La bataille de Castillon: la dernière de la guerre de cent ans

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          Mairie de CASTILLON LA BATAILLE (photo du 15/06/2000)

  

            En mai 1451 les armées de Charles VII, roi de France arrivent en Aquitaine. Le Dunois est à la tête des troupes qui prennent facilement Montguyon. Beaucoup de places fortes ouvrent leurs portes sans résister. Il n'y a en Aquitaine aucune troupe anglaise importante pour faire face aux envahisseurs français. L'armée française est nombreuse et bien équipée. Les gascons n'ont pas d'armée. Les places fortes de FRONSAC et de BLAYE résistent un peu mais doivent vite se rendre.

           Avec cette conquête les nobles gascons, dont un certain nombre ont des liens familiaux avec les Anglais, ont vu leurs châteaux confisqués, pendant un certain temps. Cette sanction devait être levée. Ils ont prêtés serment le 30 juin 1451. Ils ont juré de se rallier à Charles VII. Pourtant ceux qui gardent leurs biens ne sont pas pressés de le leur rendre.

           De plus un certain nombre de prélats sont pour la présence anglaise. C'est le cas de l'archevêque Pey-Berland mais celui-ci est modéré il ne veut pas faire couler le sang. Le doyen de Saint Seurin n'a pas cet état d'âme. Il collecte de l'argent pour aider Pierre de Montferrand sire de Lesparre à recruter des soldats. Ces nouvelles recrus ne sont pas des mercenaires anglais mais des gascons.

           D'autres nobles gascons préparent la révolte. Enrôler la population ne suffira pas à faire face à l'armée bien entraînée de Charles VII. Il faut qu'une armée organisée soutienne les insurgés pour que ce soulèvement puisse aboutir. Les troupes anglaises pourraient jouer ce rôle. Il faut aller chercher ce soutien. Pour ce faire en août 1452 une délégation dont font partie Gaston de Foix de Grailly avec son fils et le Sire de Lesparre va en Angleterre. Les Anglais veulent prendre leur revanche après les défaites qu'ils ont subis face aux troupes de Charles VII, mais ils ne pensaient pas commencer leur attaque par la Guyenne. Les Gascons arrivent à les convaincre de changer leur projet.

           Le 23 octobre 1452, des troupes anglaises commandées par Talbot entrent dans Bordeaux. Elles sont acclamées par la foule. Les soldats anglais sont trois mille. Ils sont bien entraînés. Il leur a été facile de venir dans la capitale de l'Aquitaine. La noblesse a préparé le terrain. Elle a libéré le Médoc et les troupes anglaises ont pu débarquer près de la Pointe de Grave. Bordeaux s'est soulevé contre l'envahisseur Français. Le comte de Clermont a pu s'échapper mais Coëtivy a été fait prisonnier.

           Rapidement des villes et des places fortes sont reprises par les Aquitains aidés ou non par les Anglais. Ce sera le cas entre autres de Blaye, de Fronsac, de Libourne et de Castillon. Le Libournais, comme une partie de l'Aquitaine retrouve sa liberté. Des paysans aident les insurgés. La révolte est populaire.

           Mais déjà Talbot a quelques soucis. Le comte de Clermont a rassemblé ses troupes autour d'Agen. Ici la noblesse est fidèle au roi Charles VII. Il en est de même pour le comte de Foix, maître du Béarn et parent de Gaston de Foix de Grailly l'un des initiateurs de la révolte. Ces nobles convaincront une partie de la noblesse d'Aquitaine pour qu'elle ne se joigne pas à la révolte.

           En 1451 Dunois s'est emparé de l'Aquitaine avec trente mille hommes. Il en a laissé quelques-uns dans les places fortes de la région mais la plupart sont repartis. Ce sont des soldats bien entraînés, bien équipés. Depuis que Charles VII s'est donné les moyens d'entretenir une armée permanente ils sont régulièrement payés. Ces troupes là vont revenir. Talbot ne se fait aucune illusion. La noblesse d'Aquitaine a repris possession des domaines que les armées de Charles VII leur avaient confisqués. Ils ont le soutien de la population locale mais ils n'ont pas les moyens de payer une armée qui puisse résister à celle de Charles VII. De plus pour former des combattants il faut des armes et du temps.

           Talbot se rend compte de cette faiblesse et il réclame des renforts au royaume d'Angleterre. Début mars 1453 ces renforts arrivent 200 lances et 2000 archers soit environ 3000 hommes dirigés par son fils, un excellent chef de guerre. Les troupes anglaises représentent donc en tout six mille hommes avec les trois mille anglais arrivés. Pour être à égalité numérique avec les troupes du roi de France il manque vingt quatre mille hommes. De plus il n'est pas dit que ces hommes ne seront que trente mille cette fois-ci. Les Bordelais ont bien réuni dix mille hommes mais la plupart d'entre eux sont destinés à la défense de la ville.

           Le royaume d'Angleterre n'a plus les moyens de faire face aux troupes de Charles VII.

           Ce n'est qu'en juin 1453 que Charles VII se décide à passer à l'action. Les troupes de Charles VII s'avancent vers Bordeaux de plusieurs endroits. Cette fois Dunois ne fera pas partie de l'expédition car il doit empêcher d'éventuelles troupes anglaises d'envahir la Normandie.

           Le comte de Clermont a durant tout ce temps tenu ses positions. Il a reçu des renforts. Il s'avance jusqu'aux environs de Martillac. Il est tout près de Bordeaux. Moins de vingt kilomètres séparent son camps de cette ville. Il est accompagné de nombreuses troupes. Talbot lui lance un défi et quitte Bordeaux pour le combattre. Très prudent, le comte de Clermont ne bouge pas de sa position et il se prépare à subir l'attaque de Talbot. Mais ce dernier est loin d'avoir les moyens de battre les troupes du comte de Clermont. Il s'en revient sans livrer combat.

           D'autres troupes du roi de France campent à côté de Castillon. Il y a environ huit mille hommes. Il y a là des archers, de la cavalerie et surtout l'artillerie de Jean Bureau. Pour parer à d'éventuelles attaques des fossés ont été creusés. La place forte de Castillon fief de Gaston de Foix de Grailly un des meneurs de la révolte n'est pas encore prise. Les troupes de Charles VII ne sont pas mobilisées pour le siège de cette place. Elles attendent sans doute une attaque des troupes venant de Bordeaux.

           Un conseil se tient dans la capitale de l'Aquitaine le 15 juillet 1453 au soir. Talbot souhaite attaquer les troupes françaises en rase campagne, près de Bordeaux. Pour les seigneurs gascons il n'en est pas question. Il ne faut pas attendre l'arrivée des troupes françaises. Il faut aller les combattre. Comme les troupes du comte de Clermont sont sans doute trop nombreuses et trop bien installées il est décidé d'aller attaquer celles de Castillon.

           Le samedi 16 juillet 1453, à 7 heures du matin, des troupes anglaises et gasconnes quittent Bordeaux. Les premières comptent environ cinq mille hommes, les secondes trois mille. Talbot avec 1500 hommes part devant. Ils arrivent à midi à Libourne. Ils ont parcouru une trentaine de kilomètres. Il en reste environ une quinzaine pour se rendre à Castillon au camps français.

           Le dimanche matin John Talbot est proche du camps français. Il y arrive par l'arrière. Il surprend les archers français du couvent Saint Florent. Un certain nombre d'entre eux s'enfuient poursuivis part les hommes de Talbot jusqu'aux premières lignes françaises. Les premières reconnaissances qui sont faites montrent que le camps est solidement défendu. L'artillerie et l'infanterie anglo-gascone commencent juste à arriver. John Talbot malgré les recommandations de son fils n'attend pas que toutes les troupes soient là pour attaquer. Lui et son fils ne tarderont pas à perdre leur vie. En six heures de bataille. Les Anglos-Gascons perdront trois à quatre mille hommes. Les Français feront sept cents prisonniers. L'envahisseur a gagné. Les différentes places fortes devront ouvrir de grès ou de force leurs portes. Le reste de l'armée Anglo-Gasconne rejoint Bordeaux pour résister à l'abri des épaisses murailles.

 

1453 c'est la fin de l'Aquitaine anglaise. C'est aussi la fin du moyen-âge. Mais ce n'est pas la fin du gason: en voici la preuve avec ce site sur la gascogne

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