BIOGRAPHIE Barack Obama est né le 4 août 1961, à Honolulu, dans l'État d'Hawaii. Il est le fils de Barack Obama père, originaire du Kenya, et d'Ann Dunham, originaire du Kansas, qui se sont rencontrés à l'Université d'Hawaii.Le couple divorce deux ans plus tard. Son père ira étudier à Harvard avant de retourner au Kenya. Sa mère se remarie avec Lolo Soetoro, avec qui elle aura une fille, Maya Kassandra Soetero. Ils divorceront en 1980. En 1967, la famille d'Obama quitte pour Djakarta, en Indonésie, où il ira à l'école jusqu'en 1971. Il retourne alors à Honolulu, où il vit chez ses grands-parents maternels. Il y restera jusqu'à ce qu'il termine son éducation secondaire, en 1979. Son père, qui aura six autres enfants avec deux autres femmes dans sa vie, meurt après avoir subi un accident d'automobile au Kenya, en 1982. Sa mère meurt d'un cancer en 1995. Éducation Après deux ans d'études au Occidental College de Los Angeles, il déménage à New York pour fréquenter l'Université Columbia. Il en ressort diplômé en 1983, après des études en sciences politiques, avec spécialisation en relations internationales. Il travaille dans la mégapole américaine jusqu'en 1985, avant de déménager à Chicago, où il travaillera pendant trois ans comme organisateur communautaire. En 1988, il est admis à Faculté de droit de l'Université Harvard, dont il ressortira diplômé trois ans plus tard, avec mention honorifique. Son élection à titre de président de la Harvard Law Review - une première pour un Noir - lui vaudra sa première reconnaissance nationale. Famille, revenus, foi Barack Obama s'est marié en octobre 1992 avec Michelle Robinson. Ils se sont rencontrés en 1989 après qu'Obama eut décroché un emploi d'été au sein du cabinet d'avocats Sidley Austin, où travaillait Mme Robinson. Le couple a deux filles: Malia Ann, né en 1998, et Natasha, née en 2001. Le couple vit dans une maison luxueuse du quartier Kenwood de Chicago. Cet achat est revenu le hanter pendant la campagne électorale, puisque le lot adjacent a été vendu au même moment par la femme de Tony Rezko, homme d'affaires influent condamné pour corruption et collecteur de fonds pour plusieurs politiciens de l'Illinois, dont Barack Obama. Ce dernier n'a toutefois jamais été accusé de quoi que ce soit. Barack Obama et sa femme ont déclaré des revenus de 4,2 millions de dollars en 2007, dont 95 % proviennent des ventes de ses deux livres: Dreams from My Father, publié en 1995, et The Audacity of Hope: Thoughts on Reclaiming the American Dream, paru en 2006. Le couple a payé 1,4 million en impôts et déclare avoir versé 240 000 $ à des organismes de charité. Barack Obama est protestant. Il a toutefois quitté l'Église unie de la Trinité du Christ en juin 2008, à la suite de propos controversés du pasteur Jeremiah Wright. Il choisira sa nouvelle congrégation après la présidentielle de novembre. Premières expériences professionnelles Obama est peu loquace sur ses années de travail à New York, au terme de ses études à l'Université Columbia. On sait qu'il a travaillé pour la firme Business International Corporation, où il effectuait des travaux de recherche, puis au New York Public Interest Group, une organisation sans but lucratif. Dans ses mémoires, Obama écrit qu'il voulait être organisateur communautaire, mais, n'ayant pu trouver du travail, il s'est résolu à trouver d'autres boulots afin de payer ses dettes d'études. En 1985, il déménage à Chicago, où il parvient à ses fins: il devient directeur de Developing Communities Project, lié une organisation religieuse. Il contribuera à mettre sur pied divers projets visant à aider les résidents, Noirs pour la plupart, des quartiers pauvres du South Side. Sa vie est une suite de rencontres et de négociations avec des groupes communautaires, des leaders religieux et des politiciens. Obama affirme que cette période de sa vie a été particulièrement formatrice, mais qu'elle l'a aussi convaincu qu'il lui fallait aller plus loin pour pouvoir changer les choses. D'où son retour à l'Université Harvard. Barack Obama entreprend sa vie d'avocat en dirigeant, en 1992, la campagne Illinois Project Vote!, dont l'objectif consistait à convaincre les Noirs de s'enregistrer pour qu'ils puissent voter (une démarche nécessaire aux États-Unis). Ce fut un succès. La même année, il commence à enseigner le droit constitutionnel à la Faculté de droit de l'Université de Chicago. Il conservera cet emploi jusqu'en 2004. Parallèlement à sa tâche d'enseignant, il travaille comme avocat pour la firme Davis, Miner, Barnhill & Galland. Il y travaillera jusqu'en 2002, quoique de façon intermittente, en raison notamment de son élection à titre de sénateur de l'État d'Illinois en 1996. Jusqu'au début des années 2000, il sera aussi membre de nombreux conseils d'administration. Sénateur en Illinois Barack Obama est élu une première fois au Sénat de l'État de l'Illinois en 1996. Il sera réélu en 1998 et en 2002. Ses pairs le décrivent le plus souvent comme un homme pragmatique, ambitieux et très habile à établir des ponts avec les Républicains.Il est notamment remarqué pour son travail concernant une réforme des lois sur les contributions électorales, considérée comme la plus importante en 25 ans en Illinois. La nouvelle loi interdit les dons de lobbyistes, interdit aux candidats d'utiliser des dons électoraux pour effectuer des dépenses personnelles et force les candidats à inscrire leurs contributions et leurs dépenses dans un registre informatisé accessible aux journalistes. Obama est également en première ligne d'une loi qui assure que les données sur la race des conducteurs automobiles interpelés soient consignées, de façon à pouvoir identifier les policiers qui font du profilage racial. Le travail du sénateur attire une fois de plus l'attention dans le cadre du débat sur la peine de mort en préconisant que les interrogatoires de suspects ou leurs confessions soient obligatoirement enregistrés. Ces mesures ont finalement été adoptées, malgré un important mouvement d'opposition. Il participe aussi activement aux réformes des systèmes de santé et de sécurité sociale de l'État, obtient des crédits d'impôt supplémentaires pour les plus pauvres et milite avec succès en faveur de subventions plus importantes pour les programmes d'aide à l'enfance. Il appuie les mesures en faveur d'un meilleur contrôle des armes à feu et s'inscrit régulièrement dans le camp des législateurs favorisant le droit à l'avortement. Son second mandat est marqué par une première expérience malheureuse sur la scène fédérale. Briguant un poste à la Chambre des représentants en 2000, il est écrasé lors de la primaire démocrate par le représentant sortant, Bobby Rush. Sénateur à Washington En 2004, il tente à nouveau sa chance sur la scène fédérale, mais en briguant cette fois un poste de sénateur. Après avoir remporté la primaire démocrate par une large majorité, il écrase le candidat républicain Alan Keyes en récoltant 70 % du vote, soit 43 points de pourcentage de plus que son adversaire. Il devient le cinquième Noir à être élu au Sénat. Quelques mois auparavant, il avait prononcé un discours très remarqué lors de la convention démocrate consacrant la candidature de John Kerry à la présidentielle. Il avait livré un plaidoyer en faveur de nouvelles priorités dans le domaine des politiques économiques et sociales du gouvernement américain et critiqué la gestion de la guerre en Irak de la part de l'administration Bush. Ce discours, qui révèle aux Américains ses qualités d'orateur, contribuera à son élection quelques mois plus tard. À partir de ce moment, il sera considéré comme une étoile montante du parti. Officiellement assermenté sénateur en janvier 2005, Obama travaille comme législateur à Washington au cours des deux années suivantes, soit jusqu'au lancement de sa campagne à l'investiture démocrate en février 2007. Ses présences à Washington se sont faites plus rares depuis. Il est membre de plusieurs commissions sénatoriales, notamment celle sur les Relations extérieures, un poste qui lui permet d'effectuer des voyages officiels dans de nombreux pays, dont la Russie, l'Ukraine, Israël, la Jordanie, l'Afrique du Sud, le Kenya, l'Éthiopie et les territoires palestiniens. Il est aussi membre des commissions sur l'Environnement, les Travaux publics, la Santé, l'Éducation, les Vétérans, le Travail, les Affaires gouvernementales et la Sécurité intérieure. Il a notamment été le coparrain, avec John McCain, de la loi intitulée Secure America and Orderly Immigration Act, qui préconise que le département de la Sécurité intérieure exerce un meilleur contrôle aux frontières américaines. Il est à l'origine de la loi Lugar-Obama, qui vise à établir des partenariats avec d'autres pays pour les aider à détruire des surplus d'armes conventionnelles souvent mal protégés et susceptibles d'être vendus sur le marché. Par ailleurs, la loi Coburn-Obama a permis de créer le site Internet USAspending.gov, qui détaille comment l'argent des contribuables est dépensé et qui en sont les principaux bénéficiaires. La première loi qu'il a parrainée et qui a été adoptée par le président Bush est le Democratic Republic of Congo relief, Security and Democracy Promotion Act, qui conditionne le versement d'une aide américaine à l'ex-Zaïre à des progrès sociaux, économiques et politiques. De manière générale, les votes qu'il enregistre au Sénat le classent comme l'un des sénateurs les plus libéraux. Goûts personnels L'organisme indépendant Project Vote Smart recense différentes préférences des candidats. En voici une liste concernant le sénateur Obama: Livres favoris: Les tragédies shakespeariennes, la Bible, les écrits d'Abraham Lincoln, l'autobiographie de Malcolm X, Moby Dick, La Chanson de Salomon de Toni Morrisson, La Confiance en soi de Ralph Waldo Emerson et Gilead de Marylinne Robinson. Films favoris: Casablanca, Le Parrain I et II, Laurence d'Arabie, Vol au-dessus d'un nid de coucou. Musiciens favoris: Miles Davis, John Coltrane, Bob Dylan, Stevie Wonder, les Fugees et Bach, pour ses suites pour violoncelle. Sport favori: le basketball. Héros personnels: Martin Luther King, Gandhi, Pablo Picasso et John Coltrane. Source: New York Times, Washington Post, CNN, The Library of Congress, Project Vote Smart, The US Congress vote database |
Le 04 Novembre 2008, BarackObama, devenu à 47 ans le premier Noir élu président des Etats-Unis, après avoir très nettement battu son adversaire républicain John McCain.
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Barack Obama, le discours de PhiladelphieEn riposte aux attaques de ses adversaires et concurrents, le candidat démocrate à la Maison-Blanche a prononcé un discours le 18 mars 2008 à Philadelphie. Nous présentons sa version ci-aprés en intégralité. Le texte commence par une citation de la Constitution adoptée en 1787 : « Nous le peuple, en vue de former une union plus parfaite ». Il y a deux cent vingt et un ans dans une salle qui se trouve toujours de l’autre côté de la rue, un groupe d’homme s’est réuni et avec ces mots simples, a inauguré l’improbable expérience de la démocratie en Amérique. Fermiers, savants, hommes d’Etat et patriotes ayant traversé un océan pour échapper à la tyrannie et aux persécutions, ils ont finalement concrétisé leur déclaration d’indépendance à la Convention de Philadelphie qui a duré tout le printemps de 1787. Le document qu’il rédigèrent fut alors signé mais finalement inachevé .Il portait la tache du péché originel de cette nation ; une question qui divisait les colonies et a mené la Convention dans l’impasse jusqu’à ce que les pères fondateurs permettent au commerce des esclaves de se poursuivre pendant au moins vingt ans, et laissent la décision finale aux futures générations. Bien sûr la réponse à la question de l’esclavage était déjà inscrite dans la Constitution, une Constitution qui avait en son cœur l’idéal de l’égalité des citoyens devant la loi., une Constitution qui promettait au peuple liberté et justice et une union qui pourrait être et devrait être perfectionnée sans cesse. Et cependant les mots sur le parchemin ne seront pas suffisants pour délivrer les esclaves de leurs chaînes, ni assurer aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute confession tous leurs droits et leurs devoirs de citoyen des Etats-Unis. Il faudra un long temps de générations successives d’Américains qui désiraient jouer leur rôle – par les protestions et les luttes, dans les rues et devant les tribunaux, au travers d’une guerre civile et par la désobéissance civile, et toujours au prix de grands risques, comblent le fossé entre les promesses de nos idéaux et la réalité de leurs temps. Ceci est une des tâches que nous avons mis en avant au début de cette campagne : poursuivre la longue marche de ceux qui nous ont précédés, une marche pour une Amérique plus juste, plus libre, plus solidaire, et plus prospère. J’ai choisi de me présenter à la présidence à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons faire face aux défis de notre temps sans que nous ne les résolvions tous ensemble – sans que nous ne perfectionnions notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires différentes mais que nous avons des espoirs communs ; que nous pouvons ne pas nous ressembler et que nous pouvons ne pas venir du même endroit, mais que nous voulons tous aller dans la même direction- vers un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants. Cette croyance vient de ma foi inébranlable dans l’intégrité et la générosité du peuple américain. Mais elle vient aussi de ma propre histoire américaine. Je suis le fils d’un homme noir du Kenya et d’une femme blanche du Kansas. J’ai été élevé avec l’aide d’un grand père blanc qui a survécu à la Dépression en servant dans l’armée (du général) Patton pendant la seconde guerre mondiale et d’une grand-mère blanche qui travaillait sur une chaîne d’assemblage de bombardiers à Fort Lavenworth tandis qu’il était outre mer. Je suis allé dans quelques unes des meilleures écoles en Amérique et j’ai vécu dans l’un des plus pauvres pays du monde. Je suis marié à une femme noire qui a en elle du sang d’esclaves et de propriétaires d’esclaves- un héritage que nous transmettons à nos deux filles chéries. J’ai des frères, des sœurs, des neveux, des oncles et des cousins, de toutes races et de toutes couleurs dispersés sur trois continents, et aussi longtemps que je vivrai, je n’oublierai jamais qu’il n’y a aucun autre pays sur la terre où mon histoire soit possible. C’est une histoire qui ne fait pas de moi le plus conventionnel des candidats. Mais c’est une histoire qui a imprimé dans mes gènes l’idée que cette nation est plus qu’une somme de ses composantes- à partir de cet multiplicité nous sommes véritablement un. Durant la première année de campagne, contrairement à toutes les prédictions, nous avons vu combien le peuple américain avait soif de ce message d’unité. En dépit de la tentation de voir ma candidature à travers le prisme purement racial, nous avons remporté des victoires décisives dans des Etats avec quelques une des plus importantes populations blanches du pays. Dans la Caroline du Sud, où le drapeau confédéré flotte encore, nous avons construit une puissante coalition d’Africain Américains et d’Américains blancs. Cela ne veut pas dire que la race n’a pas été un problème de la campagne. A plusieurs étapes de la campagne, certains commentateurs m’ont trouvé « trop noir » ou « pas assez noir ». Nous avons vu la bulle de la tension raciale faire surface durant la semaine qui a précédé les élections primaires en Caroline du Sud. La presse a scruté chaque sortie de bureau de vote pour trouver la moindre preuve de tendance raciale, pas seulement simplement en entre Blancs et Noirs , mais aussi entre Noirs et Bruns. Et cependant ce n’est qu’au cours des deux dernières semaines que le débat sur la race a pris une tournure particulièrement décisive. Dans mon premier livre, « Les rêves de mon père » (1), j’ai décrit l’expérience de mes premiers pas à la Trinité : « Les gens commençaient à crier, à se lever de leur siège,à frapper des mains et à pleurer, un souffle puissant portait la voix du Révérend sous la voûte…et dans ce simple mot : espoir, j’ai entendu quelque chose d’autre ; au pied la croix, dans les milliers d’Eglises de la ville, j’imaginais l’histoire du peuple noir se mêlant aux histoires de David et Goliath, de Moïse et de Pharaon,des chrétiens dans la fosse aux lions, la vallée des ossements desséchés d’Ezekiel. Ces histoires de survie et de liberté ; et d’espoir, devenaient notre histoire, mon histoire ; le sang répandu était notre sang, les larmes étaient nos larmes ; jusqu’à cette église qui semblait dans la lumière de ce jour, comme un vaisseau portant l’histoire d’un peuple aux futures générations et à un monde plus vaste . Nos épreuves et nos triomphes devenaient uniques et universels, noirs et plus que noirs ; la chronique de notre voyage, l’histoire et les chants nous donnaient les moyens de reconstituer les souvenirs dont nous devions pas avoir honte …des souvenirs que chaque peuple peut étudier et chérir- et avec lesquelles nous pouvions commencer à reconstruire… » Telle fut mon expérience de la Trinité. Comme d’autres églises à prédominance noire dans le pays, Trinité rassemble la communauté noire dans son ensemble- le docteur et la maman assistée, l’étudiant modèle et l’ancien membre de gang. Comme d’autres églises noires, les activités de Trinité sont pleines de rires éraillés et quelquefois de propos orduriers ? Elles sont pleines de danses, d’applaudissements, de cris et de hurlements qui peuvent sembler choquant à des oreilles peu habituées. L’église contient toute la gentillesse et la cruauté, l’intelligence subtile et l’ignorance choquante, les luttes et les succès, l’amour et oui, l’amertume et les préjugés qui forment l’expérience des noirs en Amérique. Nous n’avons pas besoin de raconter ici l’histoire de l’injustice raciale dans ce pays. Mais nous avons réellement besoin de nous rappeler que beaucoup de disparités qui existent aujourd’hui dans la communauté africaine Américaine proviennent directement des inégalités passées depuis les premières générations qui ont souffert du brutal héritage de l’esclavage et de Jim Crow.(3)Les écoles de la ségrégation étaient et sont toujours des écoles inférieures ; nous n’y avons toujours pas remédié cinquante ans après Brown contre le Ministère de l’Education (4) et l’éducation inférieure qu’elles prodiguaient, alors et maintenant, permet d’ expliquer l’écart qui existe actuellement entre les étudiants noirs et blancs. La discrimination légale - qui empêchait les noirs ,souvent par la violence , de posséder des propriétés ou d’obtenir pour les entrepreneurs Africains Américains ou pour des propriétaires qui ne pouvaient accéder aux prêts hypothécaires de (l’organisme gouvernemental) FHA, ou les noirs étaient exclus des syndicats, ou des forces de police , ou des pompiers - signifiait que les familles noires ne pouvaient accumuler suffisamment de richesses à léguer aux générations suivantes. Cette histoire permet d’expliquer l’existence du fossé de la richesse et des revenus entre les noirs et les blancs, et la concentration des poches de pauvreté qui persistent aujourd’hui dans tant de communautés urbaine et rurales. Le manque de possibilités pour les hommes noirs, la honte et la frustration née de l’incapacité à subvenir à sa propre famille,ont contribué à l’érosion des familles noires, un problème que les politiques d’action sociale ont aggravé depuis de nombreuses années. Et que les manques de politique d’aide sociale ont aggravé depuis de nombreuses années – des parcs pour les enfants pour y jouer, des patrouilles de policiers, un ramassage régulier des ordures et un renforcement du code de la construction- tout cela a créé un cycle de violence, de gâchis et d’abandon qui continue de nous hanter... Cette colère n’est pas toujours productive ; en vérité, elle détourne trop souvent l’attention de la solution des vrais problèmes ; elle nous empêche de faire face à notre propre complicité avec notre condition et écarte la communauté Africaine Américaine des alliances nécessaires à un changement réel. Mais la colère est réelle ; elle est puissante et la repousser, la condamner sans en comprendre les racines, sert seulement à creuser le fossé d’incompréhension qui existe entre les races. En fait une colère similaire existe dans certains secteurs de la communauté blanche. Beaucoup de blancs de la classe ouvrière et de la classe moyenne ne ressentent pas qu’ils ont été particulièrement privilégiés par leur race. Leur expérience est celle d’immigrants- en ce qui les concerne personne ne leur a rien donné. Ils ont construit de leurs propres mains. Ils ont travaillé dur toute leur vie, et souvent pour voir leur emploi partir au delà des mers ou leur retraite disparaître après une vie entière de travail. Ils sont anxieux de l’avenir et voient leurs rêves s’évanouir ; dans une époque de salaires bloqués et de compétition globale, les opportunités apparaissent comme un jeu de sommes nulles, dans lequel vos rêves se forment à mes dépens. Ainsi quand on leur dit d’envoyer leurs enfants à l’école à l’autre bout de la ville, quand ils entendent qu’un Africain Americain a obtenu un bon emploi ou une place dans un bon collège en raison d’une injustice qu’ils n’ont pas commise ( la discrimination positive,NDLR), quand on leur dit que leurs peurs à propos de la criminalité dans les quartiers urbains relèvent de préjugés, leur ressentiment s’accroît. De même que parfois dans la communauté noire, ce ressentiment n’est pas toujours exprimé de manière policée. Mais il a façonné le paysage politique depuis au moins une génération. La colère envers l’aide sociale et la discrimination positive a aidé à forger la coalition de Reagan. Les politiciens exploitent constamment la peur de la criminalité à leurs propres fins électorales. Les hôtes des débats télévisés et les commentateurs conservateurs ont construit leur carrière entière en mettant en avant des faits de racisme tandis qu’ils récusaient les discussions légitimes sur l’injustice raciale et l’inégalité, comme du simple politiquement correct ou du racisme inversé. De la même façon que la colère noire souvent s’est montrée contreproductive, ces ressentiments des blancs ont détourné l’attention des réels coupables de la pression sur les classes moyennes.- une culture d’entreprise sévit avec ses pratiques comptables douteuses , et son avidité à courte vue ; et Washington dominé par les lobbyistes et les intérêts particuliers. Et pourtant, repousser les ressentiments des Américains blancs,les stigmatiser comme mal orienté et même racistes,sans reconnaître qu’ils sont enracinés dans des soucis légitimes - cela aussi approfondit la division raciale et bloque le chemin de la compréhension. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. C’est une impasse raciale dont nous sommes prisonniers depuis des années. Contrairement aux proclamations de certains de mes critiques, blancs et noirs, je n’ai jamais été assez naïf pour croire que nous pouvions surmonter cette division raciale en un seul cycle électoral, ou avec une simple candidature – particulièrement une candidature aussi imparfaite que la mienne. Mais j’ai voulu affirmer ma ferme conviction - une conviction enracinée en Dieu et dans ma foi dans le peuple américain - qu’en travaillant ensemble nous pouvons dépasser certaines de vieilles blessures raciales, et que en fait nous n’avons pas le choix si nous voulons continuer sur la voie d’une union plus parfaite. Pour la communauté africaine américaine, cette voie signifie assumer le fardeau de notre passé sans devenir les victimes de notre passé. Cela signifie continuer à insister pour une justice totale dans chaque aspect de la vie américaine. Mais cela signifie aussi lier nos revendications particulières – pour une meilleur assistance médicale et de meilleures écoles et de meilleurs emplois - aux plus larges aspirations de tous les Américains- la femme blanche qui lutte pour briser le plafond de verre , l’homme blanc qui a été licencié ;l’immigrant qui essaie de nourrir sa famille . Ce qui signifie prendre la pleine responsabilité de nos propres vies –en demandant plus à nos pères, en passant plus de temps avec nos enfants , en leur lisant , en leur enseignant que quels que soient les défis et les discriminations qu’ils rencontreront dans leur vie , ils ne doivent jamais succomber au désespoir ou au cynisme .Ils doivent toujours croire qu’ils peuvent écrire leur propre destin. Et au fond, ce qui est demandé n’est ni plus ni moins ce que toutes les religions du monde demandent, que nous fassions pour les autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. Veillons sur notre frère, nous dit l’Ecriture. Veillons sur notre sœur. Trouvons le lien commun que nous avons tous et que nos politiques reflètent également cet esprit. Car nous avons le choix dans ce pays. Nous pouvons accepter une politique qui nourrit la division, et le conflit, et le cynisme. Nous pouvons concevoir la race comme un spectacle- comme lors du procès de O.J.Simpson - ou un naufrage tragique comme pour les suites de Katrina, ou comme un faits divers pour les journaux télévisés de la nuit. Nous pouvons passer les sermons du Révérend Wright sur toutes les télévisions et en parler jusqu’à l’élection, et faire que la seule question de cette campagne soit de savoir si le peuple américain pense ou non que j’ai pu avoir de la sympathie pour ses discours les plus offensants. Nous pouvons nous précipiter sur une gaffe d’un partisan d’Hillary comme la preuve qu’elle joue la carte de la race, ou nous pouvons spéculer pour savoir si les blancs vont se regrouper autour de McCain aux élections générales sans tenir compte de sa politique. Nous pouvons faire cela. Mais si nous le faisons, je peux vous dire que lors des prochaines élections, nous parleront d’autres sujets de diversion. Et puis encore d’un autre. Et encore d’un autre. Et rien ne changera. C’est un choix. Ou bien, maintenant, dans cette élection, nous pouvons nous rassembler et dire : « pas cette fois-ci ». Cette fois-ci nous voulons parler des écoles qui s’effondrent, qui volent l’avenir des enfants noirs, blancs, asiatiques, hispaniques et indigènes. Cette fois-ci nous voulons rejeter le cynisme qui prétend que ces enfants ne peuvent pas apprendre ; que ces enfants qui ne sont pas comme nous, sont le problème de quelqu’un d’autre. Les enfants de l’Amérique ne sont pas ces enfants, ce sont nos enfants, et nous ne voulons pas les laisser en arrière dans l’économie du 21ème siècle. Pas cette fois-ci. Cette fois-ci nous voulons parler des queues dans les salles d’urgence, pleines de blancs, de noirs et d’hispaniques qui n’ont pas de couverture médicale ;qui n’ont pas le pouvoir de l’emporter sur les intérêts particuliers à Washington, ce que nous pouvons faire si nous le faisons tous ensemble. Cette fois-ci nous voulons parler des usines fermées qui autrefois permettaient une vie décente pour les hommes et les femmes de toutes les races, et des maisons à vendre qui autrefois appartenaient à des Américains de toute religion, de toute région, de tout choix de vie. Cette fois-ci, nous voulons parler du fait que le réel problème n’est pas que quelqu’un qui n’est pas comme vous, pourrait prendre votre emploi. Nous voulons parler de la compagnie pour laquelle vous travaillez et qui veut délocaliser au delà des mers pour faire plus de profit. Cette fois-ci, nous voulons parler des hommes , des femmes de toutes couleurs et de toutes croyances, qui servent ensemble, et combattent ensemble, et versent leur sang ensemble sous le même fier drapeau. Nous voulons parler de la façon de les ramener à la maison loin d’une guerre qui n’aurait jamais dû être autorisée et qui jamais n’aurait dû être financée, et nous voulons parler de la façon dont nous montrerons notre patriotisme en nous préoccupant d’eux et de leurs familles et en leur donnant les pensions qu’ils ont gagnées. Je ne me présenterais pas pour être Président si je ne croyais pas de tout mon cœur que c’est ce que veut la vaste majorité des Américains pour ce pays. Il se peut que cette union ne soit jamais parfaite, mais génération après génération elle a montré qu’elle peut toujours être perfectionnée. Et aujourd’hui, à chaque fois que je suis tenté par le doute ou par le cynisme à propos de cette possibilité, ce qui me donne le plus d’espoir c’est la nouvelle génération - les jeunes gens dont les attitudes , les convictions et l’ouverture au changement ont déjà fait l’histoire dans ces élections. Il y a une histoire particulière que je voudrais vous conter aujourd’hui, une histoire que j’ai racontée quand j’ai eu le grand honneur de parler pour l’anniversaire du Docteur ( Martin Luther) King dans son église baptiste, d’Ebenezer, dans l’Atlanta. Il y avait une jeune femme blanche de trente trois ans nommée Ashley Baia qui participait à notre campagne à Florence, en Caroline du Sud. Elle avait travaillé à organiser une communauté plutôt Africaine Américaine depuis le début de la campagne et un jour elle se trouva à une table ronde où chacun voulait raconter son histoire et pourquoi il était là.Et Ashley dit que lorsqu’elle avait neuf ans, sa mère avait eu un cancer. Et parce qu’elle avait manqué des jours de travail, elle avait perdu son assurance médicale . Elle a dû se mettre en faillite , et c’est alors qu’Ashley a décidé qu’elle devait faire quelque chose pour aidersa mère. Elle savait que la nourriture était très chère, aussi Ashley a convaincu sa mère qu’elle aimait et qu’elle ne voulait vraiment manger que des sandwiches à la moutarde. Parce que c’était le moyen le moins cher de manger. Elle a fait cela durant un an jusqu’à ce que sa mère aille mieux et elle dit a tout le monde autour de la table que sa raison de se joindre à la campagne était d’aider ainsi les millions d’enfants de notre pays qui veulent et qui ont aussi besoin d’aider leur parents. Maintenant, Ashley aurait pu faire un choix différent . Peut-être quelqu’un lui a suggérer que les problèmes de sa mère venaient de ces noirs qui sont assistés et trop fainéants pour travailler, ou de ces hispaniques qui viennent illégalement dans notre pays. Mais elle ne l‘a pas écouté. Elle a cherché des alliés dans son propre combat contre l’injustice. En tout cas, Ashley termine son histoire et demande à tous ceux qui sont autour de la table pourquoi ils soutiennent la campagne. Ils ont tous une histoire et des raisons différentes. Certains ont des problèmes particuliers. Et finalement ils se tournent vers un vieil homme noir qui était resté assis tranquille pendant tout ce temps . Ashley lui demande pourquoi il est là. Il ne parle pas d’un problème particulier. Il ne dit rien de l’assistance médicale ou de l’économie, ni de l’éducation ni de la guerre. Il ne dit pas qu’il était là pour Barack Obama. Il dit simplement à tous ceux qui sont autour de la table : « je suis ici à cause d’Ashley ». « Je suis ici à cause d’Ashley ». En lui-même, ce simple moment de reconnaissance entre cette jeune fille blanche et ce vieil homme noir n’est pas suffisant. Il n’est pas suffisant pour donner une assurance médicale aux malades, ou un emploi aux chômeurs, ou l’éducation à nos enfants. Mais c’est d’ici que nous partons. C’est ici que notre union devient plus forte. Et comme tant de générations l’ont compris durant deux cents vingt et un ans, depuis qu’un groupe de patriotes a signé ce document à Philadelphie, c’est ici que la perfection commence. Traduction : Jacques Coubard pour www.humanite.fr (1) Vient d’être réédité , avec une nouvelle préface de Barack Obama aux Presses de la Cité ; 454 pages, 21 euros. (2) Ancienne directrice de la campagne d’Hillary Clinton, qui avait mis en cause la couleur de Barack Obama et qui dû démissionner à la suite de ces propos. (3) Nom du personnage noir caricatural d’une chanson , qui devint le symbole des lois racistes instituant la ségrégation. (4) Arrêt de la cour suprême de 1954 interdisant la ségrégation scolaire. |
L'HISTOIRE NOIRE Barack Obama a réalisé ce qui était impensable dans l'Amérique de George Washington, d'Abraham Lincoln, ou même dans celle, plus jeune, de John F. Kennedy ou de George W. Bush. Après 232 ans d'histoire, les États-Unis ont élu leur premier président noir.Martin Luther King avait un rêve, celui de voir ses enfants jugés en fonction de leur caractère et non de la couleur de leur peau. Barack Obama, lui, vient de réaliser celui de millions d'Afro-Américains, qui espèrent ainsi s'affranchir d'un passé jalonné d'injustices pour regarder vers l'avenir. 1619: arrivée des premiers esclaves africains en sol américain, qui seront notamment utilisés dans les plantations de coton. 1808: interdiction de faire venir abolition de la traite des Noirs. 1861-1865: la guerre de Sécession, dont un des points de discorde est l'esclavage, divise les États de l'Union (Nord) et de la Confédération (Sud). 1863: le président républicain Abraham Lincoln publie la Proclamation d'émancipation, qui libère les esclaves des États du Sud. 1865: le 13 amendement de la Constitution des États-Unis abolit l'esclavage, tandis que le Ku Klux Klan est fondé. 1868 et 1870: le 14e amendement confère davantage de droits civiques aux Noirs et le 15 amendement accorde le droit de vote à tous les hommes, sans égard à leur race. 1872: ancien esclave, célèbre abolitionniste et promoteur des droits des femmes, Frederick Douglas, devient le premier candidat noir à la vice-présidence aux côtés de la première femme candidate à la présidence, Victoria Woodhull, au sein du Equal Rights Party. Pendant la guerre de Sécession, il avait milité activement pour permettre aux Noirs de combattre au sein des troupes nordistes. 1877: dans la foulée de l'élection la plus contestée du XIXe siècle, le républicain Rutherford B. Hayes accepte d'adopter une politique ségrégationniste qui met fin à plusieurs gains effectués par les Noirs après la guerre de Sécession en échange de l'appui des démocrates. années 1890: plus d'un millier de Noirs sont victimes de lynchage. 1896: la ségrégation raciale est établie dans les écoles, qui ne sera abolie qu'en 1954. 1936: avec 4 médailles, Jesse James est le héros des Jeux de Berlin, mais le président Roosevelt ne souligne pas sa performance. **1955: Rosa Parks refuse de céder sa place à un passager de race blanche dans un autobus de Montgomery, en Alabama, comme l'exige la loi, et est arrêtée. Martin Luther King mènera une campagne de boycottage contre la compagnie de transport. *1963: Martin Luther King prononce son discours historique I have a dream (Je fais le rêve) à Washington D.C. Il recevra le prix Nobel de la paix en 1964. 1964: le président Lyndon Johnson signe l'Acte des droits civiques, qui interdit la discrimination de vote, d'éducation, d'emploi et dans les transports publics, et une loi qui interdit les lois qui limitent le droit de vote. 1964: Dans le Mississippi, trois hommes, deux blancs et un noir, qui faisaient la promotion de l'inscription des noirs sur les listes électorales, sont lynchés. L'histoire a inspiré le film Mississippi Burning. 1968: Martin Luther King est assassiné à Memphis, au Tennessee, ce qui suscitera des émeutes dans plusieurs villes américaines. 1968: aux Jeux de Mexico, les coureurs Tommie Smith et John Carlos, médaillés olympiques, lèvent leur poing ganté, dans un geste symbolique de protestation contre l'injustice dont sont victimes les Noirs américains. Ils sont bannis des Jeux.1968: la démocrate Shirley Chisholm est la première Noire à siéger à la Chambre des représentants. En 1972, elle devient la première Noire à briguer l'investiture d'un grand parti pour l'élection présidentielle. 1989: le général Colin Powell devient le premier chef d'état-major noir des forces armées américaines. 1992: Carol Moseley-Braun, de l'Illinois, devient la première Noire élue au Sénat. 2008: Barack Obama devient le premier Noir à remporter la Convention d'un parti majeur américain, puis à accéder à la présidence des États-Unis. |
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