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Généralités
L'époque
des apaches se situe à peu près entre 1900 et 1920.
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Le
MATIN ou Le GAULOIS (selon les sources !!!)
13 septembre 1907
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« Dans
le Paris moderne rôde un individu qu'Eugène Sue et Balzac n'ont pas
connu mais qu'ils auraient décrit avec minutie, un coquin que Vidocq a
ignoré mais contre lequel il eut aimé déployer sa force et sa
ruse : l’Apache. On ne sait plus aujourd'hui si l’Apache, de
création récente, a produit une certaine littérature, ou si une
certaine littérature a produit l’Apache... Sous ce vocable dont on
l'a affublé, on a réuni l'escroc, l'escarpe, le rôdeur de barrière,
le cambrioleur, le faquin à poignard clandestin, l'homme qui vit en
marge de la société, prêt à toutes les sales besognes pour ne pas
accomplir un labeur régulier, le misérable qui crochète une porte ou
éventre un passant, parfois pour rien, pour le plaisir…» |
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La paternité
du mot "apache" reviendrait à Arthur Dupin ou à Victor Morris, tous deux
journalistes, en 1902.
A l'origine, l'expression "apache" est essentiellement
parisienne.
A Marseille, on parle des
"nervis" et à Lyon, des "kangourous".
Elle
a tendance à englober, dans l'esprit populaire du moment, la totalité des
voyous de la capitale.
Pourtant, les apaches sont différents de la pègre et des truands
endurcis, par leur manière de s'afficher,
leurs attitudes, leurs coutumes.
Deux
points sont importants :
-
Pendant
toute la période "apache", à côté des voyous, vivait
toute une population tranquille, en partie auvergnate, dont le
destin n'était ni la Guyane, ni l'échafaud...
-
Ne
confondons surtout pas la disparition des apaches avec la
disparition du "Milieu"...
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Françoise
RAISON-JOURDE
P110
La
Colonie Auvergnate de Paris
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« A la
veille de 1914 et surtout au lendemain de la Première Guerre, la rue de
Lappe avait parmi les immigrés [auvergnats] eux-mêmes mauvaise
réputation en ce qui concerne les bals musette car ils attiraient de
nombreux apaches. Les Auvergnats du quartier se sont toujours défendus
d'entretenir avec eux le moindre rapport, mais, aux yeux des Parisiens,
une certaine contamination avait joué et faisait dire que le XIè
arrondissement était peuplé d'Auvergnats et mal famé. » |
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En
bref...
Les
apaches sont jeunes.
On débute vers 10 ou 11 ans et il arrive que des garçons de 15 ans
prostituent des filles d'une vingtaine d'années.
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Pierre
DRACHLINE & Claude PETIT-CASTELLI
Casque d'or et
les apaches
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« En
1907, sont recensés plus de trente mille délinquants, rôdeurs,
vagabonds, souteneurs dont les deux tiers ont entre quatorze et dix-neuf
ans. Une jeunesse désœuvrée qui tente d’échapper aux règles imposées
par la société.
» |
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Ils
se réunissent en bandes qui prennent le nom de leur chef ou d'une
particularité du groupe (la bande à Manda, les habits noirs, les gars
de Charonne...).
Langage, vêtements et tatouages sont autant de signes de ralliement.
Ils permettent la
différentiation entre les différentes bandes qui,
vers 1900, pullulent et, souvent, se battent entre elles.
Originaire
de Ménilmontant (Ménilmuche), la Villette (Villetousse), Belleville ou
de la butte Montmartre, les apaches, le soir venu, investissent les
quartiers du centre de la capitale : Maubert (la Maub), Montparnasse
(Montparno), la rue Mouffetard (la Mouff), la Bastille (la Bastoche),
et les Halles.
Ils sont soucieux de leur honneur qu'ils placent dans leur réputation (acquise
"à la force des poings")
et dans leurs habits, plus particulièrement dans leurs chaussures !!!
(voir, à ce sujet, la rubrique "ils
l'ont dit un jour")
Les
apaches, selon leur âge, pratiquent pour subsister : le vol de plus ou
moins grande envergure , la prostitution, le bonneteau (jeu de rue
"trouvez la fève") et le meurtre, si besoin est...
Les
femmes apaches aident et protègent leurs hommes.
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Pierre
DRACHLINE & Claude PETIT-CASTELLI
Casque d'or et
les apaches
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« Les
Apaches choquent aussi par la liberté de leurs mœurs.
Ils pratiquent l'amour libre, tout simplement parce que
l'amour ne saurait être, pour eux, que libre! Leurs
compagnes subissent l'opprobre parce qu'elles ne
dissimulent pas leur goût du plaisir, de la fête.
Elles n'hésitent pas, dans les bals, à provoquer les
hommes et il ne leur déplaît pas d'être le "sujet"
d'une bagarre. »
«
Les femmes apaches, affranchies des préjugés d'une
classe sociale dominante qui n'était pas la leur et libérées
du fatalisme des femmes d'ouvriers, détonnent en un
temps où le bourgeois se croit décent parce qu'il évacue
ses vices dans les chambres de bonne. Ces amazones
urbaines vont et viennent de par les quartiers de Paris
et savent tenir leur place au bistrot, ce "salon du
pauvre". A l'occasion, elles se font guetteuses ou
messagères pour la bande et, s'il le faut, joignent le
geste à la parole. Souvent, d'ailleurs, elles manient
fort bien le couteau et ne craignent pas de séjourner
en prison. » |
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Pour
se distraire, ils fréquentent les fêtes foraines et les bals
"musette".
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on lie encore très facilement
les trois termes : musette, accordéon et apaches.
De
1902 à 1907, la presse a beaucoup parlé de leurs "exploits".
La police reste, devant eux, longtemps impuissante : ils sont plus ou
moins soutenus par le petit peuple lors des arrestations (ce, malgré
les attaques, agressions, viols, insultes... que les apaches lui fait
subir) et abrités par des tenanciers de bars, de maisons, de
bouges...
A
partir de 1907, pour diverses raisons (parfois politiques), les journaux
(le quotidien "le Matin" plus particulièrement), se déchaînent
contre eux.
Malgré les mesures prises par la justice, le phénomène ne démord
pas.
Ce n'est que la première guerre mondiale qui en aura raison, en
transformant les apaches de "chair à guillotine" en
"chair à canon"...
Après
1920, l’expression "apache" disparaît du langage.
La fréquentation des musettes devient moins dangereuse.
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Casque
d'or
Le
procès qui eut lieu au début du siècle, puis le film de Jacques
Becker ont tiré Amélie Hélie, de l'anonymat et ont fait d'elle une des
figures du monde des apaches.
Son surnom de Casque d'or lui fut, selon ses propres dires, donné par
une infirmière.
Voici
donc un résumé de son histoire...
Amélie
est née le 17 juin 1879 à Orléans.
A 13 ans, elle se met en ménage avec un jeune ouvrier de 15 ans,
surnommé "le Matelot".
A l'hôtel des "Trois Empereurs", ils abritent leurs amours
juvéniles... un peu trop juvénile d'ailleurs pour le père d'Amélie
et pour la police qui ne tardent pas à les retrouver.
Suit une période d'alternance entre la maison de correction et des
fugues pour retrouver le Matelot.
Quatorze mois plus tard, elle abandonne définitivement son jeune amant
parce qu'elle trouve que leur amour sombre dans une morne routine.
Immédiatement, elle rencontre Hélène de la
Courtille, qui lui offre l'hospitalité chez elle, rue Dénoyez... et sa protection
sur un coin de trottoir !
On voit les deux femmes partout à Paris.
Elles s'aiment, s'amusent, dansent...
Un petit matin, la belle Hélène emmène Amélie à
la "Pomme au Lard", un des points de chute de la pègre.
Amélie y fait la connaissance de Bouchon, un souteneur qui vient juste
de sortir de prison.
Séduite
par "son costard gris et ses pompes jaunes" et, surtout, lasse de la
jalousie d'Hélène, elle ne tarde pas à accepter les propositions de
"protection" de Bouchon.
Consciencieusement, Amélie continue donc à se prostituer.
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Pierre
DRACHLINE & Claude PETIT-CASTELLI
Casque d'or et
les apaches
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«
Amélie
Hélie semblait tenir particulièrement à la dimension
sociale et culturelle de sa profession dont elle écrivit
les "commandements" en parlant d'elle-même à
la troisième personne du singulier :
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Elle
fournissait du rêve aux hommes qui en avaient un
urgent besoin.
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Elle
soulageait bien des épouses qui lui en savent gré
aujourd'hui, c'est évident.
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Elle
ne faisait de mal à personne, au contraire. |
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Elle
recueillait les jeunes commis tirant la langue et
les dorlotait cinq minutes dans ses bras. |
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Elle
était un mode de circulation pour la richesse
publique.
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Elle
évitait que les belles concierges fussent à tout
instant culbutées dans les escaliers.
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Elle
était l'oie du pauvre, le riche gardant jalousement
pour lui la dinde du parc Montsouris, ce qui ne
l'empêche pas d'ailleurs de goûter parfois à
l'oie du pauvre.
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Elle
consolait le veuf de son veuvage, le prêtre de ses
vœux |
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Elle
faisait aimer à l'homme le beau, le bien, le juste,
et sauvait bien des familles » |
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Quelques temps plus tard, Bouchon
devient à la fois trop exigeant sur
le rendement et très violent.
Amélie s'enfuit du quartier de Charonne
où elle travaille, et erre dans Paris.
Pendant
quatre jours, elle échappe aux recherches entreprises par son
"homme" et
par un dénommé Ballet dit "Bouboule", à qui Bouchon l'a
"cédée".
Finalement, place de la Contrescarpe, elle rencontre Joseph Pleigneur,
22 ans, connu, craint et respecté à la Courtille sous le nom de Manda.
Il est le chef de la bande des Orteaux qui se compose, entre autres
célébrités, de Paulo dit "Cou Tordu", Julot Ménétrier,
Heill dit "le Boulanger", Polly dit "le Dénicheur"
(celui de la chanson !), Echapies dit "Son-Pied"...
Manda propose à Casque d'or de l'aider...
De
retour le soir même à la Courtille, les nouveaux amants sont vite
repérés par Bouchon et Ballet.
Bouchon, prudent devant Manda, préfère passer la main sans histoire.
Ballet, lui, finit dans le caniveau, un couteau planté entre les
omoplates...
Amélie change de trottoir et reprend ses activités lucratives
quotidiennes.
Manda,
charmant dans le privé, vit très bien de ses propres affaires (surtout le racket de commerçants), ce qui l'emmène parfois à des
déplacements plus ou moins longs.
Dans ces moments là, Amélie, ne supportant pas de dormir seule, fait des fugues avec d'autres hommes...
ou avec des femmes.
De son côté, Manda est tout à la fois jaloux (pas des clients, bien sûr
!) et peu fidèle.
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C'est justement suite à une infidélité que Casque d'or décide de partir.
Elle quitte la Courtille pour Charonne, ou elle espère que Manda
viendra la chercher, ce qu'il ne fait pas !
La première rencontre avec Dominique Leca, 27 ans, chef de la bande de la "Popinc'"
se fait par hasard, dans un café du boulevard Voltaire.
Elle le
revoit aux Halles.
Lui vient alors l'idée du magnifique "spectacle" que ferait,
pour ses beaux yeux, le combat Manda / Leca !
Amélie
décide donc de s'installer avec Leca, ce que Manda ne peut laisser
passer sans ternir son honneur de chef. |
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Le
lendemain, Leca reçoit un premier coup de couteau.
Manda est immédiatement arrêté, mais Leca, observant la loi de ce
milieu, refuse de le reconnaître...
Manda est relâché.
Le 2 janvier 1902, Manda et Polly attaque l'hôtel ou Amélie et Leca
dorment : dégâts matériels uniquement.
Le 5 janvier, une bataille rangée entre les deux bandes est organisée
sur les fortifs.
Leca prend deux balles de revolver, à la cuisse et au bras gauches.
Ce n'est que le 8 janvier qu'il accepte de se rendre à l'hôpital Tenon
(XXè).
Le lendemain, il est opéré puis interrogé par la police : il ne parle
pas...
Sur sa demande, il obtient le droit de sortir à trois heures de
l'après-midi.
En compagnie de Casque d'or et de trois hommes à lui, il s'installe
dans un fiacre.
Mais, dans la rue de Bagnolet, le fiacre est attaqué : Polly porte à
Leca trois coups de couteau avant de s'enfuir.
Leca est ramené de toute urgence à l'hôpital Tenon.
La
presse s'empare alors de l'affaire...
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Arthur
DUPIN
Le Petit Journal |
« Ce sont là
des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre
civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en
plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues
pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon,
coiffé à la chien! » |
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Arthur Dupin invente, sans doute, l'expression "apache"
à ce moment là...
Pendant ce temps, Leca reçoit à nouveau la visite de la
police.
Il ne parle toujours pas, mais ses parents, eux, donnent sans remord le
nom de Manda.
Celui-ci prend donc la fuite.
Après s'être caché dans le XIIIè chez une protégée d'Albert Jupeau, dit
Bébert la Jupe, souteneur de son état, puis une semaine à Londres,
il aboutit finalement, à Alfortville, au lieu dit "île Saint
Pierre".
C'est là qu'il est reconnu, dénoncé puis arrêté par seulement
cinquante policiers à la fois !
Les
rédactions parisiennes en font leur "une" du lendemain.
Amélie est demandée pour des interviews.
Articles de presse, portrait par Albert Dupré, pièces de théâtre,
chansons : c'est le début de la gloire, ce qui ne manque pas de choquer certaines
bonnes consciences...
Après tout, Amélie n'est qu'une prostituée...
Leca,
qui passe pour une victime, une fois sorti de l'hôpital, reprend sa vie
avec la nouvelle vedette.
Il partage avec elle un peu de son succès et beaucoup de son argent.
Puis fatalement, un jour, c'est la rencontre avec des membres de la
bande à Manda et de nouvelles fusillades.
Leca, poursuivi par la justice, se réfugie alors en Belgique où il se
fera prendre.
Le
procès de Manda, auquel une foule compacte vient assister pour, entre
autre, voir témoigner Amélie, a lieu les 30 et 31mai.
A son issue, Manda est condamné au travaux forcés à perpétuité.
Leca
est extradé de Belgique.
Son procès, moins populaire que celui de Manda, a lieu le 20 octobre.
Il est condamné à 8 ans de travaux forcés et à la relégation.
Ils
partent le même jour pour Cayenne.
Aucun d'eux n'en reviendra...
Quant
à Amélie, elle ne retourne pas sur le trottoir.
Elle travaille un temps avec un dompteur, a de nombreux amants, finit
par se marier et élever ses quatre enfants et des neveux de son mari.
Elle meurt le 16 avril 1933 et "ressuscite" en 1951, dans le
chef d'œuvre de Jacques Becker, sous les traits de Simone Signoret.
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Pierre
DRACHLINE & Claude PETIT-CASTELLI
Casque d'or et
les apaches
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«
Amélie Hélie croyait changer d'emploi. Elle ne fit que
passer d'un souteneur à un autre, car qu'ils fussent
directeur de théâtre, photographe, peintre ou
dompteur, tous se conduisirent avec elle comme des proxénètes
plus ou moins conscients de leur rôle.
Casque d'or crut un temps être devenue quelqu'un, elle
ne fut, entre toutes ces mains, que quelque chose. »
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Ainsi
se termine le "fabuleux" destin d'Amélie... Hélie !
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