PIEDS-NOIRS
: cette appellation serait due aux indigènes qui se seraient exclamés en voyant les premiers
soldats Français:
"Chouf, Chouf, les pieds
noirs" parce que ceux-ci portaient des bottes noires.
Les premiers
colons Français furent donc appelés "les
pieds noirs", quand aux premiers immigrants venus pour la plupart
d'Espagne ou d'Italie, ils nous appelèrent "
les Roumis"
traduction signifiant en arabe européens.
Ceci, n'est qu'une version parmi tant d'autres.
j'ai découvert celle-ci, et, son historique, Au cours de mon
service militaire.
Ce
sont les vicissitudes et les affres de l'exode, la tristesse, la détresse
et le malheur qui ont fait que ce "ramassis de races"
(appellation du général de gaulle), s'est forgés une identité : Pieds-noirs, mais Français aussi.
Auparavant,
Je n'avais jamais accepté cette appellation. c'est seulement après les
événements de Mai 1968, que j'ai permis avec une certaine fierté que
l'on m'appelle Pieds noirs, car, enfin, je pouvais me rattacher à un territoire, une région
avec une histoire, une culture des
traditions, tout comme les bretons, les corses, les alsaciens, etc. etc.,pouvaient le faire.
Avec fierté, parce que cette identité a su dépasser les clivages de
races et de religions, et même de classes sociales.
Dans les premiers jours de MAI 1958, je me suis heurté au piquet de grève à l'entrée de mon travail, un délégué syndical rapatrié d'Algérie est venu au devant de moi pour me dire que c'était pour nous les rapatriés d'Algérie le seul moyen que nous avions de nous venger de "LA GRANDE ZOHRA".
C'est à partir de ce moment là, que je me suis senti enfin Français, que, j'ai pris conscience que j'appartenais à une communauté avec les mêmes droits et devoirs que les autres Français.
Généralement les Pieds-Noirs se sentirent rejetés à leur arrivée en France. Souvent dépeints comme des colons profiteurs, ils eurent à affronter des invectives, notamment de la Gauche communiste. À l'été 1962, les Pieds-Noirs désespérés et démunis, arrivés sur des bateaux surchargés, furent reçus, à l'initiative des dockers, par des pancartes hostiles (« les Pieds-Noirs à la mer ») à l'entrée du port de Marseille.
Malgré les préventions qu'affichaient certains hommes politiques (comme le maire de Marseille, Gaston Defferre, qui déclarait en juillet 1962 : « Marseille a 150 000 habitants de trop, que les Pieds-Noirs aillent se réadapter ailleurs. ») à l'égard d'une population qu'ils ne connaissaient pas vraiment, qui avait la réputation d'être constituée de colons « faisant suer le burnous », d'être raciste, violente et machiste, et dont la structure socioprofessionnelle ne devait pas faciliter l'intégration dans une économie moderne, les Pieds-Noirs s'adaptèrent rapidement. Ces sombres prévisions ont été démenties par les faits.
En réalité, la vaste majorité des Pieds-noirs appartenaient à la classe ouvrière ou à un prolétariat urbain de petits employés. La population était urbaine à 85 %, composée de petits fonctionnaires, artisans et commerçants, dont le revenu moyen était inférieur de 15 % à celui des Français métropolitains. Le niveau d'instruction dépassait rarement le certificat d'étude primaire. 5 % seulement étaient des agriculteurs propriétaires et les très grandes fortunes se comptaient sur les doigts d'une main.
Pour les immigrants européens, l'Algérie n'a jamais été l'Amérique !

Mon frère Roger avec ses camarades musulmans sur un chantier en Algèrie
Cependant, après l'âpre accueil reçu, les Pieds-Noirs s'intégrèrent rapidement, contribuant à l'essor économique des années 1960. Notamment dans les régions de Provence, et de Languedoc-Roussillon. Des villes auparavant endormies ont connu un coup de fouet économique qui a contribué à leur dynamisme actuel (Montpellier, Perpignan, Nice, et particulièrement Marseille) L'intégration, et on peut dire l'assimilation totale, des Pieds-Noirs a été complète en quelques années