Définition de l'intelligence économique

 home si vous êtes une entreprise, lisez la suite







 

"Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses. C’est celui qui pose les vraies questions" - Claude Levi-Strauss

La définition de référence de l’intelligence économique est indiquée dans le rapport du Commissariat général du Plan de 1994 (dit « rapport Martre ») : « l’intelligence économique est l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution et de protection de l’information, obtenue légalement, utile aux acteurs économiques, en vue de la mise en œuvre de la stratégie individuelle et collective ».

Citations d'experts :
« L’Intelligence économique est, pour l’entreprise, la connaissance de son environnement international », Bernard Esambert

« L’intelligence économique, c’est anticiper plutôt que s’adapter », Rémy Pautrat

« Trop d’information tue l’information, mais il faut aussi apprendre à détecter les signaux faibles », Alain Juillet

« Intelligence économique » : un terme parfaitement abscons
Au-delà de ces citations d'expert, aussi justes et aussi pertinentes soient-elles, le terme « Intelligence économique » est pour beaucoup parfaitement abscons. Issu de l’anglais «competitive intelligence», il aurait mieux fallu traduire par «renseignement concurrentiel», voire «renseignement économique». Mais au-delà de ce problème de terminologie, l’intelligence économique ne désigne pas toujours le même concept, selon les personnes ou les entreprises qui en parlent ou qui en font. En fait dans la plupart des cas, ce ne sont pas des définitions erronées mais des définitions partielles qui sont données.

L’intelligence « économique » n’est pas une notion véritablement nouvelle, même en France, qu’on dit tant être en retard sur ce sujet. L’intelligence économique est en fait un concept qui regroupe de façon cohérente et en accord étroit avec la stratégie d’une entreprise ou d’une collectivité, différentes actions menées au moins partiellement par ces mêmes entreprises et collectivités depuis fort longtemps.

La nouveauté réside dans le fait que ces actions sont, avec l’intelligence économique, plus complètes, cohérentes entre elles et non menées de façon séparée, et surtout toutes entières tournées vers un but précis, lié aux priorités stratégiques et opérationnelles.

Les trois facettes de l’intelligence économique

L’intelligence économique a pour but principal de recueillir, d’analyser, puis de diffuser, au bon moment, aux décideurs d’une entreprise ou d’une collectivité de l’information qui va les aider à prendre une décision stratégique ou opérationnelle.

Trois approches, trois métiers différents composent l'intelligence économique, comme le montre le schéma ci-dessous :

 

Concrètement, l’intelligence économique permet de détecter de nouvelles opportunités grâce à plusieurs types d’actions :
- veille commerciale et veille concurrentielle, afin de mieux connaître ses marchés, ses prospects, ses clients, ses partenaires, ses concurrents, les attentes des clients, et donc accroître sa performance commerciale ;
- benchmarking, afin de se comparer en permanence à ses concurrents ou à ses homologues dans le monde, et ainsi découvrir de nouvelles idées de produits, de services, d’organisation…
- veille technologique et lobbying dans les instances de normalisation afin de découvrir et de mettre en œuvre, avant ses concurrents, des opportunités techniques de tout ordre et anticiper plus rapidement des mutations techniques, notamment en matière de normes ;
- maîtrise de sa communication (lobbying, communication d’influence).

Concernant les menaces, là aussi l’intelligence économique peut prendre plusieurs formes :
- mesures de protection contre l’espionnage industriel ;
- sécurisation, protection des informations sensibles, notamment électronique ;
- communication : règles de protection, sensibilisation du personnel…
- veille de risques : en termes techniques, commerciaux (clients, fournisseurs), risques pays…
- veille d’image et de réputation afin de détecter des menaces en terme d’image et de se protéger contre d’éventuels détracteurs ou rumeurs ;
- communication en temps de crise.

Attention, l’intelligence économique n’est pas de l’espionnage économique. Même si l’intelligence économique permet parfois de récupérer de l’information cachée ou confidentielle, ce n’est jamais par des moyens illégaux.

Enfin, concernant les aspects de veille stratégique (cycle du renseignement) de l'intelligence économique, ce qui importe le plus, ce qui distingue l'intelligence d'une démarche traditionnelle de veille (commerciale, juridique, technologique, concurrentielle, marché...) ce sont les première et dernière phases du processus schématisé ci-dessous.

En effet on fait encore trop souvent "de la veille pour de la veille", en faisant abstraction des besoins réels en information des décideurs de tout ordre et de l'usage stratégique ou opérationnele qui pourra être fait de l'information, ainsi remontée.

Le produit de veille typique que sont les lettres de veille ou autres revues de presse bien trop souvent lues uniquement par leurs émetteurs (ces lettres leur permettant de "justifier" leur travail) et non pas par leurs destinataires est emblématique de cette démarche déconnectée de la stratégie et des besoins de l'entreprise.

Ne pas confondre IE, KM et BU : à lire absolument

home si vous êtes une entreprise, lisez absolument la suite

Claude MOLLY-MITTON - 21 novembre 2005

 
  Conception et réalisation du site : Claude Molly-Mitton© 2003.
La reproduction des textes et documents figurant sur ce site est strictement interdite, sauf accord par écrit de l’auteur