65ième anniversaire de la libération d'Apt.


22 aout 1944: Apt est libérée du joug nazi.
22 aout 2009, commémoration de cette victoire.

Quelques images de cette cérémonie: départ de la place Gabriel Péri photo photo


Discours de Mme Mireille Garcin,
présidente de l'Amicale des Anciens de la Résistance du Secteur d'Apt: photo

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires, mes amis résistants, Mesdames, Messieurs, jeunes gens,

Vers la fin de quatre années d'occupation nazie, le débarquement en Normandie des troupes alliées faisait naître un espoir, confirmé par le débarquement en Provence, bientôt suivi par la libération des départements du sud-est, et celle d'Apt il y a exactement 65 ans. Elle était l'aboutissement de la lutte engagée par les Résistants du Secteur d'Apt, au prix de la vie de 43 d'entre eux, abattus, morts au combat, fusillés ou disparus dans les camps de concentration, après des années de dangers de souffrances, parfois de tortures.

Le décès récent de Maurice Druon est venu remettre en esprit cette époque. Créateur avec Joseph Kessel et Anna Marly du chant des partisans, ils ont su rendre les actes, les pensées et la vie intense de ces combattants sans uniforme.

"Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe". Ce qu'ils voulaient, c'était une France des Droits de l'Homme, telle que la prévoyait dans son programme le Conseil National de la Résistance, créé le 27 mai 1943. C'est cette date anniversaire que nous demandons pour l'instauration d'une journée nationale de la Résistance non fériée, non chômée, consacrée, particulièrement dans les établissements scolaires, les médias, les administrations, à rappeler l'importance de la lutte quotidienne contre le racisme, la xénophobie et l'intolérance. D'où notre inquiétude à l'annonce de l'intention de mettre à bas les réalisations sociales et environnementales instaurées d'après ce programme.

"Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place". Et ce sont des Amis de la Résistance qui viennent soutenir nos rangs de plus en plus clairsemés. Sans avoir vécu eux-mêmes ce combat, ils prennent le relais de la mémoire due à nos martyrs. Ils oeuvrent pour que les français continuent à vivre en LIBERTE, dans un esprit d'EGALITE, en toute FRATERNITE.

Mireille Garcin,
présidente de l'Amicale des Anciens de la Résistance du Secteur d'Apt.


Discours de Monsieur le Maire d’Apt
Cérémonie de commémoration du 65ème anniversaire de la Libération de la ville d’Apt
Monument aux Morts – dimanche 23 août 2009 photo Merci à toutes et à tous de vous être mobilisés pour commémorer ensemble l’anniversaire de la Libération de la ville d’Apt.

Lorsque j’étais enfant, durant l’été, j’allais passer le gros des chaleurs à Vachères, dans une ferme sur la route de Ste CROIX.
Je garde de ces séjours un souvenir contrasté :
-celui de vacances heureuses au milieu des bêtes et des lavandes
-et celui de la crainte, pour ne pas dire la peur d’une stèle érigée sur l’aire en mémoire d’Arthur VINCENT, frère de ce vieil oncle qui m’hébergeait, enfant du pays, fusillé par la gestapo à l’âge de 20 ans, à quelques jours de la Libération.

Cette amertume, cette incompréhension jusqu’à l’angoisse, face à cette injustice, m’a longtemps empêché de jouer aux abords de ce monument et poursuivi jusqu’à il y à quelques mois.

A l’occasion du salon du livre, organisé à Apt au mois de mai, j’ai eu le plaisir de rencontrer Mme Mireille SIDOINE-AUDROUY, auteur d’un ouvrage passionnant dans lequel elle retrace son enfance auprès de René CHAR, sous l’occupation dans ce même pays bas alpin.

Dans ce livre, l’ambiance de cette époque bien particulière, avec la constitution des maquis, le danger permanent, mais aussi ce formidable esprit de solidarité et de fraternité, ce livre donc, m’a fait comprendre enfin les valeurs de l’engagement total pour une cause, l’exaltation et la ferveur que provoque l’action avec pour finalité la LIBERATION.

C’est pourquoi, aujourd’hui, cette commémoration prend, pour moi, une dimension toute particulière.

Août 1944–Août 2009 : 65 années séparent ces deux dates mais le souvenir et la gratitude sont encore vivants.

Notre présence à tous en témoigne.

Ce jour du 22 Août est gravé dans les souvenirs de tous les anciens Aptésiens. Il doit le rester pour les plus jeunes car c’est la date anniversaire de la fin d’une immense tragédie et le retour de la paix.

Il nous appartient donc d’être les vecteurs de cette mémoire, la municipalité s’y emploie.

65 années après cette journée hautement symbolique pour notre ville, nous nous souvenons de tous ceux qui, plein d’espoir, payèrent de leur vie, le prix de la liberté.

Nous sommes réunis en ce jour anniversaire, pour leur rendre un hommage empreint de gratitude, de reconnaissance et d’émotion.

Commémorer la Libération d’Apt, c’est se souvenir des 11 victimes des combats qui se déroulèrent aux abords de la ville du 20 au 22 août 44, le plus jeune n’avait que 17 ans.

Nous rendons hommage aujourd’hui au courage, à l’audace, au désintéressement de tous ces hommes et femmes jusqu'au sacrifice de leur vie.

Permettez-moi d’associer à cet hommage, tous les Aptésiens, victimes de ce conflit inique.

La région 2 avec pour centre stratégique la ville d’Apt, a été un foyer important de Résistance. Une grande part de sa population a aidé et soutenu l’Armée de l’Ombre.

Cette participation active à la libération du Pays, permit à la ville d’Apt d’obtenir la Croix de guerre avec étoile de vermeil, accompagné de la citation suivante :

« APT, Centre de Résistance,

A constitué un groupe clandestin dont l’activité fut déployée dans la préparation et la réalisation d’importants parachutages.

A aidé et favorisé l’évasion de personnalités et de plusieurs aviateurs alliés.

A pris une part prépondérante à sa propre libération au cours de laquelle elle a payé un lourd tribut non sans infliger de lourdes pertes à l’ennemi. »

Cette citation témoigne de la reconnaissance officielle de la nation pour notre commune.

Durant cette période terrible d’occupation, où la passivité semblait la règle, où la liberté était bafouée, certains ont dit « NON ».

« NON » à l’envahisseur qui aura pendant cinq années, mis la civilisation si près de l’esclavage,

« NON » à la barbarie,

« NON » à l’oppression.

Dans la force de leur jeunesse, ils ont entendu le message d’espoir de la Résistance, ils ont choisi le risque et la clandestinité pour ne pas vivre enchaîné.

Commémorer la Libération, c’est se souvenir de ceux qui ont laissé leur vie, c’est aussi honorer les vivants, ceux qui ont combattu à leurs côtés, pour le rétablissement des valeurs républicaines et pour que revive la France.

Merci.


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