Spectroscopie UV visible


1. Domaine spectral

Longueurs d'ondes en nanomètres :

185 - 400

 400 - 700

700 - 1100

UV

visible

proche IR (nir)

Remarque : Les matériaux optiques, à cause de leur opacité dans l'UV limitent l'utilisation au dessus de 180 nm. C'est pourquoi, même dans l'UV proche, on remplace le verre par de la silice (quartz).


Spectroscopie d'absorption

Tracés obtenus

Un spectre d'absorption se traduit par le tracé de l'absorbance en fonction de la longueur d'onde : A = f(l).
Quand l'échantillon est en solution, de larges bandes d'absorption , peu nombreuses, sont généralement obtenues. À l'état gazeux sous faible pression le spectre est plus accidenté et présente une structures de bandes plus nombreuses et plus fines. Mais cet usage est beaucoup plus rare.

Origine des bandes

Une variation d'énergie des molécules ou des atomes apparaît sous l'effet d'un rayonnement électromagnétique. Cette variation d'énergie est la résultante de plusieurs composantes. On est amené à poser :
 E totale = E électronique + E vibration + E rotation
Ces trois termes sont quantifiés et le premier terme correspond aux variations des énergies des électrons de valence. Les énergies mises en jeu sont en accord avec les énergies transportées dans l'UV visible. Quand le rayonnement apporte une énergie E = hn un électron de valence passe dans un niveau excité et le rayonnement incident est absorbé.

Toute spectroscopie d'absorption correspond à une transition d'un état d'énergie faible vers un état d'énergie plus élevé.

La spectroscopie UV visible correspond à des transitions électroniques de l'ordre de 200 kJ.mol-1.

Couleur

l (nm) n (104 Hz) E (eV) E (kJ.mol-1)
Infrarouge > 1000 < 3.0    < 120
Rouge  700 4.28 1.77 171
Orange 620 4.84 2.00 193
Jaune 580 5.17  2.14 206
Vert 530 5.66 2.34 226
Bleu 470 6.38 2.64 254
Violet 420 7.14 4.15 285
Ultraviolet < 300 > 15.0  >5.00 > 400

Les états vibrationnels ou rotationnels des molécules sont mis à profit dans la spectroscopie IR.


Organes communs aux spectrophotomètres

Les sources

La partie visible du spectre est fournie à l'aide d'une lampe à incandescence (filament de tungstène avec enveloppe en silice pour une meilleure transparence dans l'UV proche).
La partie UV du spectre est obtenue avec une lampe à décharge au deutérium alimentée sous 300 à 400 V. La pression de la vapeur est moyenne de façon à obtenir un continuum d'émission. La passage de l'UV au visible s'opère par commutation des sources autour de 350 nm.

Figure 1 : Choisir une source de lumière : domaine spectral pour chaque lampe.
© http://www.jobinyvon.fr/produit/systeme/sourcedelumiere.htm

Un exemple de lampe :

Spécifications Modèle DH-2000
Domaine spectral  215 nm - 1700nm
 Stabilité courant / tension  0,4%
Temps de stabilisation Lampe deutérium : 30 min
Lampe halogène : 5 min
Tension de la lampe Lampe deutérium : 350 V
Lampe halogène : 5 VCC 
Température de couleur Lampe deutérium : - 
Lampe halogène : 3000·K
Durée de vie Lampe deutérium : 1000 h.
Lampe halogène : 900 h.
Caractéristiques du rayonnement Lampe au deutérium : aperture 0,5 mm
Lampe halogène : focalisée
Puissance consommée Lampe deutérium : 90 W/ 1 A max.
Lampe halogène : 5 W/ 1 A
Tension de service Lampe deutérium : aucune donnée
Lampe halogène : 12 VCC/ 0,6 A
Puissance totale absorbée 100W
Alimentation 230V 50/60Hz
Directives CE, VDI/VDE 0160, EN61010

                          © http://www.getspec.com/sentronic/Sentronic.NSF



Figure 2 : Sensibilité spectrale des sources

Le monochromateur

Son rôle est d'extraire du rayonnement émis par la source une bande spectrale la plus étroite possible dont on peut faire varier la longueur d'onde. La réalisation utilise un système dispersif, autrefois à l'aide de prismes, désormais à l'aide de réseau de diffraction par réflexion, plan ou concave à environ 1200 traits par mm. La sélection de la longueur d'onde se fait par rotation du réseau. Cette rotation, contrôlée par microprocesseur et moteur pas à pas, permet de balayer (scan) une zone spectrale dans des limites définies par l'opérateur.

Les détecteurs

© http://www.chez.com/dalmeyda/cours/spectro/UV-spectro.htm

a. Photodiode (semi-conducteur)

Lorsqu'un photon rencontre un semi-conducteur, il peut transférer un électron de la bande de valence (niveau énergétique bas) vers la bande de conduction (niveau énergétique haut) en créant une paire électron - trou. Le nombre de paires électrons - trous est fonction de la quantité de lumière reçue par le semi-conducteur qui peut donc être utilisé en tant que détecteur optique.



Figure 3 : photodiode

b. Photomultiplicateur

Une radiation incidente arrache un électron de la cathode par effet photoélectrique. Cet électron est alors accéléré vers une seconde électrode appelée dynode portée à un potentiel supérieur. L'énergie de l'électron incident est suffisante pour arracher plusieurs autres électrons et ainsi de suite, d'où l'effet multiplicatif. Pour un électron arraché sur la cathode on peut récupérer jusqu'à 106 électrons sur l'anode.



Figure 4 : photomultiplicateur

c. Barrette de diodes

L'emploi d'une barrette de diodes permet une mesure simultanée sur toute l'étendue du spectre. Une barrette CCD est un alignement de photodiodes de petites dimensions (7µm x 7 µm) qui fonctionnent en intégrateur de lumière. La charge qui apparaît dans une photodiode est proportionnelle à l'exposition, c'est à dire au produit de l'éclairement par le temps de pose et elle dépend de la longueur d'onde. À la fin de la pose, le contenu des capteurs est transféré dans un registre analogique à décalage et une nouvelle pose commence. Ce registre transmet les données mémorisées en mode série, c'est à dire l'une après l'autre à un rythme fixé par l'électronique de commande de la barrette CCD. Ces données apparaissent sous forme de tension. Dans certains spectrophotomètres, ces tensions sont converties en un tableau de nombres par l'interface qui relie le spectrophotomètre à l'ordinateur. Le logiciel traite ce tableau de valeurs. Couplé à un ordinateur, le spectrophotomètre permet de tracer très rapidement des spectres d'absorption. Le logiciel gère le temps de pose du capteur CCD.


Les différents types de spectrophotomètres

Balayage séquentiel



figure 5 : Schéma de principe d'un spectrophotomètre à double faisceau

Par rotation lente du réseau on peut obtenir un spectre d'absorbance en fonction de la longueur d'onde. Après détection de la longueur d'onde d'absorption maximale, il sera utilisé en fonction du temps. Le détecteur est alors un PM ou une photodiode qui sont des détecteurs monocanaux.

Balayage simultané

Pour une spectre global dans une large bande passante, on mesure l'intensité lumineuse en sortie du spectrophotomètre à différentes longueurs d'ondes simultanément. On privilégie ici la vitesse au détriment de la résolution. Le détecteur est souvent un barrette de diodes CCD.


Loi de Beer Lambert – Absorbance – Transmittance

Considérons une substance qui reçoit un flux lumineux incident Φ0.
La lumière peut être réfléchi (
Φr), diffusée (Φd), absorbée (Φa) et transmise (Φt = Φ).
La conservation de l’énergie permet d’écrire :

La spectroscopie d’absorption repose sur l’étude du rapport du flux incident sur le flux transmis.
Si l’on considère un échantillon de coefficient linéique d’absorption k et de longueur l, sur lequel arrive un flux incident Φ0, nous pouvons poser par hypothèse : 

Cette équation différentielle peut se mettre sous la forme :   soit
d’où  soit 

Si l’on définit l’absorbance par : avec A = 2,303.k.l
On retiendra l’expression de la loi de Beer Lambert : A =
e c l

En fait le coefficient d’absorption linéique, le  coefficient d’absorption molaire e et de la concentration molaire c sont reliés par :  k = e c /2,303

La transmittance est aussi un paramètre à définir : c’est à dire d’où 0 < T < 100%

Conditions de validité de la loi de Beer Lambert

 

Propriétés additives de l’absorbance

 L'absorbance est additive.

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