LES AUSTRALOPITHÈQUES
La famille des Hominidés réunit deux sous familles :
- La lignée des Panidés, représentée par les chimpanzés et les gorilles actuels.
- La lignée des Homininés qui ne sont plus représentés que par les Hommes.
Les Australopithèques sont les Homininés adaptés à la vie aux confins des forêts tropicales africaines, à une époque située entre 4 et2,5Ma. Les Australopithèques correspondent au premier âge d'or des Homininés. C'est un groupe riche mais disparate. Ils devaient utiliser des outils, comme le font les chimpanzés actuels, notamment des bâtons à fouir pour déterrer les parties souterraines des plantes.
Le terme " d'Australopithèque " regroupe une mosaïque d'Homininés repartis sur plusieurs lignées évolutives.
Typologie
- Les Australopithèques anamensis
Ils ont vécu de 4 à 3,6Ma, en Afrique orientale, dans les milieux arborés et humides. Ils sont mieux habitués à la marche debout que les Australopithèques afarensis.
- Les Australopithèques afarensis
Ils ont vécu de 4,1 à 2,9Ma en Afrique orientale (Éthiopie) dans les milieux arborés et humides. Lucy, une cousine vieille de 3 millions d'années est la plus célèbre d'entre eux.
La taille de leur cerveau est comparable à celle des chimpanzés actuels, avec une organisation du cortex qui ressemble davantage à celle des hommes, avec une spécialisation au niveau cérébral dans le domaine des relations avec les environnements physiques et sociaux.
Ils sont moins prognates que les chimpanzés, mais leurs mâchoires sont plus robustes. Leur régime devait comporter des nourritures coriaces : fruits, rhizomes, tubercules voire des insectes et à l'occasion de la viande (petits mammifères, antilopes) comme les chimpanzés.
Ils mesuraient entre 1m et 1,4m, ce qui est plus grand que la taille des chimpanzés actuels, avec une grande différence entre les mâles et les femelles. Ils devaient peser 30kg pour les femelles et 50kg pour les mâles, comme les chimpanzés actuels. Leur bassin, très humain, est adapté à la marche (chaloupée et instable) et prouve la bipédie, qui est confirmée par ailleurs par d'autres caractères, notamment au niveau de l'articulation de la colonne vertébrale et du crâne. Mais les Afarensis, passaient encore la moitié de leur temps dans les arbres, où ils étaient capables de grimper et de se suspendre. Par contre, ils ne pouvaient pas courir en étant debout. Le haut de leur corps ressemblait à celui des chimpanzés (large, trapu, grands bras, petites jambes) alors que le bas du corps était plus humain.
Leur intelligence était adaptée à la recherche de nourritures cachées, ce que les grands singes actuels ne savent pas faire. On pense qu'un tiers de leur vie était consacrée à l'apprentissage permettant d'accéder aux ressources vitales et aux subtilités de la vie sociale. Ils vivaient par groupes de dizaine d'individus contrôlant des domaines de 10km² à 90km². La vie de ces communautés reposait sur une grande connaissance de l'environnement et une grande subtilité des rapports sociaux, ceci entraînant le développement et l'organisation du cerveau.
- Les Australopithèques africanus
Ils vivaient il y a 3,5 et 2,5Ma, en Afrique australe en milieu arboré et humide. Leur marche était plus assurée. Leur crâne est celui qui se rapproche le plus de celui des hommes modernes.
- Les Australopithèques bahrelghazi
Ils ont vécu entre 3,5 et 3Ma en Afrique centrale en milieu arboré et humide. Le plus connu est Abel.
- Les Australopithèques garhi
Ils ont vécu vers 2,6Ma, en Afrique orientale (Éthiopie) en milieu arboré et humide. Leur bipédie était plus humaine.
Conclusion
Les Australopithèques occupent une place importante dans la lignée des Homininés. Ils sont plus ou moins évolués selon le caractère pris en compte. Certains groupes sont proches de nous par leurs caractères liés à la locomotion, d'autres par leurs caractères crâniens et d'autres encore par leur mâchoire, comme Abel. Ils utilisaient des outils de pierre, par exemple des cailloux pour casser des noix, mais ne taillaient pas intentionnellement les pierres.
Chez les Australopithèques, on définit beaucoup d'espèces et de nombreuses lignées mais parmi lesquelles il est impossible de déterminer un ancêtre de l'homme.
Vers 2,8Ma, des changements climatiques et environnementaux importants (formation de la calotte glaciaire arctique qui entraîne une sécheresse qui provoque le recul de la forêt et l'extension des étendues herbeuses) ont pour conséquence la disparition des Australopithèques et l'émergence des Paranthropes et des premiers hommes.
Contemporains des premiers hommes durant environ deux millions d'années, les Australopithèques possèdent tous une morphologie dentaire particulière qui en fait des "cousins" des hommes dont ils ne peuvent être considérés comme des ancêtres directs. Avec à la fois des caractères plus primitifs que "Lucy", mais doté d'une face déjà très humaine, "Abel"appartient à un rameau très ancien indépendant des autres australopithèques aujourd'hui connus. Sa morphologie dentaire plus archaïque démontre l'existence probable d'une espèce plus ancienne que quatre millions d'années, ancêtre commun des australopithèques et des premiers hommes." (Grimaud-Hervé)
Enfin, une règle quasi-générale de l'évolution des êtres vivants est que celui qui contribue à engendrer une forme nouvelle n'en continue pas moins à faire perdurer sa propre descendance. Les ancêtres deviennent donc des "cousins" ce qui expliquent certaines cohabitations de très longues durées tant dans le temps que dans l'espace pour peu que le genre de vie, le régime alimentaire et l'habitat soient distincts. Cette cohabitation est d'autant plus longue que les dates indiquées précédemment pour chaque espèce sont celles des terrains où les fossiles ont été mis au jour alors que ces hominidés ont en réalité vécu sur des périodes beaucoup plus longues (de un à deux millions d'années) allant de leur apparition à leur disparition.
Iconographie
- Répartition des hominidés ( d'après Pascal Picq, "Au commencement était l'homme"
- Anatomie comparée du singe et de l'homme (Pascal Picq)
Adaptation à la bipédie
Comparaison des squelettes :
Le grand singe, à gauche, est adapté à une forme de quadrupédie, appelée " marche sur les phalanges ".
La bipédie pratiquée par l'homme,implique un grand nombre de différences ana-tomiques par rapport à la quadrupédie.
- Arbre généalogique des Hominidés
Bibliographie
- Site Internet
http://www.snv.jussieu.fr/vie (Cliquer sur ADN mitochondrial, H. sapiens et H. neanderthalensis)
- "Aux origines de l'Homme, l'odyssée de l'espèce" Pascal Picq
- "Au commencement était l'homme" De Toumaï à Cro-Magnon Pascal Picq. Editions Odile Jacob