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Savage Reign
Après un Fatal Fury 3 fort réussi, SNK dispose en cet été 1995 de solides séries bien assises dans monde du jeu de combat d'arcade : Fatal Fury, The King of Fighters (avec un KOF '95 en préparation), Art of Fighting et Samurai Shodown. Le temps où cet éditeur devait tout prouver face à Capcom est bien révolu et il s'agit désormais d'un acteur majeur dans ce domaine. Là où SNK aurait pu se contenter d'offrir des suites à ses séries, voire même partir dans une logique d'un seul jeu remis au goût du jour (comme pour Street Fighter II), la firme d'Osaka préfère lancer un tout nouveau titre. Innovation, quand tu nous tiens... Ce jeu s'appelle Savage Reign en Europe et aux Etats-Unis et Fu'un Mokujiroku au Japon. Maintenant la question est de savoir s'il peut se faire une place auprès des Fatal Fury et Art of Fighting. L'intro nous présente le héros de jeu, Hayate, adepte du Fuun-Ken (prière de prononcer "fouuuuuuuuuuun ken"), une technique de combat inédite combinant boomerang et karaté. Il participe à un tournoi organisé par King Lion (non, rien à voir avec Simba).
En ce qui concerne les menus, c'est du très classique ; en revanche les options sont intéressantes avec entre autres la possibilité de régler la vitesse comme dans Art of Fighting 2.
L'histoire se situe
dans un futur plus ou moins proche, quelques décennies
après Fatal Fury ou King of Fighters. Un individu du nom
de King Leo organise un tournoi, le "God of the Beast Competition".
Dix combattants figurent au tableau de sélection.
Si King Lion est disponible au tableau de sélection des personnages, le vrai boss du jeu est King Leo, une version survitaminée du premier. Rapide, ultra-prioritaire, très puissant, il se montre bien coriace à vaincre.
Savage Reign dispose de neuf décors de base directement accessibles en versus. Pour le reste, il faut jouer contre le CPU.
L'originalité de ce jeu repose sur son impression de profondeur. D'abord visuelle avec un zoom qui a cette fois trois positions et non deux comme habituellement (proche, médiane, éloignée).
Ensuite au niveau de la jouabilité avec deux plans pour se battre, chaque plan constituant une aire de combat à part entière.
Les temps de chargement sont un peu longs sur Neo·Geo CD, à mon sens ils aurait sans doute pu être mieux pensés. Sur Neo·Geo CDZ cela va bien mieux (mais sans égaler une cartouche, évidemment).
Aspect graphique C'est plutôt joli, bien travaillé avec des couleurs éclatantes et un grand nombre de détails. Les stages sont bien choisis sans toutefois transpirer un futurisme flagrant. Les personnages sont bien faits même si leur look n'est pas du meilleur goût. Animation Le jeu est assez rapide, et si ça ne va pas la vitesse est réglable. Les mouvements sont toutefois insuffisamment décomposés. Le zoom est très puissant, on a des personnages quasiment aussi gros que dans la série Art of Fighting en combat rapproché. Bruitages et son De la musique qui n'a que peu d'envergure (hormis un ou deux thèmes) sert de fond sonore aux parties. C'est bateau, peu inspiré, on l'oublie assez vite. Elle a juste le mérite de bien coller aux différents décors et d'accompagner correctement l'action. On peut écouter celle du stage de Joker ici. Les bruitages sont réussis, comme bien souvent sur Neo·Geo. Jouabilité On utilise ses poings (A), ses pieds (B) et une arme (C) ! Notons qu'on peut lancer cette arme sur l'adversaire. Il faut ajouter à cela la possibilité de changer de plan (D). Ceci n'est pas limité aux esquives comme dans les Fatal Fury, on peut aussi lancer un pouvoir spécial depuis un plan pour toucher l'autre. Et là est toute la différence avec le jeu des loups solitaires. Le changement de plan ne permet plus vraiment de se mettre à l'abri, mais juste de déplacer le combat plus loin, le répit accordé par l'esquive étant de courte durée. Les coups sortent en revanche avec un peu de difficulté ; c'est trop raide, tout ça. Durée de vie Savage Reign dispose de dix combattants, ce qui n'est pas étourdissant. Pas de mode de jeu spécial, rien qui ne retienne le joueur davantage. Le jeu en solo se révèle bien difficile à la fin, comme souvent avec SNK : un boss énervant à souhait. Au final : SNK a tenté sa chance et c'est un coup d'épée dans l'eau. Savage Reign, malgré ses innovations, est un jeu peu inspiré et pas hyper jouable. On ajoute à ça un nombre plus que moyen de personnages, peu charismatiques qui plus est. Ok, on l'aura compris, Savage Reign n'a pas du tout l'étincelle d'un Fatal Fury ou d'un KOF, malgré une réalisation honnête. Même si les ingrédients sont plutôt bons, même si le chef cuisinier a du talent, le plat n'est pas nécessairement délicieux. Note :
Et aujourd'hui ? Kizuna Encounter, sa "vraie fausse" suite est bien meilleure pour beaucoup de joueurs. Savage Reign reste un petit jeu de combat sympa que l'on peut envisager si on le trouve à prix d'ami, mais c'est tout.
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