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"Vous me permettrez au moins
d'emmener mon chien ?"
( Duc d'Enghien, 15 mars 1804 )
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L’histoire du petit
chien du duc d’Enghien, nommé Mohiloff, est particulièrement émouvante,
car elle représente l’exemple même de la fidélité.
Mohiloff était un carlin au pelage couleur
" café au lait " avec
son masque noir, un petit museau et de grands yeux un peu globuleux. Son
air ridé et grimaçant lui donnait cette physionomie sympathique
caractéristique aux chiens de sa race.
C’est en 1798, en Volhynie (Pologne) que la
future épouse du duc d’Enghien, la princesse Charlotte de Rohan, acheta le
petit carlin.
Le chien était destiné au duc, qui, lui-même, se trouvait dans la région
avec l’armée de Condé, qui fut, à l’époque, au service du Tsar de Russie.
Accusé d’avoir porté les armes contre sa
patrie et soupçonné de complot sur la personne de Napoléon (alors 1er
Consul), le duc sera arrêté le 15 mars 1804 dans sa propriété à Ettenheim,
village situé non loin du Rhin dans le grand duché de Bade en Allemagne.
Emmené sous la contrainte, les soldats du 1er Consul, jeta le
duc à l’intérieur d’une voiture attelée qui se dirigea, sans perdre de
temps, vers une embarcation pour traverser le Rhin.
Le petit carlin, qui avait suivi le détachement, voulut, lui aussi ,
sauter sur le bateau. Repoussé à coup de botte par les soldats, le pauvre
animal courut un peu plus loin se jeter dans le fleuve et le traversa à la
nage.
Le Rhin traversé, le duc fut placé dans une autre voiture pour se rendre à
la citadelle de Strasbourg.
Derrière la voiture, Mohiloff courait
toujours éperdument.
Le 18 mars, le duc quitte Strasbourg en bonne
escorte. Mohiloff, qui n’avait pas quitté le duc d’une semelle, réussit
cette fois à sauter dans la voiture qui doit transporter l’illustre
prisonnier vers Paris.
Le pauvre chien se blottissait aux pieds du duc. Finalement, les soldats
autorisèrent l’animal à rester avec son maître.
Le 20 mars, en fin d’après-midi, la voiture
et son escorte s’engouffrent à l’intérieur du château de Vincennes. Le
soir, le duc, qui ne mangea presque pas, donna une grande quantité de son
repas à son fidèle compagnon à quatre pattes, qui se jeta sur l'assiette.
Une fois la nourriture avalée, le petit chien se serra contre son maître
et s’endormit.
Vers deux heures du matin, après un interrogatoire sommaire, le duc fut
conduit, sous un crachin, dans les fossés du château où l’attendait un
peloton d’exécution. Durant le trajet, Mohiloff, qui montrait beaucoup de
nervosité, se colla aux jambes du duc.
Au moment de l’exécution, le duc écarta du pied le pauvre animal qui
s’était réfugié à ses pieds. Soudain, une rafale de coups de feu crépita
et affola le vibrant carlin qui prit la fuite.
Le corps du duc fut aussitôt jeté, à quelques mètres de là, dans un trou
qui avait été creusé la veille.
Mohiloff, qui n’avait pas été bien loin, revint, après l’inhumation, sur
cette tombe improvisée en gémissant. Le peintre Carle Vernet, réalisa, d’ailleurs, une aquarelle représentant le fidèle carlin grattant la pierre
qui recouvrait la tombe de son maître.
Le pauvre chien restera plusieurs jours
couché sur la tombe, grelottant de froid et hurlant à la mort, jusqu'à ce
que les habitants du quartier demandent au gouverneur du château, le
commandant Harel, de le recueillir.
Confié d’abord à la femme de celui-ci, le petit carlin fut ensuite hébergé
par le marquis Charles de Béthisy qui, à la mort du chien, le fit
naturaliser.
Il fut exposé au Musée du Palais de Rohan à Strasbourg après la mort du
marquis.
Le duc d’Enghien entra dans l’Histoire. Son fidèle
chien l’y aura suivi.

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et anecdotes"

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