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EUROPE / CONTINENTALE La civilisation celtique |
Celtes en Italie Les Celtes en Grèce Les Celtes en Espagne Les Celtes vers les Iles Britanniques Les Celtes en Gaule L'armée celte |
Age du Bronze moyen : entre - 1500 et - 1200
Des populations indo-européennes, n'ayant que la langue
en commun,
vivent dans une zone qui s'étend de l'Est de la France à
la Bohème, après une longue migration vers l'Ouest.
Age du Bronze final : civilisation des champs d'urnes entre - 1200 et - 900
Suite à des invasions successives, l'inhumation des morts
est
remplacée par la crémation, les cendres sont
placées
dans des urnes. Ce changement de sépulture est perceptible de
l'Europe
centrale jusqu'à l'Irlande. Des cavaliers, aux longues
épées
de fer, apparaissent en Autriche au début du IXème
siècle,
de nombreuses enceintes fortifiées, de faibles dimensions, sont
dispersées et en particulier, jalonnent le Nord Est de la
France.
Un groupe social se distingue par ses riches sépultures
au voisinage
d'établissements fortifiés plus conséquents. On
parle
de tombes princières. Les épées raccourcissent au
VIII ème siècle et des Celtes de l'Est de la France migrent
vers l'Espagne. Dans le Sud Est de la Grande Bretagne, des
populations
parlent la langue celtique, mais il ne semble pas y avoir eu
d'invasions
de grande ampleur. Les relations commerciales sont significatives avec
la culture de Hallstatt. Sur le site d'Heuneburg en
Bade-Wûrtenberg, a
été
retrouvée une fortification en brique crue, sur une fondation en
pierre, comportant des bastions carrés, l'ensemble atteint une
taille
tout à fait inhabituelle pour cette période. Cela montre
l'influence des Grecs installés sur la côte
méditerranéenne
et en particulier Massalia. La noblesse utilise un chariot à 4
roues
pour faire la guerre à la manière
des
Sumériens..
Période de la Tène : 2è âge du fer entre - 500 et - 200
Ce mouvement prend naissance au nord de la zone de la culture de
Hallstatt,
le centre est en Rhénanie avec deux autres sources : la Marne et
la Bohème. Cette société présente un
caractère
aristocratique et militaire marqué. Les chars font leur
apparition,
impliquant un renouvellement des tactiques de combat. La propagation de
cette "civilisation" est rapide et remplace les "Hallstattiens" de
façon
sans doute violente. Il n'en reste pas de traces, mais les
fortifications
se multiplient à l'âge du Fer. Vers - 400, les Celtes
occupent
toute la France sauf le Sud Est. Les territoires sous contrôle
celte,
vont de la Roumanie à l'Irlande.
Les Celtes en Italie
Vers - 600, débute une vague de migrations vers l'Italie. Ces mouvements de populations vers le Sud, correspondent à une dégradation du climat. Comme chez les Grecs, une cause interne provoque les mouvements de population. Une forte expansion démographique et la tradition du printemps sacré *, provoquent les premières expéditions militaires de tribus celtes qui traversent les Alpes et s'installent dans la région du Lac Majeur où ils coexistent pacifiquement avec les Etrusques. Les Celtes vont entrer dans l'Histoire des peuples de la Méditerranée par la civilisation de Golasecca. Ils fondent les cités de Brescia, Côme, Bergame et Milan. Ils sont, un siècle plus tard, bien installés dans la plaine du Pô et empiètent sur le territoire Etrusque. C'est la Gaule Cisalpine.
* printemps sacré : rite antique selon lequel une
génération
née au printemps sacré devait partir pour fonder une
communauté.

Casque de bronze celte du IIIème siècle
Commandés par un chef de guerre Sénon, le Brenn,
30 000
Celtes, originaires des régions de la Marne, de la
Rhénanie
et de la Bohème, traversent les Alpes par la Suisse et
l'Autriche
et investissent la plaine du Pô. Parmi ces tribus celtes, on
trouve
les Insubres, les Cénomans, les Boïens, les Lingons, les
Sénons
etc. Milan est prise en - 396. Ils
se
heurtent aux Etrusques et vers - 391, Chiusi est
assiégé
par les Sénons. Les Romains ne se portent pas à leur
secours,
mais envoient trois députés au nom du Sénat, les
trois
Fabius, pour dissuader les Celtes de poursuivre la guerre. Mais ces
envoyés
au caractère farouche, prennent les armes et sortent de leur
mission
diplomatique. Les hostilités sont engagées et les Romains
avancent à la rencontre des Celtes dont les troupes sont plus
nombreuses,
environ 60 000 hommes contre 40 000 romains. Les tribuns disposent
l'armée
en une ligne aussi étendue que possible, comme
l'a fait Miltiade à Marathon. La réserve est
placée
sur une éminence. Le Brenn, est un homme avisé et il
redoute
un piège. Aussi il attaque cette hauteur en premier et c'est la
panique chez les Romains qui fuient vers Veies. La victoire de l'Allia
est nette et les pertes sont lourdes chez les Romains. Les vainqueurs
découvrent
la Ville presque vide, la pillent et l'incendient. La garnison
résiste
dans la citadelle du Capitole, mais la famine vient à bout de
cette
défense. Ainsi Rome doit verser un important tribut à ses
vainqueurs, "VAE VICTIS". Les Celtes se répandent en Italie en
direction
des Pouilles. Les Sénons s'installent sur la côte
Adriatique,
jusque dans la région d'Ancone, les Lingons dans le delta du
Pô;
les Insubres dans la Lombardie actuelle, les Cénomans sont
autour
de Brescia, les Boïens vers Bologne. La
confédération
Etrusque est considérablement affaiblie.
De nouvelles attaques sur Rome viennent en -367, - 361, -
360,
se briser sur les nouvelles murailles que le dictateur Camille a fait
construire.
En - 350, les Celtes campent sur les monts albains. Les Celtes
continuent
de descendre dans la vallée du Tibre et en Apulie. En - 331, un
traité de paix est conclu entre Rome et les Sénons et la
paix s'installe temporairement. Au début du IIIème
siècle
les Celtes participent à la 3ème guerre samnite, dans une
vaste coalition qui réunit les Samnites, les Etrusques, les
Ombriens
et les Gaulois. En - 298, une armée composée de Samnites
et de Gaulois écrase une armée romaine commandée
par
Lucius Cornelius Scipio Barbatus à Camerinum en Ombrie, puis
elle
se heurte aux armées des consuls Quintus Fabius et Publius
Decius
Mus. C'est la bataille de Sentinum. - 295
Elle commence par une combat de cavalerie où, sur l'aile gauche, Décius et ses cavaliers romains dominent les cavaliers gaulois, mais les chars celtes dont le bruit effraie les légionnaires, enfoncent la cavalerie romaine et l'armée de Décius déroute. Sur l'aile droite, Fabius en utilisant au mieux les réserves refoule les Samnites dans leur camp. Puis il attaque les Gaulois joyeux de leur victoire et les écrase. C'est une lourde défaite pour les Gaulois comme les Samnites. Mais le conflit continue.
Les revers vont se succéder face aux légionnaires
romains,
en dépit des renforts de nouveaux contingents de Celtes en
provenance
du Nord des Alpes. Le chef des Sénons, vers - 285, s'allie aux
Etrusques
et écrase l'armée romaine sous les murs de la ville
d'Arretium.
La riposte de Rome est sévère. Menées par le
consul
Dolabella, les légions ravagent le pays des Sénons et
revendent
les femmes et les enfants prisonniers comme esclaves. Les Romains
s'allient
avec les Cénomans contre les Boïens et les Insubres qui
résistent
toujours et qui sont vaincus avec leurs alliés, les
Gésates
et
les Taurisques, par deux armées romaines qui les prennent en
tenaille,
à la bataille de Télamon, en - 225, en Etrurie. Sur
environ
50 000 fantassins et 20 000 cavaliers celtes présents, 10 000
sont
prisonniers et 40 000 tués! Une partie des Boïens repart
vers
le Nord, elle résiste
efficacement aux Cimbres et aux Teutons au
IIème siècle. C'est au tour des Insubres. Leur
capitale,
Mediolanum est prise après un siège. Les Celtes se
soumettent
jusqu'à l'arrivée d'Hannibal en - 218. Ils participent
comme
alliés des Carthaginois aux combats de la 2ème guerre
punique
et en particulier à la bataille
de Cannes en - 216 et y laissent
de nombreux morts. Les Celtes sont définitivement vaincus en -
191.

Chaudron de Gundestrup
motif d'un objet fait en Europe centrale
et retrouvé au Danemark 1er siècle bc
Les Celtes en
Grèce
Vers l'Orient, un mouvement de population aussi puissant que celui qui a investi l'Italie du Nord, se déclenche au Vème siècle, ayant pour but, le contrôle de la route de l'ambre. L'expédition décisive a lieu au IVème siècle, sur le même principe du printemps sacré. Venus de la Forêt Noire et suivant les rives du Danube, surtout la gauche, ils sont arrêtés par le peuple Illyrien des Antariates. Ces guerres durent une cinquantaine d'années et les Celtes, après les avoir soumis, vers - 310, s'installent à leur place. L'empire macédonien fait obstacle et les Celtes remontent vers la Transylvanie. Ils servent comme mercenaires pour Denys de Syracuse ou Philippe II de Macédoine et, vers - 335, ils rencontrent Alexandre le Grand qui conclut un traité d'amitié avec eux. Les Celtes fondent la "principauté" des Scordisques et Singidunum qui deviendra Belgrade. Au début du 3ème siècle, les Celtes lancent une offensive vers la Macédoine qui connaît alors des difficultés. Une première tentative de pénétration en Thrace est un échec en - 298. La grande offensive contre la Macédoine débute en - 280.
Un "corps" de Celtes, dirigé par Bolgios rencontre, en - 279, l'armée macédonienne de Ptolémée Kéraunos et remporte une victoire écrasante, puis se retire. Le roi macédonien est tué durant la bataille. Un autre Brenn, chef des Tectosages, recrute des soldats chez les peuples indigènes, y compris les Illyriens pour la conquête de la Grèce. Les Celtes franchissent le fleuve Sperchios dont les ponts ont été coupés, au moyen de nacelles fabriquées avec leurs boucliers. La ville d'Héraclée est assiégée et prise. Une armée des cités grecques coalisées est battue sur le chemin des Thermopyles. Mais les passages sont gardés par un contingent d'Etoliens qui bloque l'avance celte. Le doute s'installe chez les Celtes. Le Brenn envoie deux lieutenants ravager l'Etolie, les Etoliens abandonnent leurs positions pour rentrer chez eux. Avec 40 000 soldats, le Brenn profite du brouillard pour surprendre les Phocéens qui gardent le passage et sont exterminés. La route de Delphes est libre et les Celtes pillent tout sur leur passage. Le Brenn perd du temps à rassembler ses guerriers ivres et à les motiver par la promesse d'un trésor fabuleux. Les Grecs en profitent pour se rassembler autour de Delphes et affermir leurs positions, ils sont environ 4 000. La ville résiste longtemps aux attaques des Celtes. Le combat est acharné, enfin, lorsque les Celtes vont pénétrer dans le temple sacré, la terre tremble, la foudre frappe, une tempête de neige se déclenche, une pluie de rochers assomme les combattants et des crevasses s'ouvrent sous les pieds des Celtes qui fuient la colère des dieux. La nuit suivante, les Celtes sont saisis par une panique telle qu'ils s'entretuent et le retour vers Héraclée est pénible sous le harcèlement des Grecs. Les pertes sont lourdes, le Brenn se sent responsable de cet échec et ayant transmis ses pouvoirs à Akichorios, il se donne la mort. (Cette version est légendaire, une autre version nous dit que les Celtes ont rapporté le trésor chez les Tectosages, près de Toulouse. Mais le trésor semble avoir été pillé par les Phocidiens au cours de la Guerre Sacrée.) Les Celtes sont de toute façon refoulés vers le Nord.
Les Celtes conduits par Komontorios, battent les Thraces mais sont vaincus par Antigone Gonatas et fondent un royaume dont la capitale est Tylis. Vers - 278, 20 000 d'entre eux passent en Asie, conduits par un chef nommé Molistomos et, sur des radeaux qu'ils construisent sur place, traversent l'Hellespont avec femmes, chevaux, chariots et provisions. Ils sont appelés par le roi de Bithynie, Nicomède 1er, pour lutter contre son frère. Pour les récompenser de leur action, le roi leur offre la Phrygie orientale, face à la Syrie d'Antiochos. Ils sont composés de 3 peuples, les Tolistoboges à l'Ouest, les Trocme à l'Est de l'Halys et les Tectosages autour d'Ancyre. Ils s'organisent efficacement, en harmonie avec les indigènes. Leurs maîtres sont appelés tétrarques, car il y a 4 chefs dans chaque peuple. Mais ils ne reçoivent plus de renforts et reprennent leurs expéditions de pillage vers les riches cités de la côte. En -270, Antiochos Sôter les repousse avec ses éléphants. Ils sont contraints de s'installer sur le plateau phrygien. Les raids continuent et en - 240, Attale 1er, roi de Pergame remporte contre eux plusieurs victoires qui arrêtent leur expansion. Ils vivent désormais autour d'Ancyre, l'actuelle Ankara. Ils sont devenus Galates, et subissent une hellénisation progressive, mais ils gardent leur langue jusqu'à la conquête romaine. Ils combattent au IIème siècle, comme auxiliaires d'Antiochos III et sont vaincus par le consul romain Manlius Vulso en 189. Ils se heurtent à Eumène II, le nouveau roi de Pergame en - 182 et - 160 et au temps de l'empereur Auguste, la Galatie devient romaine, en - 25.
Une autre troupe de Celtes, rescapée de la défaite
contre
Antigone, est engagée comme mercenaires par le
pharaon Ptolémée II, en guerre contre Magas de
Cyrène.
Ils ne sont pas payés car ils n'ont pas été au
combat
contre Magas. Ils se révoltent contre le pharaon et veulent
s'emparer
du trésor royal. Ils sont cernés dans une île et
Ptolémée
II les laissent mourir de faim.

Les Celtes en Espagne
Par petits groupes, les Celtes, installés en Aquitaine au VIème siècle, pénètrent dans le Nord et l'Ouest de l'Ibérie. Ils occupent trois régions au Nord, à l'Ouest ainsi qu'au centre de la péninsule, soit les deux tiers. Ils construisent des castros, sorte d'habitations fortifiées. Les rapports avec les habitants, les Ibères, sont harmonieux et au IIIème siècle, la fusion du peuple celtibère est achevée, en marge du monde méditerranéen. Vers - 237, Hamilcar Barca commence la conquête de l'Espagne avec des mercenaires et procure à Carthage de riches mines d'argent et des vastes terres dans le Sud Est de l'Espagne. Hannibal, durant la seconde Guerre Punique, attaque Sagonte, ce qui est un casus belli pour les Romains et tue de nombreux Celtes. Une armée romaine commandée par Publius Cornelius Scipion surnommé comme son parent, l'Africain, combat les Carthaginois, prend Carthagène en - 209 et les chasse d'Ibérie.
Les Romains s'étendent depuis la côte
méditerranéenne,
vers l'intérieur et les Celtibères se défendent
très
vigoureusement contre eux en pratiquant une forme de guérilla.
De
très rudes combats sont menés à partir de - 181,
pour
contrôler les grandes routes commerciales. La première
guerre
celtibère prend fin en - 174. La deuxième guerre de -154
à - 152, est conclue par Marcellus. Les Celtibères,
menés
par Magaravicus, reprennent la guerre contre Rome et battent le
général
Mancinus en - 137. Rome envoie le vainqueur de Carthage, Scipion
Emilien
qui purge le camp romain de tout le luxe dans lequel les soldats
vivaient
et entoure la ville de circonvallations. Les Celtibères
résistent
jusqu'à la prise de Numance en - 133 et se donnent la mort. La
présence
romaine est effective sur la côte méditerranéenne
et
les vallées de l'Ebre et du Guadalquivir. Pendant ce temps, la
Lusitanie,
(le Portugal actuel), peuplée de Celtes, résiste, sous la
conduite de Viriathe, une dizaine d'années à l'invasion
romaine.

Bouclier de Battersea (II-Ie siècle)
retrouvé dans la Tamise
Les Celtes vers les Iles Britanniques
Dès le VIIIe siècle, des Celtes, issus de Gaule, traversent la Manche et pénètrent les Îles Britanniques. A l'époque de la Tène, les Belges suivent cet itinéraire et s'installent au sud de l'Angleterre. C'est à nouveau des vagues successives d'immigrants qui progressivement dominent le pays. La guerre est assez permanente entre ces populations celtes et dans le nord, en Écosse, aux Orcades et dans les îles Shetland, des centaines de petits forts ou de tours de pierre sont construits et utilisés pendant la période de la Tène.
À partir de Jules César, les invasions romaines commencent, au motif de punir les Bretons pour leur aide envers les Gaulois. Mais le commerce de biens de luxe facilite le rapprochement des rois britanniques et des Romains. C'est la politique agressive des fils de Cunobelinos envers les Romains qui fournit le prétexte à l'empereur Claude de décider l'invasion de la Bretagne en 43. Le Sud Est de l'île est rapidement conquis. Chaque révolte, des Silures, des Icènes avec leur reine Boudicca, et des Brigantes entraîne le déplacement de la frontière vers la Solway Firth.
C'est Agricola qui, entre 78 et 83, termine la conquête, vainc les Calédoniens à Mons Graupius et fixe la frontière sur la ligne des Highlands. Puis il part pour Rome et l'offensive s'arrête. Cette ligne s'avère impossible à défendre. Les Romains retournent derrière la Solway Firth.
Les Celtes d'Irlande ne connaissent pas les invasions romaines et entretiennent des relations commerciales avec eux. Au IVe siècle, la faiblesse des garnisons romaines les poussent à lancer des incursions en Bretagne pour y prendre des esclaves et du butin.
Les Celtes en Gaule
Les Celtes s'infiltrent dans la Gaule centrale vers le VIIe siècle et sont nombreux en Bourgogne, Lorraine et Jura. Ils occupent l'Armorique au Ve siècle et suivent la vallée du Rhône en refoulant dans les montagnes les tribus de Celtes hallstattiens et les Ligures. Mais il n'y a aucune cohésion entre les peuples celtes. C'est en Gaule centrale que se trouvent les peuples les plus puissants. Vers - 400, Ambigat, le "roi" des Bituriges, semble exercer une hégémonie sur l'ensemble de la Gaule. Il aurait chargé ses deux neveux Bellovèse et Sigovèse d'emporter le plus possible de soldats avec eux pour conquérir les terres que leurs désigneraient les dieux (l'Italie et la Grèce). C'est ce peuple en marche, avec ses chariots contenant des volailles, qui a provoqué chez les Romains inquiets les cris de "Galli !", du latin gallina, la poule. Les Romains appelleront désormais les Celtes : Galli, les Gaulois.
Au IIIe siècle, les Celtes sont repoussés au delà du Rhin par de nouveaux venus, les Germains, en provenance de Scandinavie. Les Belges "descendent en Gaule" et s'installent dans sa partie Nord. C'est au tour des Arvernes d'assurer l'hégémonie en Gaule. La pression conjointe des Romains et des Germains suscite la création d'oppida. Le IIe siècle commence par la dernière descente des Celtes en Italie et se termine par la conquête de la Provincia (au sud de la Gaule), par les Romains venus à l'appel de Massalia attaquée par les Salyens ou Salluvii. Leur oppidum d'Entremont est détruit.
L'alliance entre Rome et les Eduens, permet, en - 122, aux légionnaires de Domitius Ahenobarbus de battre les Allobroges venus attaquer les Eduens. En - 121, les Allobroges perdent une bataille contre le Consul Fabius Maximus, au confluent du Rhône et de l'Isère. L'armée romaine de Quintus Fabius Maximus bat l'armée arverne du roi Bituit, qui se portait au secours des Allobroges. Au premier siècle, les tribus germaniques commencent à s'installer sur la rive gauche du Rhin.
Les Eduens, imitant les Romains, proclament une république aristocratique gérée par les décurions, une assemblée de notables, qui élisent tous les ans le vergobret. Ils sont copiés par d'autres peuples dont les Arvernes qui ont perdu leur roi. Les Eduens offrent leur protection à tous leurs voisins. C'est le peuple le plus puissant de Gaule. Vers - 113, les Cimbres et les Teutons pénètrent profondément en Gaule et perturbent gravement les Celtes. Ils seront vaincus par les Romains.
Vers les années - 60, Celtill, un noble Arverne s'allie
avec les Séquanes pour combattre les Eduens. Les alliés
appellent Arioviste, le chef de la tribu germanique des Suèves,
à leur aide, et ensemble, ils sont victorieux. Arioviste, pour
prix de son alliance réclame des terres. Il installe ses
Suèves en pays Eduen et Séquane. Celtill tente de se
faire proclamer roi des Arvernes. Il est condamné par son propre
frère Gobannitio et les décurions de Gergovie et
brûlé vif, selon la tradition, dans un
panier d'osier en public, devant son fils
Vercingétorix.

L'armée celte
La guerre selon les Celtes.
Les tactiques de combat ont évolué pendant 5 siècles, mais une constante reste : la "ruée anarchique", le mode de combat privilégié. Auparavant, des défis sont lancés provoquant des combats singuliers. La guerre est accompagnée de force bruits, sonneries de trompettes (carnyx), cris, pour déstabiliser l'adversaire.
Les Celtes utilisent avec virtuosité le char de guerre à deux roues, depuis la période de la Tène, profitent de leur mobilité pour parcourir le champ de bataille en jetant des javelots. Puis ils sautent à terre et combattent à pied. Léger, le char celte a deux roues, les nobles l'utilisent habituellement pour combattre comme les Mycéniens. Les chars de combat disparaissent des champs de bataille du continent, mais demeurent utilisés par les Bretons contre les Romains.
Le cheval tient une place essentielle dans l'art de la guerre
celte. La cavalerie combat de la manière suivante :
A chaque cavalier est lié deux écuyers, également
bons cavaliers. Les cavaliers vont au combat tandis que les
écuyers demeurent derrière. Quand le cavalier chute de
cheval, l'écuyer lui donne le sien. Quand le cavalier est
tué, l'écuyer monte
sur le cheval de ce dernier et enfin quand le cavalier est
blessé, un écuyer prend sa place au combat et l'autre
l'accompagne au camp.
Cette unité tactique se nomme la trimarcisia.
Les combats opposent souvent les tribus entre le printemps et
l'été. Des alliances se constituent entre voisins. Selon
la nécessité, une confédération peut se
créer ou un biturix (roi du monde) être élu.

épée celte
Les armes
Très habiles à travailler le fer, les Celtes fabriquent des épées longues et plates. L'arme s'est allongée avec le temps, elle dépasse le mètre. Les guerriers frappent avec le tranchant, la pointe de l'épée est arrondie. Cette arme est adaptée au combat de cavalerie et nécessite de l'espace. Mais les chocs répétés contre un casque, un bouclier ou un glaive fragilise l'épée dont la lame est mal trempée et se plie pendant le combat. Le fourreau en cuir bouilli, en fer ou parfois en bronze, protège l'épée et se porte au côté droit. Ce sont les seuls guerriers du monde antique qui utilisent un fourreau en métal, du chef au combattant de base. Il est de dimensions très précises pour ne pas émousser le fil de l'épée et correspond bien au style de combat mobile des Celtes, opposé au combat statique de ses adversaires méditerranéens. Le guerrier emporte une lance et deux javelots, quelquefois une fronde. Il est équipé d'un casque de bronze ou parfois de fer, d'un bouclier en bois renforcé d'éléments de fer, en particulier l'umbo central, dès le IIIème siècle. Ce bouclier est ovale ou rectangulaire et mesure un mètre. Il est apte à être brandi à bout de bras pour être utilisé comme une arme offensive. Plus rarement, le guerrier celte porte une cotte de mailles qui est une invention celte.
Les Celtes savent utiliser le terrain : collines ou promontoires
de
moyenne montagne, pour y installer des oppida fortifiés qui
servaient
aussi de centre de production artisanale. Le mures gallicus
constitué
de divers matériaux, protège une zone de plusieurs
dizaines
d'hectares et une ville. Un coffrage solide, constitué de
poutres
verticales et horizontales fixées par des clous, maintient un
mélange
de terre et de pierrailles tassées. Ces oppida parfois, se
superposent
à des fortifications de l'Age du Bronze.
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