- La
légende de Sardanapale
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- 1. La légende
- D'après Ctésias (encore
lui !), "Sardanapale" fut un roi qui vécut dans la
débauche (encore un !), et qui mourut lors de la prise de
Ninive par les Babyloniens et les Mèdes en 612 av. JC. Trop
faible pour défendre sa ville, et même pour regarder
l'ennemi en face, il aurait organisé un spectaculaire
suicide collectif, en faisant incendier son palais où il
aurait rassemblé toutes ses richesses, ses concubines et
ses eunuques.
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2. La réalité
- Dans la même dynastie que
Sammouramat (810-806), dont on a vu qu'elle était à
l'origine de la légende de Sémiramis (cf. notre page
"Semiramis"), régna entre 669 et 630 un roi d'Assyrie
du nom d'Assurbanipal. Il mourut de sa belle mort, dix-huit ans
avant la prise de Ninive.
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- Chez les assyriologues, il est surtout
célèbre pour avoir été un souverain
éclairé à qui l'on doit entre autres la
fondation d'une immense bibliothèque d'où sont
issues un grand nombre de tablettes que l'on consulte encore
aujourd'hui.
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- Pour en savoir plus sur Assurbanipal:
http://www.bnf.fr/web-bnf/pedagos/dossitsm/b-assurb.htm
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- D'autre part, cet Assurbanipal avait un
frère, chargé de gouverner Babylone (à cette
époque sous domination assyrienne), et qui avait quelque
peu intrigué contre son souverain de frère.
L'expédition punitive ne tarda pas, et en 650-648,
Assurbanipal fit le siège de Babylone. Lorsque son
frère se vit vaincu, il décida de mourir avec tous
les siens et de détruire tous ses biens dans un gigantesque
incendie.
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- Les Grecs ont donc confondu les deux
sièges et les deux frères, confusion sans doute
entretenue par les Babyloniens, trop heureux de se venger dix-huit
ans plus tard des descendants du souverain qui avait
assiégé leur ville.
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- 3. Le succès de la
légende
- Sardanapale comme emblème de la
débauche va avoir un succès continu dans toute la
civilisation occidentale.
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- Quelques jalons :
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- - Dans Les Oiseaux
d'Aristophane (414av. JC, avant même Ctésias) :
"Qu'est-ce que c'est que ce Sardanapale ?" (au sens de
"extravagant", "olibrius").
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- - Dans une épigramme, Martial
(auteur latin du Ier s. av. JC) traite de "Sardanapale" un homme
vivant dans le luxe et la débauche.
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- - Dans Dom Juan (1665),
Molière fait faire à Sganarelle le portrait suivant
de son maître Dom Juan : "... un enragé, un chien, un
diable, un Turc, un hérétique, un pourceau
d'Epicure, un vrai Sardanapale."
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- - En 1827, enfin, Delacroix peint ce
célèbre tableau, La
Mort de Sardanapale
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Babylone"
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