Unité Sociale Planétaire

VERS UNE HUMANITE PROSPERE

LA PAIX MONDIALE ET LE GOUVERNEMENT MONDIAL

Le lien entre le désarmement et le gouvernement mondial

Le lien entre la guerre et le système des Etats-nations

L'Èchec de la dissuasion et de la dÈfense

Pourquoi faut-il Ètablir un gouvernement mondial ?

Reponses aux objections contre un gouvernement mondial

Le scepticisme dû à la transition

Vision d'un nouvel Odre mondial

DISCOURS DONNE PAR 'ABDU'L-BAHA

TOURNANT POUR LES NATIONS

PROJET DE CYBERESPACES

ETHIQUE ET EDUCATION

SYMPOSIUM TRAITANT DE L'EDUCATION A LA PAIX

LES BASES SPIRITUELLES D'UNE SOCIETE

MESSAGE DE 'ABDU'L-BAHA (29 septembre 1911)

L'ORDRE MONDIAL DE BAHA'U'LLAH

 

 

VERS UNE HUMANITE PROSPERE

La prochaine étape de l'évolution de la civilisation ne peut être franchie sans remettre en cause les attitudes et les postulats qui sous-tendent les approches actuelles du développement économique et social.

L'effort éxigé pour lutter contre les innombrables maux qui affligent l'humanité doit être stimulé par la perspective d'une humanité prospère au plein sens du terme, autrement dit, par la prise de conscience des possibilités de bien-être matériel et spirituel.

S'il est vrai que les gouvernements de la planète s'efforcent, par le biais du système des Nations Unies de construire un nouvel ordre mondial, il est tout aussi vrai que cette même perspective galvanise les peuples du monde.

Le principe de base d'une stratégie qui engage la population mondiale à assumer la responsabilité de son destin doit se fonder sur la conscience de l'unité du genre humain.

Les relations individu-société étant réciproques, la transformation désormais nécessaire doit apparaître simultanément dans les consciences et dans la structure des institutions sociales.

La justice est la seule force qui puisse transformer la conscience naissante de l'unité de l'humanité en une volonté collective capable d'ériger sereinement les structures nécessaires à une vie communautaire mondiale.

Se préoccuper d'assurer à tous la liberté de pensée et d'action menant à l'épanouissement personnel ne justifie pas le culte de l'individualisme qui corropt si profondément de nombreux pans de la vie contemporaine.

L'humanité étant une et indivisible, chacun de ses membres est un gage qui lui est confié dès la naissance. Cette responsabilité constitue le fondement moral de la plupart des autres droits économiques et sociaux notament que les textes des Nations Unies tentent de définir.

LA PAIX MONDIALE ET LE GOUVERNEMENT MONDIAL
De la vision à la réalité
Par J. Tyson

Nous reproduisons ici quelques bonnes pages du livre publié sous ce titre par George Ronald, Oxford, avec la permission de l'auteur et de son éditeur. Nous les en remercions (NDLR).

L'établissement de la paix mondiale par un gouvernement mondial est un élément inhérent à la vision baha'ie de l'avenir de l'humanité.

Nombreux sont ceux qui considèrent ce but comme " absolument utopique ". Et pourtant, pour les baha'is, Il s'agit d'une idée dont l'heure est venue.

Comment passer du " désarmement " et de la pauvreté mondiale au gouvernement mondial..

Comme c'est le cas pour nombre de problèmes importants, trop souvent les gens remarquent les symptômes sans voir les causes fondamentales. Des millions de gens se sentent menacés par les armes nucléaires et aimeraient les voir disparaître. D'autres reconnaissent à l'instar de Baha'u'llah, le fondateur de le foi Baha'ie) l'extrême urgence des besoins humains que les budgets nationaux ignorent au profit des dépenses militaires.

Mais en dépit des protestations répétées de millions de gens provenant de millieux économiques politiques et nationaux divers, la course aux armements n'a pas été ralenti ; mais au contraire précipitée. Les super-puissances sont comme deux voisins ennemis qui pointeraient sur leurs tempes dans le but qu'aucun ne feraient un mouvement brusque ou qu'il ne pourra espérer tirer le premier. Tel est l'état du monde à la fin du 20ème siécles.

Le lien entre le désarmement et le gouvernement mondial

La premi ère chose qu'il faut comprendre, est que le désarmement et l'établissement d'un gouvernement mondial sont intrinséquement liés. Ceci parce que la définition même de la souveraineté comprend le droit d'une nation à déclarer la guerre. Eliminer ce droit (par un désarmement efficace), c'est éliminer une partie importante de la souveraineté nationale. Le vide ainsi créé ne peut être comblé que par une autorité mondiale véritable. Les nations pourraient demeurer souveraines pour les affaires intérieures, mais elles ne pourraient plus imposer leurs visées dans l'arène internationale.

Le désarmement unilatéral est suggéré par quelques personnes aujourd'hui. Bien que cette idée semble avoir un certain mérite superficiellement, son insuffisance est évidente, comme l'a expliqué " Abdu"l-Bahà ", fils du fondateur de la foi baha'ie.

Le désarmement nucléaire bilatéral à des " niveaux préventifs " ou supérieurs, qui fait actuellement l'objet de négociations entre les super-puissances, est insignifiant puisque, par définition, notre " destruction mutuelle " serait encore " assurée ". Qui serait soulagé d'apprendre que 6.000 ogives nucléaires sont pointées sur son pays, au lieu des 10.000 de naguère ?

Le désarmement au-dessous des niveaux préventifs, en l'absence d'une autorité mondiale, romprait l'équilibre ; il aménerait les nations à penser qu'elles pourraient attaquer sans encourir de fortes représailles. Tout en réduisant l'ampleur d'une guerre majeure, il en augmenterait certainement la probabilité.

Eliminer complètement les armes nucléaires contribuerait à un énorme et dispendieux accroissement des forces classiques. Et à nouveau, l'équilibre serait rompu ; la guerre deviendrait " pensable " une fois de plus... L'élimination de toutes les armes nucléaires et classiques, sans l'établissement d'une autorité mondiale, conduirait à une anarchie complète - n'importe quelle petite force menacerait les autres. Cette situation serait extrêmement instable et ne contribuerait aucunument à augmenter notre sentiment de sécurité.

En termes pratiques, on peut dire que les gouvernements ne prendront aucune mesure pour passer d'un état donné de sécurité à celui pressenti assurant une sécurité moindre. Une de leurs tâches fondamentales est d'assurer la sécurité de leurs citoyens. Pourtant la quête de sécurité, par le pouvoir militaire, qui coûte trois mille milliards de dollars par an au monde, nous conduit à un état où nous avons moins de sécurité aujourd'hui que nous n'en avions il y a quarante ans. Ceci est dù au fait que le monde a atteint un état où la sécurité ne peut plus être achetée avec davantage d'armements. Elle ne peut être assurée qu'en remplaçant le système de l'anarchie internationale par un système de véritable droit international. Toute proposition qui n'abolirait pas l'illégalité dans un système international échourait dans sa tentative d'offrir davantage de sécurité. Et le seul système viable serait d'établir un véritable état de droit entre nations, un gouvernement mondial qui fonctionne.

 

Le gouvernement mondial et la force mondiale de sécurité

Il y a aussi lieu de comprendre clairement que l'idée du gouvernement mondial est reliée à celle d'une force mondiale de sécurité. Bien que cette idée puisse paraître désagréable à ceux qui appellent de leurs vœux le désarmement absolu et total, l'histoire des Nations Unies a déjà démontré que l'autorité mondiale sera en grande partie inefficace, si on ne lui donne pas le pouvoir réel nécessaire de faire exécuter ses décisions, de faire arrêter le réarmement national, et de maintenir la coopération entre nations lorsque des différents internationaux surgissent.

Cette force pourrait être assez modeste et armée de manière relativement légère, selon les normes actuelles, et elle devrait être assez forte, de sorte que l'ensemble de ses unités pourrait aisément soumettre la garde nationale et les forces de police de tout pays ou ensemble de pays qui, eux-mêmes, ne pourraient être que légèrement armés. La plupart de ses membres seraient des soldats de réserve et viendraient de petits pays. Cette force pourrait aussi opérer en accord avec les forces de la garde nationale de différents pays. De plus, on ne ferait appel à elle qu'en dernier ressort, seulement lorsque les méthodes de médiation, d'arbitrage et de sanctions économiques auraient échoué...

Le lien entre la guerre et le système des Etats-nations

Si l'on s'aperçoit qu'il existe un lien étroit entre le désarmement et le gouvernement mondial, et entre le gouvernement mondial et la force mondiale de sécurité, il est nécessaire que l'on comprenne plus à fond la connexion entre la guerre et le système de la souveraineté nationale. Albert Einstein a dit :

"...La cause réelle des conflits internationaux est due à l"existence de nations souveraines qui rivalisent entre elles. Ni les gouvernements ni les peuples ne semblent avoir appris les leçons du passé ; ils ne semblent pas être prêts ni capables de repenser à fond le problème. Les conditions qui prévalent aujourd"hui dans le monde forcent les pays à commettre des actes produisant inévitablement la guerre pour protéger leur propre sécurité. "

On peut donc s'attendre à ce que la guerre se produise périodiquement. Certains pensent que dans le monde actuel la guerre naît de la confrontation entre le monde communiste et le monde capitaliste ; et ils espèrent que l'un ou l'autre de ces groupes disparaisse ou renonce à ses visées, pour que tout s'arrange. Penser ainsi fait preuve de myopie.

Imaginons un instant que les systèmes idéologiques actuels n'existent pas. Cela conduirait-il à une paix complète et durable ? La concurrence économique ménerait en fin de compte à la crainte d'être dominé, à la méfiance, à la suspicion et au protectionnisme, ce qui conduirait de nouveau à forger des alliances, à la course aux armements et, finalement, à la guerre. D'autres facteurs tels que les rapports entre les exédents de production et le chômage, l'industrie des armements et la tendance de la nouvelle génération à ignorer l'horreur des guerres vécues par les générations précèdentes, tous ces facteurs concourrent à créer un cycle évident de guerre et de paix, que les idéologies politiques au goùt du jour ne font que recouvrir d'un vernis.

C'est ainsi que la guerre n'est pas seulement un " droit " revenant aux nations dites souveraines - mais aussi est souvent le produit invariable et inévitable du système des Etats-nations.

 

L'échec de la dissuasion et de la défense

Quelques personnes pensent qu'un système de dissuasion - la menace qu'une nation ripostera par des représailles dévastatrices - est suffisant pour éviter la guerre. Ainsi les armes nucléaires, selon la théorie de la dissuasion, ne sont construites qu'à titre préventif. Ce système peut paraître efficace, de prime abord, si les possibilités d'erreurs humaines et mécaniques, le sabotage, le terrorisme, l'éventuelle incapacité mentale d'un dirigeant mentale d'un dirigeant mondial et la possibilité de voir une des petites nations nucléaires bouleverser les cartes pouvaient être entièrement exclues.

Il ne faudrait pas s'imaginer non plus que le concept de la dissuasion est quelque chose d'entièrement nouveau. Toute nouvelle découverte majeure en matière d'armement a fait penser que " personne n"oserait plus nous attaquer " ou que " la paix viendra parce qu"il serait trop inhumain d"utiliser de telles armes destructrices ".

Et pourtant il a été démontré constamment que notre capacité d'inventer des armes toujours plus mortelles n'est surpassée que par notre volonté de les utiliser.

La nature des armes nucléaires rend impossible une défense significative de son propre pays contre une attaque éventuelle. Les effets de la détonation, de l'explosion et des retombées radioactives sont si intenses et pénétrantes qu'elles rendraient inefficace toute structure normale utilisée comme abri. Et les effets à long terme d'une telle attaque seraient que de grandes parties de la population périraient d'inanition, de maladies dues aux radiations, et de froid.

La communication, les transports et la réalité nouvelle

Un autre concept essentiel que beaucoup de gens n'arrivent pas à comprendre est l'ampleur de l'impact de la révolution continue de ces 150 dernières années, sur le plan des transports, des moyens de communication et du potentiel de destruction. Huit inventions majeures, ou groupes d'inventions, sont apparues en cet âge sur la scène mondiale. Je les appelle les inventions de " télé-masse ", parce qu'elles ont deux caractéristiques communes : elles ont touché les masses humaines et elles ont réduit les longues distances qui nous séparaient naguère sous formes d'états et de tribus différents. Ces inventions majeures sont :

1. Le développement de la presse de masse, des journaux, magazines et livres qui, avec leurs systèmes de distribution, ont créé un forum international d'idées, éduquant et informant l'humanité, nous obligeant à prendre conscience d'un monde plus vaste et de la condition des peuples.

2. Le développement de la radio et de la télévision, qui a eu un effet incalculable sur la prise de consci ence de l'humanité de son environnement global, en particulier à la suite de la croissance simultanée des services de nouvelles et de journaux radiodiffusés et télévisés. Ces inventions atteignent les gens cultivés autant que les analphabètes et, de ce fait, englobent pratiquement toute l'humanité. Au " transistor ", en particulier, revient la distinction d'être l'invention la plus universelle et la plus moderne.

3. Le télégraohe, le téléphone, le telex et les satellites de télécommunication ont contribué à établir un réseau mondial de communication à double sens, reliant les hommes par la pensée, facilement, à bon marché et fréquemment, chaque fois qu'une rencontre physique est impossible. L'information qui par le passé se mouvait à la vitesse du cheval ou de la voile, se transmet aujourd'hui à la vitesse de la lumière.

4. L'échange des matières, et des produits fabriqués industriellement, transportés sur les océans, a été profondèment transformé en termes de volume et de vitesse par l'invention des navires cargos modernes. Le volume du commerce mondial rendu possible par ce système est énorme. A son tour, le commerce mondial a créé une économie mondiale et notre interdépendance économique, qui unit le monde chaque jour davantage.

5. Le navire cargo n'aurait, à lui seul, guère créé plus qu'une économie mondiale côtière, sans le système du train et du camion qui permet de transporter de grandes quantités de marchandises sur de longues distances à l'intérieur des terres. Ainsi le système économique mondial touche tous les hommes, sauf ceux qui ne vivent pas près d'une route, d'une voie de chemin de fer, d'un port ou d'une rivière navigable. Rares sont ceux qui ne sont pas touchés !

6. L'automobile et l'autocar ont eu les mêmes effets pour l'homme que le rail et le camion pour les marchandises ; le transport rapide de nombreuse personnes sur de grandes distances a été rendu possible. Les échanges quotidiens entre populations d''rigines diverses ont été ainsi facilités notamment dans les centres urbains: tout cela a eu un effet profond sur la pensée humaine et la manières dont l'homme se perçoit lui-même. Des structures sociales ont ainsi été détruites, en facilitant le mouvement, alors qu'auparavant il était peu fréquent, voire impossible.

7. Alors que l'automobile a rapproché les états et les pays, l'avion à réaction a réuni à la fois les pays et les continents. La faculté de sauter d'un pays à un autre facilement et a bon marché a eu pour résultat une explosion du nombre de voyageurs internationaux qui ont l'occasion d'apprécier la diversité de l'humanité. Nous avons ainsi le sentiment de vivre à l'intérieur d'un " village global ".

8. En fin de compte, l'arme nucléaire, accompagnée du missile intercontinental, quoique profondément négative, doit aussi être considérée parmi les inventions de " télé-masse ". Si les autres inventions ont rendu désirables l'unité mondiale, celle-ci la rend impérative. Elle nous force à nous entendre les uns les autres ; elle a profondément altéré notre conception de la guerre et pourrait bien devenir la motivation de notre union politique, quoique par la peur plutôt que par l'amour.

Les baha'is reconnaissent naturellement qu'il ne s'agit pas d'une coincidence si toutes ces découvertes technologiques se produisent simultanément en cet âge. C'est plutôt le résultat d'une impulsion spirituelle universelle qui touche toute l'humanité chaque fois qu'apparaît une nouvelle Manifestation divine. Baha'u'llàh a dit : " Nous avons appelé à l'être une nouvelle Création, comme signe de Notre grâce envers les hommes ".

Tôt ou tard, l'humanité devra s'occuper de cette nouvelle réalité :

" Dans les cycles du passé, quoique l"harmonie avait été établie, en raison de l"absence des moyens, l'unité de l'humanité ne pouvait pas être réalisée. Les continents restaient largement divisés, même entre les peuples de même continent, l"association et l'échange culturel étaient presque impossible. Par conséquent,

les rapports, la compréhension et l'unité entre tous les peuples et tribus de la terre ne pouvaient pas être réalisés... Pour chacun, il est aujourd'hui facile de se rendre dans n'importe quel pays, d'avoir des rapports et des échanges de vues avec ses habitants, et de se familiariser, par le canal de publications, avec la condition, les croyances religieuses et la pensée de tous les hommes.

De cette manière, tous les membres de la famille humaine, qu'ils représentent un peuple ou les gouvernements, sont devenus de plus en plus interdépendants. L'autarcie n'est plus possible pour aucun d'entre eux, car les liens politiques unissent tous les peuples et toutes les nations, et les liens commerciaux et industriels, ceux de l'agriculture et de l'éducation, sont renforcés chaque jour. C'est pourquoi l'unité de l'humanité peut être réalisée en ce jour "

 

Pourquoi faut-il établir un gouvernement mondial ?

L'élimination de la menace croissante de l'extinction de l'humanité, due à une guerre nucléaire devrait naturellement être une raison suffisante. Des études consacrées aux effets d'une guerre nucléaire totale entre les super-puissances ont montré qu'elle pourrait aboutir à l'extinction de l'espèce humaine entière, pas seulement à cause des effets immédiats, mais à la suite des effets écologiques à long terme - " l'hiver nucléaire " causé par la poussière et la fumée voilant la lumière du soleil ; et la destruction de la couche d'ozone dans l'atmosphère supérieure, ce qui permettrait aux rayons ultraviolets mortels d'atteindre la surface de la terre pendant une période prolongée.

Mais en plus de cette raison majeure d'établir un gouvernement mondial, il y en a d'autres, tout autant valables... Le problème de la guerre classique et de la guerilla ne s'est guère amoindri avec l'avènement des armes nucléaires. Près de seize millions de vies ont été perdues dans 160 conflits armés pendant les quarante années de la soi-disant " paix " qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les conflits conventionnels et de guerilla qui continuent à travers le monde créent une demande constante pour un gouvernement international, quoique l'intensité apparente de cette pression varie selon la région géographique.

Le coùt incroyable du maintient et de l'amélioration de l'appareil militaire du système des Etats-nations, et le détournement simultané des moyens pour remplir les besoins urgents de l'humanité, constituent une troisième raison de remplacer ce système par une structure mondiale. Il y a plus d'un siècle, Baha'u'llàh s'est écrié : " 0 rois de la terre ! Nous vous voyons augmenter chaque année vos dépenses et faire supporter ce fardeau à vos sujets. En vérité, ceci est entièrement et grandement injuste ".

Ceux qui pensent qu'un gouvernement mondial coùterait trop cher feraient bien de considérer cette statistique : " Le système des Nations Unies, en entier, pourrait fonctionner pendant deux siècles en utilisant seulement un budget annuel affecté aux dépenses militaires mondiales ".

En plus d'éviter la guerre et ses dépenses, il faut tout simplement constater le fait que le monde ne comprend plus qu'un système économique. Les problèmes d'un système économique ne sauraient être résolus par un vague groupe mal coordonné d'entités politiques nationales.

On a besoin d'un gouvernement mondial pour beaucoup d'autres raisons. On peut obtenir une idée de la portée du besoin d'un gouvernement mondial en parcourant simplement la liste de quelques-unes des organisations spécialisées des NationsUnies. Chacune d'entre elles existe dans le but de résoudre des problèmes dont les gouvernements nationaux, à eux seuls, ne sont pas capables de traiter adéquatement. Chacune, par conséquent, représente une raison de plus pour l'existence d'un gouvernement mondial.

Réponses aux objections contre un gouvernement mondial

On a trouvé une foule de raisons pour s'opposer à la formation d'un gouvernement mondial. Le fait que le septicisme et la peur ont remplacé l'espoir et le courage dans tant de cœurs constitue un triste reflet de la condition spirituelle de notre âge. Bien qu'il est souhaité,

Face à chaque situation inconnue, de faire preuve de circonspection et de précaution, le genre de septicisme et de crainte automatiques que l'on rencontre trop souvent lorsqu'on avance l'idée d'un gouvernement mondial fait sùrement partie du problème spirituel qu'il y a lieu de surmonter. Nous devons contrer ce scepticisme et cette crainte par des arguments bien raisonnés et par une attitude positive.

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Scepticisme dû à une compréhension erronée de la nature humaine

Une grande partie du septicisme concernant le passage de la souveraineté nationale à la souveraineté mondiale provient du jugement négatif que l'homme porte sur lui-même et ses capacités. Trop souvent, ceux qui s'engagent pour la paix mondiale, entendent cette réponse : " Vous ne pouvez pas changer la nature humaine ! " C'est ainsi qu'on accepte que la guerre fait partie de la nature humaine. Mais si l'humanité, dans son ensemble, n'arrive pas à reconnaître la nature spirituelle de l'homme et si on approuve " l"hypotèse que les êtres humains sont incorrigiblement égoïstes et agressifs ",

Alors l'espoir des hommes de voir se réaliser un monde pacifique est perdu. Si chacun pensait n'être pas plus qu'un animal intelligent et que de se battre fait partie de sa nature, alors, dans cet âge nucléaire, notre " destruction mutuelle " serait certainement " assurée ".

Les enseignements baha'is disent que l'homme a une nature plus élevée, ou spirituelle, qui peut et doit dominer sa nature animale plus faible. Mais l'absence d'une éducation spirituelle a souvent eu pour résultat de tenir cachée cette véritable nature.

 

Scepticisme dû à une compréhension erronée de l'histoire

Si le scepticisme provient d'une mauvaise compréhension de l'absence du progrès humain sur le plan individuel, il est aussi motivé par une compréhension erronée similaire de l'histoire du développement social humain. Ce septicisme est typiquement exprimé dans des déclarations telles que : " L'humanité a toujours été divisée en nations et elle le sera toujours ".

Une compréhension de l'histoire vue sous cette forme d'unités organisées toujours croissantes est en fait plus juste. C'est ainsi que les forces vives de l'histoire nous font avancer vers une organisation mondiale plutôt que de maintenir le statut quo de l'Etat-nation : " L'unification de l"humanité dans son ensemble est la marque distinctive de l"étape vers laquelle la société humaine est en train de se diriger.

L"unité de la famille, de la tribu, de la cité-Etat, et de la nation, ont tour à tour été tentées et pleinement réalisées. L"unité mondiale est le but vers lequel une humanité harcelée s'efforce de parvenir. L"édification des nations est parvenue à son terme. L"anarchie inhérents à la souveraineté de l"état va atteindre son paroxisme. Un monde, mû vers sa maturité, doit abandonner ce fétiche, reconnaître l"unité et l"unicité des rapports humains, et établir une fois pour toutes le mécanisme qui saura le mieux incarner ce principe fondamental de sa vie ".

Septicisme dû à la dimension du monde et à la diversité de ses valeurs

Une autre objection des sceptiques est que le monde est trop vaste et trop divers pour ne former qu'une entité. Il est évident que la première partie de cette assertion est fausse. A la fois en matière de distance dans le temps pour voyager et en ce qui concerne la vitesse des communications, le monde est aujourd'hui bien plus petit que les treize colonies américaines lorsqu'elles furent unies en 1776. Il y a cent ans, on s'étonnait d'entendre qu'on pouvait voyager " autour du monde en quatre-vingts jours ". Actuellement, il est facile de faire le tour du monde en Quatre-vingts heures, voire moins. Et si nous parlons de missiles, ce temps est ramené à quelques quatre-vingts minutes. Et dans le domaine des télécommunications mondiales, cette période est essentiellement instantanée. Nous vivons véritablement dans un " village global ". Le monde n'est plus trop vaste pour une gestion planétaire. Il est devenu trop petit pour s'en passer.

Si des valeurs internationales sont nécessaires, elles le sont pour opérer sur le plan international seulement. Ailleurs, la diversité des normes peut continuer à exister. Et se mettre d'accord sur des valeurs internationales n'est pas si difficile, puisque nos dirigeants et diplomates représentant toutes les nations participent à des efforts communs depuis de nombreuses années. Ils ne sont plus des étrangers les uns pour les autres. Nous nous dirigeons vers un sens commun de valeurs mondiales. Ce but n'est pas au-delà de notre portée.

Scepticisme dû à la répugnance de nos dirigeants d'accepter des changements significatifs

Beaucoup de gens éprouvent du scepticisme envers l'idée d'un gouvernement mondial parce qu'ils croient que les dirigeants du monde ne sont pas disposés personnellement à céder leur place aux rênes du pouvoir et à se soumettre à une autorité mondiale. Si nous étudions cette question, nous découvrons plutôt que les dirigeants sont nombreux qui, tout en observant la scène mondiale de leur position élevée avantageuse, reconnaissent la nécessité d'une autorité mondiale, mais qu'ils craignent qu'il est politiquement impossible de défendre cette idée, puisque leur électorat n'est pas prêt à l'accepter. Ils ont peur de répéter l'erreur de Woodrow Wilson qui s'efforça de conduire un peuple récalcitrant au sein de la société des Nations et échoua dans sa tentative d'obtenir l'appui requis de l'opinion publique. Nombreux sont les dirigeants qui font partie d'une organisation qui s'appelle " les Parlementaires pour un Ordre mondial ", Qui comprend plus de 600 députés de trente cinq pays.

Nous assistons à un paradox curieux. Les gens crient que le gouvernement mondial est une chimère parce que les dirigeants des nations y répugnent. Nombreux sont les dirigeants qui reconnaissent la nécessité d'un gouvernement mondial, mais qui y renoncent parce qu'ils croient que les peuples le refusent. Les dirigeants sont peut-être plus proches de la vérité : la vérité : la répugnance des peuples est un obstacle plus grand à franchir pour établir un gouvernement mondial, que ne l'est le refus des gouvernements. Du moins en Occident. Mais on peut atteindre les peuples. Leur opinion peut être changée grâce à l'éducation. Cette tâche revient principalement aux baha'is et autres personnes et organisations qui ont une vision globale du monde.

Scepticisme dû à l'échec des Nations Unies

Il arrive fréquemment qu'on cite l'échec de l'O.N.U. dans sa tentative de maintenir la paix, comme elle avait été créée pour le faire, pour répondre négativement à la thèse du gouvernement mondial.

La réponse ici est claire : L'O.N.U. n'a jamais été pourvue de l'autorité nécessaire au maintient de la paix. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les nations victorieuses n'étaient pas disposées à céder suffisamment de leur souveraineté nationale pour établir une institution mondiale efficace.

En dépit de ses faiblesses, il est interressant de relever que depuis la création de l'O.N.U., la guerre classique, dans le sens d'un gouvernement attaquant ouvertement un autre gouvernement dans le but d'occuper son territoire, est devenue inacceptable par concensus général admis par les nations - et elle se produit rarement aujourd'hui. Il s'agit là d'un pas en avant.

 

 

Le scepticisme dû à la transition

Certains sont sceptiques enfin parce qu'ils ne voient tout simplement pas comment la transition aura lieu. Cette question : " Comment y arriver ? " est très importante.

Il est évident que si tous les peuples désiraient l'établissement d'un gouvernement mondial, on y arriverait. Il n'y a pas d'obstacles d'ordre technique. Il est aussi évident qu'il ne serait même pas nécessaire d'avoir, au début, le soutien de tous les peuples. Si un nombre suffisant de nations, parmi les pays démocratiques, s'attachaient fermement à cette idée, plusieurs initiatives pourraient être prises par ces pays pour démontrer aux autres qu'ils désirent sincèrement une paix durable et qu'ils sont prêts à se joindre à d'autres nations en renonçant à certains aspects de leur souveraineté nationale en faveur d'une organisation mondiale.

Le pas primordial et le plus important est celui de l'éducation : enseigner aux peuples que le gouvernement mondial est possible et que ses avantages sont bien plus grands que les coûts.

Les sceptiques diront que les transitions antérieures vers une antité sociale plus grande se sont faites lorsqu'un groupe sociale était menacé par un ennemi extérieur commun. Aujourd'hui, nous tous avons un ennemi commun, mais il est au-dedans de nous. C'est l'attachement aux formes caduques de l'organisation sociale, c'est la crainte que nous éprouvons les uns envers les autres, ce sont nos préjugés, notre cupidité, notre soif du pouvoir et, avant tout, notre volonté de nous entre-déchirer à cause de ces sentiments. Naturellement, si notre existence même était menacée par des créatures violentes venues d'une autre planète, nous trouverions certainement un moyen pour nous unir. Mais admettre que l'ennemi est en nous requiert un plus grand degré de maturité spirituelle - une maturité qui, toutefois, s'installe dans nos consciences dans ce siècle, alors que la conscience de l'unité de l'humanité se répand à travers le monde.

Aux craintifs ...

Les gens ont peur d'un gouvernement mondial pour différentes raisons. Ces craintes peuvent cependant être apaisées en présentant les faits tels qu'ils sont, et en raisonnant.

La peur de l'inconnu

Une crainte fréquemment exprimée est celle de l'inconnu ou du jamais vécu, qui est souvent implicite et qui ne se manifeste pas ouvertement. Nous avons établi des gouvernements nationaux dans le passé, mais nous n'avons jamais eu de gouvernement mondial. Heureusement, toutefois, que nous ne sommes pas sans avoir des précédents. Le fédéralisme, un système qui relie plusieurs régions plus petites, réunies sous un gouvernement transrégional, est celui que la plupart des grands gouvernements nationaux et ceux de nations plus modestes utilisent. Il est raisonnable d''vancer que l''xpérience collective de l''umanité à créer des systèmes fédératifs est suffisante pour nous rassurer qu'un système adéquat de fédéralisme mondial pourrait aussi fonctionner.

La peur de l'uniformité et d'un centralisme poussé

La peur d'une uniformisation forcée et d'un centralisme exessif sont certainement des objections parmi les plus citées. Si l'on n'aimait pas les normes d'un système d'une culture et d'une économie d'ordre mondial, où faudrait-il se réfugier pour trouver un autre choix ? A cette question, il faut répondre qu'il n'est pas nécessaire de changer la diversité entre les nations et les cultures. Le principe de l'unité dans la diversité est essentiel pour les baha'is. Le choix du fédéralisme, avec l'accent qu'il met sur la décentralisation et la liberté des Etats-membres de contrôler leurs propres affaires intérieures, va de pair avec ce principe. La grande diversité culturelle du monde baha'i, qui non seulement doit prévaloir mais est activement encouragée, est un signe évident de notre attachement à la conception de l'unité dans la diversité. L'enseignement de Baha'u'llàh concernant l'adoption d'une langue auxiliaire universelle pour faciliter la compréhension, sans éliminer les langues indigènes si essentielles à la culture, est une autre évidence.

Le principe de l'unité dans la diversité s'étend même au domaine des systèmes politiques nationaux qui pourraient vivre en harmonie sous l'égide d'une autorité mondiale. Dans un discours prononcé à New-York, Abdu'l-Bahà a répondu à la question : " N'est-il pas vrai que la paix universelle ne peut pas être réalisée tant que la démocratie politique n'existe pas dans tous les pays du monde ? ", comme suit : " Il est évident qu"à l"avenir il n"y aura pas de centralisation dans les pays du monde, qu"ils soient constitutionnels par leur gouvernement, républicains ou démocratiques.

Chaque province sera indépendante par elle-même, mais il y aura une union fédéral protégeant les intérêts des différents états indépendants. Cette forme ne pourrait pas être républicaine ou démocratique. Bannir la centralisation qui sert le des potisme constitue l"exigence de notre temps. Ceci produira la paix internationale ".

Les systèmes économiques des nations, de même que leurs systèmes politiques et culturels, pourraient être divers. Les nations pourraient toujours choisir le système économique qui convient le mieux à leurs besoins et à leur héritage culturel. Sur le plan mondial, la création d'une monnaie universelle, d'une banque centrale mondiale, d'un système fiscal mondial et d'une autorité mondiale de développement contribueraient grandement à équilibrer les transferts monétaires entre pays et élimineraient de ce fait la plupart des problèmes qui proviennent actuellemnt des désiquilibres monétaires. Un tel système favoriserait le développement économique, en particulier dans les régions en voie de développement, et l'assouplissement des barrières commerciales. De plus, l'élimination des budgets militaires libérerait une somme immense en ressources et en main-d'œuvre, qui pourrait être conscrée à des objectifs constructifs.

La peur de perdre la liberté

Une autre crainte, face à l'idée du gouvernement mondial, est qu'il sera la cause d'une perte de liberté à la fois pour l'individu et au niveau national. Il ne fait pas de doute qu'il signifiera la perte, pour une nation, de sa liberté de faire ce qui lui plait sur la scène internationale, puisque le règne du droit remplacera celui de la force. Mais une constitution vraiment fédérale limitera strictement les pouvoirs du gouvernement mondial à ceux qui relèvent seulement du domaine international. Toutes les autres questions seront résolues au niveau national ou local. A ces niveaux, les nations expérimenteront un accroissement de leur liberté et capacité à assister leur peuples à se développer et à prospérer. Le système de l'Etat-nation a donné aux nations une illusion de liberté, tout en créant en fait de nombreuses contraintes économiques et militaires.

En ce qui concerne les libertés individuelles, le gouvernement fédéral mondial devra établir un code universel des droits de l'homme garanti dans toutes les nations. Les droits fondamentaux garantis aux individus sur le plan national ne seraient pas diminués, à l'exeption de cas occasionnels où ils compromettraient les droits des autres. Il se pourrait qu'il soit nécessaire de mettre en vigueur ce code de manière graduelle pour que ses effets ne soient pas disruptifs.

La peur de la tyrannie d'un groupe d'Etats

La " tyrannie des petits Etats " est une des objections les plus souvent formulées à l'Assemblée générale des Nations Unies et dans n'importe quel forum mondial de ce genre dont la pondération des votes est basée sur le système d'une nation une voix. La réponse baha'ie à cette objection est claire et simple. " Abdu"u-Bahà a dit : " Le nombre de ces députés devrait être proportionnel au nombre des habitants de ce pays ". Le système d"une nation :un vote n"est donc pas acceptable.

Dans sa Tablette à l'Organisation pour une paix durable de la Haye, 'Abdu'l-Bahà a suggéré qu'une seule chambre de députés puisse représenter à la fois les peuples et les pays. Les députés seraient élus directement par le peuple de chaque pays (c'est-à-dire qu'un groupe représentatif des gouvernements nationaux élirait les députés au Parlement mondial). Ils seraient ensuite confirmés par le reste du gouvernement (la Haute Chambre, le Président, et le Cabinet, selon les cas), de sorte qu'ils représentent à la fois le peuple et le gouvernement de leur pays. Les membres de ce Parlement mondial éliraient ceratins d'entre eux les personnalités les plus éminentes pour servir au sein du Tribunal suprême - le pouvoir judiciaire de ce gouvernement mondial (il s'agit ici d'une formulation seulement de ce qui est compatible avec les enseignements baha'is et non pas de la seule formulation possible).

Vu la grande diversité des nations, il est hautement improbable qu'elles parviennent à réconcilier leurs visées dans le seul but de se liguer contre les petits Etats. De plus, si chaque parlementaire agissait premièrement en tant que député de la région du pays qu'il représente, les députés d'un même pays voteraient souvent différemment selon les cas, selon les besoins de leur région particulière. Enfin, si le système politique était réorganisé de sorte que tous les députés étaient tenus à voter, en qualité de citoyens du monde, pour ce qu'ils pensent être la meilleure solution pour le bien commun du monde, de nombreux alignements politiques et des craintes d'être tyrannisé disparaîtraient.

Mais ce qui est le plus important, c'est de savoir que les droits de toutes les nations seraient clairement définis dans la constitution et attentivement protégés par le Tribunal mondial, de sorte qu'aucune " tyrannie " de groupes de nations - minoritaires, majoritaires ou autres - ne puisse surgir.

 

La peur des grandes organisations

Le grief que le gouvernement mondial deviendrait trop grand est une autre crainte fréquemment exprimée.

Nous répondrons à cette objection en disant que toute la raison d'être du fédéralisme est de préserver, autant qu'il est possible, l'autonomie locale, et de limiter la tendance du gouvernement central d'étendre ses compétences au-delà du règlement des affaires internationales. Nous sommes assurément conscient, comme il a été dit plus haut, d'éviter " les maux d"une centralisation exessive ".

Il faut néanmoins rappeler qu'il y a plusieurs domaines qui demandent un règlement international, et c'est pourquoi le gouvernement mondial pourrait être de taille modérément grande. Vraiment, la nécessité de régler plusieurs domaines des affaires internationales témoigne en réalité du grand besoin qu'il y a d'établir un gouvernement mondial et qu'il est grand temps de le réaliser.

Il faut aussi ajouter que l'établissement du gouvernement mondial permettra aux gouvernements nationaux de réduire leur taille, libérés de la crainte d'être dominés économiquement ou militairement par leurs voisins, et de la responsabilité de résoudre tous les problèmes internationaux, la taille sur-dimensionnée de nombreux gouvernements nationaux sera réduite à des proportions plus raisonnables.

La peur de la bureaucratie

Parallèlement à la peur d'un gouvernement trop grand et indiscret, on craint que le gouvernement mondial devienne une vaste démocratie incapable de s'occuper efficacement des affaires qui lui seraient soumises. Cette bureaucratie peut être évitée, dans une certaine mesure, en organisant attentivement le différentes branches du gouvernement de manière à favoriser l'action, plutôt que l'inactivité, la souplesse plutôt que la rigidité. Autant que possible, ses organes spécialisés pourraient être munis d'un degré élévé d'autonomie, à l'instar des organisations spécialisées de l'O.N.U., favorisant ainsi une organisation plus décentralisée, sensible et créatrice.

La bureaucratie peut aussi être évitée, du moins partiellement, en établissant un bureau dont la tâche serait d'aider les individus à avoir affaire à une organisation d'une telle grandeur, à contrôler son déveleoppement et à présenter des propositions pour la modifier, permettant ainsi au gouvernement mondial d'être une institution dynamique, efficiente et organique.

Si ces fonctionnaires sont capables, s'ils sont dévoués à servir l'humanité plutôt qu'eux-mêmes, s'ils sont guidés par des buts supérieurs plutôt que par les petits détails d'une ligne de conduite, s'ils acceptent les changements dans l'organisation qui ne manqueront pas de surgir pour répondre aux besoins qui évoluent selon les temps, plutôt que de conserver jalousement leurs prérogatives,, s'ils sont prêts à suivre les principes de la consultation plutôt que d'agir de manière dictatoriale, alors une telle organisation saura éviter la plupart des écueils inhérents aux bureaucraties modernes. Le problème de la bureaucratie dans toute organistaion est avant tout d'ordre spirituel. Les enseignements baha'is ont beaucoup à offrir sur ce plan.

La peur d'une dictature

Une autre crainte est que le gouvernement mondial pourrait être corrompu et devenir une forme de dictature, d'empire ou d'état totalitaire, auquel on ne pourrait échapper. Le processus d'établissement d'un gouvernement fédéral, guidé par la volonté de la majorité, empêché de transgresser le domaine des affaires non-fédérales, protégeant les droits fondamentaux des individus, et contenu par suffisamment de contrôles pour éviter une concentration exessive du pouvoir entre les mains d'une personne ou d'un groupe d'individus est un système qui n'est pas inconnu au sein de l'humanité. La grandeur du territoire sur lequel il exerce son influence est peut-être un fait nouveau, mais pas le modèle.

Il faut aussi préciser que la menace de voir s'établir une dictature mondiale en un empire mondial provient davantage du système actuel que de l'adoption d'un gouvernement fédéral mondial. Ceci parce que le système actuel peut fort bien nous conduire à une guerre sérieuse, après laquelle les peuples seront heureux de suivre quiconque leur promet l'ordre et la sécurité. Une telle situation constitue un terrain fertile pour former de futurs dictateurs. Il ne fait pas de doute qu'il vaut mieux créer un gouvernement mondial bien planifié plutôt que de rechigner et d'attendre jusqu'à ce qu'une dictature mondiale nous soit imposée par la force.

 

Scepticisme et crainte à cause des croyances religieuses

Les gens de religion prétendront que la création d'un gouvernement mondial ne suffit pas résoudre tous les problèmes de l'humanité, parce qu'un gouvernement mondial ne peut pas envisager le niveau spirituel du problème. Les baha'is ne peuvent qu'abonder dans ce sens. Le développement spirituel de l'humanité est la solution ultime des problèmes créés par le matérialisme. Le gouvernement mondial n'est pas envisagé comme le remède universel aux maux dont souffre l'humanité, mais plutôt comme un pas indispensable pour contribuer à leur solution. Bien que ce qui en résultera sera la paix la plus significative que le monde ait connu, elle ne sera que la " Moindre paix ", parce que des problèmes resteront à résoudre - créés par des attitudes matérialistes. Elle conduira " à la spiritualisation des masses ". Lorsque l'homme atteindra enfin le point où la motivation pour la paix ne proviendra plus de la peur de la destruction mutuelle, mais d'un amour véritable envers l'homme, son prochain, et lorsque la philosophie du matérialisme cédera la place à la reconnaissance universelle d'un seul Dieu, alors " la plus Grande Paix ", le Royaume de Dieu sur terre, aura commencé.

Puisque les baha'is acceptent l'origine divine de toutes les religions, nous sommes en mesure de voir comment les prophéties traversent les âges et relient entre elles les différentes religions. Par cette perspective bien plus vaste, nous constatons que nombreuses sont les prophéties des religions du passé qui ont déjà été accomplies, mais, en général, pas de la façon dont s'y attendaient les dirigeants religieux.

Pour faire avancer le concept d'un nouvel Odre mondial du domaine de la vision à celui de la réalité, le sujet doit être abordé ; il faut faire face aux questions ; et des réponses doivent clairement être données. Et cela doit être fait de manière répétée, jusqu'à ce que la vision devienne possible, cette possibilité devienne probable, et que cette probabilité s'incarne dans une organisation modiale vivante.

Vision d'un nouvel Odre mondial
par .J. Tyson

Une première étape vers la création d'un nouvel Ordre mondial, est d'en envisager les contours dans notre esprit.

Au sujet de la nécessité de tenir une forme d'assemblée constituante et d'établir le principe de la sécurité collective, Baha'u'llàh a dit :

" Le temps doit venir où sera universellement ressentie l"impérieuse nécessité d"une vaste assemblée d"hommes représentant le monde entier. Les rois et princes de la terre devront la constituer, prendre part à ses délibérations, et aviser aux voies et moyens propres à établir entre les hommes la Grande Paix du monde. besoin d" L"établissement de cette paix exige que, pour l"amour de la tranquilité des peuples de la terre les Grandes Puissances se réconcilient entre elles pleinement . Si un roi s"avisait de prendre les armes contre un autre, tous devraient unanimement se lever pour l"en empêcher. A cette condition, les nations du monde n"auront plus armements que pour préserver la sécurité de leurs royaumes et assurer l"ordre à l"intérieur de leur propre territoire ".

'Abdu'l-Bahà élucide ce thème en détail et décrit quatre exigences pour un pacte de paix universel :

" Ils doivent tenir une consultation générale sur la cause de la paix et tenter par tous les moyens en leur possession de mettre sur pied une union des nations du monde.. Ils doivent conclure un traité ayant force obligatoire et rédiger un pacte dont les dispositions seront équitables, inviolables et précises. Ils doivent le proclamer à la face du monde et le faire ratifier par la race humaine toute entière. Cette entreprise suprême et noble - la véritable source de paix et de bien-être pour le monde entier - devra être tenue pour sacrée par tous les habitants de la terre. Toutes les forces de l"humanité doivent être mobilisées pour assurer la stabilité et la permanence de ce pacte suprême. Dans ce pacte universel, les limites et les frontières de chaque pays devront être délimitées clairement, les principes régissant les relations réciproques entre gouvernements, établis avec précision et tous les accords et engagements internationaux bien définis. De même, l'"mportance des armements de chaque Etat devra être strictement limitée car, si l'"n permettait à une nation d'"ugmenter son potentiel de guerre et d'"ccroïtre ses forces militaires, ccelarendrait les autres nations méfiantes.

Le principe fondamental servant de base à ce pacte solennel devra être établi de manière à ce que, si quelque Etat que ce soit violait l"une de ses dispositions, tous les autres devraient agir pour le réduire à la soumission la plus totale, mieux encore, la race humaine dans son ensemble devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour abattre ce gouvernement. Si ce remède suprême était appliqué au corps malade du monde, il guérirait sûrement de ses maux et ne connaîtrait plus aucun danger ".

Shoghi Effendi, le Gardien de la foi baha'ie, nous a donné l'aperçu suivant du monde futur, dont certains aspects constitueront les débuts de la moindre paix :

" L"unité de la race humaine telle que la conçoit Baha"u"llàh implique l"établissement d"une communauté universelle où nations, races, classes et croyances seront étroitement et définitivement unies, où l"autorité des dirigeants et la liberté personnelle, ainsi que l"initiative des individus qui la composent, seront complètement et pour toujours sauvegardées. Cette communauté, pour autant que nous pouvons l"imaginer, comportera une législature universelle dont les membres, en tant que représentants de la race humaine, veillera à l"exécution des décisions arrêtées par cette assemblée, à l"application des lois qu"elle aura votées, et à la sauvegarde de l"unité de la Communauté tout entière. Un tribunal universel prononcera en dernier ressort dans tous les conflits et disputes qui pourront s"élever entre les membres de ce système universel. Un mécanisme d"inter-communication mondiale sera imaginé qui embrassera toute la planète, qui sera affranchi de toutes les restrictions nationales et fonctionnera avec une merveilleuse rapidité et une régularité parfaite.

Une capitale universelle sera le foyer où convergeront toutes les forces unifiantes de la vie et d'où rayonneront toutes les influences vitalisantes. Une langue universelle sera inventée, ou choisie parmi celles qui existent déjà, et enseignée dans toutes les écoles des nations fédérées comme langue auxiliaire de la langue maternelle. Une écriture universelle, une littérature universelle, un système uniforme et universel des monnaies, poids et mesures viendront simplifier et faciliter les ralations entre les peuples et les races. Dans cette société, les deux grandes puissances de la vie humaine, la religion et la science, seront réconciliées, elles coopéreront et se développeront dans l'harmonie. La presse, tout en donnant libre champ à l'expression des vues et convictions diversifiées du genre humain, cessera d'être vendue à des intérêts privés ou publics et sera libérée de l'influence des gouvernements et des peuples en conflit.

Les ressources économiques du monde seront organisées, toutes les sources de matières premières seront exploitées à plein rendement, tous les marchés coordonnés et développés, et la distribution des produits équitablement réglée.

Rivalités, haines et intrigues cesseront entre nations. Animosités et préjugés raciaux feront place à l'amitié raciale, à la compréhension réciproque et à la coopération. Les causes de luttes religieuses seront à jamais écartées, les barrières et restrictions économiques abolies, et l'anormale distinction entre les classes disparaîtra complètement

La suppression de la propriété cessera d'être envisagée en même temps que cessera l'accumulation de la richesse entre un petit nombre de mains. Les immense énergies qu'actuellement absorbe et gaspille la guerre économique ou politique, seront consacrées à étendre la portée des inventions humaines et du développement de la technique industrielle, à accroître la productivité du genre humain, à exterminer la maladie, à pousser plus avant les recherches scientifiques, à améliorer la santé physique de la race humaine, à rendre le cerveau humain plus aigu et plus subtil, à exploiter les ressources de la planète jusque -là inemployées et insoupçonnées, à prolonger la vie humaine, et à développer tout autre moyen propre à stimuler la vie intellectuelle, morale et spirituelle de la race humaine tout entière ".

Il est évident que toutes ces choses ne se produiront pas en même temps. Quelques-unes d'entre elles, comme le système d'inter-communication mondial, ou un système universel de poids et mesures, sont déjà bien établies. D'autres se développeront pendant la période de la " Moindre paix ", tandis que d'autres encore se produiront pendant la période de la " Plus Grande Paix " , lorsque la grande majorité des peuples du monde aura reconnu Baha'u'llàh, ce qui est éloigné de plusieurs décennies, voire de quelques siècles.

La " Moindre Paix ", elle, est bien plus proche de nous. Ses prémices semblent avoir besoin, au strict minimum, de l'établissement d'une assemblée législative ou d'un parlement réellement mondial, d'une cour ou d'un tribunal de justice coercitif, d'un exécutif mondial et d'une force de sécurité internationale efficace, avec pour corollaire le désarmement universel - à la fois nucléaire et classique - la création d'un code des droits fondamentaux des individus et des nations, et une certaine forme de fiscalité.

Pour y arriver, les baha'is reconnaissent qu'il y a deux hypothèses d'avenir immédiat. L'une est que l'humanité deviendra suffisamment consciente de sa position extrèmement dangereuse, qu'elle surmontera une somme suffisante de son matérialisme, de ses préjugés et de ses craintes, et qu'elle trouvera suffisamment de volonté d'agir pour établir un gouvernement mondial véritable, avant que ne se produise une sorte d'écroulement économique, écologique ou causé par la force nucléaire - un effondrement du système mondial actuel.

L'autre hypothèse est que nous n'agirons pas à temps et que nous devrons en remettre aux effets spirituellement purificateurs d'une catastrophe globale telle, qu'elle nous rendra capable de renoncer à nos vieilles habitudes et d'établir un gouvernement mondial.

Deux autres points de vue quant à l'avenir du monde sont catégoriquement rejetés par les baha'is. A savoir que le monde pourra continuer à barboter à travers les problèmes mondiaux en utilisant des solutions orientées par le système des nations. Et à l'autre bout de l'échiquier, que l'humanité sera détruite dans une sorte d'holocauste général.

En fin de compte, la leçon que l'humanité doit apprendre en cet âge est que le prix à payer pour la paix n'est pas des milliards de dollars pour des armes toujours plus destructrices ni des trillions de dollars pour des défenses spatiales. Le prix de la paix n'est pas l'acceptation d'une politique de " destruction mutuelle assurée " ; ni celui d'accepter une multitude de " petites " guerres réparties aux quatre coins du globe. Ce que l'humanité doit désespérément apprendre, est que le prix à payer pour la paix est une parcelle de souveraineté nationale, mais pas pour autant de toute la souveraineté des nations. La guerre continuera, d'une façon ou d'une autre, jusqu'au jour où les nations renonceront au désordre et apprendrons à devenir des citoyens respectueux de la loi dans le pays appelé Terre. Et plus vite l'humanité le fera, mieux cela vaudra pour chacun d'entre nous

.J. Tyson

(L'auteur s'est interressé aux affaires internationales et au gouvernement mondial depuis qu'il est devenu baha'i en 197O. Il a fait des études en génie civil à l'université de Princeton et a suivi des cours en relations internationales, donnés par Richard Falk. Parmi ses occupations, signalons qu'il a travaillé pour le programme de protection civile des Etats-Unis. Son expérience du " Tiers Monde " vient d'un stage de quatre ans, en qualité de " pionnier baha"i " au Libéria. Il a aussi visité l'Inde. Depuis 1982, il travail au centre mondial baha'i, à Haïfa)

 

Discours donné par 'Abdu'l-Bahà
Au siège théosophique Samedi 30 septembre 1911

O Assemblée digne de respect ! 0 amis de la vérité !

La nature inhérente du feu est de brûler, la nature inhérente de l'électricité est de donner la lumière, la nature inhérente du soleil est de briller, et la nature inhérente de la terre organique est le pouvoir de croissance.

Il est impossible de dissocier une chose et ses qualités inhérentes.

C'est la nature inhérente des choses de cette terre de changer ; ainsi voyons-nous autour de nous le changement des saisons. Chaque printemps est suivi d'un été et chaque automne apporte un hiver, chaque jour une nuit et chaque soir un matin. Il existe une séquence en toutes choses.

Ainsi quand la haine et l'animosité, le combat, le massacre, et une grande froideur de cœur gouvernaient le monde, et que l'obscurité avait enveloppé les nations, Baha'u'llàh, telle une étoile brillante, s'éleva à l'horizon de la Perse et brilla de sa grande lumière de direction, donnant un tayonnement céleste et établissant un nouvel enseignement.

Il énonça les principales vertus humaines. Il manifesta les pouvoirs spirituels, et mit ceux-ci en pratique dans le monde qui L'entourait.

Premièrement, Il mit l'accent sur la recherche de la vérité. C'est très important, parce que les hommes sont trop facilement menés par la tradition. C'est à cause de cela qu'il y a souvent des antagonismes et des disputes parmi eux.

Mais l'apparition de la vérité perce à travers l'obscurité et devient la cause de l'unicité de la foi et de la croyance : car la vérité ne peut être double ! Cela n'est pas possible.

Deuxièmement, Baha'u'llàh enseigna l'unicité de l'humanité ; cela revient à dire que tous les enfants des hommes sont sous la miséricorde de ce grand Dieu. Ils sont les enfants d'un seul Dieu ; ils sont éduqués par Dieu. Il a placé la couronne de l'humanité sur la tête de chacun des serviteurs de Dieu. C'est pourquoi toutes les nations et tous les peuples doivent se considérer comme frères. Ils sont tous les descendants d'Adam. Ils sont les branches, les feuilles, les fleurs et les fruits d'un seul arbre. Ils sont les perles d'un seul coquillage. Mais les enfants des hommes sont en manque d'éducation et de civilisation, et ils ont besoin d'être polis jusqu'à ce qu'ils deviennent éclatants et brillants.

Troisièmement, Bahà'u-llàh enseigna que la religion est le fondement principal de l'amour et de l'unité, et la cause de l'unicité. Si une religion devient cause de haine et de désaccord, il vautdrait mieux qu'elle n'existàt point. Vivre sans une telle religion est préférable.

Quatrièmement, la religion et la science sont entrelacées et ne peuvent pas être séparées ? ce sont les deux ailes avec lesquels l'humanité doit voler. Une seule aile n'est pas suffisante. Toute religion qui ne se sent pas concernée par la science est une simple tradition, et cela n'est pas l'essentiel. C'est pourquoi la science, l'éducation et la civilisation sont une nécessité impérieuse pour une vie religieuse pleine.

Cinquièmement, la réalité des religions divines est une, car la réalité est une et ne peut être double. Tous les Prophètes sont unis et constants dans leur message. Ils sont comme le soleil : de saisons en saisons ils s'élèvent de différents points de l'horizon. C'est pourquoi chaque Prophète dans le passé a annoncé la bonne nouvelle de Celui qui viendra, et chaque nouveau Prophète a accepté ceux du passé.

Sixièmement, l'égalité et la fraternité doivent être établies parmi tous membres de l'humanité, cela est conforme a la justice. Les droits généraux de l'humanité doivent garantis et préservés.

Tous les hommes doivent être également traités. Ceci est inhérent à la nature même de l'humanité.

Septièmement, les dispositions prises quand aux conditions de vie du peuple doivent êtr telles que la pauvreté disparaisse, et que chacun autant que possible, et en fonction de sa position et de son rang, bénéficie d'un certain confort. A l'instar des nobles et des autres personnes de haut rang qui vivent dans l'aisance, les pauvres aussi devraient pouvoir recevoir leur nourriture quotidienne et ne pas être réduits à souffrir de la faim.

Huitièmement, Bahà'u-llàh annonça la venue de la Plus Grande Paix. Toutes les nations et tous les peuples se rassembleront à l'ombre de la tente de la Grande Paix et de Grande Harmonie ; ce qui revient à dire qu'un grand Conseil d'Arbitrage sera établi lors d'une élection générale afin de régler tous les différents et toutes les querelles entre les pu issances pour que les conflits ne finissent pas en guerre

Neuvièmement, Bahà(u-llàh enseigna que les couers doivent recevoir la bonté du Saint-Esprit afin que la civilisation spirituelle soit établie. Car la civilisation matérielle ne peut satisfaire les besoins de l'humanité et ne peut être la source de son bonheur. La civilisation matérielle est comme le corps et la civilisation spirituelle comme l'âme. Le corps ne peut vivre sans l'âme.

TOURNANT POUR LES NATIONS

" L'unification de l'humanité toute entière est le signe du stade qu'approche à présent la société humaine. L'unité du monde est maintenant le but que s'efforce d'atteindre une humanité harassée. L'édification des nations a pris fin.. L'anarchie inhérente à la souveraineté de l'Etat va vers son point culminant. Un monde qui progresse vers sa maturité doit abandonner ce fétiche, il doit reconnaître l'unité et la totalité organique des relations humaines, et établir une fois pour toutes le mécanisme qui incarne le mieux ce principe fondamental de son existence".

Shoghi Effendi 1936  

Ces deux processus, l'effondrement des vieilles institutions d'une part et la floraison d'autre part, témoignent d'une seule et même évolution, qui s'est accélérée ces cent dernières années : la tendance à une interdépendance toujours plus grande et à l'intégration de l'humanité.

En tant qu'organisation internationale, l'O.N.U. a montré l'aptitude de l'humanité à s'unir pour agir. Et pourtant, les buts d'ensemble énoncés par la charte des Nations Unies se sont révélés flous.

Alors que ce double mouvement d'effondrement et de renouveau conduit vers son paroxysme, le 50 ème anniversaire de l'O.N.U. vient à point nommé pour parquer une pause et réfléchir à la façon dont l'humanité peut envisager son avenir collectif.

Etant donné l'unité et l'indivisibilité de l'organisme qu'est l'humanité, chacun de ses membres naîssant doit pouvoir compter sur la protection de tous les autres. Ce lien entre l'individu et la collectivité est le fondement moral de la plupart des droits de l'homme que les textes de l'O.N.U. tentent de définir.

Pour la communauté Internationale Baha'ie, le désordre qui règne à l'heure actuelle dans le monde et l'état désastreux des affaires humaines ne sont qu'une phase naturelle d'un processus organique devant immanquablement aboutir à l'unification de la race humaine en un ordre social unique, dont les frontières seront celles de la planète.

Une attention particulièrement grande devrait être accordée à la forme de l'ordre international pour qu'il ne dégénère pas, avec le temps, en un type quelconque de despotisme, d'oligarchie, ou de démagogie, qui corrompe la vie et le fonctionnement de ses institutions politiques.

L'étude de l'O.N.U. révéle l'existence d'occasions propices au renforcement du système existant sans en restructurer systématiquement les institutions principales de réaménager de fond en comble les mécanismes de base. Pour continuer une véritable communauté des nations à long terme, il sera nécessaire de régler, une fois pour toutes, l'ensemble des différents frontaliers. A l'échelon international, la fonction exécutive la plus importante consiste à veiller à l'application d'un pacte de sécurité collective. Pour soutenir les opérations de maintient de la paix de l'O.N.U. et conférer plus de crédibilité aux résolutions du Conseil de Sécurité, la création d'une force internationale s'impose. La justice est la seule force qui puisse transformer la conscience naissante de l'unité de l'humanité en une volonté collective capable d'ériger sereinement les structures nécessaires à une vie communautaire mondiale.

Le tribunal mondial devrait servir de cadre aux tribunaux à compétences spéciales déjà existants ou futurs, dont la mission est de trancher et de juger les différents internationaux dans les domaines bien précis. Développement ne doit pas être confondu avec construction d'une société de consommation non viable. A notre sens, travailler est un besoin fondamental de l'âme humaine, aussi nécessaire au bon développement de l'individu que l'alimentation, l'eau potable et l'air frais le sont à l'organisme. L'éducation est le meilleur investissement dans le développement économique. Le respect des droits de l'homme à l'échelon international doit-être assuré de la même manière que l'agression militaire est traitée en régime de sécurité collective. Leur violation dans un Etat doit être un sujet de préoccupation pour tous, et l'ensemble de la communauté internationale doit pouvoir réagir d'une seule et même voix en appliquant des mécanismes coercitifs. Au-delà de la nécessité de parvenir à un concensus et d'imposer un plus grand respect des droits de l'homme, il est important de mieux faire comprendre l'idée qu'à chaque droit correspond une responsabilité. Il est temps que les institutions du monde, encore essentiellement composées d'hommes, usent de leur influence pour promouvoir l'insertion systématique des femmes, non par condescendance ou part un soi-disant esprit de sacrifice mais par conviction que la société a besoin de leur contribution pour progrsser. Il faut en premier lieu supprimer la violence à l'égard des femmes et des filles, qui est une des violations les plus courantes et les plus flagrantes des droits de l'homme. En deuxième lieu, La famille demeure l'unité de base de la société et les comportements qui y sont observés et appris se répercutent à tous les niveaux de la société. Par conséquent, il convient aux membres de l'institution familiale de se transformer pour intérioriser le principe de l'égalité entre femmes et hommes. Si en outre l'amour et l'unité cimentent les rapports familiaux, leur effet se fera ressentir au-delà du cadre familial et agira sur la société dans son ensemble. Nous sommes néanmoins convaincus fermement qu'il existe un ensemble de valeurs communes à tous, escamotés par ceux qui, pour des raisons politiques, exagèrent les différences mineures existant entre les pratiques religieuses et culturelles.

Nous préconisons le lancement d'une campagne universelle pour promouvoir l'éducation morale. Autrement dit, pour encourager et soutenir, partout dans le monde, les initiatives locales visant à introduire une dimension morale dans l'enseignement scolaire. Ces vertus fondatrices, enseignées dans toutes les communautés spirituelles, servent de cadre de base au développement moral. Une réflexion sur les points communs inhérents aux grandes religions et aux systèmes moraux du monde révèle que ceux-ci préconisent tous l'unité, la coopération et l'harmonie entre les individus, enseignent la façon de se comporter de manière responsable, et poussent à cultiver les vertus qui fondent les rapports de confiance et les relations respectueuses des principes. Cette opération en faveur du développement moral pourrait commencer par quelques idées simples. Par exemple, la rectitude, la loyauté et l'honnêteté sont les bases de la stabilité et du progrès; l'altruisme devrait présider à toutes les entreprises humaines, de sorte que la sincérité et le respect d'autrui imprêgnent naturellement les actions de tout un chacun; la véritable source de bonheur se trouve dans le service rendu à l'humanité; il donne sens à la vie. Cette campagne ne peut réussir, à notre avis, que dans la mesure où ses auteurs se fieront à la force de la religion. Il y a plus d'un siècle Bahà'u'llàh enseignait qu'il n'y a qu'un seul Dieu, une seule race humaine, et que toutes les religions du monde sont des étapes de la révélation de Dieu, de sa volonté pour l'humanité et du but qu'il lui na assigné.

Toutes ces pistes n'ont rien de contraignant, elles sont à la portée de tout un chacun,doivent susciter la réflexion,chacun à son niveau peut se positionner pour participer à la construction d'un avenir meilleur aux générations futures. C'est ce à quoi nous nous engageons en faisant partager les travaux des ONG auprès de l'ONU et des chefs d'Etats avec le particulier, les institutions locales, régionales et nationales à l'occasion de cette année internationale des personnes agées sur le thème "Une société pour tous les âges".

PROJET DE CYBERESPACES

 Emergence d'un nouveau milieu de communication, de pensée et de travail, pour les jeunes et les majors.

Renforcement du lien social dans le sens d'une plus grande fraternité, d'une mise en commun de l'immagination et du savoir.

Nouvelle forme sociale à inventer pour développer l'intelligence collective vers une démocratie en temps réel.

Face aux mutations technologiques et sociales à l'échelle de la planète nous sommes devant des choix important qui vont conditionner l'avenir proche de nos générations futures. Une nouvelle façon de produire des richesses collectives, de travailler, de consommer et d'utiliser son argent.

Face aux problèmes mondiaux il est urgent de trouver des solutions mondiales à long terme. De rendre possible l'insertion dans un processus économique où l'identité des personnes et le lien social pourront s'épanouir dans l'échange des connaissances . ( voir cyberculture de Pierre Lévy, Odile Jacob)

Avant un lieu de convivialité pratiquant l'écoute ; Il est étonnant de constater que les sentiments qui étaient parfaitement effrayants, deviennent supportables dès que quelqu'un vous entend et que des situations qui semblent irrémédiablement confusent, soudain s'éclaircissent lorsque l'on nous comprend.

Un centre culturel intergénération est surtout un lieu où l'on aime se retrouver pour échanger, comprendre et imaginer l'avenir, où l'on aborde une communication inter-active par l'apprentissage des toutes dernières technologies.

Une animation sous forme de consultation où l'on apprend les prises de décisions en toute collégialité.

L'instauration délibérée d'un système d'expression de l'espace du savoir permettra de poser correctement et de résoudre nombre de problèmes cruciaux qui ne trouvent plus aujourd'hui de formulation adéquate dans les concepts et les outils qu'exprimaient les espaces précédents.

Avant tout un lieu de convivialité pratiquant l'écoute ; Il est étonnant de constater que les sentiments qui étaient parfaitement effrayants, deviennent supportables dès que quelqu'un vous entend et que des situations qui semblent irrémédiablement confusent, soudain s'éclaircissent lorsque l'on nous comprend.

Un centre culturel intergénération est surtout un lieu où l'on aime se retrouver pour échanger, comprendre et imaginer l'avenir, où l'on aborde une communication inter-active par l'apprentissage des toutes dernières technologies.

Une animation sous forme de consultation où l'on apprend les prises de décisions en toute collégialité.

L'instauration délibérée d'un système d'expression de l'espace du savoir permettra de poser correctement et de résoudre nombre de problèmes cruciaux qui ne trouvent plus aujourd'hui de formulation adéquate dans les concepts et les outils qu'exprimaient les espaces précédents.

 C'est le but de cette association cultivant ce postulat, stimulant les bonnes relations avec les autres religions, se nourissant de cette atmosphère de paix dont nous avons tous besoin. Une sécurité collective pour les nations et la protection des minorités sont à notre portée pour éclairer nos jeunes dans une perspective bien meilleure que celle qui nous est proposée actuellement .La fréquentation des cyberspaces sera un lieu de convivialité entre générations qui permettra une telle richesse dans les échanges avec tous les pays en pratiquant les arbres de connaissances pour développer "l'intelligence collective" (Pierre Lévy)

ETHIQUE ET EDUCATION

 Aujourd'hui, une urgence s'impose aux hommes de cette fin de siècle, sauver l'humanité de la destruction.Telle est la responsabilité de notre temps! Nous sommes de plus en plus nombreux à reconnaître cette urgence. Pour essayer de débloquer la situation, il paraît opportun de faire des propositions. Aussi allons-nous tenter de voir si, à travers les graves maux dont souffre le monde (insécurité,misère), il n'y aurait pas des points d'accords constructifs qui pourraient servir de dénominateur commun aux hommes de bonne volonté. Ce dénominateur commun donnerait ainsi une unité indispensable à la grande diversité très riche de notre temps.

En matière de sécurité, la gravité de la situation actuelle nous oblige à allier des solutions à la fois collectives et individuelles. D'une part, il faut oeuvrer pour le développement des organismes de paix et de contrôle supranationaux qui, seuls, peuvent conjurer les guerres (exemple,O.N.U. à améliorer). D'autre part, il nous faut aussi faire comprendre au plus grand nombre que la véritable sécurité passe par le respect de la dignité humaine et dépend donc directement de notre comportement individuel. L'apprentissage du respect de soi et des autres n'est-il pas un élément essentiel pour désamorcer le développement de la drogue, de la violence, de la délinquence ? La solution en profondeur des problèmes de sécurité ne dépend pas de l'augmentation du nombre des engins de destruction ou du nombre des gendarmes. Elle dépend de notre aptitude à améliorer nos façons de penser et d'agir. Les remèdes relèvent plus d'un changement qualitatif que quantitatif. Pour ce qui est des problèmes de la famine, de la misère ou du chômage, on a couramment tendance à penser que la crise que nous subissons est une crise économique. Grâce aux sciences et aux techniques, nous avons pour la première fois dans l'histoire de notre monde, les moyens de produire des biens pour satisfaire les besoins essentiels de tous les hommes. Or les problèmes à résoudre sont moins des problèmes de production que des problèmes de répartition et de choix des biens produits. Or les problèmes de choix et de répartition dépendent essentiellement de notre sens de la justice, de notre conception de la solidarité, de notre façon de concevoir notre rôle d'humain parmi les autres hommes.

Aussi les problèmes que nous avons à résoudre, y compris sur le plan économique, sont liés à une mutation de la société qui touche à l'éthique de vie. C'est pourquoi l'Education dans notre monde en crise est primordiale, car d'elle, en grande partie, dépendra que l'homme saura s'adapter et franchir le cap dangereux de notre époque et saura inventer et construire un futur où les relations humaines seront une réplique harmonieuse aux progrès fulgurants de la technique qui bouleverse nos habitudes. C'est en fait toute une conception du système éducatif basée sur une morale de libération de l'homme qui, liée à une meilleure connaissance de l'être humain et de ses potentialités permettra de rompre avecles solutions de la violence. Le véritable problème que nous avons à résoudre aujourd'hui, n'est pas d'imposer, mais de faire appel au bon sens, à la raison et à la logique. Chacun doit devenir le défenseur de sa propre santé et ami de son propre équilibre. Il doit découvrir par lui-même ce qui le rend malheureux, maussade, inquiet, agressif ou au contraire heureux, épanoui, confiant, généreux pour être à même de mieux diriger sa vie et se protéger, si besoin est. Aussi, nos jeunes doivent-ils vivre, au moins à l'école, des valeurs qui développent leur propre sens de la dignité et leur esprit critique, afin de donner à chacun le choix de son comportement en meilleure connaissance de cause. Le changement qualitatif de l'école ne peut s'opérer que par l'expérimentation dans le quotidien, de valeurs humanitaires vitales. Ces valeurs doivent être reconnues par l'équipe éducative. C'est pourquoi ces valeurs ne peuvent qu'être le résultat d'un consensus émanant de toutes les familles de pensées, qu'elles soient d'ordre spirituel, philosophique ou social. Et ce consensus ne serait-il pas en même temps le meilleur garant d'une véritable liberté pour tous qui nécessite le respect de soi et des autres pour éviter les dangers du laxisme ou de l'autoritarisme ? Mais il faut être bien conscient que le respect de soi et des autres pour éviter les dangers du laxisme ou de l'autoritarisme ? Mais il faut être bien conscient que le respect de soi et des autres n'est pas inné, d'où la grande responsabilité des familles et de l'école qui ne peuvent faire abstraction de cet important apprentissage de la dignité. Ce consensus aujourd'hui est-il possible ?

Oui, car c'est une necessité de survie de l'humanité et parce que c'est aussi la logique même de la vie que nos enfants nous permettent de découvrir chaque jour. Quelles sont en effet les qualités de vie nécessaires au développement harmonieux de nos enfants ? Tous nos enfants ont besoin pour leur équilibre et leur épanouissement, de vivre en confiance, ce qui exige transparence et estime. Dans ces conditions favorables d'authenticité, l'enfant développe une force intérieure qui l'entraine naturellement à une attitude de non peur et à une non-violence tout en développant une affirmation de lui-même dans le respect de l'autre.

Tous nos enfants ont encore besoin pour leur équilibre et leur épanouissement d'être reconnus pour eux-mêmes ce qui exige l'acceptation de la différence. La reconnaissance du droit à la différence donne à l'enfant, en même temps que l'esprit de la tolérance, une motivation profonde indispensable à son action réfléchie, base de sa réussite. Tous nos enfants ont besoin aussi, pour leur équilibre et leur épanouissement, de satisfaire leur curiosité ce qui leur permet de développer le goùt de la recherche et de la compréhension, de s'ouvrir à la créativité, à la solidarité, aux problèmes généraux voire universels et à l'espérance.

 

SYMPOSIUM TRAITANT DE L'EDUCATION A LA PAIX

1 - Reflexions générales

Nul ne conteste que l'école est le lieu privilégié de la transmission des savoirs. Mais l'école remplirait-elle sa mission d'éducation si elle se limitait à ce seul rôle ? Nous vivons dans un monde en pleine mutation. L'introduction de techniques de plus en plus sophistiquées, la riche diversification des méthodes éducatives exigent un fil conducteur commun à tous qui donne une unité à l'ensemble, sinon la société au lieu de s'adapter et de muter risque de se détruire.

Couramment on a tendance à penser que la crise que nous subissons est une crise économique. Ne serait-elle pas une mutation plus générale qui touche à l'éthique de vie ? En effet, même les problèmes économiques de répartition des biens produits ou de la répartition du travail sont liés directement à l'éthique, c'est-à-dire à notre sens de la justice, à notre conception de la solidarité, à notre façon de concevoir notre vie d'homme parmi les autres humains. Aussi les problèmes qui nous sont soumis aujourd'hui, y compris sur le plan économique, ne sont-ils pas d'abord d'ordre qualitatif ? C'est pourquoi, l'éducation dans notre monde en crise, est primordiale car d'elle, en grande partie, dépendra que l'homme saura s'adapter et franchir le cap dangereux de notre époque et surtout saura inventer et construire un futur où les relations humaines seront une réplique harmonieuse au progrès fulgurant de la technique qui bouleverse nos habitudes de vie et de travail et augmente nos temps de loisirs.

Dans l'immédiat que faire pour chercher des solutions de fond ? - a) Il nous faut prendre conscience que les problèmes à résoudre sont des problèmes d'ordre qualitatifs qui dépendent de la mentalité, du comportement de l'homme, de son esprit de justice, de son sens de la liberté et de son aptitude à la fraternité.- b) Il faut que nous soyons aussi persuadés que la qualité de la vie n'est pas une donnée innée ou spontanée, qu'elle ne s'improvise pas, qu'elle est la résultante de la culture, de l'éducation, des principes de vie adoptés et des moyens audio-visuels mis au service des hommes.

A l'école ce sont les adultes qui doivent permettre aux enfants de vivre les valeurs fondamentales qui apportent la solution de leurs petits problèmes quotidiens. C'est ainsi que notre jeunesse acquerrera peu à peu les bases d'un comportement réfléchi qui la libéreront en la responsabilisant naturellement et en lui donnant le sens de l'intérêt général.

 

II - Approche du comportement humain

Besoins fondamentaux de l'être humain

 a) - L'homme pour se construire, qu'il le veuille ou non, a besoin de valeurs sociales reconnues par les autres, de principes de vie, de véritables points de repère sans lesquels il perd sa raison de vivre. Aujourd'hui, la morale de nos aïeux trop contraignante, est remise en question et avec elle toutes les habitudes de vie sont en train de basculer.. En effet que constatons-nous, d'autres valeurs, souvent non conscientes, s'imposent de plus en plus et gagnent toutes les couches de la société : loi du plus fort, argent, mensonge, arrivisme par tous les moyens, orgueil, égoïsme, compétition ... Ces fausses valeurs entrainent une méfiance généralisée, galopante et une insécurité mêlèe de sentiment d'impuissance, d'où un développement de l'esprit d'auto-défense et de violence, ou au contraire un désir de fuite et d'irresponsabilité... Pourtant l'enfant, l'humain pour se développer dans de bonnes conditions ont tous besoin de certaines valeurs sociales vitales, indispensables à leur épanouissement. En premier lieu peuvent-ils vraiment s'épanouir, pour le plus grand bien de tous, sans un climat de confiance qui exige avant tout, transparence et fidélité de la parole donnée ? b) - Nécessité de déterminer, dans un large concensus, les valeurs vitales à respecter par tous. Les humains, pour se développer harmonieusement et s'épanouir, ont donc intérêt à dégager et à codifier des principes de vie constructifs mûrement réfléchis, plutôt que de se laisser conduire par le laisser faire qui impose, en fait, de fausses valeurs de base qui touchent au respect de la dignité de la personne, au fur et à mesure que se produisent les petits événements les mettants en défaut.

Encore faut-il que les enseignants, et la formation continue, aient eux-mêmes des points de repères fixes qui leur paraissent essentiels et justes. D'où la nécessité d'obtenir rapidement un large concensus des différentes familles spirituelles et philosophiques sur les valeurs vitales à promouvoir dans nos établissements scolaires qui conduisent au respect de la vie de la personne.. c) - Quelques propositions. Il est souhaitable de proposer aux enseignants du monde, aux associations et aux parents d'élèves,, la promotion d'une éducation civique dans les écoles et dans chaque foyer; Pour celà un guide du pédaguogue est nécessaire, il pourrait s'intituler "comment devenir citoyen du monde ?"il développerait les points suivants : 1)-Compréhension et conception universelle de la justice et de la morale. 2)- Changement de mentalité : lutte contre les préjugés nationaux, religieux, raciaux, sociaux... 3)- Nécessité d'un nouvel ordre mondial avec ses lois et ordonnances. 4)- Etude comparative des religions à leurs bases. 5)- Administration - apprentissage des prises de décisions collégiales par la consultation. 6)- Paix mondiale - L'homme arrive à un carrefour : il doit choisir entre désastre en cours ou la paix mondiale.

 

LES BASES SPIRITUELLES D'UNE SOCIETE

En traitant des problèmes économiques et sociaux, Bahà'u'llàh et Abdu'l-Bahà ont souligné que la réorganisation d'une activité économique dans le but de réduire les conflits d'intérêts n'était qu'une partie de la solution. La racine profonde de l'injustice économique dans le but de réduire les conflits d'intérêts n'était qu'une partie de la solution. La racine profonde de l'injustice économique est l'avidité humaine. L'état d'esprit devrait donc changer de manière fondamentale. Si les individus demeurent égoistes, immatures, avides et dépourvus de valeurs spirituelles, le plus parfait schéma économique lui-même ne fonctionnera pas. Une solution satisfaisante à la calamité économique actuelle du monde repose dans un profond changement de coeur et d'esprit que seule la religion peut produire: " les principes fondamentaux de la situation économique entière sont divins de nature et associés au monde du coeur et de l'esprit". Ce principe est valable non seulement en économie, mais aussi pour la totalité des activités et problèmes de l'homme. Les enseignements baha'is insistent sur le fait que sa nature fondamentale est spirituelle et qu'il ne peut y avoir de solution durable a un problème humain qui ne tienne compte de ce fait. Tout est fondamentalement lié au but spirituel de l'existence de l'homme, qui est la connaissance et l'amour de Dieu et le développement des qualités spirituelles et des vertus. C'est pourquoi Bahà'u'llàh et Abdu'l-Bahà ont donné des directives recouvrant une aussi grande étendue des activités humaines.

Il ne peut y avoir de nette séparation entre les aspects séculiers et religieux de la vie. Toute vie doit être vécue dans une optique spirituelle si elle veut être vécue avec succès. Puisque la religion représentée par la révélation progressive de Dieu à l'humanité, a pour objectif principal la dimension spirituelle de l'homme, il en résulte que seule la vraie religion peut former la base de la société, et que toute tentative purement humaine pour résoudre les problèmes du monde sans se référer à la religion et à la volonté de Dieu pour elle est vouée à l'échec. C'est dans ce contexte que Shoghi Effendi a écrit: "L'humanité...., hélas, s'est égarée trop loin et a subi un trop grand déclin pour être rachetée par les seuls efforts des meilleurs d'entre les hommes d'Etat et ses dirigeants officiels, quelques désinterressés soient leurs mobiles, quelque concertée que soit leur action ... Aucun projet que les calculs de la politique la plus altruiste puissent encore imaginer, aucune doctrine que le plus distingué des théoriciens économiques puisse espérer avancer; aucun principe que le plus ardent des moralistes s'efforcerait d'inculquer ne pourra, en ce dernier ressort, fournir les bases appropriées sur lesquelles puisse être édifié l'avenir du monde éperdu".

  

Une langue auxiliaire universelle

La multitude de langues qui caractérise le monde moderne est une importante entrave à l'unité mondiale. A un simple niveau de communication, l'existence de tant de groupes linguistiques différents empêche le libre cours de l'information et permet difficilement à l'homme moyen actuel d'avoir une perspective universelle des événements du monde. Il y a aussi la tendance manifestée par un groupe donné ou une nation à s'attacher à sa langue et à sa littérature, et par conséquent à les considérer comme supérieures à celles des autres peuples. Ce chauvinisme linguistique conduit fréquemment au conflit. Il n'est par conséquent pas surprenant que Bahà'u'llàh prescrive l'adoption d'une langue auxiliaire universelle en vue de l'unification de l'humanité. Il a conseillé d'enseigner une seule langue comme seconde langue dans les systèmes éducatifs du monde. ainsi, en une seule génération chacun appendrait sa propre langue maternelle et, en sus, la langue universelle. Cette dernière pourrait aussi bien être une langue inventée, comme l'espéranto, ou une langue déjà existante. L'avantage d'une langue existante est qu'une partie de la population mondiale la posséderait déjà.

Une langue inventée aurait cependant l'avantage d'être neutre d'un point de vue émotionnel et permettrait l'adoption d'une grammaire simplifiée et régulière. Les baha'is sont attachés au principe de l'établissement d'une telle langue auxiliaire universelle, mais sans se porter vers une langue spécifique plutôt que vers une autre, qu'elle soit naturelle ou inventée. Le choix de la langue a utiliser sera fait par un comité international d'experts et ratifié par les nations du monde. Bahà'u'llàh a souligné que cette langue universelle serait une langue auxiliaire, c'est-à-dire qu'elle ne supprimerait pas les langues naturelles qui existent déjà. Le concept de l'unité dans la diversité doit être appliqué aux différences de langage de la même manière qu'il est appliqué aux autres différences. Etant donné que les pressions exercées pour l'assimilation des groupes linguistiques minoritaires viennent de l'agrandissement naturel des groupes linguistiques majoritaires, l'existence d'une langue universelle aidera à préserver les langues minoritaires et par conséquent les schémas culturels minoritaires.

Les deux aspects de la révélation

Avant même de comprendre les enseignements baha'is, il est important de saisir le rôle que joue la révélation dans l'histoire humaine. Dans leurs expliquations du concept de la révélation progressive, Bahà'u'llàh et Abdu'l-Bahà nous ont montré que chaque révélation a deux buts fondamentaux. Le premier étant que chacun sert d'abord, d'une manière générale, à parfaire notre connaissance de Dieu et de la volonté de Dieu pour nous, notre connaissance des autres et notre connaissance de nous-mêmes. Mais chaque révélation vient à une époque et dans un lieu particulier de l'évolution sociale, à un moment où l'humanité est confrontée à certains problèmes particuliers et à des besoins spécifiques. En conséquence de quoi, chaque révélation a pour deuxième but de fournir à l'humanité des directives pratiques et la connaissance nécessaire pour faire face aux défis immédiats. Par conséquent, de cette manière elle répond aux besoins de chaque âge nouveau, les décrets directeurs de chaque révélation ayant deux aspects : le premier est l'universel (ou éternel) et le second, le social (ou temporel). Abdu'l-Bahà décrivit ainsi ces deux aspects de la religion : "Les religions divines comprennent deux sortes d'ordonnances. D'abord celles qui constituent les enseignements essentiels, ou spirituels, de la parole de Dieu. Ces ordonnances sont : la foi en Dieu, l'acquisition des vertus qui caractérisent la maturité parfaite, les principes moraux louables, l'acquisition des bénédictions et bienfaits émanant du royaume divin - en résumé, les ordonnances qui concernent les domaines de la morale et de l'éthique. Ceci est l'aspect fondamental de la religion de Dieu et c'est la plus haute importance, car la connaissance de Dieu constitue le besoin fondamental de l'homme... C'est la base essentielle de toutes les religions divines, la réalité même commune à tous... Viennent ensuite les lois et ordonnances qui sont temporaires et secondaires. Elles concernent la conduite et les relations humaines. Elles sont accessoires et sujettes aux changements en fonction des exigences du temps et des lieux. Ces ordonnances ne sont ni permanentes ni fondamentales... Les lois secondaires qui réglementent la conduite de la société et des affaires quotidiennes de la vie sont modifiables et sujettes à abrogation".

L'une des principales source de conflit entre les différents systèmes religieux provient du fait que leurs adeptes ne font pas la distinction entre ces deux aspects de la révélation. Puisque les lois qui régissent la société sont sujettes aux changements, au fur et à mesure de l'évolution de l'humanité, les croyants seront nécessairement perturbés s'ils considèrent que ces lois constituent des absolus immuables. Jésus, par exemple, a modifié un certain nombre de lois juives, au grand désarroi des disciples orthodoxes de la dispensation mosaïque. Selon les baha'is le plus important problème social de notre temps est l'absence d'unité. Des principes tels que l'établissement d'une langue auxiliaire universelle sont clairement destinés à contribuer de manière pratique à l'établissement de l'unité mondiale. Cependant, l'unité est une marque d'amour, alors que la désunion est une forme de haine. 'Abdu'l-Bahà a dit que l'amour était l'enseignement fondamental de Dieu pour l'humanité et un principe universel commun à toutes les religions. Ainsi les nombreux problèmes sociaux dus à l'absence d'unité proviennent, en dernière analyse, d'un manque de spiritualité. Les baha'is considèrent un grand nombre des enseignements de Bahà'u'llàh (par exemple l'égalité de l'homme et de la femme), à la fois comme les expressions de vérités spirituelles universelles et comme des facteurs essentiels dans la résolution des problèmes sociaux actuels.

 

MESSAGE DE 'ABDU'L-BAHA (29 septembre 1911)

 Dieu envoie des Prophètes pour l'éducation des hommes et le progrès de l'humanité. Chacune de ces Manifestations de Dieu a élevé l'humanité. Elles sevent le monde entier par la bonté de Dieu. La preuve certaine qu'elles sont des Manifestations de Dieu réside dans le progrès et l'éducation des hommes. Les juifs étaient au plus bas degré de l'ignorance et captifs du Pharaon quand Moïse apparut et les éleva à un haut degré de civilisation. Ainsi vint le règne de Salomon, et l'humanité connut les sciences et les arts. Les philosophes grecs eux-mêmes étudièrent l'enseignement de Salomon. Il fut donc prouvé que Moïse était un Prophète.

Avec le temps les Israélites dépérirent, et devinrent les sujets des Romains et des Grecs. Alors la brillante étoile de Jésus s'éleva à l'horizon sur les Israèlites, illuminant le monde, jusqu'à ce que la beauté de l'unité soit enseignée à toutes les sectes, croyances et nations. Il ne peut y avoir de meilleur preuve que Jésus fut le Verbe de Dieu.

Il en fut de même pour les nations arabes qui, n'étant pas civilisées, subissaient l'oppression des gouvernements perses et grecs. Quand la lumière de Muhammad brilla, toute l'Arabie fut illuminée. Ces peuples opprimés et avilis devinrent éclairés et cultivés, à tel point en effet que les autres nations s'imprégnèrent de la civilisation des Arabes. Ce fut la preuve de la mission divine de Muhammad.

Tout l'enseignement des Prophètes est un, une seule foi, une seule lumière divine brillant à travers le monde. Maintenant, sous la bannière de l'unicité de l'humanité tous les peuples de toutes les croyances devraient se détourner des préjugés, devenir amis et croire en tous les Prophètes. Tout comme les chrétiens croient en Moïse, les juifs devraient croire en Jésus. Tout comme les musulmans croient dans le Christ et en Moïse, de même les juifs et les chrétiens devraient croire en Muhammad. Alors tous les conflits disparaîtraient, et tous seraient unis. Bahà'u'llàh est venu dans ce dessein. Il a fait de trois religions une seule. Il a levé au centre du monde l'étendart de l'unicité de la foi et de l'honneur de l'humanité. Aujourd'hui nous devons nous rassembler autour de cet étendart, et essayer de tout notre coeur et de toute notre âme d'établir l'unité du genre humain.

C'est le but de cette association cultivant ce postulat, stimulant les bonnes relations avec les autres religions, se nourissant de cette atmosphère de paix dont nous avons tous besoin. Une sécurité collective pour les nations et la protection des minorités sont à notre portée pour éclairer nos jeunes dans une perspective bien meilleure que celle qui nous est proposée actuellement .La fréquentation des cyberspaces sera un lieu de convivialité entre générations qui permettra une telle richesse dans les échanges avec tous les pays en pratiquant les arbres de connaissances pour développer "l'intelligence collective" (Pierre Lévy)

 

L'ORDRE MONDIAL DE BAHA'U'LLAH

De nombreuses personnes ont des doutes quant à l'existence de Dieu parce qu'elles sont incapables de découvrir quoi que ce soit qui leur prouve qu'il existe vraiment. Savoir qui est Dieu et être sûr de son existence est certainement l'une des plus grandes questions à la fois philosophique et religieuse. La foi baha'ie enseigne que Dieu nous a donné une preuve évidente de son existence et de son amour pour nous : les manifestations qu'il envoie à chaque époque pour faire connaître sa volonté à l'humanité.

Selon Bahà'u'llàh, Dieu a promis qu'il enverrait une série de manifestations pour guider et instruire l'humanité. Dans les écrits baha'is, cette promesse est appelée la grande alliance.Cette succession de manifestations, ou messagers de Dieu, remonte à l'aube des temps : Moïse a succédé à Abraham ; Jésus a suivi Moïse ; et Mohammed est apparu après Jésus. La succession s'est poursuivie à notre époque avec l'avènement de Bahà'u'llàh. Chacun des autres messagers divins, aussi bien ceux que l'histoire connaît que ceux dont le souvenir a été perdu, a eu un rôle important à jouer dans l'ordre divin des choses.

Une alliance est un accord ou contrat engageant les deux parties. Dans sa grande alliance, Dieu a promis une succession de manifestations. Bahà'u'llàh nous enseigne que l'humanité, en réponse à cet engagement divin, a une double obligation envers Dieu : elle doit reconnaître et accepter la manifestation lorsqu'elle vient à paraître, et obéir et s'efforcer de mettre en pratique ses enseignements. Bahà'u'llàh nous dit : Ces devoirs jumaux sont inséparables. L'un sans l'autre est inacceptable.

C'est pour cette raison que les baha'is d'origine juive, chrétienne ou autre ne considèrent pas qu'ils ont abandonné leurs anciennes croyances en devenant baha'is. Ils pensent qu'ils répondent à leurs obligations en tant que croyants et disciples de la manifestation de Dieu qui a fondé leur propre tradition religieuse. Ils ont, en fait, honoré l'alliance en reconnaissant la succession des manifestations de Dieu, plutôt qu'en n'en suivant qu'une seule et en considérant que les enseignements de cette dernière sont supérieurs à ceux de toutes les autres. Ils considèrent ainsi qu'ils ont rempli l'obligation spirituelle qu'ils avaient héritée de la foi de leurs parents.

Un autre point au sujet de ce concept baha'i de grande alliance doit être souligné. Cette succession de manifestations n'ayant pas eu de commencement, elle n'aura pas de fin. La révélation baha'ie ne prétend pas être l'étape finale dans la gestion par Dieu de l'évolution spirituelle de l'humanité. Selon les paroles de Bahà'u'llàh : Dieu a envoyé ses messagers ici-bas pour succéder à Moïse et à Jésus, et il continuera à faire de même jusqu'à " la fin qui n"a pas de fin ".... Les écrits baha'is contiennent l'assurance qu'après l'écoulement complet de mille années, un autre messager ou manifestation de Dieu apparaîtra pour poursuivre ce processus évolutif infini.

A l'intérieur de cette vaste alliance, il existe d'autres liens entre l'humanité et Dieu qui marquent des étapes spécifiques dans son évolution et dans le développement de la civilisation. Toutes deux sont passées par des étapes différentes, et les baha'is pensent que chacune des religions révélées a permis d'atteindre un but spécifique dans ce processus global. De même que le petit enfant apprend progressivement en grandissant (il apprend à manger, marcher, lire, travailler avec les autres, etc.) afin de mûrir, de même l'humanité croît lentement vers sa maturité spirituelle en concentrant successivement son attention sur le développement de différentes capacités spirituelles.

Par exemple, au travers de la révélation d'Abraham, les hébreux prirent conscience de l'unicité de Dieu et purent alors explorer les potentialités du développement humain que recelait cette profonde vérité. Le temps aidant, ce concept influença profondèment toutes les civilisations occidentales et islamiques. De même, Moïse révéla la loi de Dieu à l'humanité, Bouddha nous montra comment nous détacher de notre moi, et Jésus-Christ nous enseigna l'amour de Dieu et l'amour des autres êtres humains. Bahà'ullàh a expliqué que ce développement progressif de la conscience spirituelle de l'humanité est à la fois naturel et nécessaire. L'enfant doit apprendre à marcher avant d'apprendre à courir et à sauter.

Pour accomplir une tâche particulière, nous devons apprendre quels sont les moyens qui nous permettront d'y parvenir. Selon la foi baha'ie, chaque manifestation a procuré les moyens essentiels, à ceux qui ont reconnu son rang, en établissant une alliance entre ses disciples et lui-même. Dans les enseignements baha'is, on fait référence à cette alliance sous le nom de moindre alliance.. Elle est reformulée par chacun des messagers de Dieu selon les besoins changeants d'une race humaine en évolution. Elle est moindre non pas parce qu'elle est considérée comme sans importance, mais parce qu'elle fonctionne à l'intérieur de la structure des buts et objectifs de la grande alliance. On pourrait appeler la moindre alliance une alliance auxiliaire ou subsidiaire, car elle participe aux objectifs plus importants et éternels de Dieu.

" Des érudits baha'is ont remarqué que l'on faisait aussi référence à la moindre paix dans les écrits des autres religions. Dans le Deuteronome 29 :10-13, Moïse a établi une alliance sous serment avec ses disciples, le peuple d'Israël, qui faisait de Dieu leur protecteur et défenseur à condition qu'à leur tour ils constituent son peuple et obéissent à ses lois. Il existe un schéma semblable dans le Nouveau Testament, rendu manifeste par les promesses de Jésus à ses disciples, à savoir que, s'ils obéissaient à ses enseignements, ils recevraient certainement pouvoirs et bénédictions. Il demanda par exemple aux chrétiens d'aller de l'avant et d'enseigner toutes les nations, d'observer ce que je vous ai demandé. En retour il leur promit : Demandez et il vous sera donné ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira. (voir Matthieu 7 :7-8 et 28 :19-20.) "

Comme nous l'avons déjà fait remarquer, les baha'is considèrent que la mission spécifique de la foi baha'ie est l'établissement de l'unité mondiale. L'alliance de Bahà'u'llàh va par conséquent dans ce sens. Pour les baha'is, l'unité mondiale implique non seulement l'émergence d'un fort sentiment de fraternité et d'amour parmi tous les peuples, mais aussi la création d'institutions globales nécessaires à l'établissement d'une vie sociale harmonieuse et unie pour la planète. La guerre doit être éliminée de manière permanente et la paix universelle fermement établie parmi toutes les nations et communautés de la terre.

Dans les écrits baha'is, cette vision du futur de l'humanité est appelée l'ordre mondial de Bahà'u'llàh. Par son étendue, une telle vision coupe le souffle. Alors que la plupart des gens s'accorderaient sans doute sur le fait que cet objectif baha'i est méritoire, un grand nombre d'entre eux estimerait qu'il est utopique de croire que l'on peut réellement établir une telle société. De plus, la plupart pensent que la religion devrait s'occuper exclusivement du développement spirituel de l'individu, et ils sont étonnés de découvrir une foi qui met si fortement l'accent sur la vie collective de l'humanité, sur différentes formes d'organisations sociales et sur la réalisation d'objectifs sociaux.

La raison de la confiance baha'ie dans le fait que le temps est venu d'unifier l'humanité repose dans leur croyance que l'unité mondiale est la volonté de Dieu : c'est Dieu qui veut que l'humanité soit unie ; il nous a créés avec un certain potentiel pour l'unité et nous a fourni les moyens de développer ce potentiel. L'alliance de Bahà'u'llàh est considérée comme l'instrument premier accordé par Dieu pour libérer ce potentiel spirituel et parvenir subséquement à l'unité mondiale. Cette alliance nous fournit une puissance spirituelle qui génére l'espoir, change les cœurs et fait fondre les préjugés. Elle nous fournit également un système de lois sociales et d'institutions qui est basé sur des principes spirituels et qui nous rattache aux affaires courantes de la vie de l''humanité. Les bahai''s pensent que par l''ntermédiaire de ce système, l''humanité sera à même de créer une société globale fondée sur la justice L''équilibre du monde a été bouleversé par la vibrante influence de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. La vie ordonnée de l'humanité a été révolutionnée par l'action de cet unique et merveilleux système, dont les yeux des mortels n'ont jamais vu l'équivalent.

 

C'est Abdu'l-Bahà, le fils de Bahà'u'llàh, qui fut le principal acteur de l'établissement des fondations du système de son père. Le rôle joué par Abdu'l-Bahà dans l'histoire baha'ie a été traité précédemment ; l'importance de son rôle dans la mission de Bahà'u'llàh est réfléchie dans le fait que Bahà'ullàh l'a désigné comme le centre de mon alliance. Il autorisa Abdu'l-Bahà à interpréter la révélation baha'ie et l'assura que son interprétation serait infailliblement guidée par Dieu. Bahà'u'llàh confia aussi à son fils le soin de s'occuper de la mise en pratique de ses enseignements, ainsi que la responsabilité de prendre toutes les décisions nécessaires à l'établissement des institutions de son ordre mondial. C'est en agissant selon cette autorité qui lui avait été conférée que Abdu'l-Bahà produisit tous les écrits qui font maintenant partie de la littérature de base de la foi baha'ie.

Abdu'l-Bahà nomma à son tour Shoghi Effendi Rabbani Gardien de la communauté baha'ie et interprète des écrits saints après lui, et Abdu'l-Bahà supervisa la création des premières assemblées spirituelles locales destinées à devenir les institutions fondamentales de l'ordre mondial. L'œuvre de Shoghi Effendi rendit possible l'établissement de la Maison Universelle de Justice.

L'exemple de la vie de Abdu'l-Bahà démontre le caractère pratique et valide des enseignements de Bahà'u'llàh sur la vie et le développement spirituel de l'individu. Il n'est cependant pas considéré comme une autre manifestation ou messager de Dieu au même titre que le Bàb ou Bahà'u'llàh. Alors que l'autorité d'une manifestation lui vient directement de Dieu et fait partie de sa nature spirituelle même, l'autorité de Abdu'l-Bahà lui fut conférée pae Bahà'u'llàh. Toutefois les baha'is pensent que Abdu'l-Bahà a été investi de la qualité unique de servir d'exemple parfait des enseignements baha'is, Shoghi Effendi le décrit en ces termes : Il est, et devrait être considéré à jamais, en tout premier lieu, comme le Centre et le pivot de l'incomparable alliance universelle de Bahà'u'llàh, comme son œuvre la plus exaltée, le miroir immaculé de sa lumière, l'exemple parfait de ses enseignements, l'interprète infaillible de sa parole, la personnification de chaque idéal baha'i... ; en la personne de Abdu'l-Bahà, les cractéristiques incompatibles d'une nature humaine, d'une connaissance et d'une perfection " suprahumaines " ont été fondues et sont en complète harmonie.

 

La conviction de la " praticabilité " de l'unité mondiale, ainsi que la consécration à ce but et le désir d'œuvrer dans ce sens, est probablement la caractéristique la plus distinctive de la communauté baha'ie. C'est la différence la plus évidente qui existe entre la foi baha'ie et les précédentes religions révélées. En ce qui concerne ses enseignements d'ordre spirituel et ses doctrines de bases, la foi baha'ie a de nombreux points en commun avec les religions traditionnelles, en particulier avec les religions du groupe sémitique (judaïsme,christianisme et islam). Par contre, l'accent mis par les baha'is sur l'établissement de l'unité mondiale et d'une civilisation mondiale, né de leur foi dans l'alliance établie avec eux par Bahà'u'llàh, est à la fois contemporain et unique. Dans une étude fort connue sur les possibilités d'une unité mondiale et d'une civilisation globale, le sociologue américain, le professeur Warren Wagar dit : ...de toutes les religions positives contemporaines se réclamant d'autorité divine, la seule qui se consacre presque exclusivement et sans ambiguïté à l'unification de l'humanité est la foi baha'ie.

Cette alliance particulière qu'a établie Bahà'ullàh avec l'humanité fonctionne par l'intermédiaire d'un système appellé l'ordre administratif.Nous avons déjà vu que les enseignements et les écrits de Bahà'ullàh, on trouve certains concepts et doctrines de base, des exhortations et prncipes destinés à guider l'humanité, des lois et ordonnances considérées comme essentielles au développement personnel et à l'organisation sociale, et des institutions spécifiques qui font partie intégrante de la révélation Baha'ie et ne peuvent être dissociées des enseignements spirituels.

Les lois et ordonnance d'une part, les institutions de la communauté baha'ie d'autre part, constituent le système intitulé l'ordre administratif de la foi baha'ie. C'est par l'intermédiaire de cet ordre administratif que se manifeste essentiellement la moindre alliance de Bahà'u'llàh avec l'humanité. La caractéristique distincte de cette moindre alliance réside dans le fait que son fondateur a spécifié les lois et institutions qui devront gouverner la communauté de ses disciples à travers l'histoire. De plus, ce dernier a expliqué dans ses propres écrits, signés et scellés de sa main, la nature exacte de chacune de ces institutions : ses limites, ses attributions, sa fonction et son rôle. Les fondations de ce système ont été mises en place par Abdu'l-Bahà et par le Gardien de la foi baha'ie, Shoghi Effendi, tous deux agissant par l'autorité que leur avait explicitement conférée Bahà'ullàh et selon ses directives écrites.

Les deux principales institutions de l'ordre administratif, décrites par Shoghi Effendi comme étant ses piliers, sont le Gardiennat et la Maison Universelle de Justice. Bien qu'il ne soit plus en vie, son interprétation des enseignements baha'is conserve le même degré d'autorité pour la communauté baha'ie qu'au temps du Gardiennat. La Maison Universelle de Justice fut instituée par Bahà'u'llàh lui-même comme organe législatif suprême de l'ordre administratif baha'i. La Maison Universelle de Justice a déclaré à propos du rapport existant entre la Maison Universelle de Justice et le Gardiennat :

Il est bien entendu ... qu'avant de légiférer sur un sujet quelconque, la Maison Universelle de Justice étudie soigneusement et longuement, à la fois, les textes sacrés et le écrits de Shoghi Effendi sur le sujet. Les interprétations données par le Gardien bien-aimé couvrent un grand nombre de sujets et possèdent autant de poids que le texte lui-même.

Bahà'u'llàh a donné le nom de maison de justice à ces institutions législatives centrales de sa foi. Une maison de justice est constituée de neuf adultes élus périodiquement par tous les adultes croyants de la communauté. Des maisons de justice seront établies à trois niveaux :

· local (une municipalité ou un groupe distinct d'habitats) ;

· secondaire (en général national) ; et

· international.

Actuellement, cette institution n'existe qu'au niveau international, depuis l'élection de la première Maison Universelle de Justice à la Convention internationale 1963. C'est le seul agent législatif de la foi et, selon des textes explicites de Bahà'u'llàh et de Abdu'l-Bahà, ses décrets ont pour les baha'is la même autorité que les textes eux-mêmes. La différence est que la Maison Universelle de Justice a le pouvoir de révoquer ou de modifier un de ses propres décrets au fur et à mesure de l'évolution de la communauté bahaie et des nouvelles conditions qui émergeront, alors que les lois contenues dans les textes baha'is demeurent immuables.

L'administration de la foi baha'ie à un niveau local et national se trouve actuellement entre les mains d'assemblées spirituelles locales et nationales. Ces institutions sont élues et fonctionnent de la même manière qu'une maison de justice, elles porteront ultérieurement le nom de maisons de justice secondaires et locales.

Les baha'is pensent que, si les maisons de justice locales et secondaires sont gudées par Dieu, seules les décisions de la Maison Universelle de Justice sont inspirées et font autorité. Pour eux cette institution represente l'effort suprême accompli par l'humanité pour parvenir à Dieu dans un esprit d'unité et d'harmonie. Bahà'u'llàh a déclaré que c'est Dieu Lui-même qui a rendu cela possible, et qu'il préservera de l'erreur les décrets de la Maison Universelle de Justice.

Il existe aussi des institutions baha'ies à un niveau continental, national, régional et local, certaines étant élues et utilisant pour fonctionner la consultation collective et la prise de décision par vote, d'autres étant nommées et opérant principalement par l'intermédiaire de services rendus individuellement par ses membres.

Ce système d'institutions fait partie intégrante de la foi baha'ie et ne peut être détaché des principes et enseignements purement spirituels. Les baha'is pensent que leur ordre administratif représente le noyau et le modèle d'un nouvel ordre social destiné à réaliser l'unification de l'humanité. Voici ce

qu'en dit Shoghi Effendi :

... cet ordre administratif diffère fondamentalement de tout ce que les prophètes ont établi dans le passé, puisque Bahà'u'llàh lui-même en a révélé les principes et établi les institutions, qu'il a désigné la personne destinée à interpréter sa parole et investi de l'autorité nécessaire le corps (la Maison Universelle de Justice) conçu pour compléter ses ordonnances législatives et les faire appliquer.

Il est important de faire clairement la distinction entre l'ordre administratif de la foi baha'ie et le futur ordre mondial conçu par Bahà'u'llàh. Lorsqu'ils parlent de l'ordre mondial, les baha'is font référence au plein effet qu'auront, d'après eux, les enseignements du fondateur de leur foi sur l'établissement d'un gouvernement mondial, d'une paix durable et d'une civilisation planétaire unie. Cet ordre mondial, de toute évidence, n'existe pas encore ; mais il est le but vers lequel tend la communauté baha'ie. Par contre, les principales insttitutions de l'ordre administratif existent déjà et font partie intégrante de la communauté internationale des baha'is.

Voici, en partie, le résumé fait par Shoghi Effendi de la vision de Bahà'u'llàh du futur ordre mondial :

L'unité de la race humaine, telle que la conçoit Bahà'u'llàh, suppose l'établissement d'une communauté universelle où toutes les nations, les races, les croyances et les classes sont étroitement et définitivement unies, où l'autonomie des Etats membres ainsi que la liberté et les initiatives personnelles des individus qui les composent sont complétement et catégoriquement sauvegardées. Cette communauté, autant que nous puissions l'imaginer, doit comporter une législature universelle dont les membres, en tant que mandataires de contrôle de l'ensemble des ressources de toutes les nations qui la composeront, et édicteront les lois nécessaires pour régler la vie, pourvoir aux besoins et harmoniser les relations de tous les peuples et de toutes les races.Un pouvoir exécutif mondial, s'appuyant sur une force internationale, veillera à l'exécution des décisions arrêtées par cette assemblée mondiale, à l'application des lois qu'elle aura votées et à la sauvegarde de l'unité organique de la communauté toute entière. Un tribunal mondial se prononcera et délivrera son verdict final et contraignant dans tous les conflits qui pourront s'éléver entre les divers éléments qui constituent ce système universel... Une écriture universelle, une littérature universelle, un système uniforme et universel de monnaie, de poids et de mesure viendront simplifier et faciliter les relations et la compréhension entre les nations et les races...

Rivalités, haine et intrigues entre nations cesseront, et les animosités et les préjugés raciaux feront place à l''amitié raciale, à la compréhension et à la coopération. Les causes de luttes religieuses seront à jamais écartées, les barrières et les restrictions économiques totalement abolies, et la distinction exessive entre les classes sera supprimée... .

 

Les baha'is ne pensent pas que seuls leurs efforts ou leur foi permettra l' établissement de l'ordre mondial. Ils croient que la volonté de Dieu opère de différentes manières et, à différents niveaux, partout dans le monde et chez tous les peuples, pour atteindre ce but élevé. La Ligue des Nations et les Nations Unies sont considérées comme des étapes importantes sur le chemin de l'unification . Aussi, de nombreux baha'is sont-ils des membres actifs de certains bureaux des Nations Unies ainsi que de nombreux autres organismes internationaux apolitiques. Ils maintiennent cependant que leur foi et son ordre administratif ont un rôle central et vital à jouer dans le processus de la création d'un monde uni.

 

 

Afin de comprendre comment les baha'is considèrent le rapport qui existe entre leur foi et son ordre administratif d'une part, et la réalisation de la paix mondiale et l'établissement d'un ordre mondial d'autre part, il peut être utile de se rappeler qu'ils associent la future civilisation mondiale avec le millénium, ou venue du royaume de Dieu, mentionné dans les écrits saints des autres religions. Ils pensent que l'établissement de la paix et de l'unité mondiale représente l'établissement du royaume de Dieu sur terre et le triomphe final du bien sur le mal, ainsi que l'ont prédit en des termes symboliques les précédentes religions. Ils croient que la réalisation de cet ordre mondial est la volonté de Dieu et ce, tout au long de l'histoire de l'humanité.

 

Dans certaines traditions religieuses, l'établissement du royaume de Dieu sur terre est uniquement associé à un acte divin. Elles supposent que le rôle de l'humanité dans ce processus est essentiellement passif et que l'avènement du royaume se fera instantanèment, comme par magie, et de manière surnaturelle.

Les baha'is pensent que Dieu est tout puissant et qu'il pourrait certainement imposer immédiatement son royaume sur terre si telle était réellement sa volonté. Bahà'u'llàh a expliqué que Dieu cherchait à nous enseigner certaines leçons par la manière dont le royaume s'établit. Les baha'is estiment que les sociétés actuelles ne répondent pas à nos besoins réels parce qu'elles sont fondées sur des attitudes et des pratiques contraires à la loi divine. Ainsi, en même temps que Dieu établit son royaume promis sur terre, il nous donne la possibilité d'apprendre par le biais de l'expérience - expérience qui consiste à assumer dans notre vie les conséquences de nos propres actes - la véritable nature de nos possibilités et de nos limites. Bahà'u'llàh nous a mis en garde : ce n'est qu'en comprenant profondèment nos erreurs passées et en les acceptant que nous pourrons éviter de reproduire ces mêmes erreurs tragiques qui nous ont menés à la situation mondiale actuelle, avec sa menace perpétuelle de guerre, ses souffrances, son exploitation et son désespoir.

Pour Bahà'u'llàh, l'établissement d'un ordre mondial se fera en trois étapes successives. La première est une période de débâcle sociale et d'immenses souffrances, des souffrances qui dépassent en étendue et en intensité toutes celles connues jusqu'alors. Les baha'is pensent que la première étape est déjà bien avancée et que le désordre qui afflige actuellement le monde éprouvera, en son temps, chaque vie humaine et chaque institution sociale. Dans son ouvrage, Voici le jour promis, Shoghi Effendi décrit cette souffrance humaine à la fois comme un châtiment et comme un acte de sainte et suprême discipline de la part de Dieu :

C'est à la fois une épreuve envoyée par Dieu et un processus de purification de toute l'humanité. Ses flammes punissent la pervésité du genre humain et unissent ses composantes en une communauté organique, indivisible et mondiale. L'humanité, dans ces années décisives ..., est sommée à la fois de rendre compte de ses actes passés, de se purifier et de se préparer pour sa mission à venir. Elle ne peut ni échapper à ses responsabilités passées, ni se soustraire à celles à venir.

Selon les baha'is, la période actuelle de souffrances et de difficultés se terminera par une convulsion mondiale, à la fois spirituelle, physique et sociale. Cette crise marquera la fin de la première étape et la transition vers la seconde étape du Plan divin. Bahà'u'llàh a fait référence à cette crise en ces termes :

Nous avons fixé un temps pour vous, ô peuple ! Si vous manquez, à l'heure fixée, de vous tourner vers Dieu, en vérité il se saisira violemment de vous et vous accablera de maux de tous cotés. Terrible sera alors le châtiment que vous infligera votre Seigneur!

La seconde étape du cheminement de l'humanité vers l'ordre mondial verra l'établissement de la moindre paix. A la lumière des différentes déclarations contenues dans les écrits baha'is, il serait probablement plus exact de considérer cette seconde étape plutôt comme une fin durable à la guerre que comme une paix totale et positive. La moindre paix est un terme utilisé pour décrire une paix politique que concluront les nations du monde après un accord international. La principale caractéristique de la moindre paix sera l'établissement de garanties internationales de sécurité qui éviteront la reprise de la guerre entre les nations. Ces garanties seront exposées explicitement dans un traité officiel approuvé par toutes les nations du monde, et elles seront basées sur le principe de la sécurité collective selon laquelle toutes les nations devront se dresser en bloc contre toute nation agresseur. Bahà'u'llàh a dit : Si l'un de vous prenait les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce ne sera là que justice manifeste

Abdu'l-Bahà a développeé ce thème dans le passage suivant :

Ils 'les souverains du monde) devront conclure un traité obligatoire et établir une alliance dont les clauses devront être justes, inviolables et précises. Ils devront la proclamer au monde entier et obtenir sa ratification par la race humaine tout entière... Toutes les forces de l'humanité devront se mobiliser pour assurer la stabilité et la durabilité de cette très grande alliance. Dans ce pacte global, les limites et frontières de chacune des nations devront être clairement définies, le principe à la base des relations entre gouvernements fermement établis et tous accords ou engagement internationaux confirmés... Le principe fondamental sous-jacent à ce pacte solennel devra être fixé de telle manière que si jamais un gouvernement venait à violer l'une de ces clauses, tous les gouvernements de la terre devraient se liguer pour l'obliger à se soumettre ; bien plus encore, l'ensemble de la race humaine devrait décider, en utilisant tous les pouvoirs à sa disposition, de détruire ce gouvernement. Si ce puissant remède pouvait être appliqué au corps malade du monde, il guérirait assurèment de ses maux et demeurerait à jamais sain et sauf.

Les baha'is pensent que la moindre paix suivra de près la fin de la période actuelle de souffrances et de soulèvement sociaux. Ils affirment même que ce sont justement ces dernières tragédies qui amèneront les peuples et les nations à mettre fin à la guerre à tout prix. Abdu'l-Bahà a prédit que la moindre paix sera établie avant la fin de ce siècle

La moindre paix est considérée comme le prélude nécessaire à la troisième étape de la naissance d'un ordre mondial, étape qui ne se fera que beaucoup plus progressivement. Bahà'u'llàh a intitulé cette dernière étape la plus grande paix. Son avènement, a-t-il dit, coïncidera avec la naissance de l'ordre mondial baha'i. La description faite par Shoghi Effendi de ce futur ordre mondial a déjà été citée précèdemment dans ce chapitre. Il en parle dans un autre passage comme la fusion ultime de toutes les races, croyances, classes et nations de la terre, encore inconscientes de la révélation (de Bahà'u'llàh) mettant en place sans le savoir (ses) principes généraux, la plus grande paix devra être la conséquence de la reconnaissance du caractère et des revendications de la foi de Bahà'u'llàh. Les baha'is pensent que c'est au cours de cette évolution de la moindre paix à la plus grande paix que la mission de Bahà'u'llàh sera pleinement reconnue par les peuples de la terre et ses principes consciemment acceptés et appliqués par l'ensemble de l'humanité.

L'ordre administratif de la foi baha'ie est considéré comme la forme embryonnaire du futur ordre mondial. Selon Shoghi Effendi, les institutions et lois de l'ordre administratif baha'i sont destinées à être un modèle pour la société future, un instrument suprême pour l'instauration de la plus grande paix, et le seul moyen d'unifier le monde et de proclamer le règne de la droiture et de la justice sur la terre.

 

Cette vision de la plus grande paix correspond à une vision similaire d'Habakkuk d'un temps où la terre sera inondée par la connaissance et la gloire du Seigneur, de même que les eaux recouvrent la mer (Habakkuk,2 :14). Elle marquera la guérison des nations promise dans l'apocalypse chrétienne (Révélation,22 :2). Elle apportera non seulement une civilisation mondiale, mais aussi la spiritualisation des masses. Elle représente la maturité du genre humain tout entier.

A propos de la plus grande paix, Shoghi Effendi a dit :

Alors naîtra, prospérera et se perpétuera une civilisation mondiale dans une plénitude de vie telle que le monde n'en a encore jamais connu ni même conçu. Alors l'alliance éternelle sera totalement réalisée. Alors seront accomplies la promesse contenue dans tous les livres de Dieu ainsi que toutes les prophéties des prophètes du passé et les prédictions des visionnaires et poètes. Alors la planète, galvanisée par la croyance universelle de ses habitants en un seul Dieu et leur allègeance à une seule révélation, réfléchira, dans les limites qui lui ont été fixée, en des temps immémoriaux, par l'amour et la sagesse de son créateur.

La volonté de Dieu, selon les baha'is, agit de deux manières ou a deux niveaux. Il y a, d'une part, la volonté de Dieu en général qui pénètre toutes choses et se meut au cœur de tout événement de l'histoire de l'humanité, tout insignifiant qu'il puisse paraître. Toute chose sert à long terme le but de Dieu qui est d'unifier le genre humain. C'est pour cette raison que les baha'is s'associent à de nombreuses causes humanitaires et universelles et essaient d'apprécier les éléments positifs d'autres causes, dont par ailleurs ils ne partagent pas toujours entièrement la philosophie.

 

D'autre part ils pensent que leur foi et leur ordre administratif représentent une articulation spécifique de la volonté de Dieu pour cette époque. C'est par cet intermédiaire que l'esprit et le modèle d'unité ont pénétré toutes les affaires humaines. Les baha'is considèrent le perfectionnement de cet instrument divin comme leur premier devoir. Au fur et à mesure que cette nouvelle révélation commence à influencer la société dans sa totalité, le processus d'évolution de la moindre paix vers la plus grande paix s'effectuera progressivement. Les peuples seront amenés à reconnaître progressivement la volonté de Dieu pour l'humanité et seront les témoins de l'établissement du royaume de Dieu sur la terre.

Extrait du livre : La Foi Baha'ie L'émergence d'une religion mondiale