UN INDIEN AU PHARE OUEST

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BUFFALO BILL EN FRANCE EN 1905

 

En 2005 , nous avons célébré le centenaire de la seconde venue du spectacle de Buffalo Bill, en France, d'avril à novembre 1905. A cette occasion, une exposition inédite de photographies, films et affiches d'époque s'est tenue, au Colonel Cody's Saloon, à Disneyland Resort Paris, où le Buffalo Bill's Wild West se produit depuis 1992. A noter que le Musée d'Histoire de Marseille propose, jusqu'au 31 octobre 2008, une exposition sur le spectacle intinérant de Buffalo Bill.

 

Le Colonel William Frederic Cody, dit "Buffalo Bill", est venu en France à deux reprises. Lors de sa première tournée, en 1889, il ne s'est produit qu'à Paris, Lyon et Marseille. En 1905, lors de son second passage dans l'hexagone, le spectacle - qui retraçait la conquête de l'Ouest américain- a été présenté dans 120 villes françaises. En Bretagne, Saint-Nazaire, Vannes, Quimper, Brest, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Rennes ont reçu la visite de "Buffalo Bill".

 

UN GIGANTESQUE CONVOI

Pas moins de 16 bateaux furent nécessaires pour faire traverser l'Atlantique à l'ensemble des 800 hommes et 500 chevaux de la troupe. Arrivés en France, ils embarquaient à bord de 3 trains spéciaux qui les conduisaient de ville en ville. Les 50 wagons d'une longueur totale d'un kilomètre étaient américains. Seuls les fourgons de tête et de queue étaient fournis par la compagnie ferroviaire, le plus souvent régionale. Les wagons-lits du Buffalo Bill's Wild West avaient la même largeur que ceux des chemins de fer de l'Ouest, mais étaient près de deux fois plus longs. Celui du Colonel Cody était un véritable appartement composé d'une cuisine, d'une salle à manger, d'une petite chambre occupée par ses domestiques, d'une chambre à coucher et d'une autre petite pièce formant cabinet de toilette.

 

DECHARGEMENT DU MATERIEL

Le débarquement du personnel et du matériel avait généralement lieu entre 7 et 9 heures du matin. Les hommes de la troupe procèdaient à l'érection des tentes, à l'installation des écuries, des cuisines, pendant que les indiens dressaient leur tepees. En moins de deux heures, tout le matériel était amené sur le lieu du spectacle : 1 200 pieux, 4 000 mâts, 30 000 mètres de cordage, 23 000 mètres de toiles, 8 000 sièges et 10 000 pièces de bois et morceaux de fer en tous genres. Au total des centaines de tentes surmontées des drapeaux de toutes les nations du monde. Trois dynamos fournissaient l'électricité nécessaire à l'éclairage de cette cité cosmopolite.

 

L'ARRIVEE DES SPECTATEURS

Les représentations avaient lieu à deux heures de l'après-midi et à huit heures du soir. Elles se déroulaient le plus souvent sur un champ de manoeuvres de l'armée, à l'extérieur de la ville. L'amphithéâtre où se jouait la représentation comprenait des sièges sur trois côtés et formait un immense rectangle. L'entrée des artistes se faisait par le quatrième côté. Les acteurs pouvaient être exposes parfois aux intemperies, mais il n'en était pas de même des spectateurs dont les places étaient abritées par une immense tente rectangulaire.

 

DEROULEMENT DU SPECTACLE

L'ouverture du spectacle était exécutée par l'orchestre des cow-boys. Buffalo Bill se présentait lui-même en compagnie de ses cavaliers. Ensuite, s'enchaînaient des exhibitions de cavaliers, de cow-boys, d'indiens, de cosaques, de mexicains et d'arabes. Puis, Buffalo Bill et Johnny Baker, son fils adoptif, s'adonnaient à des exercices de tir. Le public assistait à une série de tableaux retraçant la conquête de l'Ouest. Notamment, le dernier combat du général américain Custer à la bataille de Little Big Horn contre les indiens. Les spectateurs assistaient ensuite à des exercices de cavalerie par des détachements français, anglais et américains.

 

DEPART DE LA TROUPE

A 9 heures et demie du soir, Buffalo Bill venait saluer la foule, à la tête de ses cavaliers et repartait vers la gare où un premier train était sous pression. Trois-quart d'heure après la représentation, ils partaient pour la ville suivante. Pendant ce temps, les immenses arènes, avec leurs gradins pour huit mille personnes, leurs fauteuils, chaises, loges, étaient démontés par le personnel de l'exhibition. Tout était alors chargé dans des fourgons tirés par des chevaux et conduit au train suivant. Jusqu'au départ du troisième convoi.

 

PÉRIPÉTIES

A l'issue du spectacle, en quittant le champ de manoeuvres de St Malo, l'un des chariots du convoi du "Wild West Show" endommage sérieusement une calèche à cheval en stationnement. Aussitôt, son propriétaire, un loueur de voitures malouin, assigne Buffalo Bill en justice à Rennes, lieu de la réprésentation suivante. Le plaignant se retrouve alors aux côtés d'un photographe amateur, juge au Tribunal de Rennes, dont l'appareil a été brisé par un indien du spectacle. Menacé de saisie de ses installations, Buffalo Bill indemniseles deux plaignants. A St Brieuc, le Préfet prend un arrêté de déclaration d'infection en raison de cas de morve qui auraient été détectés sur des chevaux du "Wild West Show", avant de l'annuler "in extremis" le jour du spectacle. Du côté de Perpignan, les journaux se font l'écho de rumeurs de peste équine, qui seront vite démenties par les autorités.

 

Informations recueillies lors de recherches menées par Herve Ciret au sein des archives départementales en Bretagne, Gard et Vaucluse.

(Photos extraites de "Les Indiens de Buffalo Bill et la Camargue", aux Editions de La Martinière, 1994. textes : Serge Holtz, Thierry Le François, Jacques Nisssou, Rémi Venture et photos : Bernard Delgado, photo J+M, Réunion des musées nationaux, Musée de la publicité, Serge Holtz, Jacques Nissou) et de "Histoire des indiens d'Amérique du Nord", d'Arlène Hirschfelder.

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