notre soif du pouvoir et, avant tout, notre
volonté de nous entre-déchirer à cause
de ces sentiments. Naturellement, si notre existence
même était menacée par des
créatures violentes venues d'une autre
planète, nous trouverions certainement un moyen pour
nous unir. Mais admettre que l'ennemi est en nous requiert
un plus grand degré de maturité spirituelle -
une maturité qui, toutefois, s'installe dans nos
consciences dans ce siècle, alors que la conscience
de l'unité de l'humanité se répand
à travers le monde. Aux craintifs
... Les gens ont
peur d'un gouvernement mondial pour différentes
raisons. Ces craintes peuvent cependant être
apaisées en présentant les faits tels qu'ils
sont, et en raisonnant. La peur de
l'inconnu Une crainte
fréquemment exprimée est celle de l'inconnu ou
du jamais vécu, qui est souvent implicite et qui ne
se manifeste pas ouvertement. Nous avons établi des
gouvernements nationaux dans le passé, mais nous
n'avons jamais eu de gouvernement mondial. Heureusement,
toutefois, que nous ne sommes pas sans avoir des
précédents. Le fédéralisme, un
système qui relie plusieurs régions plus
petites, réunies sous un gouvernement
transrégional, est celui que la plupart des grands
gouvernements nationaux et ceux de nations plus modestes
utilisent. Il est raisonnable d''vancer que
l''xpérience collective de l''umanité à
créer des systèmes fédératifs
est suffisante pour nous rassurer qu'un système
adéquat de fédéralisme mondial pourrait
aussi fonctionner. La peur de
l'uniformité et d'un centralisme
poussé La peur d'une
uniformisation forcée et d'un centralisme exessif
sont certainement des objections parmi les plus
citées. Si l'on n'aimait pas les normes d'un
système d'une culture et d'une économie
d'ordre mondial, où faudrait-il se réfugier
pour trouver un autre choix ? A cette question, il faut
répondre qu'il n'est pas nécessaire de changer
la diversité entre les nations et les cultures. Le
principe de l'unité dans la diversité est
essentiel pour les baha'is. Le choix du
fédéralisme, avec l'accent qu'il met sur la
décentralisation et la liberté des
Etats-membres de contrôler leurs propres affaires
intérieures, va de pair avec ce principe. La grande
diversité culturelle du monde baha'i, qui non
seulement doit prévaloir mais est activement
encouragée, est un signe évident de notre
attachement à la conception de l'unité dans la
diversité. L'enseignement de Baha'u'llàh
concernant l'adoption d'une langue auxiliaire universelle
pour faciliter la compréhension, sans éliminer
les langues indigènes si essentielles à la
culture, est une autre évidence. Le principe
de l'unité dans la diversité s'étend
même au domaine des systèmes politiques
nationaux qui pourraient vivre en harmonie sous
l'égide d'une autorité mondiale. Dans un
discours prononcé à New-York,
Abdu'l-Bahà a répondu à la question : "
N'est-il pas vrai que la paix universelle ne peut pas
être réalisée tant que la
démocratie politique n'existe pas dans tous les pays
du monde ? ", comme suit : " Il est évident
qu"à l"avenir il n"y aura pas de centralisation dans
les pays du monde, qu"ils soient constitutionnels par leur
gouvernement, républicains ou
démocratiques. Chaque
province sera indépendante par elle-même, mais
il y aura une union fédéral protégeant
les intérêts des différents états
indépendants. Cette forme ne pourrait pas être
républicaine ou démocratique. Bannir la
centralisation qui sert le des potisme constitue l"exigence
de notre temps. Ceci produira la paix internationale
". Les
systèmes économiques des nations, de
même que leurs systèmes politiques et
culturels, pourraient être divers. Les nations
pourraient toujours choisir le système
économique qui convient le mieux à leurs
besoins et à leur héritage culturel. Sur le
plan mondial, la création d'une monnaie universelle,
d'une banque centrale mondiale, d'un système fiscal
mondial et d'une autorité mondiale de
développement contribueraient grandement à
équilibrer les transferts monétaires entre
pays et élimineraient de ce fait la plupart des
problèmes qui proviennent actuellemnt des
désiquilibres monétaires. Un tel
système favoriserait le développement
économique, en particulier dans les régions en
voie de développement, et l'assouplissement des
barrières commerciales. De plus, l'élimination
des budgets militaires libérerait une somme immense
en ressources et en main-d'uvre, qui pourrait
être conscrée à des objectifs
constructifs. La peur de perdre la
liberté Une autre
crainte, face à l'idée du gouvernement
mondial, est qu'il sera la cause d'une perte de
liberté à la fois pour l'individu et au niveau
national. Il ne fait pas de doute qu'il signifiera la perte,
pour une nation, de sa liberté de faire ce qui lui
plait sur la scène internationale, puisque le
règne du droit remplacera celui de la force. Mais une
constitution vraiment fédérale limitera
strictement les pouvoirs du gouvernement mondial à
ceux qui relèvent seulement du domaine international.
Toutes les autres questions seront résolues au niveau
national ou local. A ces niveaux, les nations
expérimenteront un accroissement de leur
liberté et capacité à assister leur
peuples à se développer et à
prospérer. Le système de l'Etat-nation a
donné aux nations une illusion de liberté,
tout en créant en fait de nombreuses contraintes
économiques et militaires. En ce qui
concerne les libertés individuelles, le gouvernement
fédéral mondial devra établir un code
universel des droits de l'homme garanti dans toutes les
nations. Les droits fondamentaux garantis aux individus sur
le plan national ne seraient pas diminués, à
l'exeption de cas occasionnels où ils
compromettraient les droits des autres. Il se pourrait qu'il
soit nécessaire de mettre en vigueur ce code de
manière graduelle pour que ses effets ne soient pas
disruptifs. La peur de la
tyrannie d'un groupe d'Etats La " tyrannie
des petits Etats " est une des objections les plus souvent
formulées à l'Assemblée
générale des Nations Unies et dans n'importe
quel forum mondial de ce genre dont la pondération
des votes est basée sur le système d'une
nation une voix. La réponse baha'ie à cette
objection est claire et simple. " Abdu"u-Bahà a dit :
" Le nombre de ces députés devrait être
proportionnel au nombre des habitants de ce pays ". Le
système d"une nation :un vote n"est donc pas
acceptable. Dans sa
Tablette à l'Organisation pour une paix durable de la
Haye, 'Abdu'l-Bahà a suggéré qu'une
seule chambre de députés puisse
représenter à la fois les peuples et les pays.
Les députés seraient élus directement
par le peuple de chaque pays (c'est-à-dire qu'un
groupe représentatif des gouvernements nationaux
élirait les députés au Parlement
mondial). Ils seraient ensuite confirmés par le reste
du gouvernement (la Haute Chambre, le Président, et
le Cabinet, selon les cas), de sorte qu'ils
représentent à la fois le peuple et le
gouvernement de leur pays. Les membres de ce Parlement
mondial éliraient ceratins d'entre eux les
personnalités les plus éminentes pour servir
au sein du Tribunal suprême - le pouvoir judiciaire de
ce gouvernement mondial (il s'agit ici d'une formulation
seulement de ce qui est compatible avec les enseignements
baha'is et non pas de la seule formulation
possible). Vu la grande
diversité des nations, il est hautement improbable
qu'elles parviennent à réconcilier leurs
visées dans le seul but de se liguer contre les
petits Etats. De plus, si chaque parlementaire agissait
premièrement en tant que député de la
région du pays qu'il représente, les
députés d'un même pays voteraient
souvent différemment selon les cas, selon les besoins
de leur région particulière. Enfin, si le
système politique était
réorganisé de sorte que tous les
députés étaient tenus à voter,
en qualité de citoyens du monde, pour ce qu'ils
pensent être la meilleure solution pour le bien commun
du monde, de nombreux alignements politiques et des craintes
d'être tyrannisé
disparaîtraient. Mais ce qui
est le plus important, c'est de savoir que les droits de
toutes les nations seraient clairement définis dans
la constitution et attentivement protégés par
le Tribunal mondial, de sorte qu'aucune " tyrannie " de
groupes de nations - minoritaires, majoritaires ou autres -
ne puisse surgir.
La peur des grandes
organisations Le grief que
le gouvernement mondial deviendrait trop grand est une autre
crainte fréquemment exprimée. Nous
répondrons à cette objection en disant que
toute la raison d'être du fédéralisme
est de préserver, autant qu'il est possible,
l'autonomie locale, et de limiter la tendance du
gouvernement central d'étendre ses compétences
au-delà du règlement des affaires
internationales. Nous sommes assurément conscient,
comme il a été dit plus haut, d'éviter
" les maux d"une centralisation exessive ". Il faut
néanmoins rappeler qu'il y a plusieurs domaines qui
demandent un règlement international, et c'est
pourquoi le gouvernement mondial pourrait être de
taille modérément grande. Vraiment, la
nécessité de régler plusieurs domaines
des affaires internationales témoigne en
réalité du grand besoin qu'il y a
d'établir un gouvernement mondial et qu'il est grand
temps de le réaliser. Il faut aussi
ajouter que l'établissement du gouvernement mondial
permettra aux gouvernements nationaux de réduire leur
taille, libérés de la crainte d'être
dominés économiquement ou militairement par
leurs voisins, et de la responsabilité de
résoudre tous les problèmes internationaux, la
taille sur-dimensionnée de nombreux gouvernements
nationaux sera réduite à des proportions plus
raisonnables. La peur de la
bureaucratie Parallèlement
à la peur d'un gouvernement trop grand et indiscret,
on craint que le gouvernement mondial devienne une vaste
démocratie incapable de s'occuper efficacement des
affaires qui lui seraient soumises. Cette bureaucratie peut
être évitée, dans une certaine mesure,
en organisant attentivement le différentes branches
du gouvernement de manière à favoriser
l'action, plutôt que l'inactivité, la souplesse
plutôt que la rigidité. Autant que possible,
ses organes spécialisés pourraient être
munis d'un degré élévé
d'autonomie, à l'instar des organisations
spécialisées de l'O.N.U., favorisant ainsi une
organisation plus décentralisée, sensible et
créatrice. La
bureaucratie peut aussi être évitée, du
moins partiellement, en établissant un bureau dont la
tâche serait d'aider les individus à avoir
affaire à une organisation d'une telle grandeur,
à contrôler son déveleoppement et
à présenter des propositions pour la modifier,
permettant ainsi au gouvernement mondial d'être une
institution dynamique, efficiente et organique. Si ces
fonctionnaires sont capables, s'ils sont
dévoués à servir l'humanité
plutôt qu'eux-mêmes, s'ils sont guidés
par des buts supérieurs plutôt que par les
petits détails d'une ligne de conduite, s'ils
acceptent les changements dans l'organisation qui ne
manqueront pas de surgir pour répondre aux besoins
qui évoluent selon les temps, plutôt que de
conserver jalousement leurs prérogatives,, s'ils sont
prêts à suivre les principes de la consultation
plutôt que d'agir de manière dictatoriale,
alors une telle organisation saura éviter la plupart
des écueils inhérents aux bureaucraties
modernes. Le problème de la bureaucratie dans toute
organistaion est avant tout d'ordre spirituel. Les
enseignements baha'is ont beaucoup à offrir sur ce
plan. La peur d'une
dictature Une autre
crainte est que le gouvernement mondial pourrait être
corrompu et devenir une forme de dictature, d'empire ou
d'état totalitaire, auquel on ne pourrait
échapper. Le processus d'établissement d'un
gouvernement fédéral, guidé par la
volonté de la majorité, empêché
de transgresser le domaine des affaires
non-fédérales, protégeant les droits
fondamentaux des individus, et contenu par suffisamment de
contrôles pour éviter une concentration
exessive du pouvoir entre les mains d'une personne ou d'un
groupe d'individus est un système qui n'est pas
inconnu au sein de l'humanité. La grandeur du
territoire sur lequel il exerce son influence est
peut-être un fait nouveau, mais pas le
modèle. Il faut aussi
préciser que la menace de voir s'établir une
dictature mondiale en un empire mondial provient davantage
du système actuel que de l'adoption d'un gouvernement
fédéral mondial. Ceci parce que le
système actuel peut fort bien nous conduire à
une guerre sérieuse, après laquelle les
peuples seront heureux de suivre quiconque leur promet
l'ordre et la sécurité. Une telle situation
constitue un terrain fertile pour former de futurs
dictateurs. Il ne fait pas de doute qu'il vaut mieux
créer un gouvernement mondial bien planifié
plutôt que de rechigner et d'attendre jusqu'à
ce qu'une dictature mondiale nous soit imposée par la
force.
Scepticisme et
crainte à cause des croyances
religieuses Les gens de
religion prétendront que la création d'un
gouvernement mondial ne suffit pas résoudre tous les
problèmes de l'humanité, parce qu'un
gouvernement mondial ne peut pas envisager le niveau
spirituel du problème. Les baha'is ne peuvent
qu'abonder dans ce sens. Le développement spirituel
de l'humanité est la solution ultime des
problèmes créés par le
matérialisme. Le gouvernement mondial n'est pas
envisagé comme le remède universel aux maux
dont souffre l'humanité, mais plutôt comme un
pas indispensable pour contribuer à leur solution.
Bien que ce qui en résultera sera la paix la plus
significative que le monde ait connu, elle ne sera que la "
Moindre paix ", parce que des problèmes resteront
à résoudre - créés par des
attitudes matérialistes. Elle conduira " à la
spiritualisation des masses ". Lorsque l'homme atteindra
enfin le point où la motivation pour la paix ne
proviendra plus de la peur de la destruction mutuelle, mais
d'un amour véritable envers l'homme, son prochain, et
lorsque la philosophie du matérialisme cédera
la place à la reconnaissance universelle d'un seul
Dieu, alors " la plus Grande Paix ", le Royaume de Dieu sur
terre, aura commencé. Puisque les
baha'is acceptent l'origine divine de toutes les religions,
nous sommes en mesure de voir comment les prophéties
traversent les âges et relient entre elles les
différentes religions. Par cette perspective bien
plus vaste, nous constatons que nombreuses sont les
prophéties des religions du passé qui ont
déjà été accomplies, mais, en
général, pas de la façon dont s'y
attendaient les dirigeants religieux. Pour faire
avancer le concept d'un nouvel Odre mondial du domaine de la
vision à celui de la réalité, le sujet
doit être abordé ; il faut faire face aux
questions ; et des réponses doivent clairement
être données. Et cela doit être fait de
manière répétée, jusqu'à
ce que la vision devienne possible, cette possibilité
devienne probable, et que cette probabilité s'incarne
dans une organisation modiale vivante. Une
première étape vers la création d'un
nouvel Ordre mondial, est d'en envisager les contours dans
notre esprit. Au sujet de
la nécessité de tenir une forme
d'assemblée constituante et d'établir le
principe de la sécurité collective,
Baha'u'llàh a dit : " Le temps
doit venir où sera universellement ressentie
l"impérieuse nécessité d"une vaste
assemblée d"hommes représentant le monde
entier. Les rois et princes de la terre devront la
constituer, prendre part à ses
délibérations, et aviser aux voies et moyens
propres à établir entre les hommes la Grande
Paix du monde. besoin d" L"établissement de cette
paix exige que, pour l"amour de la tranquilité des
peuples de la terre les Grandes Puissances se
réconcilient entre elles pleinement . Si un roi
s"avisait de prendre les armes contre un autre, tous
devraient unanimement se lever pour l"en empêcher. A
cette condition, les nations du monde n"auront plus
armements que pour préserver la
sécurité de leurs royaumes et assurer l"ordre
à l"intérieur de leur propre territoire
". 'Abdu'l-Bahà
élucide ce thème en détail et
décrit quatre exigences pour un pacte de paix
universel : " Ils doivent
tenir une consultation générale sur la cause
de la paix et tenter par tous les moyens en leur possession
de mettre sur pied une union des nations du monde.. Ils
doivent conclure un traité ayant force obligatoire et
rédiger un pacte dont les dispositions seront
équitables, inviolables et précises. Ils
doivent le proclamer à la face du monde et le faire
ratifier par la race humaine toute entière. Cette
entreprise suprême et noble - la véritable
source de paix et de bien-être pour le monde entier -
devra être tenue pour sacrée par tous les
habitants de la terre. Toutes les forces de
l"humanité doivent être mobilisées pour
assurer la stabilité et la permanence de ce pacte
suprême. Dans ce pacte universel, les limites et les
frontières de chaque pays devront être
délimitées clairement, les principes
régissant les relations réciproques entre
gouvernements, établis avec précision et tous
les accords et engagements internationaux bien
définis. De même, l'"mportance des armements de
chaque Etat devra être strictement limitée car,
si l'"n permettait à une nation d'"ugmenter son
potentiel de guerre et d'"ccroïtre ses forces
militaires, ccelarendrait les autres nations
méfiantes. Le principe
fondamental servant de base à ce pacte solennel devra
être établi de manière à ce que,
si quelque Etat que ce soit violait l"une de ses
dispositions, tous les autres devraient agir pour le
réduire à la soumission la plus totale, mieux
encore, la race humaine dans son ensemble devrait faire tout
ce qui est en son pouvoir pour abattre ce gouvernement. Si
ce remède suprême était appliqué
au corps malade du monde, il guérirait sûrement
de ses maux et ne connaîtrait plus aucun danger
". Shoghi
Effendi, le Gardien de la foi baha'ie, nous a donné
l'aperçu suivant du monde futur, dont certains
aspects constitueront les débuts de la moindre paix
: "
L"unité de la race humaine telle que la
conçoit Baha"u"llàh implique
l"établissement d"une communauté universelle
où nations, races, classes et croyances seront
étroitement et définitivement unies, où
l"autorité des dirigeants et la liberté
personnelle, ainsi que l"initiative des individus qui la
composent, seront complètement et pour toujours
sauvegardées. Cette communauté, pour autant
que nous pouvons l"imaginer, comportera une
législature universelle dont les membres, en tant que
représentants de la race humaine, veillera à
l"exécution des décisions
arrêtées par cette assemblée, à
l"application des lois qu"elle aura votées, et
à la sauvegarde de l"unité de la
Communauté tout entière. Un tribunal universel
prononcera en dernier ressort dans tous les conflits et
disputes qui pourront s"élever entre les membres de
ce système universel. Un mécanisme
d"inter-communication mondiale sera imaginé qui
embrassera toute la planète, qui sera affranchi de
toutes les restrictions nationales et fonctionnera avec une
merveilleuse rapidité et une régularité
parfaite. Une capitale
universelle sera le foyer où convergeront toutes les
forces unifiantes de la vie et d'où rayonneront
toutes les influences vitalisantes. Une langue universelle
sera inventée, ou choisie parmi celles qui existent
déjà, et enseignée dans toutes les
écoles des nations fédérées
comme langue auxiliaire de la langue maternelle. Une
écriture universelle, une littérature
universelle, un système uniforme et universel des
monnaies, poids et mesures viendront simplifier et faciliter
les ralations entre les peuples et les races. Dans cette
société, les deux grandes puissances de la vie
humaine, la religion et la science, seront
réconciliées, elles coopéreront et se
développeront dans l'harmonie. La presse, tout en
donnant libre champ à l'expression des vues et
convictions diversifiées du genre humain, cessera
d'être vendue à des intérêts
privés ou publics et sera libérée de
l'influence des gouvernements et des peuples en
conflit. Les
ressources économiques du monde seront
organisées, toutes les sources de matières
premières seront exploitées à plein
rendement, tous les marchés coordonnés et
développés, et la distribution des produits
équitablement réglée. Rivalités,
haines et intrigues cesseront entre nations.
Animosités et préjugés raciaux feront
place à l'amitié raciale, à la
compréhension réciproque et à la
coopération. Les causes de luttes religieuses seront
à jamais écartées, les barrières
et restrictions économiques abolies, et l'anormale
distinction entre les classes disparaîtra
complètement La
suppression de la propriété cessera
d'être envisagée en même temps que
cessera l'accumulation de la richesse entre un petit nombre
de mains. Les immense énergies qu'actuellement
absorbe et gaspille la guerre économique ou
politique, seront consacrées à étendre
la portée des inventions humaines et du
développement de la technique industrielle, à
accroître la productivité du genre humain,
à exterminer la maladie, à pousser plus avant
les recherches scientifiques, à améliorer la
santé physique de la race humaine, à rendre le
cerveau humain plus aigu et plus subtil, à exploiter
les ressources de la planète jusque -là
inemployées et insoupçonnées, à
prolonger la vie humaine, et à développer tout
autre moyen propre à stimuler la vie intellectuelle,
morale et spirituelle de la race humaine tout entière
". Il est
évident que toutes ces choses ne se produiront pas en
même temps. Quelques-unes d'entre elles, comme le
système d'inter-communication mondial, ou un
système universel de poids et mesures, sont
déjà bien établies. D'autres se
développeront pendant la période de la "
Moindre paix ", tandis que d'autres encore se produiront
pendant la période de la " Plus Grande Paix " ,
lorsque la grande majorité des peuples du monde aura
reconnu Baha'u'llàh, ce qui est éloigné
de plusieurs décennies, voire de quelques
siècles. La " Moindre
Paix ", elle, est bien plus proche de nous. Ses
prémices semblent avoir besoin, au strict minimum, de
l'établissement d'une assemblée
législative ou d'un parlement réellement
mondial, d'une cour ou d'un tribunal de justice coercitif,
d'un exécutif mondial et d'une force de
sécurité internationale efficace, avec pour
corollaire le désarmement universel - à la
fois nucléaire et classique - la création d'un
code des droits fondamentaux des individus et des nations,
et une certaine forme de fiscalité. Pour y
arriver, les baha'is reconnaissent qu'il y a deux
hypothèses d'avenir immédiat. L'une est que
l'humanité deviendra suffisamment consciente de sa
position extrèmement dangereuse, qu'elle surmontera
une somme suffisante de son matérialisme, de ses
préjugés et de ses craintes, et qu'elle
trouvera suffisamment de volonté d'agir pour
établir un gouvernement mondial véritable,
avant que ne se produise une sorte d'écroulement
économique, écologique ou causé par la
force nucléaire - un effondrement du système
mondial actuel. L'autre
hypothèse est que nous n'agirons pas à temps
et que nous devrons en remettre aux effets spirituellement
purificateurs d'une catastrophe globale telle, qu'elle nous
rendra capable de renoncer à nos vieilles habitudes
et d'établir un gouvernement mondial. Deux autres
points de vue quant à l'avenir du monde sont
catégoriquement rejetés par les baha'is. A
savoir que le monde pourra continuer à barboter
à travers les problèmes mondiaux en utilisant
des solutions orientées par le système des
nations. Et à l'autre bout de l'échiquier, que
l'humanité sera détruite dans une sorte
d'holocauste général. En fin de
compte, la leçon que l'humanité doit apprendre
en cet âge est que le prix à payer pour la paix
n'est pas des milliards de dollars pour des armes toujours
plus destructrices ni des trillions de dollars pour des
défenses spatiales. Le prix de la paix n'est pas
l'acceptation d'une politique de " destruction mutuelle
assurée " ; ni celui d'accepter une multitude de "
petites " guerres réparties aux quatre coins du
globe. Ce que l'humanité doit
désespérément apprendre, est que le
prix à payer pour la paix est une parcelle de
souveraineté nationale, mais pas pour autant de toute
la souveraineté des nations. La guerre continuera,
d'une façon ou d'une autre, jusqu'au jour où
les nations renonceront au désordre et apprendrons
à devenir des citoyens respectueux de la loi dans le
pays appelé Terre. Et plus vite l'humanité le
fera, mieux cela vaudra pour chacun d'entre nous
(L'auteur
s'est interressé aux affaires internationales et au
gouvernement mondial depuis qu'il est devenu baha'i en 197O.
Il a fait des études en génie civil à
l'université de Princeton et a suivi des cours en
relations internationales, donnés par Richard Falk.
Parmi ses occupations, signalons qu'il a travaillé
pour le programme de protection civile des Etats-Unis. Son
expérience du " Tiers Monde " vient d'un stage de
quatre ans, en qualité de " pionnier baha"i " au
Libéria. Il a aussi visité l'Inde. Depuis
1982, il travail au centre mondial baha'i, à
Haïfa) Discours
donné par 'Abdu'l-Bahà O
Assemblée digne de respect ! 0 amis de la
vérité ! La nature
inhérente du feu est de brûler, la nature
inhérente de l'électricité est de
donner la lumière, la nature inhérente du
soleil est de briller, et la nature inhérente de la
terre organique est le pouvoir de croissance. Il est
impossible de dissocier une chose et ses qualités
inhérentes. C'est la
nature inhérente des choses de cette terre de changer
; ainsi voyons-nous autour de nous le changement des
saisons. Chaque printemps est suivi d'un été
et chaque automne apporte un hiver, chaque jour une nuit et
chaque soir un matin. Il existe une séquence en
toutes choses. Ainsi quand
la haine et l'animosité, le combat, le massacre, et
une grande froideur de cur gouvernaient le monde, et
que l'obscurité avait enveloppé les nations,
Baha'u'llàh, telle une étoile brillante,
s'éleva à l'horizon de la Perse et brilla de
sa grande lumière de direction, donnant un
tayonnement céleste et établissant un nouvel
enseignement. Il
énonça les principales vertus humaines. Il
manifesta les pouvoirs spirituels, et mit ceux-ci en
pratique dans le monde qui L'entourait. Premièrement,
Il mit l'accent sur la recherche de la vérité.
C'est très important, parce que les hommes sont trop
facilement menés par la tradition. C'est à
cause de cela qu'il y a souvent des antagonismes et des
disputes parmi eux. Mais
l'apparition de la vérité perce à
travers l'obscurité et devient la cause de
l'unicité de la foi et de la croyance : car la
vérité ne peut être double ! Cela n'est
pas possible. Deuxièmement,
Baha'u'llàh enseigna l'unicité de
l'humanité ; cela revient à dire que tous les
enfants des hommes sont sous la miséricorde de ce
grand Dieu. Ils sont les enfants d'un seul Dieu ; ils sont
éduqués par Dieu. Il a placé la
couronne de l'humanité sur la tête de chacun
des serviteurs de Dieu. C'est pourquoi toutes les nations et
tous les peuples doivent se considérer comme
frères. Ils sont tous les descendants d'Adam. Ils
sont les branches, les feuilles, les fleurs et les fruits
d'un seul arbre. Ils sont les perles d'un seul coquillage.
Mais les enfants des hommes sont en manque
d'éducation et de civilisation, et ils ont besoin
d'être polis jusqu'à ce qu'ils deviennent
éclatants et brillants. Troisièmement,
Bahà'u-llàh enseigna que la religion est le
fondement principal de l'amour et de l'unité, et la
cause de l'unicité. Si une religion devient cause de
haine et de désaccord, il vautdrait mieux qu'elle
n'existàt point. Vivre sans une telle religion est
préférable. Quatrièmement,
la religion et la science sont entrelacées et ne
peuvent pas être séparées ? ce sont les
deux ailes avec lesquels l'humanité doit voler. Une
seule aile n'est pas suffisante. Toute religion qui ne se
sent pas concernée par la science est une simple
tradition, et cela n'est pas l'essentiel. C'est pourquoi la
science, l'éducation et la civilisation sont une
nécessité impérieuse pour une vie
religieuse pleine. Cinquièmement,
la réalité des religions divines est une, car
la réalité est une et ne peut être
double. Tous les Prophètes sont unis et constants
dans leur message. Ils sont comme le soleil : de saisons en
saisons ils s'élèvent de différents
points de l'horizon. C'est pourquoi chaque Prophète
dans le passé a annoncé la bonne nouvelle de
Celui qui viendra, et chaque nouveau Prophète a
accepté ceux du passé. Sixièmement,
l'égalité et la fraternité doivent
être établies parmi tous membres de
l'humanité, cela est conforme a la justice. Les
droits généraux de l'humanité doivent
garantis et préservés. Tous les
hommes doivent être également traités.
Ceci est inhérent à la nature même de
l'humanité. Septièmement,
les dispositions prises quand aux conditions de vie du
peuple doivent êtr telles que la pauvreté
disparaisse, et que chacun autant que possible, et en
fonction de sa position et de son rang,
bénéficie d'un certain confort. A l'instar des
nobles et des autres personnes de haut rang qui vivent dans
l'aisance, les pauvres aussi devraient pouvoir recevoir leur
nourriture quotidienne et ne pas être réduits
à souffrir de la faim. Huitièmement,
Bahà'u-llàh annonça la venue de la Plus
Grande Paix. Toutes les nations et tous les peuples se
rassembleront à l'ombre de la tente de la Grande Paix
et de Grande Harmonie ; ce qui revient à dire qu'un
grand Conseil d'Arbitrage sera établi lors d'une
élection générale afin de régler
tous les différents et toutes les querelles entre les
pu issances pour que les conflits ne finissent pas en
guerre Neuvièmement,
Bahà(u-llàh enseigna que les couers doivent
recevoir la bonté du Saint-Esprit afin que la
civilisation spirituelle soit établie. Car la
civilisation matérielle ne peut satisfaire les
besoins de l'humanité et ne peut être la source
de son bonheur. La civilisation matérielle est comme
le corps et la civilisation spirituelle comme l'âme.
Le corps ne peut vivre sans l'âme. TOURNANT
POUR LES NATIONS " L'unification
de l'humanité toute entière est le signe du
stade qu'approche à présent la
société humaine. L'unité du monde
est maintenant le but que s'efforce d'atteindre une
humanité harassée. L'édification
des nations a pris fin.. L'anarchie inhérente
à la souveraineté de l'Etat va vers son point
culminant. Un monde qui progresse vers sa
maturité doit abandonner ce fétiche, il doit
reconnaître l'unité et la totalité
organique des relations humaines, et établir une fois
pour toutes le mécanisme qui incarne le mieux ce
principe fondamental de son existence". Shoghi
Effendi 1936 Ces deux
processus, l'effondrement des vieilles institutions d'une
part et la floraison d'autre part, témoignent d'une
seule et même évolution, qui s'est
accélérée ces cent dernières
années : la tendance à une
interdépendance toujours plus grande et à
l'intégration de l'humanité. En tant
qu'organisation internationale, l'O.N.U. a montré
l'aptitude de l'humanité à s'unir pour
agir. Et pourtant, les buts d'ensemble
énoncés par la charte des Nations Unies se
sont révélés flous. Alors que ce
double mouvement d'effondrement et de renouveau conduit vers
son paroxysme, le 50 ème anniversaire de l'O.N.U.
vient à point nommé pour parquer une pause et
réfléchir à la façon dont
l'humanité peut envisager son avenir
collectif. Etant
donné l'unité et l'indivisibilité de
l'organisme qu'est l'humanité, chacun de ses membres
naîssant doit pouvoir compter sur la protection de
tous
les
autres.
Ce
lien entre l'individu et la collectivité est le
fondement moral de la plupart des droits de l'homme que les
textes de l'O.N.U. tentent de définir. Pour la
communauté Internationale Baha'ie, le désordre
qui règne à l'heure actuelle dans le monde et
l'état désastreux des affaires humaines ne
sont qu'une phase naturelle d'un processus organique devant
immanquablement aboutir à l'unification de la race
humaine en un ordre social unique, dont les
frontières seront celles de la
planète. Une attention
particulièrement grande devrait être
accordée à la forme de l'ordre international
pour qu'il ne dégénère pas, avec le
temps, en un type quelconque de despotisme, d'oligarchie, ou
de démagogie, qui corrompe la vie et le
fonctionnement de ses institutions politiques. L'étude
de l'O.N.U. révéle l'existence d'occasions
propices au renforcement du système existant sans en
restructurer systématiquement les institutions
principales de réaménager de fond en comble
les mécanismes de base. Pour continuer une
véritable communauté des nations à long
terme, il sera nécessaire de régler, une fois
pour toutes, l'ensemble des différents
frontaliers. A l'échelon international, la
fonction exécutive la plus importante consiste
à veiller à l'application d'un pacte de
sécurité collective. Pour soutenir les
opérations de maintient de la paix de l'O.N.U. et
conférer plus de crédibilité aux
résolutions du Conseil de Sécurité, la
création d'une force internationale s'impose. La
justice est la seule force qui puisse transformer la
conscience naissante de l'unité de l'humanité
en une volonté collective capable d'ériger
sereinement les structures nécessaires à une
vie communautaire mondiale. Le tribunal
mondial devrait servir de cadre aux tribunaux à
compétences spéciales déjà
existants ou futurs, dont la mission est de trancher et de
juger les différents internationaux dans les domaines
bien précis. Développement ne doit pas
être confondu avec construction d'une
société de consommation non viable. A
notre sens, travailler est un besoin fondamental de
l'âme humaine, aussi nécessaire au bon
développement de l'individu que l'alimentation, l'eau
potable et l'air frais le sont à
l'organisme. L'éducation est le meilleur
investissement dans le développement
économique. Le respect des droits de l'homme à
l'échelon international doit-être assuré
de la même manière que l'agression militaire
est traitée en régime de
sécurité collective. Leur violation dans
un Etat doit être un sujet de préoccupation
pour tous, et l'ensemble de la communauté
internationale doit pouvoir réagir d'une seule et
même voix en appliquant des mécanismes
coercitifs. Au-delà de la
nécessité de parvenir à un concensus et
d'imposer un plus grand respect des droits de l'homme, il
est important de mieux faire comprendre l'idée
qu'à chaque droit correspond une
responsabilité. Il est temps que les institutions du
monde, encore essentiellement composées d'hommes,
usent de leur influence pour promouvoir l'insertion
systématique des femmes, non par condescendance ou
part un soi-disant esprit de sacrifice mais par conviction
que la société a besoin de leur contribution
pour progrsser. Il faut en premier lieu supprimer la
violence à l'égard des femmes et des filles,
qui est une des violations les plus courantes et les plus
flagrantes des droits de l'homme. En deuxième lieu,
La famille demeure l'unité de base de la
société et les comportements qui y sont
observés et appris se répercutent à
tous les niveaux de la société. Par
conséquent, il convient aux membres de l'institution
familiale de se transformer pour intérioriser le
principe de l'égalité entre femmes et
hommes. Si en outre l'amour et l'unité cimentent
les rapports familiaux, leur effet se fera ressentir
au-delà du cadre familial et agira sur la
société dans son ensemble. Nous sommes
néanmoins convaincus fermement qu'il existe un
ensemble de valeurs communes à tous, escamotés
par ceux qui, pour des raisons politiques, exagèrent
les différences mineures existant entre les pratiques
religieuses et culturelles. Nous
préconisons le lancement d'une campagne universelle
pour promouvoir l'éducation morale. Autrement
dit, pour encourager et soutenir, partout dans le monde, les
initiatives locales visant à introduire une dimension
morale dans l'enseignement scolaire. Ces vertus
fondatrices, enseignées dans toutes les
communautés spirituelles, servent de cadre de base au
développement moral. Une réflexion sur
les points communs inhérents aux grandes religions et
aux systèmes moraux du monde révèle que
ceux-ci préconisent tous l'unité, la
coopération et l'harmonie entre les individus,
enseignent la façon de se comporter de manière
responsable, et poussent à cultiver les vertus qui
fondent les rapports de confiance et les relations
respectueuses des principes. Cette opération en
faveur du développement moral pourrait commencer par
quelques idées simples. Par exemple, la
rectitude, la loyauté et l'honnêteté
sont les bases de la stabilité et du progrès;
l'altruisme devrait présider à toutes les
entreprises humaines, de sorte que la
sincérité et le respect d'autrui
imprêgnent naturellement les actions de tout un
chacun; la véritable source de bonheur se trouve dans
le service rendu à l'humanité; il donne sens
à la vie. Cette campagne ne peut réussir,
à notre avis, que dans la mesure où ses
auteurs se fieront à la force de la religion. Il
y a plus d'un siècle Bahà'u'llàh
enseignait qu'il n'y a qu'un seul Dieu, une seule race
humaine, et que toutes les religions du monde sont des
étapes de la révélation de Dieu, de sa
volonté pour l'humanité et du but qu'il lui na
assigné. Toutes ces
pistes n'ont rien de contraignant, elles sont à la
portée de tout un chacun,doivent susciter la
réflexion,chacun à son niveau peut se
positionner pour participer à la construction d'un
avenir meilleur aux générations
futures. C'est ce à quoi nous nous engageons en
faisant partager les travaux des ONG auprès de l'ONU
et des chefs d'Etats avec le particulier, les institutions
locales, régionales et nationales à l'occasion
de cette année internationale des personnes
agées sur le thème "Une société
pour tous les âges". PROJET
DE CYBERESPACES Emergence
d'un nouveau milieu de communication, de pensée et de
travail, pour les jeunes et les majors. Renforcement du lien social dans le sens d'une plus
grande fraternité, d'une mise en commun de
l'immagination et du savoir. Nouvelle forme sociale à inventer pour
développer l'intelligence collective vers une
démocratie en temps réel. Face aux mutations technologiques et sociales à
l'échelle de la planète nous sommes devant des
choix important qui vont conditionner l'avenir proche de nos
générations futures. Une nouvelle
façon de produire des richesses collectives, de
travailler, de consommer et d'utiliser son argent. Face aux problèmes mondiaux il est urgent de
trouver des solutions mondiales à long terme. De
rendre possible l'insertion dans un processus
économique où l'identité des personnes
et le lien social pourront s'épanouir dans
l'échange des connaissances . ( voir cyberculture de
Pierre Lévy, Odile Jacob) Avant un lieu de convivialité pratiquant
l'écoute ; Il est étonnant de constater que
les sentiments qui étaient parfaitement effrayants,
deviennent supportables dès que quelqu'un vous entend
et que des situations qui semblent
irrémédiablement confusent, soudain
s'éclaircissent lorsque l'on nous comprend. Un centre culturel intergénération est
surtout un lieu où l'on aime se retrouver pour
échanger, comprendre et imaginer l'avenir, où
l'on aborde une communication inter-active par
l'apprentissage des toutes dernières
technologies. Une animation sous forme de consultation où l'on
apprend les prises de décisions en toute
collégialité. L'instauration délibérée d'un
système d'expression de l'espace du savoir permettra
de poser correctement et de résoudre nombre de
problèmes cruciaux qui ne trouvent plus aujourd'hui
de formulation adéquate dans les concepts et les
outils qu'exprimaient les espaces
précédents. Avant tout un lieu de convivialité pratiquant
l'écoute ; Il est étonnant de constater que
les sentiments qui étaient parfaitement effrayants,
deviennent supportables dès que quelqu'un vous entend
et que des situations qui semblent
irrémédiablement confusent, soudain
s'éclaircissent lorsque l'on nous comprend. Un centre culturel intergénération est
surtout un lieu où l'on aime se retrouver pour
échanger, comprendre et imaginer l'avenir, où
l'on aborde une communication inter-active par
l'apprentissage des toutes dernières
technologies. Une animation sous forme de consultation où l'on
apprend les prises de décisions en toute
collégialité. L'instauration délibérée d'un
système d'expression de l'espace du savoir permettra
de poser correctement et de résoudre nombre de
problèmes cruciaux qui ne trouvent plus aujourd'hui
de formulation adéquate dans les concepts et les
outils qu'exprimaient les espaces
précédents. C'est le but de cette
association cultivant ce postulat, stimulant les bonnes
relations avec les autres religions, se nourissant de cette
atmosphère de paix dont nous avons tous besoin. Une
sécurité collective pour les nations et la
protection des minorités sont à notre
portée pour éclairer nos jeunes dans une
perspective bien meilleure que celle qui nous est
proposée actuellement .La fréquentation des
cyberspaces sera un lieu de convivialité entre
générations qui permettra une telle richesse
dans les échanges avec tous les pays en pratiquant
les arbres de connaissances pour développer
"l'intelligence collective" (Pierre
Lévy) ETHIQUE
ET EDUCATION Aujourd'hui,
une urgence s'impose aux hommes de cette fin
de siècle, sauver l'humanité de la
destruction.Telle est la responsabilité de
notre temps! Nous sommes de plus en plus nombreux à
reconnaître cette urgence. Pour essayer de
débloquer la situation, il paraît opportun de
faire des propositions. Aussi allons-nous tenter de
voir si, à travers les graves maux dont souffre le
monde (insécurité,misère), il n'y
aurait pas des points d'accords constructifs qui pourraient
servir de dénominateur commun aux hommes de bonne
volonté. Ce dénominateur commun donnerait
ainsi une unité indispensable à la grande
diversité très riche de notre
temps. En
matière de sécurité, la gravité
de la situation actuelle nous oblige à allier des
solutions à la fois collectives et
individuelles. D'une part, il faut oeuvrer pour le
développement des organismes de paix et de
contrôle supranationaux qui, seuls, peuvent conjurer
les guerres (exemple,O.N.U. à
améliorer). D'autre part, il nous faut aussi
faire comprendre au plus grand nombre que la
véritable sécurité passe par le respect
de la dignité humaine et dépend donc
directement de notre comportement
individuel. L'apprentissage du respect de soi et des
autres n'est-il pas un élément essentiel pour
désamorcer le développement de la drogue, de
la violence, de la délinquence ? La solution en
profondeur des problèmes de sécurité ne
dépend pas de l'augmentation du nombre des engins de
destruction ou du nombre des gendarmes. Elle dépend
de notre aptitude à améliorer nos
façons de penser et d'agir. Les remèdes
relèvent plus d'un changement qualitatif que
quantitatif. Pour ce qui est des problèmes de la
famine, de la misère ou du chômage, on a
couramment tendance à penser que la crise que nous
subissons est une crise économique. Grâce aux
sciences et aux techniques, nous avons pour la
première fois dans l'histoire de notre monde, les
moyens de produire des biens pour satisfaire les besoins
essentiels de tous les hommes. Or les problèmes
à résoudre sont moins des problèmes de
production que des problèmes de répartition et
de choix des biens produits. Or les problèmes de
choix et de répartition dépendent
essentiellement de notre sens de la justice, de notre
conception de la solidarité, de notre façon de
concevoir notre rôle d'humain parmi les autres
hommes. Aussi les
problèmes que nous avons à résoudre, y
compris sur le plan économique, sont liés
à une mutation de la société qui touche
à l'éthique de vie. C'est pourquoi
l'Education dans notre monde en crise est
primordiale, car d'elle, en grande partie, dépendra
que l'homme saura s'adapter et franchir le cap dangereux de
notre époque et saura inventer et construire un futur
où les relations humaines seront une réplique
harmonieuse aux progrès fulgurants de la technique
qui bouleverse nos habitudes. C'est en fait toute une
conception du système éducatif basée
sur une morale de libération de l'homme qui,
liée à une meilleure connaissance de
l'être humain et de ses potentialités permettra
de rompre avecles solutions de la violence. Le
véritable problème que nous avons à
résoudre aujourd'hui, n'est pas d'imposer, mais de
faire appel au bon sens, à la raison et à la
logique. Chacun doit devenir le défenseur de sa
propre santé et ami de son propre
équilibre. Il doit découvrir par
lui-même ce qui le rend malheureux, maussade, inquiet,
agressif ou au contraire heureux, épanoui, confiant,
généreux pour être à même
de mieux diriger sa vie et se protéger, si besoin
est. Aussi, nos jeunes doivent-ils vivre, au moins
à l'école, des valeurs qui développent
leur propre sens de la dignité et leur esprit
critique, afin de donner à chacun le choix de son
comportement en meilleure connaissance de cause. Le
changement qualitatif de l'école ne peut
s'opérer que par l'expérimentation dans le
quotidien, de valeurs humanitaires vitales. Ces valeurs
doivent être reconnues par l'équipe
éducative. C'est pourquoi ces valeurs ne peuvent
qu'être le résultat d'un consensus
émanant de toutes les familles de pensées,
qu'elles soient d'ordre spirituel, philosophique ou social.
Et ce consensus ne serait-il pas en même temps le
meilleur garant d'une véritable liberté pour
tous qui nécessite le respect de soi et des autres
pour éviter les dangers du laxisme ou de
l'autoritarisme ? Mais il faut être bien conscient que
le respect de soi et des autres pour éviter les
dangers du laxisme ou de l'autoritarisme ? Mais il faut
être bien conscient que le respect de soi et des
autres n'est pas inné, d'où la grande
responsabilité des familles et de l'école qui
ne peuvent faire abstraction de cet important apprentissage
de la dignité. Ce consensus aujourd'hui est-il
possible ? Oui, car
c'est une necessité de survie de
l'humanité et parce que c'est aussi la logique
même de la vie que nos enfants nous permettent de
découvrir chaque jour. Quelles sont en effet les
qualités de vie nécessaires au
développement harmonieux de nos enfants ? Tous nos
enfants ont besoin pour leur équilibre et leur
épanouissement, de vivre en confiance, ce qui
exige transparence et estime. Dans ces conditions
favorables d'authenticité, l'enfant développe
une force intérieure qui l'entraine naturellement
à une attitude de non peur et à une
non-violence tout en développant une affirmation de
lui-même dans le respect de l'autre. Tous nos
enfants ont encore besoin pour leur équilibre et leur
épanouissement d'être reconnus pour
eux-mêmes ce qui exige l'acceptation de la
différence. La reconnaissance du droit à
la différence donne à l'enfant, en même
temps que l'esprit de la tolérance, une motivation
profonde indispensable à son action
réfléchie, base de sa réussite. Tous
nos enfants ont besoin aussi, pour leur équilibre et
leur épanouissement, de satisfaire leur
curiosité ce qui leur permet de développer le
goùt de la recherche et de la compréhension,
de s'ouvrir à la créativité, à
la solidarité, aux problèmes
généraux voire universels et à
l'espérance.
SYMPOSIUM
TRAITANT DE L'EDUCATION A LA PAIX 1 -
Reflexions
générales Nul ne
conteste que l'école est le lieu
privilégié de la transmission des
savoirs. Mais l'école remplirait-elle sa mission
d'éducation si elle se limitait à ce seul
rôle ? Nous vivons dans un monde en pleine mutation.
L'introduction de techniques de plus en plus
sophistiquées, la riche diversification des
méthodes éducatives exigent un fil conducteur
commun à tous qui donne une unité à
l'ensemble, sinon la société au lieu de
s'adapter et de muter risque de se
détruire. Couramment on
a tendance à penser que la crise que nous subissons
est une crise économique. Ne serait-elle pas une
mutation plus générale qui touche à
l'éthique de vie ? En effet, même les
problèmes économiques de répartition
des biens produits ou de la répartition du travail
sont liés directement à l'éthique,
c'est-à-dire à notre sens de la justice,
à notre conception de la solidarité, à
notre façon de concevoir notre vie d'homme parmi les
autres humains. Aussi les problèmes qui nous
sont soumis aujourd'hui, y compris sur le plan
économique, ne sont-ils pas d'abord d'ordre
qualitatif ? C'est pourquoi, l'éducation dans notre
monde en crise, est primordiale car d'elle, en grande
partie, dépendra que l'homme saura s'adapter et
franchir le cap dangereux de notre époque et surtout
saura inventer et construire un futur où les
relations humaines seront une réplique harmonieuse au
progrès fulgurant de la technique qui bouleverse nos
habitudes de vie et de travail et augmente nos temps de
loisirs. Dans
l'immédiat que faire pour chercher des solutions de
fond ? - a) Il nous faut prendre conscience que les
problèmes à résoudre sont des
problèmes d'ordre qualitatifs qui dépendent de
la mentalité, du comportement de l'homme, de son
esprit de justice, de son sens de la liberté et de
son aptitude à la fraternité.- b) Il faut que
nous soyons aussi persuadés que la qualité de
la vie n'est pas une donnée innée ou
spontanée, qu'elle ne s'improvise pas, qu'elle est la
résultante de la culture, de l'éducation, des
principes de vie adoptés et des moyens audio-visuels
mis au service des hommes. A
l'école ce sont les adultes qui doivent permettre aux
enfants de vivre les valeurs fondamentales qui apportent la
solution de leurs petits problèmes quotidiens. C'est
ainsi que notre jeunesse acquerrera peu à peu les
bases d'un comportement réfléchi qui la
libéreront en la responsabilisant naturellement et en
lui donnant le sens de l'intérêt
général.
II -
Approche du
comportement humain Besoins fondamentaux
de l'être humain a)
- L'homme
pour se construire, qu'il le veuille ou non, a besoin de
valeurs sociales reconnues par les autres, de principes de
vie, de véritables points de repère sans
lesquels il perd sa raison de vivre. Aujourd'hui, la
morale de nos aïeux trop contraignante, est remise en
question et avec elle toutes les habitudes de vie sont en
train de basculer.. En effet que constatons-nous,
d'autres valeurs, souvent non conscientes, s'imposent de
plus en plus et gagnent toutes les couches de la
société : loi du plus fort, argent, mensonge,
arrivisme par tous les moyens, orgueil, égoïsme,
compétition ... Ces fausses valeurs entrainent une
méfiance généralisée, galopante
et une insécurité mêlèe de
sentiment d'impuissance, d'où un développement
de l'esprit d'auto-défense et de violence, ou au
contraire un désir de fuite et
d'irresponsabilité... Pourtant l'enfant, l'humain
pour se développer dans de bonnes conditions ont tous
besoin de certaines valeurs sociales vitales, indispensables
à leur épanouissement. En premier lieu
peuvent-ils vraiment s'épanouir, pour le plus grand
bien de tous, sans un climat de confiance qui exige avant
tout, transparence et fidélité de la parole
donnée ? b) - Nécessité de
déterminer, dans un large concensus, les valeurs
vitales à respecter par tous. Les humains,
pour se développer harmonieusement et
s'épanouir, ont donc intérêt à
dégager et à codifier des principes de vie
constructifs mûrement réfléchis,
plutôt que de se laisser conduire par le laisser faire
qui impose, en fait, de fausses valeurs de base qui touchent
au respect de la dignité de la personne, au fur et
à mesure que se produisent les petits
événements les mettants en
défaut. Encore
faut-il que les enseignants, et la formation continue, aient
eux-mêmes des points de repères fixes qui leur
paraissent essentiels et justes. D'où la
nécessité d'obtenir rapidement un large
concensus des différentes familles spirituelles et
philosophiques sur les valeurs vitales à promouvoir
dans nos établissements scolaires qui conduisent au
respect de la vie de la personne.. c) - Quelques
propositions. Il est souhaitable de proposer aux
enseignants du monde, aux associations et aux parents
d'élèves,, la promotion d'une éducation
civique dans les écoles et dans chaque foyer; Pour
celà un guide du pédaguogue est
nécessaire, il pourrait s'intituler "comment
devenir citoyen du monde ?"il développerait les
points suivants : 1)-Compréhension et conception
universelle de la justice et de la morale. 2)-
Changement de mentalité : lutte contre les
préjugés nationaux, religieux, raciaux,
sociaux... 3)- Nécessité d'un nouvel ordre
mondial avec ses lois et ordonnances. 4)- Etude
comparative des religions à leurs bases. 5)-
Administration - apprentissage des prises de
décisions collégiales par la
consultation. 6)- Paix mondiale - L'homme arrive
à un carrefour : il doit choisir entre
désastre en cours ou la paix mondiale.
LES
BASES SPIRITUELLES D'UNE SOCIETE En traitant
des problèmes économiques et sociaux,
Bahà'u'llàh et Abdu'l-Bahà ont
souligné que la réorganisation d'une
activité économique dans le but de
réduire les conflits d'intérêts
n'était qu'une partie de la solution. La racine
profonde de l'injustice économique dans le but de
réduire les conflits d'intérêts
n'était qu'une partie de la solution. La racine
profonde de l'injustice économique est
l'avidité humaine. L'état d'esprit
devrait donc changer de manière fondamentale. Si
les individus demeurent égoistes, immatures, avides
et dépourvus de valeurs spirituelles, le plus parfait
schéma économique lui-même ne
fonctionnera pas. Une solution satisfaisante à
la calamité économique actuelle du monde
repose dans un profond changement de coeur et d'esprit que
seule la religion peut produire: " les principes
fondamentaux de la situation économique
entière sont divins de nature et associés au
monde du coeur et de l'esprit". Ce principe est
valable non seulement en économie, mais aussi pour la
totalité des activités et problèmes de
l'homme. Les enseignements baha'is insistent sur le
fait que sa nature fondamentale est spirituelle et qu'il ne
peut y avoir de solution durable a un problème humain
qui ne tienne compte de ce fait. Tout est
fondamentalement lié au but spirituel de l'existence
de l'homme, qui est la connaissance et l'amour de Dieu et le
développement des qualités spirituelles et des
vertus. C'est pourquoi Bahà'u'llàh et
Abdu'l-Bahà ont donné des directives
recouvrant une aussi grande étendue des
activités humaines. Il ne peut y
avoir de nette séparation entre les aspects
séculiers et religieux de la vie. Toute vie doit
être vécue dans une optique spirituelle si elle
veut être vécue avec succès. Puisque la
religion représentée par la
révélation progressive de Dieu à
l'humanité, a pour objectif principal la dimension
spirituelle de l'homme, il en résulte que seule la
vraie religion peut former la base de la
société, et que toute tentative purement
humaine pour résoudre les problèmes du monde
sans se référer à la religion et
à la volonté de Dieu pour elle est
vouée à l'échec. C'est dans ce
contexte que Shoghi Effendi a écrit:
"L'humanité...., hélas, s'est
égarée trop loin et a subi un trop grand
déclin pour être rachetée par les seuls
efforts des meilleurs d'entre les hommes d'Etat et ses
dirigeants officiels, quelques désinterressés
soient leurs mobiles, quelque concertée que soit leur
action ... Aucun projet que les calculs de la politique la
plus altruiste puissent encore imaginer, aucune doctrine que
le plus distingué des théoriciens
économiques puisse espérer avancer; aucun
principe que le plus ardent des moralistes s'efforcerait
d'inculquer ne pourra, en ce dernier ressort, fournir les
bases appropriées sur lesquelles puisse être
édifié l'avenir du monde
éperdu".
Une langue
auxiliaire universelle La multitude
de langues qui caractérise le monde moderne est une
importante entrave à l'unité mondiale. A
un simple niveau de communication, l'existence de tant de
groupes linguistiques différents empêche le
libre cours de l'information et permet difficilement
à l'homme moyen actuel d'avoir une perspective
universelle des événements du monde. Il y
a aussi la tendance manifestée par un groupe
donné ou une nation à s'attacher à sa
langue et à sa littérature, et par
conséquent à les considérer comme
supérieures à celles des autres
peuples. Ce chauvinisme linguistique conduit
fréquemment au conflit. Il n'est par
conséquent pas surprenant que
Bahà'u'llàh prescrive l'adoption d'une langue
auxiliaire universelle en vue de l'unification de
l'humanité. Il a conseillé d'enseigner
une seule langue comme seconde langue dans les
systèmes éducatifs du monde. ainsi, en
une seule génération chacun appendrait sa
propre langue maternelle et, en sus, la langue
universelle. Cette dernière pourrait aussi bien
être une langue inventée, comme
l'espéranto, ou une langue déjà
existante. L'avantage d'une langue existante est qu'une
partie de la population mondiale la posséderait
déjà. Une langue
inventée aurait cependant l'avantage d'être
neutre d'un point de vue émotionnel et permettrait
l'adoption d'une grammaire simplifiée et
régulière. Les baha'is sont attachés au
principe de l'établissement d'une telle langue
auxiliaire universelle, mais sans se porter vers une langue
spécifique plutôt que vers une autre, qu'elle
soit naturelle ou inventée. Le choix de la
langue a utiliser sera fait par un comité
international d'experts et ratifié par les nations du
monde. Bahà'u'llàh a souligné que cette
langue universelle serait une langue auxiliaire,
c'est-à-dire qu'elle ne supprimerait pas les langues
naturelles qui existent déjà. Le concept
de l'unité dans la diversité doit être
appliqué aux différences de langage de la
même manière qu'il est appliqué aux
autres différences. Etant donné que les
pressions exercées pour l'assimilation des groupes
linguistiques minoritaires viennent de l'agrandissement
naturel des groupes linguistiques majoritaires, l'existence
d'une langue universelle aidera à préserver
les langues minoritaires et par conséquent les
schémas culturels minoritaires. Les deux aspects de
la révélation Avant
même de comprendre les enseignements baha'is, il est
important de saisir le rôle que joue la
révélation dans l'histoire humaine. Dans
leurs expliquations du concept de la
révélation progressive,
Bahà'u'llàh et Abdu'l-Bahà nous ont
montré que chaque révélation a deux
buts fondamentaux. Le premier étant que chacun
sert d'abord, d'une manière générale,
à parfaire notre connaissance de Dieu et de la
volonté de Dieu pour nous, notre connaissance des
autres et notre connaissance de nous-mêmes. Mais
chaque révélation vient à une
époque et dans un lieu particulier de
l'évolution sociale, à un moment où
l'humanité est confrontée à certains
problèmes particuliers et à des besoins
spécifiques. En conséquence de quoi,
chaque révélation a pour deuxième but
de fournir à l'humanité des directives
pratiques et la connaissance nécessaire pour faire
face aux défis immédiats. Par
conséquent, de cette manière elle
répond aux besoins de chaque âge nouveau, les
décrets directeurs de chaque révélation
ayant deux aspects : le premier est l'universel (ou
éternel) et le second, le social (ou
temporel). Abdu'l-Bahà décrivit ainsi ces
deux aspects de la religion : "Les religions divines
comprennent deux sortes d'ordonnances. D'abord celles
qui constituent les enseignements essentiels, ou spirituels,
de la parole de Dieu. Ces ordonnances sont : la foi en
Dieu, l'acquisition des vertus qui caractérisent la
maturité parfaite, les principes moraux louables,
l'acquisition des bénédictions et bienfaits
émanant du royaume divin - en résumé,
les ordonnances qui concernent les domaines de la morale et
de l'éthique. Ceci est l'aspect fondamental de
la religion de Dieu et c'est la plus haute importance, car
la connaissance de Dieu constitue le besoin fondamental de
l'homme... C'est la base essentielle de toutes les religions
divines, la réalité même commune
à tous... Viennent ensuite les lois et ordonnances
qui sont temporaires et secondaires. Elles concernent
la conduite et les relations humaines. Elles sont
accessoires et sujettes aux changements en fonction des
exigences du temps et des lieux. Ces ordonnances ne
sont ni permanentes ni fondamentales... Les lois
secondaires qui réglementent la conduite de la
société et des affaires quotidiennes de la vie
sont modifiables et sujettes à
abrogation". L'une des
principales source de conflit entre les différents
systèmes religieux provient du fait que leurs adeptes
ne font pas la distinction entre ces deux aspects de la
révélation. Puisque les lois qui
régissent la société sont sujettes aux
changements, au fur et à mesure de l'évolution
de l'humanité, les croyants seront
nécessairement perturbés s'ils
considèrent que ces lois constituent des absolus
immuables. Jésus, par exemple, a modifié un
certain nombre de lois juives, au grand désarroi des
disciples orthodoxes de la dispensation mosaïque. Selon
les baha'is le plus important problème social de
notre temps est l'absence d'unité. Des principes
tels que l'établissement d'une langue auxiliaire
universelle sont clairement destinés à
contribuer de manière pratique à
l'établissement de l'unité mondiale.
Cependant, l'unité est une marque d'amour, alors que
la désunion est une forme de
haine. 'Abdu'l-Bahà a dit que l'amour
était l'enseignement fondamental de Dieu pour
l'humanité et un principe universel commun à
toutes les religions. Ainsi les nombreux
problèmes sociaux dus à l'absence
d'unité proviennent, en dernière analyse, d'un
manque de spiritualité. Les baha'is
considèrent un grand nombre des enseignements de
Bahà'u'llàh (par exemple
l'égalité de l'homme et de la femme), à
la fois comme les expressions de vérités
spirituelles universelles et comme des facteurs essentiels
dans la résolution des problèmes sociaux
actuels.
MESSAGE
DE 'ABDU'L-BAHA
(29 septembre 1911) Dieu
envoie des Prophètes pour l'éducation des
hommes et le progrès de
l'humanité. Chacune de ces Manifestations de
Dieu a élevé l'humanité. Elles
sevent le monde entier par la bonté de Dieu. La
preuve certaine qu'elles sont des Manifestations de Dieu
réside dans le progrès et l'éducation
des hommes. Les juifs étaient au plus bas
degré de l'ignorance et captifs du Pharaon quand
Moïse apparut et les éleva à un haut
degré de civilisation. Ainsi vint le
règne de Salomon, et l'humanité connut les
sciences et les arts. Les philosophes grecs
eux-mêmes étudièrent l'enseignement de
Salomon. Il fut donc prouvé que Moïse
était un Prophète. Avec le
temps les Israélites dépérirent, et
devinrent les sujets des Romains et des Grecs. Alors la
brillante étoile de Jésus s'éleva
à l'horizon sur les Israèlites, illuminant le
monde, jusqu'à ce que la beauté de
l'unité soit enseignée à toutes les
sectes, croyances et nations. Il ne peut y avoir de
meilleur preuve que Jésus fut le Verbe de
Dieu. Il en
fut de même pour les nations arabes qui,
n'étant pas civilisées, subissaient
l'oppression des gouvernements perses et grecs. Quand la
lumière de Muhammad brilla, toute l'Arabie fut
illuminée. Ces peuples opprimés et avilis
devinrent éclairés et cultivés,
à tel point en effet que les autres nations
s'imprégnèrent de la civilisation des
Arabes. Ce fut la preuve de la mission divine de
Muhammad. Tout
l'enseignement des Prophètes est un, une seule foi,
une seule lumière divine brillant à travers le
monde. Maintenant, sous la bannière de
l'unicité de l'humanité tous les peuples de
toutes les croyances devraient se détourner des
préjugés, devenir amis et croire en tous les
Prophètes. Tout comme les chrétiens
croient en Moïse, les juifs devraient croire en
Jésus. Tout comme les musulmans croient dans le
Christ et en Moïse, de même les juifs et les
chrétiens devraient croire en Muhammad. Alors tous
les conflits disparaîtraient, et tous seraient
unis. Bahà'u'llàh est venu dans ce
dessein. Il a fait de trois religions une
seule. Il a levé au centre du monde
l'étendart de l'unicité de la foi et de
l'honneur de l'humanité. Aujourd'hui nous devons nous
rassembler autour de cet étendart, et essayer de tout
notre coeur et de toute notre âme d'établir
l'unité du genre humain. C'est le but
de cette association cultivant ce postulat, stimulant les
bonnes relations avec les autres religions, se nourissant de
cette atmosphère de paix dont nous avons tous besoin.
Une sécurité collective pour les nations et la
protection des minorités sont à notre
portée pour éclairer nos jeunes dans une
perspective bien meilleure que celle qui nous est
proposée actuellement .La fréquentation des
cyberspaces sera un lieu de convivialité entre
générations qui permettra une telle richesse
dans les échanges avec tous les pays en pratiquant
les arbres de connaissances pour développer
"l'intelligence collective" (Pierre
Lévy)
L'ORDRE
MONDIAL DE BAHA'U'LLAH De nombreuses
personnes ont des doutes quant à l'existence de Dieu
parce qu'elles sont incapables de découvrir quoi que
ce soit qui leur prouve qu'il existe vraiment. Savoir qui
est Dieu et être sûr de son existence est
certainement l'une des plus grandes questions à la
fois philosophique et religieuse. La foi baha'ie enseigne
que Dieu nous a donné une preuve évidente de
son existence et de son amour pour nous : les manifestations
qu'il envoie à chaque époque pour faire
connaître sa volonté à
l'humanité. Selon
Bahà'u'llàh, Dieu a promis qu'il enverrait une
série de manifestations pour guider et instruire
l'humanité. Dans les écrits baha'is, cette
promesse est appelée la grande alliance.Cette
succession de manifestations, ou messagers de Dieu, remonte
à l'aube des temps : Moïse a
succédé à Abraham ; Jésus a
suivi Moïse ; et Mohammed est apparu après
Jésus. La succession s'est poursuivie à notre
époque avec l'avènement de
Bahà'u'llàh. Chacun des autres messagers
divins, aussi bien ceux que l'histoire connaît que
ceux dont le souvenir a été perdu, a eu un
rôle important à jouer dans l'ordre divin des
choses. Une alliance
est un accord ou contrat engageant les deux parties. Dans sa
grande alliance, Dieu a promis une succession de
manifestations. Bahà'u'llàh nous enseigne que
l'humanité, en réponse à cet engagement
divin, a une double obligation envers Dieu : elle doit
reconnaître et accepter la manifestation lorsqu'elle
vient à paraître, et obéir et s'efforcer
de mettre en pratique ses enseignements.
Bahà'u'llàh nous dit : Ces devoirs jumaux sont
inséparables. L'un sans l'autre est
inacceptable. C'est pour
cette raison que les baha'is d'origine juive,
chrétienne ou autre ne considèrent pas qu'ils
ont abandonné leurs anciennes croyances en devenant
baha'is. Ils pensent qu'ils répondent à leurs
obligations en tant que croyants et disciples de la
manifestation de Dieu qui a fondé leur propre
tradition religieuse. Ils ont, en fait, honoré
l'alliance en reconnaissant la succession des manifestations
de Dieu, plutôt qu'en n'en suivant qu'une seule et en
considérant que les enseignements de cette
dernière sont supérieurs à ceux de
toutes les autres. Ils considèrent ainsi qu'ils ont
rempli l'obligation spirituelle qu'ils avaient
héritée de la foi de leurs parents. Un autre
point au sujet de ce concept baha'i de grande alliance doit
être souligné. Cette succession de
manifestations n'ayant pas eu de commencement, elle n'aura
pas de fin. La révélation baha'ie ne
prétend pas être l'étape finale dans la
gestion par Dieu de l'évolution spirituelle de
l'humanité. Selon les paroles de
Bahà'u'llàh : Dieu a envoyé ses
messagers ici-bas pour succéder à Moïse
et à Jésus, et il continuera à faire de
même jusqu'à " la fin qui n"a pas de fin "....
Les écrits baha'is contiennent l'assurance
qu'après l'écoulement complet de mille
années, un autre messager ou manifestation de Dieu
apparaîtra pour poursuivre ce processus
évolutif infini. A
l'intérieur de cette vaste alliance, il existe
d'autres liens entre l'humanité et Dieu qui marquent
des étapes spécifiques dans son
évolution et dans le développement de la
civilisation. Toutes deux sont passées par des
étapes différentes, et les baha'is pensent que
chacune des religions révélées a permis
d'atteindre un but spécifique dans ce processus
global. De même que le petit enfant apprend
progressivement en grandissant (il apprend à manger,
marcher, lire, travailler avec les autres, etc.) afin de
mûrir, de même l'humanité croît
lentement vers sa maturité spirituelle en concentrant
successivement son attention sur le développement de
différentes capacités spirituelles. Par exemple,
au travers de la révélation d'Abraham, les
hébreux prirent conscience de l'unicité de
Dieu et purent alors explorer les potentialités du
développement humain que recelait cette profonde
vérité. Le temps aidant, ce concept
influença profondèment toutes les
civilisations occidentales et islamiques. De même,
Moïse révéla la loi de Dieu à
l'humanité, Bouddha nous montra comment nous
détacher de notre moi, et Jésus-Christ nous
enseigna l'amour de Dieu et l'amour des autres êtres
humains. Bahà'ullàh a expliqué que ce
développement progressif de la conscience spirituelle
de l'humanité est à la fois naturel et
nécessaire. L'enfant doit apprendre à marcher
avant d'apprendre à courir et à
sauter. Pour
accomplir une tâche particulière, nous devons
apprendre quels sont les moyens qui nous permettront d'y
parvenir. Selon la foi baha'ie, chaque manifestation a
procuré les moyens essentiels, à ceux qui ont
reconnu son rang, en établissant une alliance entre
ses disciples et lui-même. Dans les enseignements
baha'is, on fait référence à cette
alliance sous le nom de moindre alliance.. Elle est
reformulée par chacun des messagers de Dieu selon les
besoins changeants d'une race humaine en évolution.
Elle est moindre non pas parce qu'elle est
considérée comme sans importance, mais parce
qu'elle fonctionne à l'intérieur de la
structure des buts et objectifs de la grande alliance. On
pourrait appeler la moindre alliance une alliance auxiliaire
ou subsidiaire, car elle participe aux objectifs plus
importants et éternels de Dieu. " Des
érudits baha'is ont remarqué que l'on faisait
aussi référence à la moindre paix dans
les écrits des autres religions. Dans le Deuteronome
29 :10-13, Moïse a établi une alliance sous
serment avec ses disciples, le peuple d'Israël, qui
faisait de Dieu leur protecteur et défenseur à
condition qu'à leur tour ils constituent son peuple
et obéissent à ses lois. Il existe un
schéma semblable dans le Nouveau Testament, rendu
manifeste par les promesses de Jésus à ses
disciples, à savoir que, s'ils obéissaient
à ses enseignements, ils recevraient certainement
pouvoirs et bénédictions. Il demanda par
exemple aux chrétiens d'aller de l'avant et
d'enseigner toutes les nations, d'observer ce que je vous ai
demandé. En retour il leur promit : Demandez et il
vous sera donné ; cherchez et vous trouverez ;
frappez et on vous ouvrira. (voir Matthieu 7 :7-8 et 28
:19-20.) " Comme nous
l'avons déjà fait remarquer, les baha'is
considèrent que la mission spécifique de la
foi baha'ie est l'établissement de l'unité
mondiale. L'alliance de Bahà'u'llàh va par
conséquent dans ce sens. Pour les baha'is,
l'unité mondiale implique non seulement
l'émergence d'un fort sentiment de fraternité
et d'amour parmi tous les peuples, mais aussi la
création d'institutions globales nécessaires
à l'établissement d'une vie sociale
harmonieuse et unie pour la planète. La guerre doit
être éliminée de manière
permanente et la paix universelle fermement établie
parmi toutes les nations et communautés de la
terre. Dans les
écrits baha'is, cette vision du futur de
l'humanité est appelée l'ordre mondial de
Bahà'u'llàh. Par son étendue, une telle
vision coupe le souffle. Alors que la plupart des gens
s'accorderaient sans doute sur le fait que cet objectif
baha'i est méritoire, un grand nombre d'entre eux
estimerait qu'il est utopique de croire que l'on peut
réellement établir une telle
société. De plus, la plupart pensent que la
religion devrait s'occuper exclusivement du
développement spirituel de l'individu, et ils sont
étonnés de découvrir une foi qui met si
fortement l'accent sur la vie collective de
l'humanité, sur différentes formes
d'organisations sociales et sur la réalisation
d'objectifs sociaux. La raison de
la confiance baha'ie dans le fait que le temps est venu
d'unifier l'humanité repose dans leur croyance que
l'unité mondiale est la volonté de Dieu :
c'est Dieu qui veut que l'humanité soit unie ; il
nous a créés avec un certain potentiel pour
l'unité et nous a fourni les moyens de
développer ce potentiel. L'alliance de
Bahà'u'llàh est considérée comme
l'instrument premier accordé par Dieu pour
libérer ce potentiel spirituel et parvenir
subséquement à l'unité mondiale. Cette
alliance nous fournit une puissance spirituelle qui
génére l'espoir, change les curs et fait
fondre les préjugés. Elle nous fournit
également un système de lois sociales et
d'institutions qui est basé sur des principes
spirituels et qui nous rattache aux affaires courantes de la
vie de l''humanité. Les bahai''s pensent que par
l''ntermédiaire de ce système,
l''humanité sera à même de créer
une société globale fondée sur la
justice L''équilibre du monde a été
bouleversé par la vibrante influence de ce
très grand, de ce nouvel ordre mondial. La vie
ordonnée de l'humanité a été
révolutionnée par l'action de cet unique et
merveilleux système, dont les yeux des mortels n'ont
jamais vu l'équivalent.
C'est
Abdu'l-Bahà, le fils de Bahà'u'llàh,
qui fut le principal acteur de l'établissement des
fondations du système de son père. Le
rôle joué par Abdu'l-Bahà dans
l'histoire baha'ie a été traité
précédemment ; l'importance de son rôle
dans la mission de Bahà'u'llàh est
réfléchie dans le fait que
Bahà'ullàh l'a désigné comme le
centre de mon alliance. Il autorisa Abdu'l-Bahà
à interpréter la révélation
baha'ie et l'assura que son interprétation serait
infailliblement guidée par Dieu.
Bahà'u'llàh confia aussi à son fils le
soin de s'occuper de la mise en pratique de ses
enseignements, ainsi que la responsabilité de prendre
toutes les décisions nécessaires à
l'établissement des institutions de son ordre
mondial. C'est en agissant selon cette autorité qui
lui avait été conférée que
Abdu'l-Bahà produisit tous les écrits qui font
maintenant partie de la littérature de base de la foi
baha'ie. Abdu'l-Bahà
nomma à son tour Shoghi Effendi Rabbani Gardien de la
communauté baha'ie et interprète des
écrits saints après lui, et Abdu'l-Bahà
supervisa la création des premières
assemblées spirituelles locales destinées
à devenir les institutions fondamentales de l'ordre
mondial. L'uvre de Shoghi Effendi rendit possible
l'établissement de la Maison Universelle de
Justice. L'exemple de
la vie de Abdu'l-Bahà démontre le
caractère pratique et valide des enseignements de
Bahà'u'llàh sur la vie et le
développement spirituel de l'individu. Il n'est
cependant pas considéré comme une autre
manifestation ou messager de Dieu au même titre que le
Bàb ou Bahà'u'llàh. Alors que
l'autorité d'une manifestation lui vient directement
de Dieu et fait partie de sa nature spirituelle même,
l'autorité de Abdu'l-Bahà lui fut
conférée pae Bahà'u'llàh.
Toutefois les baha'is pensent que Abdu'l-Bahà a
été investi de la qualité unique de
servir d'exemple parfait des enseignements baha'is, Shoghi
Effendi le décrit en ces termes : Il est, et devrait
être considéré à jamais, en tout
premier lieu, comme le Centre et le pivot de l'incomparable
alliance universelle de Bahà'u'llàh, comme son
uvre la plus exaltée, le miroir immaculé
de sa lumière, l'exemple parfait de ses
enseignements, l'interprète infaillible de sa parole,
la personnification de chaque idéal baha'i... ; en la
personne de Abdu'l-Bahà, les cractéristiques
incompatibles d'une nature humaine, d'une connaissance et
d'une perfection " suprahumaines " ont été
fondues et sont en complète harmonie.
La conviction
de la " praticabilité " de l'unité mondiale,
ainsi que la consécration à ce but et le
désir d'uvrer dans ce sens, est probablement la
caractéristique la plus distinctive de la
communauté baha'ie. C'est la différence la
plus évidente qui existe entre la foi baha'ie et les
précédentes religions
révélées. En ce qui concerne ses
enseignements d'ordre spirituel et ses doctrines de bases,
la foi baha'ie a de nombreux points en commun avec les
religions traditionnelles, en particulier avec les religions
du groupe sémitique (judaïsme,christianisme et
islam). Par contre, l'accent mis par les baha'is sur
l'établissement de l'unité mondiale et d'une
civilisation mondiale, né de leur foi dans l'alliance
établie avec eux par Bahà'u'llàh, est
à la fois contemporain et unique. Dans une
étude fort connue sur les possibilités d'une
unité mondiale et d'une civilisation globale, le
sociologue américain, le professeur Warren Wagar dit
: ...de toutes les religions positives contemporaines se
réclamant d'autorité divine, la seule qui se
consacre presque exclusivement et sans ambiguïté
à l'unification de l'humanité est la foi
baha'ie. Cette
alliance particulière qu'a établie
Bahà'ullàh avec l'humanité fonctionne
par l'intermédiaire d'un système
appellé l'ordre administratif.Nous avons
déjà vu que les enseignements et les
écrits de Bahà'ullàh, on trouve
certains concepts et doctrines de base, des exhortations et
prncipes destinés à guider l'humanité,
des lois et ordonnances considérées comme
essentielles au développement personnel et à
l'organisation sociale, et des institutions
spécifiques qui font partie intégrante de la
révélation Baha'ie et ne peuvent être
dissociées des enseignements spirituels. Les lois et
ordonnance d'une part, les institutions de la
communauté baha'ie d'autre part, constituent le
système intitulé l'ordre administratif de la
foi baha'ie. C'est par l'intermédiaire de cet ordre
administratif que se manifeste essentiellement la moindre
alliance de Bahà'u'llàh avec
l'humanité. La caractéristique distincte de
cette moindre alliance réside dans le fait que son
fondateur a spécifié les lois et institutions
qui devront gouverner la communauté de ses disciples
à travers l'histoire. De plus, ce dernier a
expliqué dans ses propres écrits,
signés et scellés de sa main, la nature exacte
de chacune de ces institutions : ses limites, ses
attributions, sa fonction et son rôle. Les fondations
de ce système ont été mises en place
par Abdu'l-Bahà et par le Gardien de la foi baha'ie,
Shoghi Effendi, tous deux agissant par l'autorité que
leur avait explicitement conférée
Bahà'ullàh et selon ses directives
écrites. Les deux
principales institutions de l'ordre administratif,
décrites par Shoghi Effendi comme étant ses
piliers, sont le Gardiennat et la Maison Universelle de
Justice. Bien qu'il ne soit plus en vie, son
interprétation des enseignements baha'is conserve le
même degré d'autorité pour la
communauté baha'ie qu'au temps du Gardiennat. La
Maison Universelle de Justice fut instituée par
Bahà'u'llàh lui-même comme organe
législatif suprême de l'ordre administratif
baha'i. La Maison Universelle de Justice a
déclaré à propos du rapport existant
entre la Maison Universelle de Justice et le Gardiennat
: Il est bien
entendu ... qu'avant de légiférer sur un sujet
quelconque, la Maison Universelle de Justice étudie
soigneusement et longuement, à la fois, les textes
sacrés et le écrits de Shoghi Effendi sur le
sujet. Les interprétations données par le
Gardien bien-aimé couvrent un grand nombre de sujets
et possèdent autant de poids que le texte
lui-même. Bahà'u'llàh
a donné le nom de maison de justice à ces
institutions législatives centrales de sa foi. Une
maison de justice est constituée de neuf adultes
élus périodiquement par tous les adultes
croyants de la communauté. Des maisons de justice
seront établies à trois niveaux : · local
(une municipalité ou un groupe distinct d'habitats)
; ·
secondaire (en général national) ;
et ·
international. Actuellement,
cette institution n'existe qu'au niveau international,
depuis l'élection de la première Maison
Universelle de Justice à la Convention internationale
1963. C'est le seul agent législatif de la foi et,
selon des textes explicites de Bahà'u'llàh et
de Abdu'l-Bahà, ses décrets ont pour les
baha'is la même autorité que les textes
eux-mêmes. La différence est que la Maison
Universelle de Justice a le pouvoir de révoquer ou de
modifier un de ses propres décrets au fur et à
mesure de l'évolution de la communauté bahaie
et des nouvelles conditions qui émergeront, alors que
les lois contenues dans les textes baha'is demeurent
immuables. L'administration
de la foi baha'ie à un niveau local et national se
trouve actuellement entre les mains d'assemblées
spirituelles locales et nationales. Ces institutions sont
élues et fonctionnent de la même manière
qu'une maison de justice, elles porteront
ultérieurement le nom de maisons de justice
secondaires et locales. Les baha'is
pensent que, si les maisons de justice locales et
secondaires sont gudées par Dieu, seules les
décisions de la Maison Universelle de Justice sont
inspirées et font autorité. Pour eux cette
institution represente l'effort suprême accompli par
l'humanité pour parvenir à Dieu dans un esprit
d'unité et d'harmonie. Bahà'u'llàh a
déclaré que c'est Dieu Lui-même qui a
rendu cela possible, et qu'il préservera de l'erreur
les décrets de la Maison Universelle de
Justice. Il existe
aussi des institutions baha'ies à un niveau
continental, national, régional et local, certaines
étant élues et utilisant pour fonctionner la
consultation collective et la prise de décision par
vote, d'autres étant nommées et opérant
principalement par l'intermédiaire de services rendus
individuellement par ses membres. Ce
système d'institutions fait partie intégrante
de la foi baha'ie et ne peut être
détaché des principes et enseignements
purement spirituels. Les baha'is pensent que leur ordre
administratif représente le noyau et le modèle
d'un nouvel ordre social destiné à
réaliser l'unification de l'humanité. Voici
ce qu'en dit
Shoghi Effendi : ... cet ordre
administratif diffère fondamentalement de tout ce que
les prophètes ont établi dans le passé,
puisque Bahà'u'llàh lui-même en a
révélé les principes et établi
les institutions, qu'il a désigné la personne
destinée à interpréter sa parole et
investi de l'autorité nécessaire le corps (la
Maison Universelle de Justice) conçu pour
compléter ses ordonnances législatives et les
faire appliquer. Il est
important de faire clairement la distinction entre l'ordre
administratif de la foi baha'ie et le futur ordre mondial
conçu par Bahà'u'llàh. Lorsqu'ils
parlent de l'ordre mondial, les baha'is font
référence au plein effet qu'auront,
d'après eux, les enseignements du fondateur de leur
foi sur l'établissement d'un gouvernement mondial,
d'une paix durable et d'une civilisation planétaire
unie. Cet ordre mondial, de toute évidence, n'existe
pas encore ; mais il est le but vers lequel tend la
communauté baha'ie. Par contre, les principales
insttitutions de l'ordre administratif existent
déjà et font partie intégrante de la
communauté internationale des baha'is. Voici, en
partie, le résumé fait par Shoghi Effendi de
la vision de Bahà'u'llàh du futur ordre
mondial : L'unité
de la race humaine, telle que la conçoit
Bahà'u'llàh, suppose l'établissement
d'une communauté universelle où toutes les
nations, les races, les croyances et les classes sont
étroitement et définitivement unies, où
l'autonomie des Etats membres ainsi que la liberté et
les initiatives personnelles des individus qui les composent
sont complétement et catégoriquement
sauvegardées. Cette communauté, autant que
nous puissions l'imaginer, doit comporter une
législature universelle dont les membres, en tant que
mandataires de contrôle de l'ensemble des ressources
de toutes les nations qui la composeront, et
édicteront les lois nécessaires pour
régler la vie, pourvoir aux besoins et harmoniser les
relations de tous les peuples et de toutes les races.Un
pouvoir exécutif mondial, s'appuyant sur une force
internationale, veillera à l'exécution des
décisions arrêtées par cette
assemblée mondiale, à l'application des lois
qu'elle aura votées et à la sauvegarde de
l'unité organique de la communauté toute
entière. Un tribunal mondial se prononcera et
délivrera son verdict final et contraignant dans tous
les conflits qui pourront s'éléver entre les
divers éléments qui constituent ce
système universel... Une écriture universelle,
une littérature universelle, un système
uniforme et universel de monnaie, de poids et de mesure
viendront simplifier et faciliter les relations et la
compréhension entre les nations et les
races... Rivalités,
haine et intrigues entre nations cesseront, et les
animosités et les préjugés raciaux
feront place à l''amitié raciale, à la
compréhension et à la coopération. Les
causes de luttes religieuses seront à jamais
écartées, les barrières et les
restrictions économiques totalement abolies, et la
distinction exessive entre les classes sera
supprimée... . Les baha'is
ne pensent pas que seuls leurs efforts ou leur foi permettra
l' établissement de l'ordre mondial. Ils croient que
la volonté de Dieu opère de différentes
manières et, à différents niveaux,
partout dans le monde et chez tous les peuples, pour
atteindre ce but élevé. La Ligue des Nations
et les Nations Unies sont considérées comme
des étapes importantes sur le chemin de l'unification
. Aussi, de nombreux baha'is sont-ils des membres actifs de
certains bureaux des Nations Unies ainsi que de nombreux
autres organismes internationaux apolitiques. Ils
maintiennent cependant que leur foi et son ordre
administratif ont un rôle central et vital à
jouer dans le processus de la création d'un monde
uni.
Afin de
comprendre comment les baha'is considèrent le rapport
qui existe entre leur foi et son ordre administratif d'une
part, et la réalisation de la paix mondiale et
l'établissement d'un ordre mondial d'autre part, il
peut être utile de se rappeler qu'ils associent la
future civilisation mondiale avec le millénium, ou
venue du royaume de Dieu, mentionné dans les
écrits saints des autres religions. Ils pensent que
l'établissement de la paix et de l'unité
mondiale représente l'établissement du royaume
de Dieu sur terre et le triomphe final du bien sur le mal,
ainsi que l'ont prédit en des termes symboliques les
précédentes religions. Ils croient que la
réalisation de cet ordre mondial est la
volonté de Dieu et ce, tout au long de l'histoire de
l'humanité. Dans
certaines traditions religieuses, l'établissement du
royaume de Dieu sur terre est uniquement associé
à un acte divin. Elles supposent que le rôle de
l'humanité dans ce processus est essentiellement
passif et que l'avènement du royaume se fera
instantanèment, comme par magie, et de manière
surnaturelle. Les baha'is
pensent que Dieu est tout puissant et qu'il pourrait
certainement imposer immédiatement son royaume sur
terre si telle était réellement sa
volonté. Bahà'u'llàh a expliqué
que Dieu cherchait à nous enseigner certaines
leçons par la manière dont le royaume
s'établit. Les baha'is estiment que les
sociétés actuelles ne répondent pas
à nos besoins réels parce qu'elles sont
fondées sur des attitudes et des pratiques contraires
à la loi divine. Ainsi, en même temps que Dieu
établit son royaume promis sur terre, il nous donne
la possibilité d'apprendre par le biais de
l'expérience - expérience qui consiste
à assumer dans notre vie les conséquences de
nos propres actes - la véritable nature de nos
possibilités et de nos limites.
Bahà'u'llàh nous a mis en garde : ce n'est
qu'en comprenant profondèment nos erreurs
passées et en les acceptant que nous pourrons
éviter de reproduire ces mêmes erreurs
tragiques qui nous ont menés à la situation
mondiale actuelle, avec sa menace perpétuelle de
guerre, ses souffrances, son exploitation et son
désespoir. Pour
Bahà'u'llàh, l'établissement d'un ordre
mondial se fera en trois étapes successives. La
première est une période de
débâcle sociale et d'immenses souffrances, des
souffrances qui dépassent en étendue et en
intensité toutes celles connues jusqu'alors. Les
baha'is pensent que la première étape est
déjà bien avancée et que le
désordre qui afflige actuellement le monde
éprouvera, en son temps, chaque vie humaine et chaque
institution sociale. Dans son ouvrage, Voici le jour promis,
Shoghi Effendi décrit cette souffrance humaine
à la fois comme un châtiment et comme un acte
de sainte et suprême discipline de la part de Dieu
: C'est
à la fois une épreuve envoyée par Dieu
et un processus de purification de toute l'humanité.
Ses flammes punissent la pervésité du genre
humain et unissent ses composantes en une communauté
organique, indivisible et mondiale. L'humanité, dans
ces années décisives ..., est sommée
à la fois de rendre compte de ses actes
passés, de se purifier et de se préparer pour
sa mission à venir. Elle ne peut ni échapper
à ses responsabilités passées, ni se
soustraire à celles à venir. Selon les
baha'is, la période actuelle de souffrances et de
difficultés se terminera par une convulsion mondiale,
à la fois spirituelle, physique et sociale. Cette
crise marquera la fin de la première étape et
la transition vers la seconde étape du Plan divin.
Bahà'u'llàh a fait référence
à cette crise en ces termes : Nous avons
fixé un temps pour vous, ô peuple ! Si vous
manquez, à l'heure fixée, de vous tourner vers
Dieu, en vérité il se saisira violemment de
vous et vous accablera de maux de tous cotés.
Terrible sera alors le châtiment que vous infligera
votre Seigneur! La seconde
étape du cheminement de l'humanité vers
l'ordre mondial verra l'établissement de la moindre
paix. A la lumière des différentes
déclarations contenues dans les écrits
baha'is, il serait probablement plus exact de
considérer cette seconde étape plutôt
comme une fin durable à la guerre que comme une paix
totale et positive. La moindre paix est un terme
utilisé pour décrire une paix politique que
concluront les nations du monde après un accord
international. La principale caractéristique de la
moindre paix sera l'établissement de garanties
internationales de sécurité qui
éviteront la reprise de la guerre entre les nations.
Ces garanties seront exposées explicitement dans un
traité officiel approuvé par toutes les
nations du monde, et elles seront basées sur le
principe de la sécurité collective selon
laquelle toutes les nations devront se dresser en bloc
contre toute nation agresseur. Bahà'u'llàh a
dit : Si l'un de vous prenait les armes contre un autre,
levez-vous tous contre lui, car ce ne sera là que
justice manifeste Abdu'l-Bahà
a développeé ce thème dans le passage
suivant : Ils 'les
souverains du monde) devront conclure un traité
obligatoire et établir une alliance dont les clauses
devront être justes, inviolables et précises.
Ils devront la proclamer au monde entier et obtenir sa
ratification par la race humaine tout entière...
Toutes les forces de l'humanité devront se mobiliser
pour assurer la stabilité et la durabilité de
cette très grande alliance. Dans ce pacte global, les
limites et frontières de chacune des nations devront
être clairement définies, le principe à
la base des relations entre gouvernements fermement
établis et tous accords ou engagement internationaux
confirmés... Le principe fondamental sous-jacent
à ce pacte solennel devra être fixé de
telle manière que si jamais un gouvernement venait
à violer l'une de ces clauses, tous les gouvernements
de la terre devraient se liguer pour l'obliger à se
soumettre ; bien plus encore, l'ensemble de la race humaine
devrait décider, en utilisant tous les pouvoirs
à sa disposition, de détruire ce gouvernement.
Si ce puissant remède pouvait être
appliqué au corps malade du monde, il
guérirait assurèment de ses maux et
demeurerait à jamais sain et sauf. Les baha'is
pensent que la moindre paix suivra de près la fin de
la période actuelle de souffrances et de
soulèvement sociaux. Ils affirment même que ce
sont justement ces dernières tragédies qui
amèneront les peuples et les nations à mettre
fin à la guerre à tout prix.
Abdu'l-Bahà a prédit que la moindre paix sera
établie avant la fin de ce siècle La moindre
paix est considérée comme le prélude
nécessaire à la troisième étape
de la naissance d'un ordre mondial, étape qui ne se
fera que beaucoup plus progressivement.
Bahà'u'llàh a intitulé cette
dernière étape la plus grande paix. Son
avènement, a-t-il dit, coïncidera avec la
naissance de l'ordre mondial baha'i. La description faite
par Shoghi Effendi de ce futur ordre mondial a
déjà été citée
précèdemment dans ce chapitre. Il en parle
dans un autre passage comme la fusion ultime de toutes les
races, croyances, classes et nations de la terre, encore
inconscientes de la révélation (de
Bahà'u'llàh) mettant en place sans le savoir
(ses) principes généraux, la plus grande paix
devra être la conséquence de la reconnaissance
du caractère et des revendications de la foi de
Bahà'u'llàh. Les baha'is pensent que c'est au
cours de cette évolution de la moindre paix à
la plus grande paix que la mission de
Bahà'u'llàh sera pleinement reconnue par les
peuples de la terre et ses principes consciemment
acceptés et appliqués par l'ensemble de
l'humanité. L'ordre
administratif de la foi baha'ie est considéré
comme la forme embryonnaire du futur ordre mondial. Selon
Shoghi Effendi, les institutions et lois de l'ordre
administratif baha'i sont destinées à
être un modèle pour la société
future, un instrument suprême pour l'instauration de
la plus grande paix, et le seul moyen d'unifier le monde et
de proclamer le règne de la droiture et de la justice
sur la terre. Cette vision
de la plus grande paix correspond à une vision
similaire d'Habakkuk d'un temps où la terre sera
inondée par la connaissance et la gloire du Seigneur,
de même que les eaux recouvrent la mer (Habakkuk,2
:14). Elle marquera la guérison des nations promise
dans l'apocalypse chrétienne
(Révélation,22 :2). Elle apportera non
seulement une civilisation mondiale, mais aussi la
spiritualisation des masses. Elle représente la
maturité du genre humain tout entier. A propos de
la plus grande paix, Shoghi
Effendi
a dit : Alors
naîtra, prospérera et se perpétuera une
civilisation mondiale dans une plénitude de vie telle
que le monde n'en a encore jamais connu ni même
conçu. Alors l'alliance éternelle sera
totalement réalisée. Alors seront accomplies
la promesse contenue dans tous les livres de Dieu ainsi que
toutes les prophéties des prophètes du
passé et les prédictions des visionnaires et
poètes. Alors la planète, galvanisée
par la croyance universelle de ses habitants en un seul Dieu
et leur allègeance à une seule
révélation, réfléchira, dans les
limites qui lui ont été fixée, en des
temps immémoriaux, par l'amour et la sagesse de son
créateur. La
volonté de Dieu, selon les baha'is, agit de deux
manières ou a deux niveaux. Il y a, d'une part, la
volonté de Dieu en général qui
pénètre toutes choses et se meut au cur
de tout événement de l'histoire de
l'humanité, tout insignifiant qu'il puisse
paraître. Toute chose sert à long terme le but
de Dieu qui est d'unifier le genre humain. C'est pour cette
raison que les baha'is s'associent à de nombreuses
causes humanitaires et universelles et essaient
d'apprécier les éléments positifs
d'autres causes, dont par ailleurs ils ne partagent pas
toujours entièrement la philosophie. D'autre part
ils pensent que leur foi et leur ordre administratif
représentent une articulation spécifique de la
volonté de Dieu pour cette époque. C'est par
cet intermédiaire que l'esprit et le modèle
d'unité ont pénétré toutes les
affaires humaines. Les baha'is considèrent le
perfectionnement de cet instrument divin comme leur premier
devoir. Au fur et à mesure que cette nouvelle
révélation commence à influencer la
société dans sa totalité, le processus
d'évolution de la moindre paix vers la plus grande
paix s'effectuera progressivement. Les peuples seront
amenés à reconnaître progressivement la
volonté de Dieu pour l'humanité et seront les
témoins de l'établissement du royaume de Dieu
sur la terre. Extrait du
livre : La Foi Baha'ie L'émergence d'une religion
mondiale
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