Le principe de la " tartine beurrée " ou le principe de " l’enquiquinement " maximal (loi de Murphy)
Enoncé :
Lorsqu’une tartine beurrée, distraitement posée en équilibre instable au bord d’une table, tombe sur le sol, elle atterrit le plus souvent sur le côté beurré ! Cette constatation expérimentale a conduit les physiciens à énoncer le principe " de la tartine beurrée " qui stipule finalement que rien ne se passe sans ennuis, d’où encore le nom de principe de " l’enquiquinement maximal " donné à ce principe.

Afin de tenter d’expliquer ce principe, on modélise la tartine par un parallélépipède de longueur 2a, de largeur b, d’épaisseur négligeable et de masse m uniformément répartie. La tartine est placée au bord d’une table de hauteur h >> a. Le mouvement est décrit dans le repère R(O,x,y,z) direct et supposé galiléen : O est sur le bord de la table, l’axe (Ox) est horizontal dirigé vers l’extérieur de la table, l’axe (Oy) est porté par le rebord de la table et l’axe (Oz), vertical, est dirigé vers le bas. Les petits côtés de la tartine sont parallèles à (Oy).
A l’instant initial, la tartine est horizontale et sa vitesse nulle. Les coordonnées de son centre d’inertie G sont (
d,0,0). La tartine amorce une rotation sans glissement autour de l’arête (Oy) du bord de la table. A l’instant t, la tartine est repérée par l’angle q (voir figure,Ø
1. En admettant que la tartine constitue un système conservatif, montrer que, lors de la rotation autour de l’arête de la table :
(avec
et
, coefficient de surplomb)
Ø
2. La tartine quitte la table à un instant pris comme origine des temps, l’angle q vaut alors p / 2 et la vitesse angulaire initiale w0. Quelle est la loi d’évolution ultérieure de l’angle q (on suppose que le mouvement de G reste plan et qu’il n’y a pas de contact ultérieur avec la table), en négligeant les frottements dus à l’air ?Ø
3. Dans les circonstances courantes, le coefficient de surplomb h ne dépasse guère 0,02. On pourra donc supposer, dans la suite, que h << 1 (soit d << a). Exprimer alors la durée de chute t de la tartine en fonction de h et g. Calculer t pour h = 75 cm et g = 9,8 m.s - 2. Quelle est la chance de rattraper la tartine avant qu’elle n’atteigne le sol ?Ø
4. Déterminer l’angle q1 dont a tourné la tartine lorsqu’elle heurte le sol. Faire l’application numérique avec h = 0,02 et a = 5 cm. Conclusion.Ø
5. Pour quelle hauteur de table H la tartine ne tombe-t-elle plus sur le côté beurré ? Quelle serait la taille du géant qui utiliserait cette table ?Ø
6. Les hypothèses de conservation de l’énergie mécanique et de rotation complète sans glissement jusqu’à q = p / 2 de la tartine beurrée peuvent certainement être remises en question. La possibilité de voir atterrir la tartine du côté non beurré s’en trouve-t-elle augmentée ou diminuée ?
Solution :
Ø
1. Le moment d’inertie de la tartine par rapport à l’axe (Oy) est, d’après le théorème de Huygens,
soit ![]()
L’énergie potentielle de la tartine vaut :
soit ![]()
A l’instant initial,
. La conservation de l’énergie mécanique de la tartine (considérée ici comme étant un système conservatif) lors de la rotation autour de l’arête de la table donne :
![]()
D’où l’expression donnée dans l’énoncé :
(avec
et
)
Ø
2. Soit
soit ![]()
La règle du " tire-bouchon " permet d’écrire le vecteur vitesse angulaire
sous la forme
(où
désigne le vecteur unitaire de l’axe (Oy)). Alors :
![]()
On en déduit finalement que
(avec
choisie ici positive !) : la vitesse angulaire de la tartine est constante. La loi d’évolution de l’angle q en fonction du temps lors de la chute de la tartine s’en déduit :
.
Ø
3. Le théorème du centre d’inertie appliqué à la tartine donne![]()
L’application numérique donne t = 0,39 s : la probabilité de rattraper la tartine avant qu’elle ne touche le sol semble bien faible !
Ø
4. Lorsque la tartine touche le sol, l’angleØ
5. Pour que la tartine n’atterrisse plus du côté beurré, il faut queNumériquement,
: on peut estimer la taille du géant utilisant cette table à environ 4,5 m.
Ø
6. Si le glissement sur le bord de la table en présence de frottements apparaît pour un angle