| Dernière mise à jour : 21./01/2010 | Retour au sommaire |
parPhilippe le Tourneau
Professeur émérite de la Faculté de Droit de Toulouse
Lauréat de la Faculté de Droit de Paris, de l’Institut catholique de Paris, de la Délégation générale à la Langue française, de l’Académie de législation, et de l’Institut (Académie des Sciences morales et politiques)Auteur de plusieurs publications, notamment :
- La responsabilité civile, PUF, collec. Que sais-je ? 2003 (traduit en espagnol).
- L’ingénierie, les transferts de technologie et de maîtrise industrielle, Litec, collec. Affaires Finances, 2003, 302 pages.
- Le contrat de vente, Dalloz, collec. Connaissance du droit, 2005, 146 pages.
- Responsabilité civile professionnelle, Dalloz, collec. Référence, 2e éd., 2005, 166 pages (traduit en espagnol et en arabe).
- Les contrats de franchisage, Litec, collec. Litec professionnels, 2e éd. 2007, 324 pages.
- Droit de la responsabilité et des contrats, Dalloz, collec. Action, 7e éd., 2008-2009, XXVIII et 1780 pages.
- Contrats informatiques et électroniques, Dalloz, collec. Référence, 5e éd., 2008, XII et 374 pages.
- Responsabilité des vendeurs et fabricants, Dalloz, collec. Référence, 3e éd., 2009, XII et 306 pages.
- Les contrats de concession, Litec, collec. Litec professionnels, 1re éd. 2003, 2e éd., janvier 2010, X et 318 pages.
A lorigine, ce document
était distribué aux étudiants de troisième cycle
qui demandaient à me rencontrer.
Les propos qui suivent, complétant ceux qui figurent dans une autre partie de ce site sous l’appellation générale Conseils aux étudiants, sont destinés à aider les personnes se lançant dans la rédaction d’un mémoire ou d'une thèse. C’est par bienveillance envers elles que j’ai rédigé ces lignes. Elles ont pour dessein de leur éviter bien des écueils, et de prévenir certains reproches qui pourraient leur être adressés le jour de la soutenance. Quant aux remarques sur la langue, figurant également dans le fichier Conseils aux étudiants (précité), elles leur permettront de gagner vingt ou trente ans de tâtonnements. Pour ma part, je regrette que personne n’ait pris la peine de m’indiquer ce qui figure dans ces documents, et jamais je ne rattraperai le temps ainsi perdu...
Avant
tout, je vous invite à l’amour ! Il faut aimer votre travail,
vos recherches et, par avance, son fruit en s’identifiant à lui,
l’oeuvre à venir (n’est-ce pas une des définitions de l’amour ?).
Celui-ci apportera la joie du travail, tant celle de lesprit (dilatatio
cordis), que celle du cur (dilatatio mentis), selon une
formule de saint Bernard (1091-1153).
Cela étant,
la première tâche consiste à délimiter exactement le sujet, au moins
à titre provisoire, en cherchant un fil directeur. « Avant l’idée distincte que cherche la réflexion, il
faut quelque idée irréfléchie et indistincte, qui en soit l’occasion et
la matière, d’où l’on part, où on s’appuie. La rélflexion se replierait
vraiment sur elle-même, se poursuivant et se fuyant à l’infini. La pensée
réfléchie implique donc l’immédiation antécédante de quelque intuition confuse
où l’idée n’est pas distinguée du sujet qui la pense, non plus que la pensée ». (F. Ravaisson, De l’habitude, nouv. éd., Rivages
poches, 1997, p. 107). Ensuite les recherches doivent être lancées dans
toutes les directions, en partant des ouvrages les plus récents, en remontant
dans le temps (le même procédé a cours pour la jurisprudence). Le sujet
de votre thèse évoluera peut-être au cours de votre
travail, soit par son élargissement, soit (c’est plus fréquent)
par son rétrécissement. N’oubliez jamais de noter avec précision
les références des articles ou arrêts que vous relevez ou photocopiez. Cette
étape vous permettra de « chauffer le four aux idées »,
pour reprendre une charmante image de Sand (lettre du 8 déc. 1872 à Flaubert,
dans Flaubert, Correspondance, Pléiade, t. IV, 1998, p.622). Ne
citez jamais un auteur ou un arrêt que de première main, c’est-à-dire
en ayant été lire le texte orignal lui-même : Rien ne
vaut la fréquentation directe des sources (des originalia),
d’autant plus que la citation que vous en avez trouvé dans un écrit
(dit de « seconde main ») est peut-être erronée ou tronquée
(lui faisant dire ce qu’il ne contient pas, voire le contraire, cela est
assez fréquent). Si vous n’arrivez pas à trouver le texte
d’origine, mentionnez alors en note « cité par... », en donnant la référence de l’écrit
où vous avez trouvé ce que vous rapportez. La recherche des
sources commence par les documents les plus récentss, pour aller
aux plus anciens. Mais sachez que le document ancien n’est pas forcément
périmé et que le récent n’est pas nécessairement
le plus nouveau (dans le fond); et encore que celui qui est volumineux n’est
pas forcément plus important que celui qui est d’un format plus modeste...
Ayez une sorte de «
main courante », où vous inscrirez au fur et à mesure, en désordre, les
idées qui vous viendraient à l’esprit (et même des expressions ou des
images), et que vous risquez d’oublier. Ne vous fiez pas à votre mémoire ;
vous risqueriez de perdre ces germes de vous-même, fragments préfigurant
l’avenir, l’oeuvre à venir. Une idée ne revient pas forcément ; tout
son or tient dans sa fulgurance inopinée : Il faut la saisir et la fixer
quand elle passe (au Kaîros), car elle est pour l’instant volatile
et légère comme l’air (le Kaîros est le moment opportun et propice
où il faut agir ; Aristote enseignait qu’il faut maîtriser le Kaîros
en médecine et dans la navigation, mais son conseil vaut aussi pour
la rédaction des thèses). Vous serez peut-être bien aise d’avoir ce mémento
à votre disposition ultérieurement. De même, lorsque vous vous sentez en
état de rédiger certains développements qui seront nécessaires, n’hésitez
pas, d’autant qu’en les mettant dans la mémoire vive de l’ordinateur
(avec une sauvegarde extérieure), il vous sera facile de les utiliser le
moment venu, à l’endroit que vous choisirez.
Vous pouvez déjà réfléchir
à un plan possible, tout en poursuivant vos recherches, en sachant qu’il
évoluera à plusieurs reprises, jusqu’à l’heure de la rédaction finale, car
il découlera des idées essentielles que vous trouverez et que vous mettrez
en évidence. «Souvenez-vous que le tout vient avant les parties », disait
Bergson à Jean Guitton lorsque celui-ci travaillait à sa thèse (Le Temps
et l'Eternité chez Plotin et Saint-Augustin). Mais il est certain
qu’il vous faudra un jour un plan détaillé, en deux ou trois parties,
accepté par votre directeur de mémoire ou de thèse. Les grandes divisions
devront toujours être au nombre de deux ou de trois (au moins jusqu’aux
chapitres) ; leurs titres se répondront autant que faire se peut (dans une
heureuse symétrie ; or celle-ci est équilibre). L’'intitulé de la thèse
ne doit pas donner son plan (par exemple une thèse ne doit pas s’intituler
La responsabilité contractuelle et délictuelle des fabricants si
la première partie porte sur la responsabilité contractuelle [dont au demeurant
je conteste l’existence], et la seconde sur la responsabilité délictuelle,
alors qu’un ouvrage destiné aux praticiens pourrait être divisé de la sorte).
Vous devez tendre à ce que les questions les plus intéressantes soient exposées
au centre de votre travail (soit pour un plan simple : I, A, B ; II, A,
B, en I B et II A). Tâchez de tenir compte des propos suivants de Saint-Exupéry
sur le plan d’un ouvrage : « [ses] lignes de
force s’ordonnent nécessairement autour du pôle fort. Le plan est une conséquence
de l’existence forte et non sa cause » (Carnets,
Folio, 1999, p. 322). Telle est la raison pour laquelle il ne peut être
fixé définitvement qu’assez tardivement.
Ne commencez à rédiger
que lorsque vous aurez bien en tête toutes vos idées directrices et vos
propositions finales (« Il faut toujours savoir
comment on va finir avant de commencer » de Gaulle, cité par A. Peyrefitte,
C’était de Gaulle, t. 3, Fallois, 2000, p. 290. - De son côté
Henri Michaux disait « Atteignez d’abord, vouxs
approcherez ensuite » ). En effet, chercher
sans savoir ce que l’on cherche n’est pas réellement chercher, mais
rêver. Pendant la rédaction, il conviendra de respecter les règles
rappelées dans le fichier Conseils aux étudiants (précité), en vous
souvenant que l’usus scribendi est éloigné de l’usus
loquendi : La langue écrite n’est pas exactement celle qui est parlée
(surtout la vôtre !). A qui lui demandait une recette pour bien écrire,
Max Jacob répondait de ne jamais commencer deux phrases à
la suite de la même façon ; le conseil est judicieux. Méfiez
vous des phrases à incidentes et à subordonnées enchaînées,
merveilleuses chez Proust mais indigestes dans une thèse. Cherchez
toujours le mot juste. « Les mots sont des étiquettes.
Et c’est en les cherchant que les choses se trouvent »
(Joubert). « Je croyais n’avoir rien à dire
et l’angoisse me prenait. Je ne savais pas qu’il fallait d’abord s’asseoir
et tracer des mots sur une page, je ne savais pas que ce qu’on a à dire
tombe naturellement dans le piège des mots »
(J. Green, Journal, 14 avr. 1952). Évitez les répétions ; du reste,
dans l’étonnante alchimie de la création, la recherche d’un synonyme est
souvent la source de fécondes trouvailles, je l’ai souvent expérimenté,
et Julien Green l’a fort bien relevé : « En
cherchant des synonymes dont j’ai besoin, je suis amené à dire autrement
ce que j’ai en tête et vais parfois beaucoup plus loin que je ne pouvais
l’espérer ; ainsi, le plus banal problème d’euphonie verbale me met sur
la piste de quelque chose que je ne soupçonnais pas, non plus dans le domaine
du son, mais dans celui du sens » (Journal,
3 oct. 1946, Pléiade, Œuvres,
t. IV, p. 937). N’attendez pas trop pour commencer à écrire. Au début, laissez
l’introduction de côté ; vous la rédigerez ultérieurement : Elle ne s’écrit
que la thèse achevée ! Mais il faut y penser dès le début de la rédaction
de l’ouvrage, noter des idées, des formules, etc. Apportez lui une
grande attention : Ne la rédigez pas à la hâte en quelques jours, car elle
a une importance capitale, de même que la conclusion (beaucoup plus brève).
Nombre de vos lecteurs se contenteront, hélas, de ces deux morceaux...
Lors de ce premier
jet écrivez sans trop vous soucier du style. Avancez à grandes guides, sans
tenter d’être brillant, en jet continu, ce que Mozart appelait il filo.
Vous mettrez du liant et du vernis plus tard. À ce stade, ne cherchez pas
l’exhaustivité dans la rédaction : Vous apporterez tout le suc de vos fiches
et dossiers plus tard ; ce qui importe essentiellement est d’avancer, et
de parcourir assez vite l’ensemble du domaine qui est le vôtre, en principe
sans relâche. Profitez du vent arrière, tant qu’il enfle la voile ! «
Allez de l’avant, et quand le souffle aura tout produit, vous
remonterez le ton général et sacrifierez ce qui ne doit pas venir au premier
plan » (George Sand, lettre à Flaubert du 30 nov. 1866, in
Flaubert, Correspondance, Pléiade, t. III, 1991, p. 570). Écrivez,
écrivez encore, écrivez toujours ! Si vous achoppez sur une question, ne
vous bloquez pas : Passez à un autre aspect, pour revenir plus tard à celle
que vous n’avez pas su débrouiller ; le temps aura probablement permis de
la décanter. Sachez qu’écrire implique une ascèse, et nécessite même
de créer une sorte de désert autour de soi : L’écrivain est un solitaire.
« Les livres sont l’œuvre de la solitude et les enfants du silence »
(Proust. - V. notamment sur ce lien entre la solitude et la création
en général, J. Kelen, L’esprit de solitude et les peintres, La Renaissance
du livre, 2003). Développez totalement vos intuitions : « Il faut épuiser
une idée, tant qu’elle a des choses différentes à livrer » (Proust,
lettre à Cocteau du 11 févr. 1919, in Proust, Correspondance,
t. XVIII, Plon, 1990, p. 101). Battez-vous contre vos idées,
pour les saisir dans leur plénitude, les enserrer dans une forme
solide et précise.
En rédigeant vous vous
apercevrez peut-être que votre plan, même approuvé par votre directeur,
ne répond pas à votre attente, par exemple que les parties sont trop déséquilibrées.
Réfléchissez alors à un nouvel ordre. Mais le travail effectué ne sera pas
perdu: Grâce aux facilités du traitement de texte vous pourrez facilement
déplacer un morceau d’un endroit à un autre. Veillez à ce que vos développements
soient nécessaires à votre démonstration (et donc qu’ils ne puissent pas
encourir le grief, si souvent émis, d’être hors sujet).
Chaque fois que, durant
vos recherches et la rédaction, vous éprouvez des hésitations, voire des
angoisses, n’hésitez pas à demander rendez-vous à votre directeur de
mémoire ou de thèse, qui vous aidera avec joie à sortir de l’impasse.
Confiez-vous à lui : Quelqu’indigne qu’il soit peut-être, il est
tout à la fois votre modèle, votre guide, et un peu votre frère. Vous pouvez
essayer vos idées et découvertes sur lui. En formulant vos doutes pour les
lui faire connaître, vous trouverez peut-être par vous-même la solution,
car formuler est mettre de l’ordre et construire. La création s’accomplit
par le verbe. Si vous avez trop d’inquiétudes sur votre manière de rédiger,
soumettez lui des passages de votre plume ; dans le cas contraire, attendez
d’avoir achevé, sinon une partie, du moins un titre, pour solliciter son
avis. Les directeurs de thèse inclinant, non compellunt : Ils dirigent,
ne critiquent pas ou, plus exactement, dirigent et encouragent plus qu’ils
ne critiquent. Et ils font advenir ce qui est dans l’esprit du thésard.
Leur mission est de « docere ignorantem, consulere
dubitandi et consolari tristem » (saint Thomas
d’Aquin ; cei sont trois des œuvres de la miséricorde spirituelle : instruire
les ignorants, prendre soin de ceux qui doutent et fortifier les tristes).
« Le maître n’est un bon maître que dans la
mesure où l’élève lui permet d’être un bon maître. C’est l’élève qui tire
la richesse du maître » (J.-L. Barrault, dans
Réflexions sur le théatre, cité par G. Bonal, Les Renaud-Barrault,
Seuil, 2000, p.87).
Ceux qui, travaillant sous ma direction,
souhaitent me rencontrer pour que je porte un jugement sur un passage de
leur travail, doivent me demander un rendez-vous par ma courriel (messagerie
électronique). Mais il faudra me faire parvenir le texte un certain temps
avant celui-ci (par la poste, ou en le déposant à la Faculté ; ne m’envoyez
aucun document par courrier électronique). Tout texte provisoire qui m’est
adressé doit être imprimé seulement au recto, les pages étant numérotées.
Il convient de l’accompagner du plan, en indiquant à quel endroit de celui-ci
prendra place. Enfin, il est souhaitable de me faire part de la raison pour
laquelle vous désirez connaître mon avis.
Sans traîner, prenez
votre temps : Ni hâte excessive, ni fâcheuse lenteur. Fixez-vous, pour
une thèse, un délai de trois ans, tout en sachant que son achèvement nécessitera
peut-être un an de plus. « On est maître que quand on accorde aux choses le temps
qu’elles méritent » (Delacroix ; mais n’allez
pas écrire comme lui que quand ; il eût été préférable de dire :
« ... maître qu’en accordant aux choses...
», ce qui aurait évité du même coup la répétition du pronom
on !). Quant au volume, un mémoire a de 80 à 120 pages. Une thèse, œuvre de longue haleine, est nettement plus importante, mais
il n’y a pas de normes, tout dépendant du sujet et de l’objectif poursuivi.
Toutefois, si une thèse implique un certain volume, l’épaisseur et la longueur
ne sont pas des qualités en soi : Proust est un génie, qui avait besoin
d’étendue pour s’exprimer, mais Flaubert aussi, qui cultivait la concision.
Au-delà d'un certain nombre de pages, le risque existe que des membres du
jury ne lisent pas l’ouvrage en entier (la charge des thèses [au demeurant
non rémunérée] est devenue très lourde pour les professeurs des Facultés
de Droit, surtout au dernier trimestre de l’année civile). Et, de toute
façon, le nombre de vos lecteurs, à qualité égale s’entend, sera inversement
proportionnel au nombre de pages ! L’acribie doit être votre objectif,
c’est-à-dire le souci de la précision et de la rigueur en
tout.
Travaillez avec persévérance
et régularité. « L’inspiration est décidément la sœur
du travail journalier » (Baudelaire, Conseils
aux jeunes littérateurs, VI). Pour réussir il est nécessaire d’être
le contraire du personnage de Balzac, l’écrivain Nathan, dont il disait
: « Si cet homme a du génie, il n’a ni la constance, ni
la patience qui le consacrent » (La fille
d’Eve). Le même auteur écrivait « Il n’existe
pas de grans talent sans une grande volonté. Ces deux forces jumelles sont
nécessaires [...]. Les hommes d’élite maintiennent leur cerveau dans la
condition de la production comme jadis un preux avait ses armes toujours
en état » (La Muse du département). Cependant,
en cas de blocage total, rompez les rangs, et aller marcher et méditer une
semaine en forêt ou en montagne..., vous souvenant que derrière
les nuages (les difficultés) brille le soleil. Si vous n’arrivez
pas à écrire, la raison en réside peut-être dans un manque de libido
(bien que vous soyez généralement fort imbus de vos facultés génésiques),
le lien entre la puissance de celle-ci et l’envie d’écrire étant connu !
Adoptez un système
de références, de préférence le suivant qui est actuellement celui des principaux
éditeurs juridiques (il a changé il y a quelques années), et surtout soyez
constant dans son utilisation. Pour les ouvrages, mettre l’initiale
du prénom de l’auteur, son nom, le numéro d’édition lorsque ce n’est pas
la première, le nom de l’éditeur, la ville sauf lorsqu’il s’agit de Paris
(pour un ouvrage imprimé), l’année de publication, le numéro du paragraphe
(à défaut la page). Citez toujours la dernière édition. Pour la doctrine
et la jurisprudence françaises le mode de citation varie selon les revues.
Voici ce qui est usuel pour la jurisprudence dans lesprincipales revues
: CA Aix-en-Provence, 5 avr. 1996, D. 1997, jur. p. 184, note Ph.
le Tourneau. - Cass. 3e civ., 3 juill. 1996, JCP éd. G 1997, II,
22757, note Ph. le Tourneau ; Bull. civ. III, n° 166. - Cass. com.,
19 déc. 1995, Rev. soc. 1996, p. 347, obs. Ph. le Tourneau. - Cass.
com., 2 juill. 1996, Contrats, cons., conc., 1996, n° 197, obs. L.
Leveneur. - Cass. 1re civ., 10 juill. 1996, D. 1996, IR p. 194 ;
Gaz. Pal. 1996, 2, pan. p. 269 ; RTD civ. 1997, p. 139, obs. P. Jourdain.
- CA Versailles, 20 sept. 1995, Gaz. Pal. 1995, 2, p. 593, note A.
Damien. - TGI Metz, 1er juin 1995, Gaz. Pal. 1996, 1, somm., p. 188,
obs. H. Vray. - Cass. 1re civ., 21 mai 1997, Juris-Data, n° 002134.
- T. com. Paris, 10 mai 1996, PIBD 1996, III, p. 19. - Distinguez
bien, selon les publications, les sommaires (somm.) des informations rapides
(IR) et des panoramas (pan.). Pour la Gazette du Palais, il est habituel
d’indiquer le semestre (1996, 1, p. 25 : Le 1 correspond ici au premier
semestre). Méfiez vous de certains Codes dont la numérotation a changé (notamment
le C. rural ou le C. de la santé publique). Et veillez à respecter la numérotation
exacte des nouveaux Codes (tel celui de la propriété industrielle) et des
Codes refondus (comme le Code commerce) ; par exemple, dans le ce dernier,
il faut citer les dispositions de l’article L. 430-8 ainsi : art. L. 430-8,
I, 1er alinéa (ou 2e al. ) ; ou encore art. L. 430-8, IV, 2e al., 1° (ou
2°) et non, comme je le lis parfois, art. L. 430-8-IV-1° (alors que ce 1°
est au sein du 2e al., celui-ci se trouvant dan le IV, dans le corps de
l’art. L. 430-8, IV ; de sorte qu’il faut mettre des virgules et non des
tirets).
Il n’est pas d’usage
de mentionner le prénom (ou l’initiale de celui-ci) d’un auteur non juridique
très célèbre (comme Montaigne, Racine, Diderot, Baudelaire, ou Bergson).
Si vous citez dans le corps du texte un auteur en vie mettez avant son nom
et son titre Monsieur le (Monsieur le Professeur, le cas échéant Monsieur
le Doyen, Monsieur le Président). Certains collègues contestent ce point
de vue, en prétendant qu’il s’agit d’une pratique récente. Je ne le crois
pas : En France un usage immémorial veut que les titres soient précédés
de Monsieur (Monsieur le Président, Monsieur l’Intendant, Monsieur le Comte,
etc.), du moins d’un inférieur. Les usages du monde de la justice
en témoignent encore et, quant au passé, ceux qui contestent cet usage n’ont
manifestement pas lu la marquise de Sévigné ou Saint-Simon. Même Henri IV,
tout roi qu’il fût, n’hésitait pas à employer la formule (il écrivait par
exemple à Sully le 13 mai 1607, à propos de l’aménagement de la Place Dauphine
à Paris : Il faut « que vous voyez M. le Premier Président,
pour résoudre la place Dauphine selon le dessein que vous m’en avez montré
», cité par B. Barbiche et S. de Dainville-Barbiche, Sully,
Fayard, 1997, p. 285). Au surplus, je constate que ceux qui critiquent
cet usage donnent sans barguigner du Monsieur le Président, lors des soutenances,
au collègue qu’ils ont élu pour présider le jury (et dans les colloques
au Président de séance, ce qui cette fois n’existait pas dans les mœurs
françaises, et a été importé des États-Unis). Pour autant, il est préférable
d’éviter de mentionner trop de noms dans le texte. Plusieurs procédés permettent
de parvenir au même résultat. Par exemple, la formule : Selon un auteur
« Le commissionnaire n’est pas un véritable mandataire
» (vous mettez un renvoi à une note, dans laquelle figure le nom de l'auteur,
cette fois sans titre, avec les références). Dans certains cas, il est même
possible de citer directement une expression ou une phrase d’un auteur,
entre guillemets, avec à la fin le renvoi à une note où son nom sera indiqué.
N’abusez pas des notes
en bas de page. Elles doivent rester brèves. Si elles tendent à être longues,
c’est que leur substance mérite d’être incorporée au texte, par un biais
ou un autre. Ne mettez pas de référence quand vous rappelez des banalités,
du genre « La vente est un contrat synallagmatique
» (ou « Les écrits du professeur Philippe le Tourneau
sont remarquables» ! ). N’allez pas à la ligne
incessamment (les jeunes auteurs ont tendance à passer à la ligne après
chaque phrase), mais lorsque vous quittez une idée pour une autre.
N’hésitez pas à critiquer
des arrêts et des auteurs, y compris votre directeur de recherche, car en
Droit il n’y a pas de sacra doctrina, d’autant qu’un auteur «
ne ressemble aux maîtres qu’en faisant différent »
(Proust, Correspondance, t. XIX, Plon, 1991, p. 214). Mais formulez
vos critiques toujours d’une façon courtoise, mesurée et argumentée, en
conservant un esprit humble (mens humilis). Soyez modeste, en n’oubliant
pas que, en dehors des sciences dites exactes, tout ce que les auteurs croient
des vérités ne sont que des hypothèses provisoires, jusqu’à une nouvelle
thèse ! Selon un mot de Thucydide, l’ignorance est hardie et le savoir réservé.
Cela étant, je fais mienne l’opinion suivante de saint Thomas d’Aquin (XII
Métaph., lec. 9) : « Si quelqu’un veut
écrire contre mes solutions, il me sera très agréable. Il n’est, en effet,
aucune meilleure manière de découvrir la vérité et de réfuter l’erreur que
d’avoir à se défendre contre les opposants. [...] Il faut aimer l’un et
l’autre, celui dont nous adoptons l’opinion et celui dont nous nous séparons
; car l’un et l’autre s’appliquèrent à la recherche de ma vérité et l’un
et l’autre sont nos collaborateurs ». Lorsqu’un
auteur est revenu à plusieurs reprises sur le même sujet, vous
pouvez évidemment mentionner ses premiers écrits, mais il
est impératif de citer sa publication la plus récente, qui
exprime sa dernière position (il a pu changer de point de vue) ;
il est intellectuellement malhonnête de critiquer la doctrine d’un
auteur en se référant à l’état antérieur
de sa pensée.
L’originalité
dans le fond d’une thèse est plus que souhaitable: c’est de la nature
d’un tel travail, consistant en une recherche sur des questions controversées
ou inédites. Une thèse n’est ni une compilation, ni une synthèse.
Mais je suis tenté de dire que la nécessaire originalité
doit être mesurée ou raisonnable. En ce sens, méfiez-vous
des constructions intellectuelles ingénieuses, mais qui n’ont pas
de réalité ou qui sont inapplicables.
N’employez pas la première
personne du singulier, mais la première du pluriel. Au vrai, il est encore
préférable d’éviter le plus possible de personnaliser en adoptant un ton
neutre, grâce à la troisième personne du singulier. «
Nous pensons que la cause présente deux aspects
» devient « La cause présente deux aspects ».
Les citations d’auteur
et d’extraits de décisions doivent être en italiques. Si elles comportent
elles-mêmes des mots ou des passages en italiques, mettez alors ces derniers
en caractères normaux. Donnez la traduction en français des citations en
langue étrangère, même morte (grec ou latin), sauf lorsqu’il s’agit de maximes
ou de formules traditionnelles. S’inspirer d'un
auteur est légitime, en le citant. Mais il est immoral et illicite
(délit de contrefaçon) de copier des passages entiers, même
en les transformant. Le travail d’un mémoire ou d’une thèse
n’est pas celui d’un scanneur et du procédé «
copier-coller ». Méfiez-vous
de la tentation du plagiat, qui se répand actuellement, du fait des
facilités techniques et de la perte du sens moral.
La rédaction achevée,
le plan fixé ne varietur, reprenez l’ensemble à plusieurs reprises
pour ce « retravail si essentiel d’après coup,
qui consiste à serrer de plus en plus sa propre pensée, à la condenser et
clarifier pour le lecteur » (L. Viaud [dit
Pierre Loti], Journal, La table ronde, 1997, p. 233). Cela devrait
être assez facile ; les mots idoines se présenteront en
leur place, les phrases viendront presque d’elles-mêmes et se rangeront
dans une belle ordonnance, comme des soldats entraînés. Tâchez
d’avoir un style personnel, marqué par un rythme. La phrase doit
être souple, étonner par la variété et la multiplicté
de ses allures. Il faut éviter que des paragraphes proches commencent
d’une façon identique. Polissez votre texte, améliorez en le style
afin qu’il devienne coulant (« Qu’est-ce que le style ? ... Une façon très simple de
dire des choses compliquées », Cocteau),
la cohérence interne, l’enchaînement des paragraphes, qui doivent s’emboîter
les uns les autres. «Quand le tableau est fait, on revient avec ses teintes
[les couleurs utilisées] pour accorder » (Chardin).
Voilà un mot clé : Il faut tout accorder, harmoniser, mettre du liant, car
« Ce que cherche, à l’ordinaire, le lecteur,
c’est une sorte de tapis roulant qui l’entraîne » (Gide, Journal 1887-1925, au 17 juin 1923, Pléiade,
1997). Les anciens disaient : Ars est celare artem, soit « L’art consiste à cacher l’art »,
en l’espèce le labeur patient et ardu de l’écritue ; c’est
ainsi que l’on parvient au tapis roulant auquel fait allusion Gide.
L’idéal serait que
l’ouvrage ne contînt « Rien qui pèse et qui
pose », pour reprendre une consigne de Verlaine
(tout en ne pouvant pas, dans une œuvre d’érudition, adopter son « De
la musique avant toute chose »). « Le style n’est qu’une manière de penser, si votre
conception est faible, jamais vous n’écrirez d’une façon forte » (Flaubert, lettre à Ernest Feydeau [père de Georges], mai
1859, in Flaubert, Correspondance, op. cit., p. 21 ; souligné
par l’auteur). Veillez à la précision du vocabulaire. «Un écrivain véritable est quelqu’un qui ne trouve pas
ses mots. Alors il les cherche et il trouve mieux
» (Valéry). Cela suppose de posséder un vocabulaire étendu.
«On ne médite qu’avec [des mots], mais
tous les mots possibles, parce qu’on ne pense bien qu’avec des mots nombreux
» (M. Serres, Le Tiers-instruit, Julliard, 1994, p.
119). Souvent, en cherchant à éviter une répétition, le mot nouveau suscite
une heureuse trouvaille de fond. «Le
style est autant sous les mots que dans les mots » (Flaubert, op. et loc. cit. ; souligné par l’auteur).
« La beauté du style est le signe infaillible
que la pensée s’élève »(Proust,
Correspondance, t. XIX, Plon, 1991, p. 635). Méfiez-vous des facilités
de plume, constituées par les formules toutes faites et attendues (L’épée
de Damoclès, ou La cerise sur le gâteau, surtout que cette dernière
est la traduction d’une expression anglaise). Fournissez du « désordre à l’esprit » (selon le conseil de Valéry), en refusant les idées
reçues et les clichés. Tâchez d’écrire de façon
harmonieuse et musicale ; il faut que l’on puisse
entendre la voix de votre texte. Imprégnez vous d’élégance en lisant les
grands classiques de la littérature française (sans chercher à les pasticher),
ce qui en même temps constituera une agréable détente.
Voici enfin le temps
de se mettre, paradoxalement, à l’introduction ! Ce travail sera
aisé, sachant d’où vous êtes parti et où vous êtes arrivé. L’introduction
sert à délimiter le sujet, en expliquant pourquoi certains aspects
sont éliminés, éventuellement en traitant les aspects historiques, sociologiques
et de Droit comparé, si vous ne jugez pas utile ou malaisé de les insérer
dans le corps de l’ouvrage (mais aujourd’hui, il semble indispensable que
toute thèse comporte des développements en droit comparé)
; puis à brosser les prémisses de la matière, montrant implicitement
l’intérêt du sujet, et aboutissant tout naturellement, comme sans y prendre
garde, à l’annonce du plan (qui est importante ; de même que, dans
le corps de l’ouvrage, les annonces des parties et des chapitres, à condition
de leur donner de la substance : Voyez à cet égard la façon de procéder
de Ph. Stoffel-Munck dans sa thèse L’Abus dans la contrat, préface
de R. Bout, LGDJ, 2000). Les premières pages de l’introduction doivent être
d’un style enlevé, pour donner envie au lecteur de poursuivre, et avec peu
de références.
La conclusion,
inutile dans un mémoire (sauf si le sujet l’appelle impérativement), est
brève (quelques pages suffisent). Elle résumera le fruit de vos recherches.
À ce moment là, il vous faut couper les amarres et être seul avec vous-même,
vos idées ramassées. Aussi, la conclusion ne doit comporter ni citation
ni note (sauf pour éventuellement renvoyer à des passages de la thèse elle-même).
Dans l’idéal, vous indiquerez in fine vos propositions de thèse
sous la forme condensée suivante (qui n’est qu’un exemple) :
« Au terme de nos recherches, nous soutenons que :
Premièrement : Le concept de responsabilité contractuelle était inconnue
des rédacteurs du Code civil et de ses commentateurs. Elle fut inventée
à la fin du XIXe siècle par Planiol.
Deuxièmement : L’introduction de cette notion a entraîné de nombreuses
conséquences fâcheuses, telles que ...
Troisièmement : Nous proposons le retour à une saine conception des
choses, consistant en ce que ...
Quatrièmement : L’abandon du concept de responsabilité contractuelle
présenterait plusieurs avantages pratiques d’importance, notamment ...».
Vous trouverez deux
modèles remarquables de cette méthode, d’abord dans la thèse de mon collègue
Emmanuel Gaillard, Le Pouvoir en droit français (préface Gérard Cornu,
Economica, 1985, p. 232 et s.) : La conclusion est constituée par dix-huit
propositions sur deux pages. Ensuite, dans celle de Madame Marianne Faure-Abad,
Le fait générateur de la responsabilité contractuelle (contribution à
la théorie de l’inexécution du contrat), préface Ph. Rémy,
LGDJ, 2003, dont la conclusion est divisée en cinq principes et huit corollaires.
Cette méthode vous permettra de prouver que vous avez rédigé une véritable
thèse, aux idées et conclusions neuves, et non une compilation d’œuvres
antérieures présentées différemment (une thèse n'est pas l’art d’accommoder
les restes !).
Le cas échéant, vous
pouvez formuler une proposition de loi, avec le texte et l’exposé des motifs
(V. par ex. la thèse de P. Coëffard, Garantie des vices cachés et «
responsabilité contractuelle de droit commun »,
Poitiers, 2003, p. 311 et s., proposant une nouvelle et remarquable
rédaction de certains articles du Code civil, principalement portant sur
l’actuelle garantie contre les vices cachés).
Votre travail achevé,
il vous reste à en numéroter les paragraphes, ce qui vous permettra
d’insérer des renvois internes (qui ne seront jamais trop nombreux
; voyez dans mon traité Droit de la responsabilité et des contrats).
Vous pouvez aussi, le cas échéant, leur donner un titre, ce qui est une
excellente méthode (et une ascèse, car cela conduit à ne développer qu’une
idée par paragraphe). Prévoyez également d’établir un index (c’est
aujourd’hui indispensable). La bibliographie devra être complète,
toutes les œuvres utilisées, mais rien qu’elles
; ne mentionnez pas d’articles ou de livres non lus, car vous risquez d’être
interrogés sur eux par un membre du jury ; à l’inverse n’omettez pas un
ouvrage important de la matière : Un jour vous vous trouverez peut-être
devant son auteur, qui en éprouvera une légitime amertume ! Sur la
quatrième page de couverture (au dos de l’ouvrage), donnez un résumé
de votre thèse en français et en anglais, ainsi qu’une liste
des mots clés dans ces deux langues.
Les thèses sont souvent
d’un maniement malaisé, car artificiellement volumineuses. Cet excès doit
cesser ! En voici les moyens : N’utilisez pas de double interligne ; ne
laissez pas des marge énormes (je suggère 2,5 cm), ni de blancs importants
entre les divisions ; et, surtout, imprimez recto verso et non seulement
au recto. Pour faciliter la lecture des membres du jury, je vous
conseille vivement d’imprimer à part un plan synthétique, avec l’indication
des pages, au recto (seulement) d’un bristol (d’un seul) de 25 sur
18 centimètres, de couleur claire (mais pas blanc), en mettant le plus de
divisions possibles pouvant tenir sur le recto. Dans la mise en page,
veillez à ce que les titres ne se trouvent pas placés en bas de page.
Le moment venu, vous
pourrez proposer à votre directeur de recherches le nom des personnes que
vous aimeriez voir figurer dans votre jury de soutenance. Les noms des membres
du jury doivent être mentionnés (en majuscule) sur la première page
de couverture (précédés de Monsieur, Madame ou Mademoiselle et de leur prénom
en entier, suivi de leur titre et de leur Faculté ou Université), par ordre
d’ancienneté. Le nom du directeur de recherche, avec l’indication de cette
fonction, est placé avant, avec un espace entre son nom et celui des autres
membres du jury. Méfiez vous d’une subtilité, qui est un piège
dans lequel tombent non seulement les thésards mais aussi de nombreux
collègues. La voici. On écrit Professur à la
Faculté de X (ou à l’Université de X), mais pour un
émérite, c’est Professeur émérite de la Faculté
de X (ou de l’Université de X). Au dos de l’ouvrage, donnez
un résumé en français et en anglais de votre thèse,
une liste de sprincipaux mots clés, enfin le nom et l’adresse de
l’établissement de soutenance.
Préparez pour la soutenance
un exposé oral d’environ dix minutes, indiquant les buts de votre recherche,
les difficultés que vous avez rencontrées, et les résultats auxquels vous
êtes parvenu. Vos propos doivent être très brefs, car les membres du jury
ont normalement lu votre œuvre, de sorte que vous risquez vite de les ennuyer.
Tâchez de prévoir la
soutenance soit avant les vacances d’été soit après celles-ci, assez tôt,
c’est-à-dire jusqu’au 15 novembre. Et envoyez votre thèse aux membres du
jury au moins un mois avant la soutenance. L’observance des ces deux recommandations
est une marque d’égard envers les collègues qui participeront à votre jury
; mais elle constitue en même temps une mesure de précaution pour vous car,
du fait de la concentration des soutenances à la fin de l’année, il est
des membres de jury qui n’ont réellement pas le temps d’examiner à fond
tous les travaux qui leur sont soumis.
Demandez à un ami de
noter, lors de la soutenance, les critiques et remarques qui vous seront
adressées, dont vous devrez tenir compte pour améliorer votre thèse avant
de la publier.
Ne vous inquiétez
pas : tout ira bien ! Les premièrs jours sont le temps bienheureux des
fiançailles ; puis vient le temps de la grisaille et du doute ; mais, finalement,
la sérénité et l’aisance seront au bout du chemin, comme dans les vieux
couples qui ont surmonté ensemble les épreuves de la vie. Certes, vous peinerez
de temps à autre ; mais, dans la vie, tout ce qui est intéressant et grand
ne jaillit que dans la souffrance. « Apprends
à penser avec douleur, car sans cela jamais le génie ne naît à la vie de
l’esprit » (Caroline von Gunderode, cité par Marcel Brion, L’Allemagne
romantique, Albin Michel, t. 1, 1962, p. 306).
PS
Dans la mesure du possible je tiens compte dans mes ouvrages (notamment dans mon Dalloz Action Droit de la responsabilité et des contrats) de l’apport des thèses et des articles nouveaux, du moins évidemment lorsqu’ils sont parvenus à ma connaissance, m’ayant été adressés (ou à celui de mes collaborateurs du Dalloz Action chargé de la question qu’elle aborde ; leurs parties sont indiquées dans l’avant-propos de ce traité). A bon entendeur salut ! Attention, il convient de m’adresser les ouvrages par un moyen ne nécessitant pas une signature à l’arrivée, donc en lettre ou paquet ordinaires (ou en «colis suivi»). Ne l’envoyer en aucun cas en paquet recommandé ou en Chronopost ou Colissimo 24 h., procédés qui impliquent tous, en cas d’absence lors du passage du livreur, que je me rende à la poste, éloignée de mon domicile et toujours encombrée (longue attente). En outre, cela m’oblige à porter ce paquet chez moi ; or, il est généralement fort lourd.
QUELQUES INSTRUMENTS DE TRAVAIL
- G. CORNU, Vocabulaire juridique, PUF, collec. Quadrige, 8e éd., 2007 (ouvrage d’une qualité exceptionnelle, à consulter sans cesse).
- DALLOZ, Guide juridique, 6 vol., reliure bleue (très utile et très commode à consulter : Tout le Droit par ordre alphabétique).
- DALLOZ, Répertoire civil, dix vol. (tout le Droit civil par ordre alphabétique).
- DALLOZ, Répertoire commercial, cinq vol. (tout le Droit des affaires par ordre alphabétique).
- JURIS-CLASSEUR CIVIL (tout le Droit civil par articles du Code).
- M.-L. MATHIEU-IZORCHE, Le raisonnement juridique. Initiation à la logique et à l’argumentation, PUF, Thémis, 2001 (précieux pour tout thèsard).
- H. ROLAND & L. BOYER, Locutions latines du droit français, 4e éd., Litec, 1998.
- A.-V. THOMAS, Dictionnaire des difficultés de la langue française, Larousse (réédition fréquente).