
1. Fondation, historique
Fondée en juin 1981 par les P. Adalbert
Hamman et Lin Donnat, la Revue trimestrielle :Connaissance des Pères
de l'Eglise était liée à un cours de patristique
par correspondance, réparti en trois niveaux. Mais, cette revue
"s'adressait également à tous ceux qui voulaient se
former au contact de la grande Tradition de l'Eglise et recevoir d'elle
lumière doctrinale et élan spirituel. Comme on l'a annoncé
Connaissance des Pères de l'Eglise est accesible à tous
: ceux qui commencent, ceux qui ont déjà une première
initiation historique ou doctrinale, et ceux qui veulent se spécialiser
pour devenir formateur à leur tour. Ces trois niveaux se complètent
l'un et l'autre et cependant leur étude peut être entreprise
séparément" . C'était essentiellement un "instrument
de travail pour découvrir la Tradition de l'Eglise".
Au fur et à mesure des années,
le cours et la Revue ont pris leur autonomie.
La Revue a connu différents tournants,
a changé d'éditeur, est passée en mars 1987 aux
Editions Nouvelle Cité, les Editions DDB ne pouvant plus en
assurer la publication, mais l'inspiration fondamentale de la Revue,
visant à faire connaître la Tradition vivante de l'Eglise
est restée.
Personnellement, j'ai commencé à
faire partie du Comité de rédaction en juin 1988, ai
assuré le secrétariat de rédaction et le suivi
de 1990 à 1995 et la rédaction depuis 1996.
Comme il n'y avait et comme il n'y a encore
en France, aucune revue qui rende accessibles les Pères de
l'Eglise qui apparaissent de plus en plus parlants pour notre époque,
nous avons opté pour des dossiers thématiques, à
la manière des Cahiers Evangile qui rendent les Pères
de l'Eglise accessibles et qui permettent d'en goûter les meilleures
pages.
Au cours des années, les dossiers se
précisent et deviennent de véritables outils de travail.
2. Objectifs
Ces dossiers sont constitués par les
quatre numéros annuels qui se répartissent de la manière
suivante : présentation
- d'un Père (Ambroise, Origène,
les Cappadociens, Tertullien...)
- d'une région (la Provence, l'Ethiopie,
le désert...),
- d'un thème (le diaconat, le baptême,
les canons des Ecritures, richesse et pauvreté...),
- d'un genre littéraire (les apologies,
les vies de saints, les écrits apocryphes, la prédication...).
Comme les Pères ont été
les premiers à réfléchir sur le mystère
de la Trinité et à répondre aux différentes
interprétations erronées qui en ont été
proposées, nous suivons l'actualité de la réflexion
que l'Eglise nous propose dans le cadre du Jubilé en présentant
un numéro sur l'Esprit Saint, un autre sur le Père (dernier
paru), un sur la Trinité, ainsi que des numéros correspondant
aux sacrements coresspondant aux différentes années
: le baptême (paru en 1996), le sacrement de réconciliation
(cette année), l'eucharistie (en 2000).
Pour chaque numéro, l'objectif est de
réaliser un dossier complet, faisant le point des recherches
sur la question, en faisant appel aux spécialistes du sujet,
avec un double souci pédagogique et spirituel :
- Un article général donne,
tout d'abord, les principales orientations du numéro, fait
un état de la question.
- Puis, 3 ou 4 articles sur des points précis,
de manière à aborder les principaux aspects de la
question : s'il s'agit de l'étude d'un Père, on reprend
les différents volets de son oeuvre ; pour un thème
et un genre littéraire, les différents auteurs qui
en ont parlé et les interprétations qu'ils en données
; pour une région, nous nous attachons davantage à
l'aspect historique et aux différentes personnes qui l'ont
marquée.
Dans chaque article, une bibliographie de référence.
Puis, quelques pages de recension, intitulées
: Actualité des Pères de l'Eglise.
- Une page : Points de repères, plus
pédagogique, précisant comment le numéro peut
être utilisé dans le cadre de la formation permanente.
- p.4 de couverture : un beau texte, donnant
le ton du numéro.
N.B. : - 1) Pour rendre la Revue plus maniable,
nous avons changé de format en 1997, passant d'un A4 au format
habituel des Revues, mais sans changer le nombre de signes de chaque
numéro.
- 2) Nous avons également recherché
un Logo pour la Revue. Comme les représentations de l'époque
sont peu nombreuses et déjà utilisées, le plus
souvent, nous avons opté pour une miniature représentant
la Pentecôte et qui manifeste le statut des Pères de
l'Eglise, qui sont à la fois nos Pères dans la foi et
nos frères dans la vie de l'Esprit.

Exemple : Revue LES CAPPADOCIENS
n° 65
Editorial
Actualité des Pères de l'Eglise
M.-A. CALVET, Les Discours de Grégoire
de Nazianze ou les écrits d'un homme de parole
B. GAIN, La correspondance de S. Basile
M.-A. VANNIER, Note sur l'apport de S. Basile
à la théologie trinitaire.
V. DESPREZ, Saint Basile de Césarée
et les fraternités de Cappadoce
P. MARAVAL, Grégoire de Nysse, évêque
et pasteur.
B. POTTIER, Le Contre Eunome de Grégoire
de Nysse. (?)
| Moines-évêques, les
Cappadociens ont renoncé à tout, sauf à
l'art de bien parler et de bien écrire, ce qui fait
la saveur de leurs écrits, dont l'apport théologique
n'est pas moindre. Au IV° siècle, en effet, ils
ont non seulement permis à la Cappadoce de rester chrétienne,
mais ils ont également réalisé une oeuvre
qui a traversé les siècles et qui reste parlante
aujourd'hui. |
| Par le nom de Cappadociens, on désigne
trois hommes, unis par la famille et par l'amitié :
deux frères : S. Basile et S. Grégoire de Nysse
et leur ami commun : Grégoire de Nazianze. Ce numéro
de CPE se propose de vous les faire connaître et vous
invite à entrer dans leur pensée. |
QUELQUES POINTS DE REPERE
Cette rubrique...
ASPECTS RETENUS
En l'espace d'un numéro, il était
impossible de traiter de manière complète l'oeuvre de
chacun des trois Cappadociens. Nous nous sommes limités à
une présentation d'ensemble, en retenant pour chacun d'eux
un trait marquant et souvent peu étudié : les Discours
de S. Grégoire de Nazianze ; le rôle pastoral de S. Grégoire
de Nysse ; la correspondance de S. Basile et son oeuvre monastique,
ainsi que l'apport de S. Grégoire de Nazianze et de S. Basile
à la théologie trinitaire.
POUR ALLER PLUS LOIN
Pour mieux connaître S. Grégoire
de Nazianze, il importerait de lire l'ensemble de ses Discours (SC
247, 309, 405, 270, 284, 250, 318, 358, 384), ses Lettres théologiques
(SC 208), ses Poèmes.
Pour S. Basile, on pourrait lire ses Homélies
sur l'Hexaéméron (SC 26 bis), ses livres Contre Eunome
(SC 299, 305), ses Homélies.
Pour S. Grégoire de Nysse, le champ est
très vaste : depuis ses ouvrages polémiques Contre Eunome,
Contre Apollinaire, contre les pneumatomaques macédoniens,
ses traités dogmatiques, ses commentaires de l'Ecriture, ses
oeuvres ascétiques, son Traité sur la création
de l'homme, ses Lettres (SC 363), ses Discours et Sermons, les Vies
qu'il a écrites : celles de Moïse (SC 1 bis, ouvrage de
spiritualité) et de sa soeur Macrine (SC 178, hagiographie).
A lui seul, il demanderait au moins un numéro de revue.
Le lecteur non helléniste se heurte parfois
au manque de documents, car tous les textes des Cappadociens ne sont
pas encore traduits.
BIBLIOGRAPHIE
J. BERNARDI, La prédication des Pères
cappadociens, Paris, 1968.
J. DANIELOU, Platonisme et théologie
mystique chez S. Grégoire de Nysse. Essai sur la doctrine spirituelle
de Grégoire de Nysse, Paris, 1944.
P.J. FEDWICK (ed.), Basil of Caesarea : Christian,
Humanist, Ascetic. A 1600 Anniversary Symposion, Toronto, 1981
B. GAIN, L'Eglise de Cappadoce au IV° siècle
d'après la correspondance de Basile de Césarée
(330-379), Rome, 1985.
J.R. POUCHET, Basile le Grand et son univers
d'amis d'après sa correspondance. Une stratégie de communion,
Rome, 1992.
P. ROUSSEAU, Basil of Caesarea, Berkeley-Oxford,
1994.
T. SPIDLIK, Grégoire de Nazianze. Introduction
à l'étude de sa doctrine spirituelle, Rome, 1971.
Marie-Anne VANNIER