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« Qui suis-je ? » demandait André Breton au début d’un de ses livres les plus célèbres, Nadja André Breton est né le 19 février 1896, dans un village de l’Orne, Tinchebray, mais ses ascendances sont bretonnes et lorraines. Il passe sa petite enfance à Saint-Brieuc, auprès de son grand-père maternel auquel l’attachait une vive affection et qui lui a peut-être donné son goût des plantes, des insectes. En 1900, ses parents s’installent à Pantin. Le souvenir de l’école communale de Pantin, comme celui du collège Chaptal qu’il fréquente de 1906 à 1912, se retrouve dans quelques passages de « Saisons » (Les Champs magnétiques ). De ces années, rendues moroses par le dur autoritarisme de sa mère, par l’ennui des routines scolaires, datent quelques-unes de ses aversions les plus affirmées : « Qu’avant tout l’idée de famille rentre sous terre ! » (L’Amour fou ). Mais, vers sa quinzième année, une grande lumière perce la grisaille de l’existence, celle de la poésie dont il a la révélation soudaine grâce à un professeur, Albert Keim, par l’intermédiaire de Mallarmé. La passion de la poésie, désormais, l’absorbe tout entier ; il lit Baudelaire, les symbolistes, fréquente les séances poétiques du Vieux-Colombier, découvre Huysmans, un de ses grands enthousiasmes de jeunesse ; il écrit lui-même des poèmes. Dès cette époque, on est frappé chez lui par la rigueur des exigences, la fermeté d’un jugement qu’il sait approfondir et nuancer, le refus de toute facilité et le sens de la tenue dans l’expression ; un goût très vif pour la peinture et des prédilections durables, comme celle qui le tourne déjà vers Gustave Moreau, s’affirment en même temps. Inscrit à la faculté de médecine en octobre 1913, il continue à s’intéresser davantage à la poésie qu’à la chimie. Il rencontre Jean Royère et publie dans sa revue La Phalange , en mars 1914, trois de ses premiers poèmes ; l’un est dédié à Paul Valéry dont il fait alors la connaissance. À la déclaration de guerre, le jeune Breton ne se laisse pas entraîner par l’enthousiasme belliqueux qui submerge le pays ; « déclarations puérilement chauvines, confiance exorbitante en soi-même », note-t-il au lendemain même de la mobilisation. Appelé en avril 1915 dans un régiment d’artillerie à Pontivy, il essaie d’échapper par la lecture deRimbaud et de Jarry à « l’école des bons travaux abrutissants » qu’est pour lui l’apprentissage militaire. À Nantes, où il est versé au bout de quelques mois dans le service de santé, il fait la rencontre la plus décisive de sa vie, celle de Jacques Vaché (« La Confession dédaigneuse » dans Les Pas perdus ). Ce que lui apporte Jacques Vaché, à peine plus âgé que lui-même, c’est, par le moyen de l’humour, un exemple de « résistance absolue », à la guerre bien sûr, mais aussi, par-delà, aux hiérarchies et aux valeurs consacrées par une civilisation capable d’enfanter cette guerre. À ce monde dans lequel « on n’arrive à se faire une place au soleil que pour étouffer sous une peau de bête », Vaché oppose un refus insolemment courtois, feutré, inébranlable, qu’il vit dans tous ses actes. Il n’épargne pas plus la mystique de l’art que le reste. Son exemple, que renforce et combat à la fois l’envoûtement de Rimbaud, dont Breton ne s’est pas dépris, de Lautréamont qu’il découvre, arrache le jeune poète à la délectation esthétique, mais ne tue pas en lui le goût de la poésie. Toutes les années de la guerre, qu’il passe successivement à Nantes, à Saint-Dizier où il fait fonction d’interne dans un centre neuropsychiatrique militaire et s’initie avec passion aux théories de Freud, à la Pitié dans le service du professeur Babinski, au Val-de-Grâce, puis à Saint-Mammès près de Fontainebleau, sont occupées par un très complexe débat qu’il soutient avec lui-même. Son premier recueil de poèmes, Mont de piété (1919), montre comment, sous l’influence de Rimbaud, Apollinaire, Reverdy, il s’éloigne des leçons de Mallarmé et de Valéry ; plus important encore est le glissement général d’orientation qui s’y révèle : à l’interrogation sur les formes de la poésie ont succédé les recherches sur sa nature. Car si Breton ne veut plus vivre pour elle, il ne peut vivre que par elle. ...André Breton, qui devait quelques années plus tard fonder le mouvement surréaliste paraissait déjà dominer les autres et portait sa tête imposante comme un défi... Et Breton trouva le mot "surréalisme", qui venait de l'oeuvre du défunt poète, Apollinaire. Le dadaïsme ne mourut pas simplement, il se transorma. Le nouveau mouvement comptait dans ses rangs tous les premiers Dadaïstes... Extrait de Man Ray Autobiographie, 1963 André Breton (1896-1966) Fils d'un employé en écritures à la gendarmerie; Gendarme des écritures poétiques pendant un quart de siècle Elève-médecin pendant la guerre de 14 Dadaïste Liquidateur du Dadaïsme Fondateur du Surrealisme Ami de Robert Desnos Pape du Surréalisme Ennemi de Robert Desnos Ennemi de la société marchande Membre du Parti Communiste Marchand d'Art Père de l'Aube Rebelle en temps de paix Fuyard en tant de guerre Collectionneur d'Art africain Militant anti-colonialiste Ennemi de la Littérature Critique Littéraire Briseur de statues Statue dans un musée et/ou poète ? Piers Tenniel ·
Mont de Piété 1919
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