A l’invitation d’Olivier Curel, Hubert Falco, secrétaire d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire, vient de venir à Apt,
le jeudi 11 juin. Au menu des conversations, l’avenir de l’industrie du fruit confit et le développement économique du Pays d’Apt.
Cette visite est le prolongement des trois visites du maire d’Apt à Paris. Avec des élus de Vaucluse et du Pays d’Apt,
le maire d’Apt avait été reçu en mai à Paris par M. Devedjian, ministre chargé de la mise en œuvre du Plan de Relance,
par M. Falco, secrétaire d’Etat responsable de l’Aménagement du Territoire et enfin par Philippe Gustin,
responsable de la Revitalisation du Territoire au ministère de l’Economie. Olivier Curel était accompagné par le député
de la circonscription, Jean-Claude Bouchet, Alain Dufaut, sénateur de Vaucluse, Maxime Bey, président de la CCPA,
Gilles Rippert de la Commission Economique de la CCPA, et des élus du bassin d’Apt.
Jeudi 11 juin en mairie, le maire d’Apt était à nouveau entouré de nombreux élus et de responsables économiques départementaux
et locaux.
Les membres de l'intersyndicale de Kerry, déjà reçus par le cabinet de M. Falco, ont suivi les débats.
Olivier Curel a ouvert les discussions en présentant la longue histoire du fruit confit dans le Pays d’Apt
et son importance dans une économie essentiellement agricole. Il a insisté sur la gravité du problème que pose
la restructuration et les licenciements imposés par le groupe Kerry. En effet, Kerry représente 17 % de l’emploi
industriel ici. Tandis que les producteurs de fruits et la filière agricole risquent de perdre un débouché essentiel.
90 % de la production nationale de cerise blanche est réalisée dans la vallée du Calavon, entre Cavaillon et Apt.
Hubert Falco revint ensuite sur l’entretien avec Olivier Curel et la catastrophe que représenterait la fermeture de
Kerry - Aptunion (communiqué de presse ici ). Le secrétaire d’Etat évoqua également
les difficultés de transmission de la propriété agricole entre le chef d’entreprise et ses enfants et les problèmes
de plus en plus importants pour écouler la production.
Le président de la COPEBI, M. Cuxac, confirma la baisse de la production à cause du désengagement de Kerry.
Le métier d'agriculteur doit évoluer vers d'autres voies, par exemple la semi conserve, affirma-t-il.
Cependant, cela nécessite des investissements coûteux et l’aide de l'Etat serait pertinente.
Hubert Falco a confirmé l'évolution nécessaire du métier d'agriculteur. Il a salué le repreneur portugais du département
yaourts de Kerry. Ce qui va permettre de sauver une quarantaine d’emplois nécessaires pour le traitement des fruits.
Le secrétaire d’Etat a réaffirmé son choix de parler vrai. Il a rappelé que nous vivons une crise mondiale sans précédent.
Il a noté la réussite de notre Pôle d'Excellence Rurale (PER), et a conseillé d’aller dans ce sens pour encourager
et faciliter la diversification.
Mathieu Barrois, président du Comité de Bassin d’Emploi (CBE), affirma que la force du Pays d'Apt réside dans
le patrimoine vivant : lavande, ocre, pierre de taille, etc. Autant de métiers qui rencontrent des difficultés.
Pourtant, la plupart des professionnels se battent avec énergie pour conserver, voire développer leur activité.
Le président du CBE pense qu'il faut sensibiliser et mobiliser les collectivités autour de l’idée du patrimoine
pour trouver de nouveaux débouchés et créer des emplois en lien direct avec les chefs d'entreprises.
« Il n'est pas question que Kerry s'en aille comme ça. On ne part pas d'un pays de cette manière », a affirmé M. Falco.
Dès que le plan social sera bouclé, il faudra enclencher le plan de revitalisation du Pays d’Apt, de manière que le
groupe Kerry accompagne financièrement cette étape.
Maxime Bey, président de la Communauté de Communes du Pays d’Apt (CCPA) et maire de Gargas, a énuméré les projets et actions
en cours : résorption des zones blanches en haut débit Internet, création d'une aire de baignade écologique
au plan d'eau de la Riaille, étude de marché pour la culture industrielle du chanvre, création d'une
« maison des produits du pays », construction d'un équipement culturel intercommunal, création d’une zone industrielle
Haute Qualité Environnementale (HQE)… Les élus attendent l’aide de l’Etat sur tous ce projets et actions.
Le secrétaire d’Etat déclara sa volonté de soutenir toutes ces actions. Il annonça le versement d’une
subvention de 500 000 euros à la CCPA, et le lancement d’un nouveau Pôle d’Exellence Rurale en 2010, dès la fin de l'actuel.
M. Piton, président de la Confédération générale des coopératives agricoles de l'Union Européenne (COGECA)
et du groupe de travail « vin » du Comité des organisations professionnelles agricoles (COPA) annonça une
croissance à deux chiffres du marché du vin. Il déclara réaliser 50 % du chiffre d'affaire à l'exportation.
Après avoir gagné le combat contre le vin rosé de « coupage » (qui ne sera pas autorisé en Europe),
il affirma que la menace de délocalisation de la vigne vers des pays à bas coût de main d'œuvre sera la
prochaine bataille à mener pour sauvegarder nos crus, notre patrimoine, nos savoir-faire et l'énorme travail
des vignerons en recherche et en qualité.
De son côté, M. Boisson, président de la Chambre d'Agriculture, exprima ses craintes sur la préservation
des terres agricoles face à la pression immobilière.
La réunion avec le secrétaire d’Etat se termina par une collation au cours de laquelle il signa le livre d'honneur de la ville.
Une corbeille de fruits confits lui a été offerte...
...mais oui, il y a bien des bigarreaux!