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 Le monument commémoratif de la rafle du Vel'd'Hiv' 

 La rafle du Vel' d'Hiv :

Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 juifs parisiens, dont 4 115 enfants, étaient arrêtés par la police française au cours d'une opération baptisée cyniquement "vent printanier". La plupart d'entre eux mourront à Auschwitz..

Passés dans l'histoire sous le nom de "rafle du Vélodrome d'Hiver", du nom du lieu où une partie d'entre eux ont été conduits avant leur transfert vers les camps d'internement de Drancy, Beaune-la-Rolande ou Pithiviers, cette vague d'arrestations ne fut ni la première, ni la dernière. Mais elle a été la plus massive.

Les premières rafles ont eut lieu le 14 mai 1941, les dernières au printemps 1944. En tout, 76 000 Juifs de France ont été déportés vers les camps nazis, dont bien peu sont revenus.









Agent de Police sous l'occupation à Paris

Arrestation

Paris sous l'occupation


Arrestation à Paris durant l'occupation.






4500 policiers, selon les chiffres généralement retenus, ont pris part à l'opération des 16 et 17 juillet organisée à la demande des autorités d'occupation, mais sans leur participation. En outre, une cinquantaine d'autobus de la compagnie du métropolitain ont été réquisitionnés avec leurs conducteurs.

La rafle devait en principe concerner les seuls juifs étrangers (la déportation des juifs de nationalité française viendrait plus tard) dont une liste avait été dressée mais les autorités françaises ont pris l'initiative d'y adjoindre les enfants, et devant l'insuffisance de la prise (la police tablait sur 22 000 arrestations) on s'est parfois montré peu regardant sur la nationalité.

La rumeur circulait depuis quelques temps d'une telle opération parmi la population juive, mais certains pensaient qu'elle ne concernerait que les hommes comme les précédentes, d'autres ne pouvaient pas y croire, la plupart de toutes façons n'avaient pas où aller.

La circulaire du directeur de la police municipale Emile Hennequin précisait que les opérations devaient être effectuées "avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire". Les enfants ne devaient pas être confiés aux voisins mais emmenés en même temps que les parents.

Les célibataires et les couples sans enfants ont été conduits directement au camp de Drancy, ouvert en août 1941, en vue d'une déportation rapide vers Auschwitz, tandis que les familles étaient dans un premier temps emmenés au vélodrome d'hiver.





Entrée du Vel d'Hiv et bus de la rafle


16 juillet 1942. Les autobus ayant servi à transporter les juifs raflés stationnent  devant l'entrée du Vel d'Hiv.
Sur les 13000 personnes arrêtées les 16 et 17 juillet 1942 lors de la rafle du Vel d'Hiv, une quarantaine d'hommes seulement ont survécu à la Déportation. Aucune femme et enfant n'échappera à la mort dans le camp d'Auschwitz. (Coll. BHVP, fonds France-soir)


Les familles resteront plusieurs jours dans le vélodrome dans des conditions épouvantables, car rien n'avait été prévu pour elles, ni sanitaires, ni eau, ni nourriture, ni matelas. Les gens, qui n'avaient eu le droit d'emporter que deux bagages dont un de vivres, s'entassaient sur les gradins parmi les pleurs des enfants et les odeurs d'excréments.









Camp de Drancy

Camp de Drancy
Camp de Pithiviers


Beaune-la-Rolande, Pithiviers et Drancy sont les camps d'internement et de transit des  personnes  raflées  en juillet 1942 à Paris avant leur déportation vers les camps de la mort. Ici, le camp de Drancy.


Camp de Drancy.

Camp de Pithiviers


La collaboration de la police française à la chasse aux Juifs décidée par les nazis dans la zone d'occupation avait été facilité par la politique résolument antisémite adoptée par le régime de Vichy, dès son installation: il instituait "un statut des juifs" le 3 octobre 1940, interdisait toute une série de professions (avocat, médecin, magistrat...) aux Juifs, créait le 29 mars 1941 un commissariat aux questions juives"...

En zone occupée le port de l'étoile jaune avait été imposée aux Juifs le 7 juin 1942. Dès lors, pour ceux qui n'avaient pas eu les moyens de fuir, ou qui n'avaient pas pu éviter de se faire recenser en octobre 1940, il n'y avait plus d'échappatoire.

Texte extrait d'une dépêche de l'AFP parue le 15 juillet 2002.

 Le monument commémoratif de la rafle du Vel'd'Hiv' :





Monument de la rafle du Vel d'Hiv


Monument commémoratif de la rafle du Vel' d'Hiv'. Paris 15ème. Arr


A l'exception d'une simple plaque commémorative apposée en 1946 sur la façade du Vélodrome d'Hiver et, aujourd'hui placé au numéro 8 du boulevard de Grenelle, il n'existait pas, jusqu'à une date récente, de lieu du souvenir de la plus grande rafle menée par la police française contre les juifs parisiens, le 16 et 17 juillet 1942.

Avec la destruction dans les années soixante du Vélodrome d'Hiver et, à la place, l'édification d'un bâtiment du Ministère de l'Intérieur (Bld. de Grenelle- rue Nélaton), dans un quartier en pleine refonte urbaine (création des immeubles de Beaugrenelle), le risque de voir disparaître toutes traces matérielles de cet événement était important.







Course au Vel'd'Hiv'

Les Six Jours cyclistes en 1935 au Vel' d'Hiv


Le vélodrome d'Hiver était un stade utilisé ordinairement pour les courses cyclistes
sur piste. Rien n'y était prévu pour recevoir pendant plusieurs jours un si grand nombre de personnes. Ici une peinture d'Alexandre GANESCO, "les six jours".
Musée Carnavalet, Paris.


Les 6 jours cyclistes au Vélodrome d'Hiver de Paris. Affiche de 1935.


Il faudra attendre l'année 1995, plus de cinquante ans après les faits, pour qu'un monument commémoratif soit inauguré à proximité de l'ancien Vélodrome d'Hiver.

Voulu par M. François Mitterrand (décret du 3 février 1993), Président de la République, le monument du Vel'd'Hiv' est inauguré, le 17 juillet 1994. En 1995, la cérémonie commémorative fut l'occasion pour le nouveau Président de la République, M. Jacques Chirac, de prononcer un discours fort et inédit: il reconnaissait la responsabilité de l'Etat français dans la mise en oeuvre de la "Solution finale" contre les Juifs.







Inauguration du monument en 1994

M. Chirac préside la cérémonie du 17 juillet 1995


17 juillet 1994. Inauguration par le Président de la République, Monsieur François Mitterrand du monument du Vel'd'Hiv' (coll.DMPA)

16 juillet 1995, Le Président de la République,
M. Jacques Chirac prononce un discours fort:
il reconnaît que "la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français", que "la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable". (coll.DMPA)



Le monument est érigé sur une promenade plantée en bordure du quai de Grenelle. Il est l'oeuvre du sculpteur Walter Spitzer et de l'architecte Mario Azagury. Installé sur un socle incurvé comme la piste du Vélodrome d'Hiver,
Les personnages de cette sculpture sont des civils innocents : des enfants, une femme enceinte, des personnes âgées, un homme désarmé...Ils symbolisent la cruauté de cette rafle, véritable razzia qui frappa indistinctement les enfants, les femmes et les personnes âgées.







Monument du Vel' d'Hiv'

Monument du Vel' d'Hiv'


" La République française en hommage aux victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l'humanité sous l'autorité de fait dite gouvernement de l'Etat français 1940-1944. N'oublions jamais."

Le monument commémoratif de la rafle du Vel'd'hiv'.
Place des martyrs juifs du Vel'd'Hiv, en bordure du quai de Grenelle,  dans le 15 ème arrondissement de Paris. Métro Bir Hakeim.



Une cérémonie commémorative rendant hommage aux martyrs juifs du Vél d'Hiv' et de bien d'autres rafles est, chaque année, organisée au monument, dans le cadre de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux "Justes" de France. Cette cérémonie a lieu le 16 ou le 17 juillet, date anniversaire de la rafle du Vel' d'Hiv' ou bien le dimanche suivant le 16 juillet, en présence des plus hautes autorités de l'Etat.

 Monument commémoratif de la rafle du Vel'd'Hiv
 Quai de Grenelle - Place des martyrs Juifs du
Vel'd'Hiv'
 75015 PARIS
 Métro Bir Hakeim, ligne 6 (Etoile-Nation par Denfert)
 RER C Champ de Mars-Tour Eiffel.

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