POIDS ET MESURES

 

 

Les mesures de l'ancien régime, qui ont été supplantées par le système métrique en l'an 9, sont assez complexes à suivre pour plusieurs raisons :

 

Fort heureusement, suite à la loi de l'an 9, chaque département a édité un livre donnant la correspondance entre l'ancien et le nouveau système de poids et mesures. A la lecture de ce livre on voit que ces tables de correspondance ont été faites très rigoureusement et scientifiquement. La première étape ayant été de connaître, commune par commune, le système de mesure utilisé (longueur, superficie, volume, capacité, poids, et autres mesures plus spécifiques comme le vin). Soit la commune dépendait d'une mesure de référence appartenant à une autre commune (exemple, Le Faget, la plupart des mesures, sauf le vin, dépendait de Caraman), soit la commune avait ses propres références qui ont été fournies aux enquêteurs pour faire les correspondances.

 

Dans les pages qui suivent, je me suis limité pour chaque type de mesure, aux communes du nord du Lauragais, ne couvrir déjà que les mesures du département couvrirait des dizaines de page Internet ! Les correspondances fournies s'appliquent aux mesures avant la révolution, plus on remontera dans le temps, plus les divergences seront importantes.

L'ancien système de mesures, est certainement complexe, mais il n'en était pas moins rigoureux; il existait comme maintenant, des références pour les longueurs et les volumes, et ce sont ces références qui ont servi pour faire la correspondance, même si par endroits quelques erreurs ont pu être relevées. Ainsi, par exemple, à Toulouse il existait une référence de la canne (qui mesurait très exactement 5 pieds, 6 pouces, 4 lignes, et 1/5 ligne de toise, soit 1,7960910994 mètre) et une référence de la perche (qui au lieu de mesurer 14 empans, mesurait 14 empans et 7 lignes 2/3 en plus) : cela introduisait une erreur dans les surfaces agraires suivant que l'on utilisait l'une ou l'autre des mesures. De nos jours, seules une vingtaine de communes du département possèdent encore les mesures étalons de l'ancien régime.

on trouvera dans la page poids et mesures avant la révolution des considérations générales sur l'utilisation des anciennes mesures.

L'utilisation des nouvelles mesures était compliquée pour une grande partie de la population, souvent analphabète, aussi un arrêté du 13 brumaire an 9, permettait d'employer les anciennes désignations en correspondance des nouvelles unités (ce qui prête encore à confusion de nos jour) :

 

Les scientifiques qui ont mis en place le nouveau système métrique (qui était déjà à l'étude avant la révolution,  car la volonté d'uniformiser les mesures dans tout le pays existait déjà depuis des décénies), ont choisi pour référence l'unité de longueur : le mètre. Toutes les autres étalon ont pour base le mètre. Cela est évident pour les unités de surface et de volume (mètre carré et mètre cubique), mais c'est aussi le cas pour la capacité (1 litre = 1 décimètre cube), pour le poids (1 gramme = poid de 1 centimètre cube  d'eau distillé à 0°, la glace).

Il avait été fortement insisté à l'époque dans la facilité d'utilisation du système métrique, ou pour passer du mètre au décamètre, il suffisait simplement de déplacer la virgule (il était plus complexe de passer de la toise au pied !). Autre avantage, mais plus difficile à pratiquer, au lieu de dire 3 cannes, 2 empans, 5pouces et 6 lignes, il serait plus aisée de dire 5,62 mètres (en réalité 5,6212125 mètres)

Le mètre étalon tel qu'il était défini à l'époque correspond à la dix millionième partie du quart du méridien terrestre pris en France (à 45 degrés de latitude) entre Dunkerque et Monjoui près de Barcelone. Il fut établi d'abord une mesure provisoire du mètre à partir des mesures anciennes, puis le méridien terrestre fut de nouveau mesuré avec la plus grande précision possible..