Monument au maréchal lord
Douglas HAIG
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Né en 1861 dans une famille de militaires,
le maréchal lord Douglas Haig a été commandant en chef
de l’armée britannique du 17 décembre 1915 à la fin de
la guerre. Il s’était d’abord distingué au Soudan à partir
de 1897, puis en Afrique du Sud avec le général French. Promu
colonel et au commandement du 17e lanciers, il devient aide de
camp du roi Edouard VII et devient inspecteur général de la
cavalerie ; cavalerie qu’il affectionnera particulièrement durant toute
sa vie. En 1909, il part aux Indes comme chef d’état-major général.
Dès août 1914, contrairement à l’idée générale,
Haig prévoit que le conflit sera long. Il se distingue lors de la retraite
de la bataille de la Marne, ainsi que durant la bataille d’Ypres. En 1915,
c’est la bataille de Neuve-Chapelle, puis en septembre celle de Loos-en-Gohelle
alors que s’ouvre l’offensive de Champagne. Il meurt brutalement le 30 janvier
1928 et repose à l’abbaye de Dryburgh.
Date d'inauguration :
Juillet 1931
Sculpteur : Paul
Landowski. Le cheval a été réalisé selon
le modèle du cheval du colonel Brécart, directeur de la
cavalerie au ministère de la guerre.
Peu de temps après le décès
de Haig, le sous-préfet de Montreuil, M. Pelletier, eut l'idée
de lui ériger une statue en souvenir du grand militaire qui avait
établi son QG au château de Beaurepaire, il s'agissait selon
ses mots d'élever un monument "en mémoire de la confraternité
d'armes pendant la lutte héroïque et en reconnaissance des bienfaits
répandus par nos amis", il ajoutait que "Montreuil, lieu de visite
favori des touristes anglais, doit élever au grand soldat britannique,
ami de la France, un monument digne de ce nom".
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Le Petit Béthunois
du 5 juillet 1931
Inauguration du monument au maréchal Douglas Haig
Dans Montreuil-sur-Mer, entièrement
pavoisée d’oriflammes aux couleurs françaises et anglaises,
a été célébrée dimanche avec éclat
la mémoire du maréchal Douglas Haig. Cette cérémonie
qui s’est déroulée par un temps idéal, au milieu d’une
foule immense venue d’Angleterre et de tous les points du département,
a eu le caractère grandiose et émouvant qui convenait. Elle
a été précédée par l’inauguration d’une
plaque apposée sur le château de Beaurepaire, où le
maréchal Douglas Haig avait installé son poste de commandement.
Dans les jardins de la maison commune se trouvent les musiques de
la Grade Républicaine et des Scot-Guards. Sur la place autour du
monument aux morts de la Grande Guerre ont pris position un bataillon du
110 e régiment d’infanterie avec son
drapeau, un escadron du 4e spahi marocain, les drapeaux des 8 e,
15 e, 35 e, 101 e, 233 e et 401 e
régiments d’infanterie dissous après la guerre et apportés
spécialement à Montreuil, les drapeaux des anciens combattants
de la région, et ceux de la British Legion. A 11 heures, alors qu’une
escadrille de chasse évolue au-dessus de la place, M. Maginot, ministre
de la guerre, qu’accompagne le général Requin, chef de son
cabinet militaire, arrive à l’hôtel de ville. A la sonnerie
Aux Champs ! succède
la Marseillaise exécutée par la musique
de la Garde Républicaine et l’hymne nationale anglais exécuté
par la musique des Scot-Guards.
A 11 h 30, à l’hôtel de ville de Montreuil, a eu lieu
ensuite une réception des personnalités officielles civiles
et militaires de France et de Grande-Bretagne. Le maire de Montreuil, M.
Dupont, souhaite la bienvenue à ses hôtes ; puis un cortège
se forme qui, traversant la ville, se rend sur la Grand-Place où
s’lève la statue équestre du maréchal Haig, due au
ciseau du sculpteur Landowski. En passant devant le monument aux morts,
le ministre de la guerre et le maréchal Allenby déposent des
gerbes de fleurs. Les drapeaux se rangent autour du monument encore recouvert
de son voile auquel sont accrochés un drapeau français et
un drapeau anglais. Face au monument se rangent les délégations
des différents régiments successivement commandés
par le maréchal Haig. M. Maginot ayant passé les troupes en
revue et s’étend incliné devant les étendards, le
voile est enlevé. Sur le socle de la statue est gravée l’inscription
:
« 1914-1918 – ce monument a été élevé
par souscription nationale à la mémoire illustre du maréchal
Haig, en souvenir de la collaboration des armées britanniques et
en témoignage de l’amitié franco-britannique »
M. Jules Elby, sénateur, président du comité
Haig, fait remise du monument à la ville.
M. Dupont, maire de Montreuil, après avoir remercié,
rappelle les relations cordiales qui ont toujours existé entre les
tommies et la population.Le maréchal Allenby exprime la reconnaissance
de l’armée britannique à la ville de Montreuil et à
tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette cérémonie.
Enfin, M. Maginot prononce un discours.
Le banquet offert par le département du Pas-de-Calais, la ville
de Montreuil et le comité Haig en l’honneur des hôtes français
et britanniques a eu lieu dans un hangar de l’école militaire tendu
de draperies et orné de drapeaux français et britanniques.
Un orchestre s’est fait entendre pendant le repas.
Landowski vient d'achever la maquette de
sa statue (mars 1930)
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Nous publions ci-dessous, avec son
aimable autorisation, un article de Jean-François GRAILLOT
La statue du Maréchal Haig
Le 30 janvier 1928, Douglas Haig décède
au Château Bermersyde en Ecosse. Peu de temps après, un comité
destiné à rendre hommage à ce personnage influant de
la Grande Guerre est constitué. Il est composé de M. DELASALLE,
député, Edmond DUPONT, maire de Montreuil, Léon SOUCARET,
maire du Touquet, CANDELIEZ, conseiller général, M. PELLETIER,
sous-préfet de Montreuil-sur-Mer et présidé par le sénateur
ELBY. Le projet de statue est confié au sculpteur Paul LANDOWSKI
(1875-1961). Ce statuaire français, très prisé dans
le milieu officiel, obtient le grand prix de Rome en 1900 et passe à
la postérité en 1931 grâce à la plus célèbre
de ses œuvres, le Christ Rédempteur sur les hauteurs de Rio de Janeiro.
Pour sa conception, l’attitude du maréchal s’inspire d’une photographie
qui le représente pensif sur son cheval dans la campagne montreuilloise.
Le cheval a pour modèle celui du général Brécard,
directeur de cavalerie au ministère de la guerre. Cette statue équestre
se devait d’être le pendant de celle du Maréchal FOCH située
à Londres prés de la gare Victoria. Paul LANDOWSKI réalise
différents modèles de statue équestre du Maréchal
HAIG : deux effigies grandeur nature, l’une se trouve face au château
d’Edimbourg dans une posture différente de celle de Montreuil et
l’autre en plâtre au musée des trois guerres à Déols.
Deux autres modèles réduits sont conservés au musée
Huntly House à Edimbourg.
Le monument à la mémoire
de HAIG est inauguré le 28 juin 1931. De grandes célébrations
ont lieu à Montreuil-sur-Mer et au Touquet, en présence des
principaux protagonistes de la vie politique et militaire franco-britannique.
L’événement est fortement médiatisé. La cérémonie
est filmée, photographiée et publiée dans de nombreux
journaux ce qui permet d’en restituer le déroulement.
La cité est aux couleurs de l’Entente Cordiale et une importante
foule est massée autour de la statue couverte d’un voile. Après
une réception à l’Hôtel de ville ou le maire accueille
ses hôtes, le cortège marque une pose au monument aux morts
puis se dirige vers la Grand’ place.
La cérémonie est rythmée par la musique du 110e R.
I., des Scots Guards et de la Garde Nationale. Le voile de la statue
est enlevé sous les yeux du Maréchal PETAIN, d’André
MAGINOT, de la Maréchale HAIG et de l’ambassadeur de Grande-Bretagne.
S’en suivent les discours et les défilés de troupes à
pied et de spahis. Un banquet dans l’école militaire clôt les
festivités.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’occupation allemande a raison de
la statue. Elle est déboulonnée le 26 juillet 1940 par un petit
groupe de soldats hors service commandé. Laissée au sol jusqu’au
15 août, elle semble être expédiée en Allemagne
pour y être fondue. Dès 1948, le maire de Montreuil-sur-Mer,
Pierre LEDENT, contacte Paul LANDOWSKI pour le remplacement du monument.
Ce dernier lui annonce que le moule a été conservé. Dès
lors, la statue est refondue avec trois tonnes de bronze récupérées
en Allemagne dans la zone d’occupation britannique. Son financement est assuré
par l’indemnité de dommage de guerre, les bénéfices
d’une surtaxe de timbre et d’une souscription nationale. Le monument est une
nouvelle fois inauguré le 24 juin 1950 en présence de l’ambassadeur
de Grande-Bretagne et des filles de Douglas HAIG.
Deux ans et demi après cette
inauguration, le fils du maréchal publie les Carnets secrets de Douglas
HAIG. Dans certains passages, le C. in C. est particulièrement virulent
avec l’armée française. Ces extraits font scandale dans une
France qui termine de panser ses plaies. A Montreuil-sur-Mer, la polémique
n’épargne pas la statue. Les questions de sa suppression ou de son
déplacement sont évoquées. D’autres suggèrent
l’effacement de toutes mentions du maréchal afin que le monument reste
un hommage à l’armée britannique. Afin de clore les débats,
Pierre LEDENT ne modifie que le déroulement des fêtes patriotiques
et Douglas HAIG depuis son cheval observe toujours aujourd’hui la place
du Général de Gaulle.
Bibliographie :
Yann HODICQ, Montreuil sur Mer, 1914-1918, Une petite ville du Pas-de-Calais
au temps du G.H.Q. britannique, C.H.H.P., Fauquembergues, 2002.
Lucien VASSEUR, Paul LANDOWSKI, le statuaire de Douglas Haig, La
violette n°11, 2007, p 28-31.
Raymond WABLE, Le maréchal Haig à Montreuil-sur-Mer,
Montreuil-sur-Mer, 1968.
Le Petit Béthunois, 5 janvier 1935
Le Télégramme du Pas-de-Calais et de
la Somme, 28 mars 1930
http://pagesperso-orange.fr/memoiresdepierre
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Sources :
- Le Télégramme
du Pas-de-Calais et de la Somme du 28 mars 1930 (l'article de ce journal
comprend une photographie de l'artiste avec la maquette de la statue)
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