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SOIE

Alessandro BARICCO

 

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Fiche :

Auteur Alessandro Baricco
Traduction Françoise Brun
Editeur Gallimard
Collection Folio, numéro 3570
Nombre de pages 145 pages
Format 11 cm x 18 cm
ISBN 2070419657

 

Résumé :

Ce minuscule roman contient une simplicité de mots qui nous bouleverse du début à la fin. L'histoire commence en 1861 alors qu'Hervé Joncour achetait et vendait des vers à soie. Sa vie se déroulait comme un fleuve tranquille. Marié depuis plusieurs années et sans enfant, il n'était ni tout à fait heureux, ni tout à fait malheureux. Jusqu'à présent, la vie avait été bonne avec lui. Et puis un jour, une épidémie menace la production de soie de la région de Lavilledieu. Un conseil des producteurs est mis sur pied et l'on désigne à l'unanimité Hervé afin de parcourir le pays jusqu'au Japon, pour ramener avec lui le nécessaire à la culture de soie. Son long périple se déroule sans embûche et, arrivé chez son hôte, il fait la connaissance d'une femme mystérieuse. Au cours de ses expéditions, il s'éprend secrètement d'elle. Il fait ainsi de nombreux voyages, mais revient toujours à Lavilledieu où sa tendre épouse l'attend patiemment. L'auteur récite le parcours de voyage d'Hervé en utilisant constamment les mêmes mots, les mêmes paragraphes...La répétition des mots rassure le lecteur et replace l'action dans son contexte. Malheureusement pour vous, je ne veux vous dévoiler le secret entourant cette femme étrangère et la provenance d'une curieuse lettre qu'Hervé reçoit. Par contre, l'une des leçons à tirer de ce roman est qu'on peut facilement oublier la force des gens qui nous entourent. Qu'ils sont dotés d'une valeur exceptionnelle et que l'on réalise souvent trop tard l'importance qu'ils avaient dans nos vies.

Josée Corrivveau
Club-Culture

 

Extrait :

Le village commença à s'agiter comme une fourmilière affolée : tous couraient et craignaient, et regardaient en l'air pour suivre des yeux ces oiseaux échappés, orgueil de leur seigneur pendant des années, outrage à présent qui volait dans le ciel. Hervé Joncour sortit de chez lui et redescendit à travers le village, marchant lentement, et regardant devant lui avec un calme infini. Personne ne semblait le voir, et il semblait ne rien voir. Il était un fil d'or qui courait droit, dans la trame d'un tapis tissé par un fou. Il passa le pont sur la rivière, descendit jusqu'aux grands cèdres, entra dans leur ombre et en ressortit. Devant lui, il vit l'immense volière, avec ses portes grandes ouvertes, absolument vide. Et devant la volière, une femme. Il ne regarda pas autour de lui et continua simplement à marcher, lentement, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut face à elle.

Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille.

Hervé Joncour fit un pas vers elle, tendit le bras et ouvrit la main. Sur sa paume, il y avait un billet, plié en quatre. Elle le vit et son visage tout entier se mit à sourire. Elle posa sa main sur celle d'Hervé Joncour, serra avec douceur, s'attarda un instant, puis la retira, gardant entre ses doigts ce billet qui avait fait le tour du monde. Elle l'avait à peine caché dans un pli de son vêtement que la voix d'Hora Kei se fit entendre.

- Soyez le bienvenu, mon ami français.

© Éditions Albin Michel S.A., 1997

 

Critique/Presse :


Soie, d'Alessandro Baricco, ou le plaisir du "copier-coller"
Soie est un best-seller. Mais il arrive que ce soit mérité. L'histoire, simple. Un marchand fait des aller-retours au Japon pour en ramener des vers à soie. Au Japon, il rencontre une femme. C'est tout.
Ce qui surprend, c'est que le récit de ces voyages est chaque fois identique à un mot près. Une page pour l'aller, une pour le retour. Toujours les mêmes. Une façon d'exprimer la monotonie de voyages ? L'auteur bâcle ainsi quatre mois de voyages pour se concentrer sur quelques jours, quelques instants, un regard...
Dès le premier voyage, Baricco a créé le référent de tout le roman. Et ici, pas de vagues réminiscences à la Proust, pas de liens diffus. De la brute répétition. Et chaque voyage devient un éternel recommencement, comme une roue ovale, qui tourne, un temps rapide, un temps lent. Mais on lit ces passages "copiés-collés" avec attention, cherchant la différence. Et on la trouve, toujours la même ! Bref, lisez ce roman. Lisez-le chez Albin-Michel. L'édition est belle, la couverture elle-même donne un toucher de soie...


LN

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