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Deux images de Xénophon ; la seconde du musée du Prado, à Madrid |
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Cyrus
s’apprête à attaquer le roi d’Assyrie, Crésus… Celui-ci s’adresse à ses
soldats.
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Traduction :
Commentaire :
Ce discours, formé d'un certain nombre de clichés, a probablement servi de source à Salluste pour le discours que Catilina adresse à ses troupes avant l'ultime bataille ; on y trouve à peu près les mêmes éléments :
Mais là où le Grec multiplie les détails concrets, dans un style presque baroque ("les parties du corps qui sont sans yeux, sans armes et sans mains..."), le Romain demeure plus sobre, et plus direct.
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Τῶν μὲν τοίνυν ἄλλων Ἑλλήνων οἱ φάσκοντες κάλλιστα τοὺς υἱεῖς παιδεύειν, ἐπειδὰν τάχιστα αὐτοῖς οἱ
παῖδες τὰ
λεγόμενα ξυνιῶσιν, εὐθὺς μὲν
ἐπ᾽ αὐτοῖς παιδαγωγοὺς θεράποντας ἐφιστᾶσιν, εὐθὺς δὲ
πέμπουσιν εἰς
διδασκάλων μαθησομένους καὶ
γράμματα καὶ
μουσικὴν καὶ
τὰ ἐν παλαίστρᾳ. Πρὸς δὲ
τούτοις τῶν παίδων
πόδας μὲν ὑποδήμασιν
ἁπαλύνουσι, σώματα
δὲ ἱματίων
μεταβολαῖς
διαθρύπτουσι·
σίτου γε μὴν αὐτοῖς
γαστέρα μέτρον
νομίζουσιν. [2.2] ὁ
δὲ Λυκοῦργος, ἀντὶ
μὲν τοῦ ἰδίᾳ
ἕκαστον
παιδαγωγοὺς
δούλους ἐφιστάναι,
ἄνδρα ἐπέστησε
κρατεῖν αὐτῶν ἐξ
ὧνπερ αἱ μέγισται
ἀρχαὶ καθίστανται,
ὃς δὴ καὶ
παιδονόμος
καλεῖται. Τοῦτον
δὲ κύριον ἐποίησε
καὶ ἁθροίζειν
τοὺς παῖδας καὶ
ἐπισκοποῦντα,
εἴ τις ῥαιδιουργοίη,
ἰσχυρῶς κολάζειν.
Ἔδωκε
δ᾽ αὐτῷ καὶ τῶν
ἡβώντων
μαστιγοφόρους,
ὅπως τιμωροῖεν
ὅτε
δέοι· ὥστε
πολλὴν μὲν αἰδῶ,
πολλὴν δὲ πειθὼ
ἐκεῖ συμπαρεῖναι.
[2.3] Ἀντί
γε μὴν τοῦ ἁπαλύνειν
τοὺς πόδας ὑποδήμασιν
ἔταξεν ἀνυποδησίαι
κρατύνειν[…]. [2.4] Καὶ
ἀντί γε τοῦ ἱματίοις
διαθρύπτεσθαι
ἐνόμιζεν ἑνὶ ἱματίῳ
δι᾽ ἔτους
προσεθίζεσθαι,
νομίζων οὕτως
καὶ πρὸς ψύχη
καὶ πρὸς θάλπη
ἄμεινον ἂν
παρεσκευάσθαι.
[2.5] Σῖτόν
γε μὴν ἔταξε
τοσοῦτον ἔχοντα
συμβολεύειν τὸν
εἴρενα, ὡς ὑπὸ
πλησμονῆς μὲν
μήποτε βαρύνεσθαι,
τοῦ δὲ ἐνδεεστέρως
διάγειν μὴ ἀπείρως
ἔχειν, νομίζων
τοὺς οὕτω
παιδευομένους
μᾶλλον μὲν ἂν
δύνασθαι, εἰ δεήσειεν,
ἀσιτήσαντας ἐπιπονῆσαι,
μᾶλλον δ᾽ ἄν, εἰ
παραγγελθείη, ἀπὸ
τοῦ αὐτοῦ σίτου
πλείω χρόνον ἐπιταθῆναι.
[...] [2.6] Ὡς
δὲ μὴ ὑπὸ λιμοῦ
ἄγαν αὖ πιέζοιντο,
ἀπραγμόνως μὲν
αὐτοῖς οὐκ ἔδωκε
λαμβάνειν ὧν ἂν
προσδέωνται,
κλέπτειν δ᾽ ἐφῆκεν
ἔστιν ἃ τῷ λιμῷ
ἐπικουροῦντας.
[2.7] Καὶ
ὡς μὲν οὐκ ἀπορῶν
ὃ τι δοίη ἐφῆκεν
αὐτοῖς γε
μηχανᾶσθαι τὴν
τροφήν, οὐδένα
οἶμαι τοῦτο ἀγνοεῖν·
δῆλον δ᾽ ὅτι τὸν
μέλλοντα
κλωπεύειν καὶ
νυκτὸς ἀγρυπνεῖν
δεῖ καὶ μεθ᾽ ἡμέραν
ἀπατᾶν καὶ ἐνεδρεύειν,
καὶ κατασκόπους
δὲ ἑτοιμάζειν
τὸν μέλλοντά
τι λήψεσθαι. Ταῦτα
οὖν δὴ πάντα
δηλονότι
μηχανικωτέρους
τῶν ἐπιτηδείων
βουλόμενος τοὺς
παῖδας ποιεῖν
καὶ πολεμικωτέρους
οὕτως ἐπαίδευσεν.
[2.8] Εἴποι
δ᾽ ἂν οὖν τις·
τί δῆτα, εἴπερ
τὸ κλέπτειν ἀγαθὸν
ἐνόμιζε, πολλὰς
πληγὰς ἐπέβαλε
τῷ
ἁλισκομένῳ
; ὅτι,
φημὶ ἐγώ, καὶ τἆλλα,
ὅσα ἄνθρωποι
διδάσκουσι,
κολάζουσι τὸν
μὴ καλῶς ὑπηρετοῦντα.
Κἀκεῖνοι
οὖν τοὺς ἁλισκομένους
ὡς κακῶς κλέπτοντας
τιμωροῦνται. Xénophon, La République des Lacédémoniens, II, 1-8
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Ceux
parmi les Grecs, donc, qui prétendent éduquer le mieux leurs fils, dès que
leurs enfants comprennent ce qu’on leur dit, aussitôt ils placent au-dessus
d’eux des serviteurs comme pédagogues, aussitôt ils les envoient chez des
maîtres d’école pour apprendre les lettres, la musique et les jeux de la
palestre. En outre, ils amollissent les pieds de leurs enfants avec des
sandales, et ils rendent leurs corps efféminés en changeant leurs
vêtements ; ils considèrent par ailleurs leur estomac comme la mesure de
leur faim. Lycurgue, lui, au lieu que chacun en privé, attribue [aux enfants]
des esclaves comme pédagogues, institua pour les commander un homme pris parmi
les citoyens que l’on revêt des plus hautes magistratures, qui est appelé le
« pédonome ». Il le rendit maître de rassembler les enfants et, les
surveillant, si l’un d’eux était négligent, de le châtier fortement. Il lui
donna des porteurs de fouet parmi les jeunes gens, afin qu’ils les punissent quand
il le fallait ; de sorte qu’il y ait là beaucoup de respect et beaucoup
d’obéissance. Au lieu d’amollir les pieds avec des sandales, il prescrivit de
les endurcir en allant pieds nus […] et au lieu de les efféminer avec des
vêtements, il établit l’usage qu’ils s’habituent à un seul vêtement tout au
long de l’année, pensant qu’ainsi ils seraient mieux préparés et au froid et à
la chaleur. Il a d’autre part prescrit que l’irène ne distribue qu’une quantité
de nourriture telle qu’ils ne soient jamais alourdis par la satiété, mais
qu’ils ne soient pas sans l’expérience de rester sur leur faim, pensant que des
gens ainsi éduqués seraient davantage capables, s’il en était besoin, de
continuer à peiner sans manger, et qu’ils pourraient davantage, s’ils en
recevaient l’ordre, de tenir plus longtemps sans cette même nourriture […]
Cependant, pour qu’ils ne soient pas trop accablés par la faim, il ne leur
permit pas de prendre sans peine ce dont ils avaient besoin en plus, mais il
leur permit de voler certaines choses pour se défendre contre la faim. Et ce
n’était pas parce qu’il ne savait pas que leur donner qu’il leur permit de se
débrouiller pour se procurer de la nourriture, je pense que personne ne
l’ignore. Il est évident que celui qui va voler doit veiller la nuit, ruser
pendant le jour et se mettre en embuscade, et que celui qui est décidé à
prendre quelque chose dispose des guetteurs. Il leur enseigna tout cela,
évidemment, en voulant les rendre plus aptes à se procurer le nécessaire, et
meilleurs soldats. On pourrait me dire : s’il pensait que voler était
bien, pourquoi a-t-il roué de coups celui qui se faisait prendre ? parce
que, je l’affirme, dans toutes les disciplines que les hommes enseignent, ils
punissent celui qui obéit mal. Et eux punissent ceux qui se font prendre parce
qu’ils sont de mauvais voleurs.