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Nommé
archevêque de Bourges en 1281, Simon de Beaulieu réalisa de nombreuses
visites épiscopales dans les diocèses dans sa province ecclésiastique
et dans celle de Bordeaux. Le premier, il laissa le premier récit d'une
visite épiscopale au prieuré de Bouhet.
Pendant
toute la durée de son épiscopat, Simon de Beaulieu s'en alla sur
sa mule à la découverte des paroisses les plus lointaines de la
première et seconde Aquitaine, précédé de la croix
patriarcale et de ses gens. Il visita les abbayes, prieurés, chapitres
et églises de treize diocèses, qui s'étendaient de la Loire
à la côte océane. Enquêtant et surveillant, l'archevêque
notait aussi bien la qualité et les détails de la réception
organisée par la population, que ses activités pendant la visite,
et les fautes éventuelles du clergé local. Au passage, il récoltait
dans chaque établissement une sorte de droit de visite en espèces
appelé "procuration". À la fin du XIIIe siècle
ou au début du XIVe siècle, les procès-verbaux de ses voyages
furent consignés par plusieurs scribes dans un document qui prit le nom
de "Codex de Bourges". C'est un manuscrit sur parchemin de 22
x 16 cm, comportant 111 feuillets rédigés en latin, aujourd'hui
très dégradés.
| Grande
réception à La Rochelle |
Simon
de Beaulieu voyagea dans la province de Bordeaux au cours des mois de septembre
à novembre 1284. Au cours de son périple, il passa notamment par
les abbayes de Saint-Jean d'Angély, Saint-Martin de Pons, Saint-Eutrope
de Saintes, La Tenaille, et dans les prieurés de Petit-Niort, Bouhet,
Fontenay, Tonnay-Boutonne, Conac...
Le samedi 4 novembre 1284, l'archevêque
de Bourges entrait au son des cloches dans un monastère rochelais, accueilli
par les plus importants bourgeois de la cité. Le lendemain (dimanche 5
novembre), les cloches sonnèrent encore à son intention et une procession
fut organisée. En grand manteau pontifical, Simon de Beaulieu célébra
la messe, puis fit un sermon sur la Croix dans le cimetière, où
il distribua ensuite des indulgences. Les Rochelais lui firent présents
de nombreux lapins et oiseaux.
| Un
dimanche après-midi à Bouhet |
Peu
après, l'archevêque chemina vers le prieuré de Bouhet,
dépendance de l'abbaye Montierneuf de Poitiers. Pour mieux l'accueillir,
le prieur et les personnalités les plus importantes du village firent l'effort
de se porter à sa rencontre. Mais il ne les vit pas tous, car une partie
de la population, ignorant par quelle route il allait arriver avait emprunté
un autre chemin ! Dans le tintement des cloches, Simon de Beaulieu fut reçu
au milieu d'une procession organisée à son intention. Le prieur
de Bouhet, considéré par l'archevêque comme un homme de grande
valeur, lui remit une importante procuration. Après avoir dormi à
Bouhet, le prélat y entendit la messe au matin du lundi 6 novembre. Il
se remit ensuite en route pour se rendre au lointain prieuré d'Affort,
qui dépendait du diocèse de Bourges. Sans doute soucieux de prolonger
une visite aussi rarissime, le prieur de Bouhet accompagna pendant très
longtemps l'archevêque Simon de Beaulieu sur le chemin. 
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