
Les lieux du souvenir des
FTP-MOI du "groupe Manouchian" 1/3
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Le 21
février 1944, vingt-deux résistants de six
nationalités différentes étaient fusillés
par un peloton d'exécution de la Wehrmacht au Mont
Valérien, près de Paris. La vingt-troisième, une
femme de trente-deux ans, devait être décapitée
quelques semaines plus tard à Stuttgart. Alors connu sous le nom
de "Groupe Manouchian", ces communistes juifs, hongrois, polonais ou
italiens, appartenaient à l'organisation clandestine de la
Résistance Francs-Tireurs et Partisans -Main d'oeuvre
Immigrée (FTP-MOI), dirigée, entre autres, par le
poète arménien Missak Manouchian.
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Des résistants
FTP-MOI.
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La Main d’Oeuvre Immigrée
(la MOI) est un groupe du parti communiste né dans les
années vingt. La MOI a
pour fonction d’assurer l’encadrement des militants communistes
étrangers
fraîchement débarqués en France et de favoriser
leur intégration.
Dans le cadre de la MOI,
des services d’entraide, des associations sportives et culturelles sont
crées.
Elles conservent leurs spécificités nationales ou
linguistiques. Il y a, par
exemple, des structures yiddish, italienne, roumaine, arménienne.
Ainsi, la MOI est un
groupement qui revêt plusieurs aspects. Elle respecte la
diversité culturelle
de ses membres. Elle a pour but l’intégration de ces
étrangers à la société
française. Enfin, elle donne naissance à de fortes
solidarités renforçant ainsi
la cohésion du parti communiste.
Ces groupes nationaux et
culturels de la MOI deviendront des pépinières de
résistants.
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Journal clandestin de
la Résistance:
"La vie de la MOI", n°1, juillet 1943. C'est l'une des facettes du
travail réalisé par la Résistance : créer
et diffuser un journal pour contrer la propagande officielle et
entretenir "le moral des troupes".
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C’est-à-dire
les
Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée. Depuis
le début de
l’année 1942, cette organisation regroupe les militants
communistes étrangers
qui mènent la lutte armée contre l’occupant allemand et
les collaborateurs
français.
Il existe plusieurs
groupes
de FTP-MOI dans différentes villes :
A Grenoble , le
« Bataillon Liberté »
A Lyon-Villeurbanne,
« le Bataillon Carmagnole »
A Marseille,
« la
Compagnie Marat »
A Toulouse,
« la 35ème
Brigade »
A Paris, les FTP-MOI du « groupe Manouchian »
(L’appellation de
« groupe Manouchian » a été
donnée a posteriori aux ftp-moi
parisiens)
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La Guerre civile de
1936-1939 a provoqué un exode massif de la population espagnole.
Près d'un demi-million de personnes ont franchi la
frontière pyrénéenne. Plusieurs centaines de
milliers d'hommes et de femmes ont été ainsi
parqués,
à partir de février 1939, dans les camps du sud de la
France.
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| Les
étrangers dans la
société française : |
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En 1939, il y a un peu plus
de deux millions d’étrangers en France. Ils sont venus combler
le déficit de
main d’œuvre créé par la mort de plusieurs millions de
jeunes lors de la
Première Guerre mondiale. L’Etat et le patronat avaient mis en
place des
structures spécialisées pour attirer ces étrangers
en France.
A cette immigration
économique s’ajoute une émigration politique qui
s’amplifie avec la montée des
périls internationaux. Allemands, autrichiens,
tchécoslovaques, italiens quittent
ainsi leurs pays pour fuir le fascisme et la répression
politique dont ils sont
victimes.
Après la
chute de Barcelone
et la victoire des troupes franquistes, un demi-million d’espagnols
franchisent
la frontière pyrénéenne. Ils sont accueillis dans
des camps d’hébergement du
sud où les conditions de vie sont précaires (Gurs,
Vernet, Argelès, Barcarès,
Saint Cyprien, Amélie-les-Bains)
Lorsqu’en septembre 1939,
la France déclare la guerre à l’Allemagne nazie, un grand
nombre d’étrangers
veulent s’engager au service de l’Armée française (Emeric
Glasz et Joseph Epstein des ftp-moi).
D’autres,
victimes d’une politique de répression (républicains
espagnols ou brigadistes),
sont internés dans des camps ( Celestino Alfonso et Szlomo
Grzywacz chez les
ftp-moi). Nombreux sont ceux qui rejoignent les rangs de la France
Libre, les
maquis, ou bien s’évadent des camps du sud pour rejoindre, dans
les grandes
villes, la Résistance (Joseph Boczor).
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| Les
étrangers dans la
Résistance, l’exemple des FTP-MOI parisiens : |
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La Résistance française est
le fait d’une minorité. On estime le nombre de résistants
actifs durant toute la période de
l’Occupation à 300 000
individus. Dans ce cadre, l’engagement des étrangers dans
la Résistance
est forte. La proportion des
étrangers
par rapport aux nationaux est importante. Qu’est-ce qui
caractérisent les FTP –
MOI parisiens ?
Ce sont des
jeunes
combattants :
A l’exception des
responsables chargés d’encadrer le groupe (Joseph Epstein,
Missak Manouchian,
Joseph Bockzor),
la plupart des FTP-MOI parisiens sont jeunes. La moyenne d’âge
est de 25 ans.
Des combattants
originaires
d’Europe centrale :
Parmi les 23 résistants du
procès, la majorité d’entre eux sont originaires d’Europe
centrale (12). Ce
sont des Polonais (8), des Hongrois (2), des Roumains (2). On trouve
aussi dans
ce groupe des Italiens (5), un Espagnol, des Arméniens (2) et
des Français (3).
Des
militants ou
sympathisants communistes :
Ce sont tous des
militants
ou sympathisants communistes. Certains d’entre eux avaient fui, avec
leurs
familles, les régimes politiques autoritaires européens
de l’entre
deux-guerres : L’Italie fasciste, les dictatures d’Europe
centrale,
l’Espagne confisquée par les franquistes…
Des
résistants
juifs :
Les résistants de confession
juive sont majoritaires dans ce groupe. L’historiographie
traditionnelle a
transmis l’idée que ce groupe était dominé par des
Arméniens – la figure
charismatique de son chef, le poète-ouvrier Missak Manouchian et
l’utilisation
de l’appellation « groupe Manouchian » pour les
désigner y a
contribué – En réalité, il n’en n’est rien. Parmi
les 23 , il y a deux
arméniens : Missak Manouchian et Mardi Lavitian. Ceux qui représentent le mieux ce
groupe sont des jeunes
résistants ashkénazes polonais.
Des
résistants du monde
ouvrier :
Les
résistants FTP-MOI
« du groupe des 23 » appartiennent
majoritairement à la classe
ouvrière. Ils travaillent principalement dans les métiers
de la confection,
dans ceux du bâtiment ou dans l’industrie mécanique. Des
exceptions à cette
règle : Joseph Bockzor a une formation d’ingénieur
chimiste et Missak
Manouchian, ouvrier à l’origine, est devenu poète et
journaliste.
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Joseph Epstein,
chef des FTP de la région parisienne.
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Missak Manouchian
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Joseph Bokzor
Photo prise par l'occupant pendant l'incarcération de M.J.
Bokzor à la prison de Fresnes.
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| L’organisation
des
FTP- MOI
parisiens : |
Les FTP-MOI parisiens
comptent une centaine de membres répartis dans quatre
détachements
rigoureusement cloisonnées. Comme pour la MOI, les combattants
des FTP-MOI sont
organisés par groupe de langues ou de nationalités.
Le premier détachement est
essentiellement composé de Juifs roumains.
Le second
détachement de
Juifs polonais.
Le
troisième d’Italiens.
Le quatrième détachement,
le seul qui ne soit pas constitué selon des bases linguistiques
ou nationales,
compte dans ses rangs des roumains, des hongrois, des tchèques.
Ce détachement est
spécialisé dans le sabotage et le déraillement des
trains.
A la suite du coup de filet
de la police contre le 2ème détachement des
FTP-MOI en juin 1943,
une équipe spéciale est créée. Elle
regroupe des combattants d’élite.
A cela s’ajoute des
services auxiliaires qui assurent une aide précieuse dans la
conception et le
bon déroulement des « coups » :
services de renseignements, des
explosifs, des transports, des faux-papiers, des soins médicaux.
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Le
patriotisme, la
germanophobie héritée de la Grande guerre et la lutte des
classes dans le monde
ouvrier sont les principales raisons avancées par les
résistants français pour
justifier leurs engagements dans le combat clandestin. Chez les
résistants
étrangers, les motivations semblent être
différentes.
Les résistants
étrangers
étaient plus que les Français animés par la
volonté de mener un combat
proprement idéologique. Les FTP-MOI sont avant tout des
militants communistes.
Leur première famille c’est celle de l’Internationale
ouvrière. Ils avaient été,
dans leurs pays respectif, l’objet de persécutions ou contraints
à la
clandestinité à cause de leurs opinions politiques. Une
fois en France, rare
pays démocratique en 1939, ils voulaient se battre pour
défendre leurs idées.
Mener une lutte armée contre l’occupant nazi, obtenir
l’adhésion de la
population à leur cause et créer un contexte favorable
à une insurrection le
moment de la Libération venue, tel est le programme
défini, à partir de l’été
1941, par Moscou et le PCF clandestin. Les FTP-MOI parisiens, avec
leurs
maigres moyens, s’y emploient ardemment.
D’autres FTP-MOI, ceux qui
étaient de confession juive, étaient attaqués dans
leurs chairs par les
nazis. Ils avaient vu parents et amis
raflés ( Marcel Rajman, Léon Goldberg). Ils se savaient
menacer
d’extermination. C’est avec l’énergie du désespoir qu’ils
se battent contre les
nazis.
D’autres motifs ont
contribué à leur engagement et forgé leur
détermination.
Des
motifs
patriotiques : en résistant en France contre les nazis, les
FTP-MOI
affaiblissent ceux qui ont asservi leur pays d’origine. Ils participent
ainsi à
la lutte pour l’indépendance de leur patrie (Polonais,
Républicains espagnols).
Enfin, les FTP-MOI étaient
des hommes et des femmes qui avaient une haute conscience politique.
Ils devaient
puiser une énergie supplémentaire en reprenant à
leur compte l’héritage
révolutionnaire de la France. Les FTP-MOI de Marseille se nomme
« la
Compagnie Marat » et ceux de
Lyon
, « le groupe Carmagnole ».
A la
question pourquoi se
battirent-ils ? Il n’y a donc pas de réponses simples et
précises mais
toute une série d’explications où les motifs
idéologiques, identitaires,
humanistes et personnelles s’entremêlent.
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| Vivre
dans la
Résistance : |
Les FTP-MOI parisiens ont
une existence extrêmement dangereuse. Ils doivent :
-Changer d’identité :
Leurs noms ne doivent pas être découverts par les services
de police. Leurs
familles ainsi que leurs proches risqueraient alors d’être
arrêtés et torturés
pour qu’ils se rendent. La MOI fournit un nom et des fausses
pièces d’identité.
Ils adoptent un pseudonyme pour éviter de répondre s’il
sont interpellés par
leurs prénoms dans la rue.
-Avoir
de la chance :
Il fallait passer à travers les contrôles
d’identité incessants et les rafles
fréquentes.
-Garder un nombre limité de
contacts : Il fallait éviter en cas d’arrestation,
que tout le groupe
auquel ils appartiennent soit éliminé. Le
résistant doit cesser de voir sa
famille et ses amis.
-Se déplacer sans
cesse : Chaque soir ou presque, les résistants de la
MOI devaient dormir
dans des lieux différents (« les
planques ») pour ne pas être
dénoncés ou repérés.
-Se taire : Il ne fallait
révéler ses activités à personne,
même pas à ses proches.
-Les soucis de la vie
quotidienne : Les résistants, en plus des dangers
qu’ils en courent,
doivent affronter, comme l’ensemble de la population, les
difficultés de la vie
quotidienne (pénuries, rationnements, sous-nutrition, problèmes
de transport…) Isolés de leurs proches et de leurs ressources
habituelles, la couverture des besoins élémentaires se
pose de façon aiguë.
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Contrôle
d'identité.
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Patrouille allemande
en action.
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La forme
de combat employée
par les FTP-MOI est celle de la guérilla urbaine.
Quelques
militants de choc
doivent, par petits groupes, mener des actions armées violentes
contre les
troupes d’occupation et leurs sbires collaborateurs. Un climat de
terreur
s’instaure alors. Ces actions doivent déclencher une forte
répression
accompagnée de limitations de droits et libertés dans la
société. Cette
réaction vigoureuse des autorités doit
révéler le vrai visage de l’occupant et
de Vichy. L’apathie de la population est brisée, l’image du bon
soldat allemand
est terni, le mythe d’un maréchal Pétain protecteur est
rompu. Ainsi,
« les masses populaires » soutiennent l’action
des FTP. Le soulèvement
de la population contre l’occupant est la mise en place d’un nouveau
régime
politique est envisageable dans un avenir proche. Ceci est le discours
théorique. Voyons dans la réalité comment cette
nouvelle forme de combat de la
Résistance se met en place.
Jusqu’ici, les principales
activités des réseaux de Résistance consistaient
à collecter des renseignements
militaires et à saboter des infrastructures utilisées par
l’armée d’occupation.
Une nouvelle forme d’action apparaît à partir de
l’été 1941, il s’agit de la
lutte armée. Ici et maintenant, Il faut tuer l’ennemi.
La lutte
armée de la
résistance se développe sous l’impulsion du parti
communiste français. Avec la
rupture du pacte de non-agression germano-soviétique par
l’invasion Allemande
de l’URSS (22 juin 1941), le PCF opère un virage à
180°. Désormais, les
communistes ne dénoncent plus la guerre impérialiste. Ils
sont aux
avants-postes pour mener une nouvelle forme de combat : la lutte
armée
contre les nazis et leurs suppôts.
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Très vite, les premiers
combattants
passent à l’action. Après une manifestation de rue
pacifiste mais
anti-allemande de la Jeunesse Communiste à la Porte Saint-Denis,
le 13 août
1941, deux jeunes, Henri Gautherot et Samuel Tyszelman sont
arrêtés avec l’aide
de la police française puis fusillés par les nazis (le 19
août 1941).
Dès le 21 août 1941,
leur
camarade et ami Pierre Georges, plus connu sous le pseudonyme de
Colonel
Fabien, inaugure la lutte armée en abattant, en plein jour, sur
le quai de la
station de métro Barbès-Rochechouart, un officier
allemand, l’aspirant de la
Kriegsmarine Moser.
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Station de
métro Barbès Rochechouart,
ligne 4, lieu de l'attentat.
(coll.Onac 78)
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Plaque en hommage
à l'action du Colonel Fabien à la station Barbès.
(coll. ONAC 78)
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(…) « A ce
moment,
un jeune officier, casquette et costume bleu-marine, descend sur le
quai.
Fabien me confie : « C’est celui-là qui va
payer ! » La
rame entre en gare et le wagon de première classe s’immobilise
devant nous.
L’officier monte aussitôt et Fabien lui tire deux balles
du 6.35 (…)
Fabien se précipite vers l’escalier de sortie (…) Je retrouve
Fabien
m’attendant tranquillement dans le grand hall situé sur le
terre-plein de la
station (…) Il passe la porte du terre-plein de la station et je le
suis (…).
Enfin, il s’arrête au pied du square de la Villette; je le
rejoins; il m’a
distancé d’une trentaine de mètres. « Titi est
vengé ! «
s’écrie-t-il simplement. »
(il s’agit de
Samuel
Tyszelman, fusillé le
19 août 1941).
Extrait
du livre
« Le
chant d’amour d’un terroriste à la retraite » de
Gilbert Brustlein,
résistant et complice de Fabien dont il assure la protection
pour cet attentat. |
Le
« Oui - mais »
de De Gaulle :
L’action directe, ce
nouveau type d’action, provoque un vif débat au sein de la
Résistance.
D’un
côté, Les gaullistes
qui sont partisans d’une position « attentiste »
et, de l’autre côté,
les communistes, adeptes de l’action immédiate. Les gaullistes
considèrent
qu’il est tout à fait justifié de tuer des officiers
allemands mais que le
moment est mal choisi car le rapport de force n’est pas en faveur des
résistants. (…) « Il est trop facile à
l’ennemi de riposter par le
massacre de combattants momentanément désarmés. Au
contraire, dès que nous
serons en mesure de passer à l’attaque, les ordres
voulus seront donnés ».
(Extrait d’une allocution du général De Gaulle à
la BBC, le 23 octobre 1941).
Une consigne de De Gaulle qui restera ignorée des
communistes. |
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Le
coup de force du Colonel
Fabien :
Chez les communistes aussi
il y avaient un débat sur l’efficacité de la lutte
armée et de l’action
directe. Certains étaient contre les attentats individuels et
cela, traditionnellement
depuis les attentats anarchistes de la fin du XIXème
siècle. Pour eux, seule
l’action de masse devait être entreprise. L’argument
avancé le plus souvent
était celui de l’internationalisme : le soldat allemand que
l’on veut
abattre est peut-être un ouvrier et qui plus est, un ouvrier
communiste… Par
conséquent, les attentats individuels ne faisaient pas partie de
la culture du
monde ouvrier et les militants n’étaient pas formés pour
accomplir de telles
actions. Si Fabien, ancien brigadiste et membre des troupes de choc du
PCF
clandestin, l’OS (l’organisation spéciale) a agit ainsi, c’est
pour donner
l’exemple et inciter ses camarades hésitants à l’imiter.
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Les
représailles
allemandes :
L’attentat de
Barbès ainsi
que ceux perpétrés à Nantes et à Bordeaux
contre des officiers allemands
lancent le cycle infernal des représailles allemandes. Le 21
octobre 1941, 51
résistants communistes et gaullistes internés sont
fusillés au camp de Souge,
près de Bordeaux. Le lendemain, 22 octobre 1941, 27 militants
communistes sont
fusillés à Châteaubriant.
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Les
représailles allemandes. Le 20 octobre 1941, le commandant des
troupes allemandes de Nantes, Karl Notz est abattu par des
résistants communistes. Le 22 octobre 1941, quarante otages sont
exécutés par les nazis dont seize à Nantes et
vingt-sept à Châteaubriant.
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Une guerre
psychologique :
Les combattants FTP se
sont
engagés dans un bras de fer psychologique avec l’occupant. En
représailles des
attentats meurtriers perpétrés contre leurs hommes, les
nazis éliminent des
résistants détenus et menacent également de
fusiller des civils pris au hasard.
En agissant ainsi, ils espèrent que la population se
désolidarise de la
Résistance. Mais, au lieu de terroriser, ces
procédés barbares provoquent la
colère de la population contre l’occupant.
Si
la
Résistance, pauvre en
moyens et en hommes, ne peut gagner les combats armés, elle a
remporté la
guerre psychologique. Un sentiment d’insécurité
règne au sein des troupes
d’occupation et l’opinion publique reste favorable à la
Résistance.
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