LA CHAMBRE DES DAMES

Jeanne BOURIN

 

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Fiche :

Auteur Jeanne Bourin
Editeur Le Livre de Poche
Edition originale La Table Ronde 1979
Collection Ldp, numéro 6203
Nombre de pages 633 pages
Format 11 cm x 17 cm
ISBN 2253039128


Résumé :

Jamais le Moyen Age n'avait encore inspiré un tel roman, chronique chaude et familière d'une famille vivant au XIIIème siècle, dans le royaume de Saint Louis. Ce roman n’est pas un roman historique au sens habituel du terme. C’est un roman dans l’histoire. Jeanne Bourin y conte l'existence quotidienne des Brunel, orfèvres à Paris, surtout celle des femmes et, tout particulièrement, de deux d'entre elles : Mathilde, la mère, trente-quatre ans, et Florie, sa fille, quinze ans, qui se marie. Tout semble tranquille, assuré. Rien ne l'est car une folle passion et des événements dramatiques vont ravager la vie des Brunel.
Si l'intrigue est imaginaire, le cadre historique, lui, ne l'est pas. Une documentation rigoureuse donne au moindre détail une authenticité que Régine Pernoud, éminente médiéviste, s'est plus à confirmer dans sa préface : les Brunel vivent sous nos yeux comme on vivait en XIIIème siècle rayonnant où l'on mêlait gaillardement vie charnelle et vie spirituelle, quête du corps et quête de l’âme, sans déchirement. A travers La Chambre des dames, tout un temps ressuscite dans sa verdeur, son naturel et son originalité. Nous épousons sa mentalité, tout à la fois voisine et différente de celle d’aujourd’hui. Mathilde, Florie, chaque personnage nous devient familier, nous les aimons comme s’ils étaient des nôtres. C’est ainsi que bien des idées reçues se voient battues en brèche. Quatrième de couverture de l’édition de la table ronde.

A noter : Yannick ANDREI en a fait une magnifique mise en images, soignant jusquau moindre détail, décors et costumes. Le tournage sest fait en France, dans la forêt de Rambouillet, et en Italie, à Rome dans les studios de Cinecitta.

Extrait :

Préface de Régine Pernoud
Lorsque Jeanne Bourin me demanda de préfacer son ouvrage, j’ai quelque peu hésité. L’amitié certes me portait à accepter ; mais s’il a le respect de l’œuvre littéraire, l’historien ne se sent pas qualifié pour y participer : son travail à lui relève sinon d’une technique, du moins d’une discipline fort éloignée de la création romanesque. Il est vrai qu’en France surtout on a très peu le sentiment des exigences qu’impose le métier d’historien. Ne voit-on pas très couramment des directeurs de collections demander à des romanciers ou romancières un ouvrage d’ »Histoire » ? On croit qu’il suffit de savoir écrire pour pouvoir composer une page d’Histoire. L’exemple de Michelet est toujours plus ou moins implicitement évoqué et l’on oublie que l’immense talent de Michelet fut servi par sa carrière d’archiviste, et que le décalage certain, quant à la valeur historique, entre ses premières et ses dernières œuvres, vient précisément de ce qu’il cessa, en 1852, d’exercer une fonction qui le mettait en contact direct avec le document d’histoire.
Aussi ne voulions-nous pas, après avoir si souvent déploré que les romanciers se mêlent d’histoire, nous mêler nous-mêmes de romans.
Mais le roman que voici procure au médiéviste un bonheur rare : celui de présenter des images du Moyen-Age qui rompent tout à fait avec le Moyen-Age des romanciers (sans parler de celui des journalistes !). A peine croyable : le décor est tout autre que celui de la Cour des Miracles et du Gibet de Montfaucon ; il n’est pas question de serfs torturés, écartelés et massacrés par des seigneurs brutaux et avides ; la faim, la terreur et la misère ne sont as le cadre de vie exclusif des gens qui bâtissent les cathédrales ; leur existence se déroule autrement que dans la menace quotidienne de fléaux et d’exterminations. Des gens comme vous et moi, occupés de leur travail, de leur entourage familier, de leurs ambitions et de leurs amours, de leurs désirs et de leurs passions. Une humanité semblable à ce que fut depuis toujours l’humanité.
C’est très surprenant si l’on songe que traditionnellement chez nous il était convenu que, parmi les six millénaires que comporte l’histoire de l’homme, l’un d’entre eux, celui qui va du Ve au XVe de notre ère, avait eu ce triste privilège de ne produire que des brutes et des monstres, sous-alimentés, sous-développés et intellectuellement demeurés. Que ce fût le même temps qui ait produit la Merveille du Mont Saint-Michel, le portail de Reims, la poésie des Troubadours et le Roman de chevalerie n’entamait pas cette légende d’un « Age de ténèbres » faisant tache dans l’histoire des hommes, légende soigneusement entretenue par l’enseignement à tous les degrés, de l’école primaire à l’Université (création pourtant de ces siècles obscurs !).
Voilà pourquoi une médiéviste ne pouvait moins faire, à la lecture du roman de Jeanne Bourin, que de saluer une œuvre dans laquelle les personnages sont bien ceux qu’elle rencontre aussi à travers les chartes et les chroniques, les actes de donation et les rôles des comptes, bref les documents d’histoire. Hors de tout jugement de valeur, elle y retrouve son monde quotidien, et c’est pour elle une heureuse surprise. Le lecteur en sera peut-être déconcerté ; ce n’est pas ainsi qu’on lui a appris à imaginer la vie au XIIIe siècle. Mais quel que soit l’apport de création qui fait la valeur propre du roman, les personnages ici évoqués vivent en fait la vie de leur temps.
Et l’on se prend à penser : pourquoi cette coupure ? Comment, en une époque qui s’est crue rationnelle et scientifique, a-t-on pu ériger en axiome le mépris historique ? Aujourd’hui encore où l’opinion a considérablement évolué, n’est-ce pas quotidiennement qu’on entend employer le terme « Moyen-Age » pour signifier misère et abrutissement ?
On parle souvent de « France coupée en deux ». Est-ce vrai dans l’espace ou dans les statistiques ? Ce n’est pas à nous d’en juger. Mais c’est rigoureusement vrai dans le temps. Faire comme si notre pays n’avait commencé à exister qu’au XVIe siècle, c’est scientifiquement inacceptable. En nous persuadant de son manque d’intérêt, voire de sa non-existence, on nous a frustrés de notre passé.

Critique/Presse :

Grand roman historique dont le succès et la popularité, grâce à la télévision, semblent avoir remis à la mode l'époque qu'il décrit et le genre qui est devenu fertile depuis sa parution. Excellente évocation du milieu déjà bourgeois de la fin du 16e siècle. Amazon.fr

Cette volonté de restituer dans sa quotidienneté une époque mal connue et mal jugée est certainement une des raisons de la séduction qu'a exercée La Chambre des dames sur des milliers de lecteurs. Jean Prasteau Le Figaro

Petite remarque perso : J'ai découvert un autre monde. Le moyen-âge, je l'avais appris à l'école... genre cour des miracles. Et là, eh bien, tout simplement la vie d'une famille sans doute privilégiée, mais avec ses habitudes, ses rites, sa place dans une société rafinée et non rustre comme nous l'a si longtemps fait croire dans les manuels d'histoire. J'avais l'impression quand je posais le livre, qu'en ouvrant ma fenête, j'entendrais la rumeur des rues, les odeurs montant des étals des marchands... Et quelle histoire, pas celle avec un grand H non, la petite histoire ordinaire des gens... vivant leurs métiers et leurs passions de tout leur être, de toute leur âme...

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