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Cette tour est le dernier vestige gothique de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie dont elle était le clocher. Ainsi nommée car elle se situait autrefois au centre du quartier des boucheries, cette église occupait l'emplacement de l'actuel square Saint-Jacques vraisemblablement depuis l'époque carolingienne et fut détruite en 1797.
C'est là que se rassemblaient les pélerins partant pour Saint-Jacques de Compostelle, pélerinage très célèbre au Moyen Âge et dédié à l'apôtre Saint Jacques.
Cet apôtre, frère de saint Jean et pêcheur sur le lac de Génésareth, fut appelé par Jésus à le suivre et fut témoin de nombreux miracles. Il prêcha l'Evangile en Espagne et fut condamné par Hérode.
D'après la tradition, ses restes furent déposés dans un esquif qui aurait échoué en Galice au Nord-Ouest de L'Espagne, où ils auraient été miraculeusement découverts grâce à une étoile. Une ville aurait alors été fondée à cet emplacement (dénommé "campus stellae", "le champ de l'étoile", d'où "Compostelle"). Un évêché y fut transféré, mais les normands et les sarrazins dévastèrent les lieux au Xème siècle.
Le pélerinage prit alors beaucoup d'ampleur. Attirant toute l'Europe occidentale, ce fut l'un des plus importants de l'Europe médiévale. Les pélerins empruntaient les grands itinéraires classiques passant par Aix-la-Chapelle, Paris, Orléans, Bordeaux, Montpellier, Jaca bien pourvus en gites d'étape et en sites de légende (Roncevaux). Il nourrit tout un courant intellectuel entre la France et l'Espagne, courant qui se manifestait dans les chansons de geste, les légendes et l'architecture.
Plus tard, Pascal fit ses expériences sur la pesanteur au sommet de la tour et c'est ainsi que la vocation scientifique de l'édifice commença puisque depuis 1891 jusqu'à nos jours, le haut de la tour est devenu une station météorologique, dans laquelle on mesure entre autres la qualité de l'air et le niveau de la pollution à Paris.