L’ARMEE :

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Le 15 décembre 1958,  j’ai été incorporé à ALGER, Je me souviens qu’à notre arrivée nous avons été réunis dans un immense hangar, triés, et regroupés,les appelés du contingent, les sursitaires, les hommes mariés ou soutiens de famille, les  inscrits maritimes (marins pécheurs ou de la marine marchande), les engagés volontaires et EVDA. 

On nous a demandé de nous signaler si nous savions parler arabe, ceux-ci, pouvant servir dans le 2° BUREAU ,tous étions originaires des différents départements d’ Algérie (européens,Musulmans,juifs ).

 J’ai été affecté au CFM  cap Matifou( Centre de Formation Maritime ) nous avons reçu une formation militaire succincte essentiellement marine durant deux mois (cordages, nœuds, navigation, maniement de la rame etc. etc.) suivie d’une série de vaccinations en tous genres, à la fin des classes les appelés ont eu leurs affectations définitives,( Port d’ORAN Mers el Kebir,Amirauté d’ALGER ),nous étions quatre engagés volontaires et EVDA se destinant à différentes filières de militaires de  carrières.

A la fin des 2 mois de classes, pendant une semaine, les quatre engagés volontaires avons été regroupés, ils nous ont fait remplir un dossier avec nos souhaits d’affectations et avons subi un examen d’orientation (Français Mathématiques), j’ai été reçu 1°, et l’on m’a fait savoir que je pouvais être retenu selon mon vœux : suivre une formation de radariste, .

deux matelots ont opté de servir dans les bureaux de l’amirauté d’Alger, le troisième de servir en qualité de maître d’hôtel au cercle des officiers

Je devais Auparavant avoir un entretien de motivation, simple formalité, avec un officier supérieur.

Mon dossier fut présenté par un jeune sous-lieutenant, un sursitaire, un élève ingénieur d’une grande école française, qui accomplissait son service militaire à l’issue de ses études,celui-ci, fit en ma présence un rapport élogieux sur mes notes et mes capacités,je me tenais là au garde à vous devant le commandant,plein d’espérance à l’idée de pouvoir réaliser mon projet, j’attendais une décision qui devait être selon les dires des sous officiers de mon entourage qu’une simple formalité, j’étais loin d’imaginer la suite.

L’entretien a été très bref :

Le capitaine de frégate feuilleta mon dossier et d’un ton sec me dit :

-         vous vous appelez GARCIA Claude, vous êtes PIED NOIR ? (je ne savais pas ce signifiait cette appellation de Pied noir, j'avais été traité de Bico lorsque j'avais 14 ans mais pieds noir c'était la première fois).

-         vous ne pensiez pas tout de même foutre le camp en France pendant que des Français viennent se battre pour vous ? j’étais abasourdi, atterré par l’aspect diffamatoire de son propos, il n'était question que de maintien de l'ordre pas de guerre.

Je n’aurais jamais pu imaginer cela, pareille hostilité, et véhémence de propos, je n’ai même pas eu le temps de m’exprimer :
- Vous êtes affectés au centre de formation des fusiliers marins. Rompez.

A cet instant, j’ai mesuré le fossé qui me séparait de cette France franchouillarde et coloniale, mon attitude est devenu insolente, j’ai rompu le garde à vous plaçant mes deux mains à l’intérieur sur le devant de mon pantalon,et je suis sorti nonchalamment sans faire le salut,

A la sortie j’ai demandé à mon sous officier.
- pourquoi tant de hargne, il m’a répondu confus :
- je ne sais pas, tu as un bon dossier pourtant, ta tête n’a pas du lui plaire. Très dépité je lui ai dis :

-         la marine nationale n’est pas une unité combattante que je sache?

-         La formation ne dure pas longtemps je serai revenu après.

-         Pourquoi ? qu’ai-je fais pour mériter cela, 


- Heureusement que je ne me suis pas engagé pour 5 ans. la formation de radariste ne dure pas longtemps. Je serais revenu faire mon devoir.

-  je pensais être un Français comme les autres, aujourd’hui je constate que cela n’est pas le cas.

A ce moment là, j’ai eu une pensée pour mon père, qui quelques fois amère, nous disait :

-         Nous sommes considérés comme des Français de deuxième zone et encore… ? quand ça les arrangent.

Pour mon grand père blessé au cours de la bataille du Rif marocain, pour mon arrière grand père mort pour la France au cours de la bataille de Sedan contre les prussiens).

 Voyant mon désarroi, le sous lieutenant confus m’a dit :

-         Je suis désolé, je ne comprend pas, tu n’as pas eu de chance.


- AINSI, mes craintes de ne pas être « un Français à part entière » étaient confirmées.

le 11 février 1959, j’ai été muté avec une dizaine de mes anciens camarades appelés du contingent que j’avais connu au CFM au centre des fusiliers marins sirocco d’Alger.

Nous nous sommes retrouvés isolés et confrontés au milieu hostile de jeunes gens appelés du contingent venus de métropole du CFM HOURTIN en Gironde, contre leurs grés pour participer à un maintien de l’ordre, faire une guerre coloniale qu’ils réprouvaient.

Nous étions à leurs yeux « le symbole du colon assoiffeur » refusant un verre d’eau même à la troupe venu les secourir       ( image de propagande ).

Au début, les heurts et confrontations, les reproches étaient nombreux,
les dissensions étaient grandes, ils nous reprochaient d’être là par notre faute, ce à quoi je répondais que nos parents et arrières grands parents avaient été à plusieurs reprises libérer la France de l’occupant, que nous étions nous aussi victime du système coloniale.
Je n’avais qu’une hâte, lorsque les exercices étaient finis que l’instruction militaire se terminait, c’était de retrouver mes anciens camarades restés au CFM.

Par la suite, le contexte étant devenu moins explosif, des liens de camaraderies se sont noués avec quelques uns qui sont devenus mes amis :

« Bernard originaire de la ville d’Angers, Guy Laffite de la région parisienne ».

Nous nous sommes organisés en groupe par affinités, les liens ont perduré avec certains tout au long de mon service militaire,et de mon maintien sous les drapeaux. 

Mars 1959, quelques jours après mon vingtième anniversaires, vers deux heures du matin, j’ai été tiré brutalement du lit que j’occupais à l’infirmerie, où, j’étais soigné depuis deux jours pour une bronchite avec plus de 39° de température, pour une destination inconnue.

Après, les préparatifs d’usages, nous avons roulé jusqu’aux premières lueurs de l’aube, sur le lieu, nous avons attendu que le jour se lève, puis, nous avons reçu des consignes et l’ordre d’avancer en ligne, afin de ratisser le bois qui se trouvait en dessous de nous. 

Nous pensions être en exercice,aussi se fût une belle pagaille d’une bleusaille inexpérimentées.

Les termes  de progression en ligne,en tirailleurs, voltigeurs etc. etc. nous étaient inconnu,aussi il nous fallu plus d’une heure pour prendre position.

Aujourd’hui, lorsque je repense à cela, je me dis : 

« quelle inconscience, inaptitude hiérarchique de nous avoir placé dans une telle situation, heureusement que les fellagas se trouvaient ailleurs ».  

Le second maître nous fustigea et révéla à ce moment le but et la mission qui nous avait été confié, il me plaça un peu en retrait comme tireur de FM sans doute parce qu’au stand de tir j’avais été l’un des rares soldats à atteindre la cible.

j’étais fiévreux,fatigué, je ressentais encore plus le poids du sac à dos et du fusil mitrailleur, à un moment donné de notre progression mon pourvoyeur et moi, avons perdu le contact visuel,le terrain était très pentu et accidenté, nous avions encore à l’esprit les propos de nos sous officiers sur les possibles pièges placés par les fellagas.

Soudain un grand silence,plus de bruissement de branches,mon collègue me pressa d’aller plus vite :

-         dépêche toi, ils sont déjà loin, on va se perdre.

-         Non ce n’est pas possible,ils sont devant nous,le second maître, nous a recommandé de rester en retrait.  Passant devant moi il me dit pris de panique.

-         Allez viens vite, courre, et il se mit à dévaler la pente à travers bois, hésitant, je le suivi gêné et encombré par mon FM, sur le trajet, nous n’avons rencontré personne, ce qui m’incita à penser qu’il avait peut être raison, lorsque nous sommes arrivés au bas du vallon dans une zone moins touffue, je lui ai dis essoufflé :

-         Arrête toi un moment je n’en peu plus, puis reprenant mon souffle un instant, mes sens aux aguets, j’ai entendu le bruit de branches cassées à une dizaine de mètres  au dessus de nous, j’ai tout de suite compris que c’était nos copains,j’ai alors crié en direction de mon pourvoyeur.

-         Espèce de con ! tu vois dans quelle situation tu nous as fourré, il faut qu’on se signale sinon ils vont nous flinguer, allez crie avec moi

-         Hé ho, hé ho, nous sommes en bas, ne tirez pas, c’est nous Garcia et D…  ne tirez pas. Le chef vint vers nous, furieux nous passa une sacrée engueulade à laquelle je répondis en expliquant les faits afin de me disculper :

-         C’est ce con de D…, il porte bien son nom, il était pressé d’aller au paradis.

La matinée se déroula sans autres incident,à midi,nous fîmes une pause pour déjeuner,c’est ainsi que je découvris ce que pouvait être une ration de guerre,une boite d’environ 25 cm x 15 x 10  cm, elle contenait des biscuits rances et dures datant probablement de la seconde guerre mondiale et que la marine avait stocké,  je n’ai bu que le petit flacon de gnole et manger la boite de singe(corned-beef) qui s’y trouvait.

Vers 16 heures, on nous demanda de grimper le versant de la colline,

-         Allez les gars on remonte, des camions nous attendent pour nous conduire ailleurs , pressons, pressons, nous devons reformer le bouclage. C’est au cours de cette ascension que je me suis évanoui , lorsque j’ai repris connaissance, j’ai été étonné de voir à mon coté un lieutenant médecin militaire de l’armée de terre, à ce moment là, j’ai compris le sérieux de notre engagement, celui-ci m’a demandé.

-         Alors ça va?, qu’est-ce qui vous arrive?,vous êtes brûlant de fièvre je lui expliquais que l’on m’avait fait sortir de l’infirmerie, il s’adressa à mon second maître pour lui dire furieux :

-         C’est inadmissible, c’est honteux, je ferai à notre retour un rapport, aidez le, faites porter son arme et son paquetage jusqu’aux camions. 

Péniblement, je suis parvenu jusqu’à la route et me suis hissé dans l’un d’entre eux.

Nous avons roulé je ne me souviens plus combien de temps, à un moment donné nous avons dû prendre un chemin de terre, car, les véhicules tanguaient fortement, durant le trajet j’entendis les copains dire :

-      Les fellous ont forcé un barrage de soldats pour chercher de l’aide dans l’autre vallée, ils ont tué 5 biffins et un sergent, AMIROUCHE avec 50 de ses hommes est coincé dans une grotte. 

Toute la journée, durant l'opération, des rumeurs circulaient sur ce que je pensais être imaginaire, fantaisiste, parce que émanent de collègues assez blagueurs,(quelqu’un aurait sauté en frappant du pied dans une boite de biscuit métallique piégée, un autre tué à bout portant par un rebelle jaillissant d’une cache). 

A demi inconscient, septique, j’écoutais sans trop y croire.

Au crépuscule nous sommes parvenu à destination, le chef nous a placé dans un fossé tout le long du chemin de crête en nous disant :

-         attention les gars, ne tirez qu’après avoir fait les sommations d’usages et de répéter

-         Halte là, halte la, halte là, 3 fois, demandez le mot de passe et n’ouvrez le feu qu’après si vous n’avez pas de réponse, ce sont nos camarades qui se trouvent la dessous, puis murmurant dit :

-          le mot de passe est ...... faites passer.

Dans les dernières lueurs du jours un avion tel un rapace sur sa proie larguait ses bombes sur l’ennemi, c’était impressionnant, la nuit tomba vite, vinrent alors les fusées éclairantes.

J’étais allongé par terre sous un buisson, grelottant de froid et de fièvre, j’avais mes mains crispé sur mon FM, écarquillant mes yeux dans l’obscurité trouée par moment par de faibles halos de lumière, il me semblait voir des ombres furtives passer, mais dans le doute je questionnais mes voisins :

-         tu vois là, devant, on dirait que quelque chose bouge ?

-         non je ne vois rien me répondit l’un.

-         Qu’est-ce que je fais ?

-         Appelle le chef me dit l’autre. je n’osais pas le déranger pensant que c’était mon état de santé, la fièvre, qui me faisait des tours, j’attendis que cela se reproduise. 

Une grande partie de la nuit s’écoula ainsi, quelqu’un murmura :

-         Les commandos sont en ce moment au corps à corps. 

Les lueurs s’espacèrent, puis cessèrent. Il y eu une grande agitation, et, des ordres retentir :

-         c’est fini on rembarque, allez ,grouillez-vous , tous aux camions.

Pendant le retour,chacun allait de son histoire :

-         Il parait que ceci, cela,.....ils n’ont pas fait de prisonniers, ils ont gardé juste un jeune de 14 ans pour le faire parler.

-         Devinez ce que celui-ci portait autour de son cou ? dit l’un en poursuivant : les c.......  d’un homme rembourré de paille,ça puait la charogne. Je m’endormi épuisé,terrassais par la fièvre. J’ai vaguement souvenance de notre arrivée et du temps qui s’est écoulé,par instant j’entendais mes copains dire

-         Ne faîtes pas de bruit, il est malade.

 j’ai repris conscience quelques temps après, j’étais seul dans la grande chambrée, mes camarades étaient à l’exercice,à leurs retour, mon cercle d’amis s’approcha content de me voir rétabli,et, me dirent en plaisantant :

-         Alors Claude on dirait que ça va mieux ! Veinard, tu as fais la grasse matinée pendant que nous nous sommes cassé le c.. .L’après midi,j’ai repris les activités en salle de cours.                             

 J'avais pris l’habitude de revoir mes copains qui étaient restés au CFM, c’était une sorte de « no man’s land » entre les deux unités.
J’étais en compagnie de deux musulmans algérois et de mon ami Ali l’oranais qui avait entrepris de m’enseigner l’Arabe par ce que disait-il je n’avais pas honte étant natif d’Algérie de ne pas le parler, lorsque soudain une bande d’énergumènes gesticulants sautant s’est dirigés vers nous en criant :
 -  On a tué Amirouche, on a tué amirouche, la radio vient de dire que son corps est actuellement promené dans toute la Kabylie.

J’ai vu mes camarades musulmans blêmir, les deux algérois ont immédiatement tourné les talons et se sont dirigé vers leurs baraquements, probablement pour écouter les informations. Je suis resté avec Ali, celui-ci paraissait triste et murmurait en hochant la tête :
- ça c’est pas bien, c’est pas bien. Je ne sais pas pourquoi à ce moment là j’étais triste aussi, il continua :
- c’est un soldat, et on ne doit pas faire cela avec le corps d’un combattant, la religion musulmane l’interdit. je lui ai répondu confus et désolé :
- Tu as raison, c’est une humiliation que l’armée française n’aurait pas dû faire subir au chef de guerre de la willaya la plus importante d’Algérie.
- Il y a un minimum de considération et de respect poursuivis-je.

Nous nous sommes quittés, et je n’ai plus revu par la suite mon ami ALI .


Ce jour là, la France avait gagné une importante bataille dans le Djebel, mais perdu beaucoup de cœurs en Algérie.

Le stage de formation de fusilier marin s’est terminé sans ardeur ni zèle de ma part.

Le dernier jours, une cérémonie a été organisé, nous avons été réunis dans la cour de notre cantonnement, un officier supérieur après nous avoir félicité, nous a dit :

- « qu’à la demande de l’état major des armées, la Marine Nationale avait décidait de reconstituer en deux demi bataillon le prestigieux  bataillon de fusiliers marins qui s’était illustré au cours du débarquement de Normandie pendant la seconde guerre mondiale », que seul le premier demi bataillon aurait le droit au port de la fourragère.

Un historique sur l’honneur de ce port nous a été fait par un autre officier,puis a suivi l’appellation d’une longue liste de noms de matelots qui serviraient dans celui-ci, et enfin nos destinations.

Le 1° demi bataillon serait affecté à Marnia situé à l’Ouest sur la frontière Marocaine, l’autre demi bataillon, dont je faisais parti, nous serions acheminés vers la compagnie de garde de Philippe ville dans l’Est algérien.

J’ai été affecté le 1/04/1959 à la compagnie de garde de philippeville - massif de colo. bougaroni.

 

              

COMPAGNIE DE GARDE PHILIPPEVILLE :

Avril 1959, Notre détachement avait pour mission de protéger l’enceinte du port de Philippeville, ainsi que de la sécurité du phare de Bougaroni et du sémaphore du massif de colo. En Kabylie.

A notre arrivée, Nous avons été logé dans un grand hangar sur le port.

Les différentes missions devaient s’effectuer par roulement de deux mois.

Notre compagnie a été reparti sur différents points de gardes, aux entrées du port et sur des sites réputés à risques, comme le parc à bestiaux, le réservoir d’eau, mais aussi dans des corvées d’entretiens, de nettoyages à la base des LCM. 

                           

                                      Philippeville le port

Nous n’étions que deux oranais pour une cinquantaine de métropolitains (des patos) dans l’ensemble de braves garçons avec lesquels nous avions de bonnes relations,mais dont les mœurs différentes des nôtres, nous choquaient parfois (ils se querellaient pour obtenir mon quart de vins rouge).

Une de ces corvées me paraissait complètement stupide et inutile, elle consistait à construire un mur de pierres, à le démolir, puis, à le reconstruire, cela en plein soleil.

Depuis quelques jours, j’étais occupé sur le mur en construction situé en plein milieu de la cour, Il y avait longtemps que le chef de mur,maçon dans le civil ne nous montrait plus son savoir faire,il nous disait :

-         Faites comme moi, faites semblant de faire ceci, ou de faire cela, moi j’attends la quille. Il mettait une pierre sur le tas et en jetait deux, et de rajouter :

-         En un mois j’ai construis à peine 50 cms de ce mur, que l’on me demandera à chaque relève de section de détruire.

 Je ne supportais plus les incartades de certains ivrognes qui n’hésitaient pas à voler des caisses de bières pour s’enivrer,dans des containers sur les quai du port,cela, sans que les chefs ne leurs disent rien,je ne supportais plus l’attitude des anciens à notre égard, je n’avais pas de respect pour certains gradés alcooliques, bref j’étais révoltés par tout cela, ainsi que par le fait de me dire:

- « je pourrai en ce moment être en formation à l’école de Rochefort au lieu de faire le c.. ».

Un matin, nous étions là à nous morfondre lorsque mon copain Bernard d’Angers vint me demander de l’aider à charger les provisions dans le LCM à destination du phare de Bougaroni,(ravitaillement possible uniquement par mer).               

A mon retour, mon chef de section qui passait son temps au bar du mess des sous officiers m’engueula malgré l’utilité de ce que je venais d'accomplir, et alla se plaindre auprès du Maître d’armes qui me convoqua dans son bureau, une baraque en bois d’environ deux mètres par deux mètres.

Nous étions en été,et il faisait très chaud malgré les fenêtres ouvertes. Torse nu il s’avança vers moi en roulant les pectoraux

-         alors matelot me dit-il, en essayant de me coincer dans un angle de la pièce.

-         vous faites du mauvais esprit ? vous êtes une forte tête ? j’en ai maté bien d’autres que vous. 

Nous savions que le Maître d’armes Zimmermann, un Alsacien, avait été champion de boxe inter armée dans la catégorie poids lourd.  Il était impressionnant, avec ses 1m90 et sa puissante musculature, mais nullement intimidé, m’esquivant je lui ai dis le bien fondé de ce que j’avais accompli, l’inutilité de ce que j’étais en train de faire, ainsi que ma volonté d’être changé de corvée.

-         Bon dit-il, je vais vous mettre à l’épreuve,on va voir si vous êtes un homme de parole, venez suivez moi, il me conduisit vers une vieille gazinière toute graisseuse

-         Voila, votre tâche sera de remettre en état cette gazinière, je verrai alors, si je peux vous croire, vous faire confiance, vous demanderez au quartier maître mécanicien qu’il vous prête l’outillage nécessaire. 

La tache était ardue mais motivante par rapport à l'inutilité du travail précédent, et surtout pas de chef ivrogne sur le dos.

Je travaillais durement, il y avait au moins 2 cms de gras. Chaque jour qui s’écoulait au grand étonnement du Maître d’armes m’apportait une certaine satisfaction pour la besogne accomplie, puis vinrent de sa part les encouragements ainsi que ceux de mes amis.

Une semaine après la gazinière( batterie de cuisine de 2 m environ de long) était comme neuve,dégraissée,décapée, remise en état de fonctionner.  

LES SUPPLETIFS :

Comme promis, je fus changé de section, et transféré dans celle du second Maître K.... un autre Alsacien, qui venait de créé un groupe d’intervention, afin de sécuriser le port de Philippeville, nous faisions des patrouilles et embuscades de jours comme de nuits sur les hauteurs du village de stora, vers la plage de jeanne d’arc etc. 

Nous avions avec nous une vingtaine de jeunes supplétifs, anciens fellagas repentis, dont certains avaient été enrôlés de force contre leurs grés par les troupes de la rébellion, et, qui à l’occasion d’une opération avaient ralliés les forces Françaises.

Ils venaient d’être logés et groupés par sécurité, surtout par méfiance au dernier niveau du hangar qui nous servait de dortoir.

L'un d'ente eux me confia :

-  je devais avoir à peine douze ans lorsque les fellagas m'ont enlevé de force dans mon douar, je leurs servais de guetteur, j'étais utilisé comme berger, j'avais quatre ou cinq chèvres et moutons.

Le soir nous nous retrouvions tous dans nos quartier avant l’extinction des feux certains nous raconter les nouvelles du pays, de leurs parents, de leurs fiancée,d’autres avaient trouvé le moyen de s’enivrer ce qui provoquait parfois des bagarres, entre eux.

Il y avait cinq ou six voyous qui s’étaient groupés en bande.

Souvent ils s’en prenaient à un gentil garçon un peu alcoolo, un dénommé Duval marinier sur la seine dans le civil, un jour j’ai pris sa défense verbalement, car, je ne supportais plus le tabassage en règle qu’il subissait, le nez en sang,les pommettes des joues tuméfiées :

-         Je n’ai pas peur d’eux disait-il, hargneux, je sais me défendre, je me suis souvent battu au cours de virée entre mariniers, mêmes, s’il sont nombreux qu’ils viennent. En disant cela il avait l’air tellement pitoyable, que j’ai pris cela pour un appel au secours et je suis intervenu.

-         Çà suffit laissez le tranquille, à cinq contre un c’est facile. 

Les voyous ont grognés,mais devant la désapprobation générale il n’ont pas osé poursuivre.  

Quelques temps après, ce fut à notre compagnie d’assurer la relève de tour de garde au phare de Bougaroni ainsi que celle du sémaphore de colo.

     

Le phare et le sémaphore se situaient en plein massif de la Kabylie sur la falaise en bordure de mer. De l’autre coté de la montagne se trouvait, disait-on, un hôpital, centre de repos de 5.000 rebelles,l’armée ne se risquant pas dans ces forets de chênes lièges, cette non intervention nous assurait une certaine tranquillité.  

Au dessus du phare, sur un piton, la marine avait construit une tour fortifiée en béton d’une dizaine de mètres de hauteur, afin d’assurer la protection de celui-ci ainsi que, la surveillance du littoral.

Par rotation d’une dizaine de matelots nous assurions cette vigie.

Nous étions au sommet de la tour le soir du 14 juillet, vers minuit, certains étaient pas mal éméchés, l’un d’entre eux dit :

-         eh ! les gars si on faisait un feux d’artifice, on chargerait nos fusils et la mitrailleuse avec des balles traçantes en tirant tous en l’air en même temps ça ressemblerait à un vrai :

-         HOuai, houai, les autres se mirent a tirer, après le spectacle ils allèrent se coucher ivre mort, une fusillade éclata dans notre direction c’était les fellagas qui pensant qu’on les attaquaient, ripostèrent, nous n’étions plus que trois valides,le chef de poste était saoul et dormait à point fermé, nous décidâmes d’attendre que cela cesse avant de réagir. Quelques instant après, Ce fut terminé.

Le lendemain matin,le second maître nous interrogea,il entrepris de faire une patrouille de reconnaissance du secteur jusqu’au petit marabout(sorte de tombeau, sépulture musulmane) qui se trouvait à environ 100 mètres de la tour. A son retour, Il conclua :  

-  Vous l’avez échappé belle, les fellous sont arrivé jusqu’ici   

Ils nous sermonna sans distinction, le chef de poste fut mis aux arrêts.

Notre camp de base se situait dans l’enceinte du phare,une fois par semaine nous étions approvisionnés par mer, par LCM.

La bande de voyous se distinguaient toujours,à l’occasion d’un déchargement hebdomadaire du LCM, ils s’emparèrent d’un Gerrigan rempli d’une affreuse piquette ,et se mirent à boire ce vin chauffé par le soleil durant son transport.  

Depuis mon intervention pour la défense de Duval, ils cherchaient les occasions de me provoquer indirectement par l’intermédiaire d’un de leurs potes nommé G….n originaire d’Orléans, celui-ci était petit et fluet, ce qui aurait pu être un bon motif pour me tomber dessus.

J’ai été prévenu de ce traquenard par Gérard Sebban de Tiaret, un copain qui les avaient entendu comploter,aussi,comme l’on dit un homme averti en vaut deux, j’esquivais ces querelles,mais cela devenait insupportable,et je savais qu’en cas de coups durs je ne pouvais compter sur personne d’autre. 

Notre chef devina-t-il,ou avait-il été informé de cette situation, quelques temps après, il demanda à G….n et moi de nous rendre à pied jusqu’au sémaphore distant d’environ dix KMs, afin de porté un pli urgent.

Le fusil à la bretelle nous avancions sur le sentier qui nous menait vers celui-ci, j’ai attendu que l’on soit à mi chemin,et, soudain m’arrêtant,posant le fusil sur le coté du sentier, j’ai dis :

-         dis G….n tu ne voulais pas te battre, me casser la gueule ces derniers temps quand tu étais avec ta bande, alors viens, on va voir si tu es aussi fort maintenant que nous sommes seuls. Il se mit a bègailler :

-         Non,non c’était pour plaisanter.  

-         Ah ! oui pour plaisanter,maintenant c’est à moi de m’amuser,je reste ici, part sans moi,et,je m’assis sur le talus. Il fit quelques mètres puis revint.

-         Fais pas le con Garcia,dit-il suppliant,viens on va se faire descendre par les fellagas.

-         Non je reste ici,débrouille toi. Il revint ainsi deux ou trois fois,me tirant par la manche de la veste,je voyais la peur panique l’envahir, et, cela me réjouissait, vengeant ainsi toutes les humiliations que j’avais du subir.

-         Viens la nuit va tomber, nous avons encore du chemin à faire. Je fis quelques mètres en traînant le pas, faisant mine de m’en foutre pas mal, nous sommes arrivé à la hauteur d’un jeune berger agé d’une dizaine d’année qui faisait paître ses chèvre,il nous salua d’un geste de la main, soudain une chèvre sauta sur le sentier,G….n détala fit une dizaine de mètres, se ravisa, et revint se mettre à coté de moi.

-         Viens ,viens ne me laisse pas seul, avance. Je pouffais de rire et lui dit méchamment l’air sombre :

-         Tes copains et toi vous faites les fort lorsque vous êtes en groupe, mais là, tu ne fais plus le mariole,alors,écoute moi bien tu diras à tes potes de se tenir tranquille sans cela dans une autre occasion comme celle-ci je les descends. 

La plaisanterie ayant assez durée, je décidais d’avancer lentement sans me presser. Nous somme ainsi parvenue au bout de notre périple, à un détour du sentier nous avons aperçu le poste de garde du sémaphore, alors mon valeureux collègue s’est mis à courir, passant sans s’arrêter devant les sentinelles étonnées qui attendait notre arrivée,lorsque je suis arrivé à leurs hauteur ils m’ont dit.

-         Qu’est ce qui lui arrive

-         Rien,rien il a mal au ventre. Je n’ai  jamais plus eu à faire avec lui, quand à la bande de voyous, elle se fit plus discrète à mon égard.   

La relève vint et ce fut notre tour de rester en cantonnement sur le port.

Le vendredi  soir nous avions quartier libre, j’avais sympathisé avec un matelot originaire de stora, un joli petit village de pêcheur situé à environ 10 kms de Philippeville, c’est sur la place de celui-ci que j’ai dégusté mes premières merguez.

A chaque permission nous nous trouvions mêlé à des bagarres entre Bijar-boys et la légion étrangère celle-ci inférieure en nombre faisait souvent appel à nous.

-         A nous la marine. Je ne sais pas pourquoi ils nous estimaient, probablement parce que nous n’étions pas des rouleurs de mécaniques. Lassé par cette situation mon copain de stora me dit:

-         on m’a prêté un local à l’arrière du cinéma,fais venir tes affaires civiles comme ça on sera tranquille. j'écrivis à ma mère de me faire parvenir mon habit du Dimanche et ainsi nous avons pu circuler en toute quiétude et fréquenter des Bars plus calmes à fréquentations locales.  

Un jour, alors que j’étais de garde à l’entrée Est du port,j’ai été témoin d’une des innombrables forfaitures de la bande de voyous.

Il y avait souvent traînant dans la rue qui longeait le port vers les entrées gardées, une pauvre hères fadasse en guenilles, d’origine arabe, qui venait mendier,je ne sais pas comment elle avait pu faire pour entrer,ou si quelqu’un l’avait sciemment faite passer par un autre endroit.

J’étais de faction, lorsque,j’ai entendu des rires et des cris en provenance de la cour  du baraquement qui nous servais de poste de garde situé à environ 10 MTS plus bas à l’intérieur du port, c’était eux les voyous qui arrosaient avec le jet d’eau cette pauvresse, celle-ci, riait et criait en dansant, mais les choses n’en restèrent pas là évidemment,ils voulurent abuser d’elle,et l’entraînèrent à l’intérieur du baraquement. Mon tour de garde se terminait,le copain de relève m’informa alarmé de la situation.

-         Ce sont toujours les mêmes qui font les c… FENOUIL  les en empêchent, mais ils sont trop nombreux il ne pourra pas les contenir longtemps,ils sont bourrés et ça risque de dégénérer ( FENOUIL était arabe). Le Chibani (le vieux en arabe) c’était le gardien civil chargé de contrôler les autorisations de passer le jour, et que nous assistions ( La nuit toute les entrées été fermées et gardées,) il me dit :

-         Je la connais elle vient toujours demander à manger,c’est une pauvre folle sans famille,puis de rajouter tristement :

-         comme si son malheur ne lui suffisait pas ...

Une fois arrivé dans le baraquement,j’ai vu trois gars qui ceinturaient Fenouil tandis que deux autres maintenaient la fille qui se débattait à terre.

-  Tenez la bien, je passe le premier dit celui qui dirigeait habituellement la bande.

Je me suis rué vers lui et l’ai plaqué au sol.

-         Salaud lui criais-je en le maîtrisant. Pastachouta,le second maître alerté par un camarade survint et nous sépara,lâchement il leurs dit :

-         Ça suffit les gars, avec la chaleur qu’il fait, vous ne préférez pas boire une bonne bière, j’ai un casier dans ma piole, cela, eu pour effet de les dissuader d’accomplir leur vilénie.

Le lendemain, j’ai repris ma faction. Le Chibani avec lequel j’avais sympathisé me demanda :

-         Tu es d’où ?

-         Oran lui dis je en arabe.

-         Ah, j’y savais bien s’exclama-t-il satisfait.

 Sept 1959 , Quatre mois plus tard,notre compagnie a reçu l’ordre de faire route vers Thierville, prés de Mascara dans le sud ouest d’ Oran pour assurer la protection de la base d’aviation.

 Dans le train qui nous conduisait vers Constantine, puis vers Alger, une altercation suivi d’un pugilat m’a opposé encore au chef de la bande.(un coup de poing m’a atteint au visage auquel j’ai ripostais par un coup de boule avant que les collègues nous séparent).

Nous avons fait nuit à Constantine au camp fraye, puis ensuite l’Amirauté d’Alger,avant d’être dirigé vers ………:

 Thierville-Mascara

 Missions classiques de protections et de sécurités (tours de gardes, patrouilles, embuscades, opérations de ratissages etc.etc.).

    

Sept 1959 , Quatre mois plus tard, notre compagnie a reçu l’ordre de faire route vers Thierville, prés de Mascara dans le sud ouest d’ Oran.          

Quelques mois plus tard le 1/09/1959, j’étais à ce moment là dans la région de Mascara Thiersville.

Quelques jours plus tard, au petit matin, nous avons été convoyé vers un douar à la recherche de fellagas. à notre arrivée nous avons rassemblé tous les hommes à
 l’entrée du douar, les ordres étaient de fouiller toute les maisons à la recherche de caches d’armes. je me suis retrouvé avec quelques collègues à l’intérieur de l’une d’elle, c’était une grande pièce, dans la pénombre nous avons distingué au fond à droite assises par terre sur un grand tapis un groupe de femmes serrées les unes contre les autres, à notre vue elles se sont mise à gémir en balançant légèrement leurs bustes d’avant en arrière.

Nous avons commencé à fouiller cette grande pièce au sol de terre battue, il y avait sur la gauche une sorte d’âtre avec quelques ustensiles de cuisine en terre cuite ( Kanoun, cruches, marmites), nous avons fouillé le tas de bois et de brindilles qui s’y trouvait, mais apparemment rien de suspect, alors, trois de mes camarades se sont par jeux mis à cassé tout.
- Tiens regarde dit l’un, il y a peut être là dedans un fellagas, puis, donnant un grand coup de pied dans une marmite la projeta à quelques mètres de là, les autres cassèrent tout ce qui pouvait l’être.
- Nous nous sommes ainsi approché du groupe de femmes qui formaient un cercle de protection autour d’une fille vêtue de blanc, que nous venions juste de remarquer.
- Eh ! les copains, vous avez vu la jeune, si on se la faisait ?dit l’un d’entre eux.
- Ouais, ouais, allons y dirent les autres, ils se mirent à tirer les femmes qui leurs faisaient barrage, afin, d’atteindre la plus jeune, elles se mirent à crier et à pleurer, je ne savais pas quoi faire ? comment les arrêter, ils étaient armés, timidement d’un air conciliant je leurs ai dis :
- Faîtes pas les cons les gars, on s’en va, le chef, doit nous attendre
- Fous nous la paix Garcia. Ils étaient sur le point d’atteindre la jeune fille, j’ai dis plus sèchement, ma voix prenant de l’assurance :
- Ça suffit, arrêtez maintenant, voyant qu’il ne m’écoutaient pas j’ai crié
- Halte, halte, en pointant mon fusil dans leur direction,
- halte, ou je tires. Ils se sont retournés incrédules.

La colère et l’indignation ont commencé a m’envahir, j’ai alors actionné très fortement la culasse de mon Mas 51 pour leurs faire comprendre que cette fois ci, c’était sérieux, et, avec le bout du canon j’ai piqué celui qui se trouvait prés de moi.

J’étais décidé à aller jusqu’au bout, les mâchoires crispées le regard haineux j’ai ajouté:
- Est ce que vous auriez aimé que pendant la guerre les SS rentrent chez vous, cassent tout et violent vos femmes , vos filles ? alors bande de salauds c’est ce que vous êtes en train de faire ?
- Sortez, joignant le geste à la parole je leur ai indiqué avec mon fusil la direction à suivre, ils se sont exécutés craintifs, d’abord lentement, prudemment, afin, de ne pas me provoquer, puis lorsqu’ils sont parvenu près de la porte ils se sont rués à l’extérieur en criant à qui voulait les entendre:
- Garcia a voulu nous tuer.

Le second maître se trouvait à deux mètres environ, il m’a regardé, je l’ai fixé dans les yeux déterminé prêt à agir, le fusil pointé sur les voyous, le doigt sur la gâchette, les autres sortant des maisons sont arrivés vers nous, j’ai crié plutôt que parlé afin que tout le monde m’entende :
- Ces salauds ont tout cassé à l’intérieur, ils ont voulu violer une jeune fille, j’ai dû les mettre en joue pour les faire sortir. Certains ont approuvé mon attitude en disant
- Tu as bien fais.
- Le second maître a eu un instant d’hésitation, puis a dit en tournant les talons
- Tous aux camions ont part, ce que se sont empressés de faire la bande de voyous.
- Des copains parmi lesquels il y avait Molina de Sidi Bel Abbés, Bernard d’Angers, Guy Laffite de la région parisienne se sont approchés de moi pour me réconforter, car, après coup j’avais les guiboles qui flageolées.
- Nous marchions ensembles vers les camions qui nous attendaient à la sortie du douar, alors que nous passions prés du groupe des hommes que nous avions groupé là, un chiot berger allemand s’est échappé des bras de l’un d’entre eux, il est venu vers nous pour nous faire des fêtes. Il était mignon ,il avait à peine 2 ou 3 mois, nous nous le passions de l’un à l’autre pour le caresser, puis je me suis dirigé avec lui vers son maître, afin de le lui restituer, en arrivant je leurs ai dis
- Salam, Bonjour, ils ont tous répondu à mon salut. J’ai remis le chiot à son maître, alors, celui qui se trouvait à coté a pris le chiot me l’a tendu en disant :
- Tiens ji ti li donne, toi tu n’es pas comme les autres. 

Je le regardais étonné, à son maintien je voyais bien qu’il devait être le chef. Je refusais mais il insista :
- Tiens tiens, c’est pour toi, et il a poursuivit :
- Tu sais la nuit se sont les fellagas qui viennent nous battre, nous prennent tout.
- Le jour c’est vous qui venaient tout casser, alors, qu’est ce que ti veux que l’on fasse, puis levant les yeux au ciel avec un geste de la main dit :
- Inch Alla.
J’étais navré de la situation qu’il venait de me décrire mais heureux d’avoir pu modestement agir. Il continua :
- Tu sais, j’ai moi aussi combattu pour la France.

Il y a eu tellement d’hommes de ce pays musulmans et Roumis qui s’étaient battus au cours des différents conflits pour la France, que je n’étais nullement surpris par cette affirmation. Il a poursuivi en écartant un pan de sa djellaba sous laquelle il portait une vieille veste grise :
- Rigarde, il y avait sur le coté gauche au moins quatre ou cinq rangs de décorations. Je me suis alors tourné vers mes collègues pour leurs dires fièrement comme si cela concernait quelqu’un de proche :
- Vous avez vu les gars ? la batterie de décorations qu’il a ? Les copains étaient Admiratifs.
On nous a appelé, les camions avaient mis leurs moteurs a tourner, nous avions le petit chien berger allemand dans nos bras, chacun faisait son projet :
- ça sera notre mascotte, on l’appellera, etc. etc. je me suis retourné j’ai vu que son propriétaire avait l’air triste, je suis retourné et lui ai rendu en disant :
- Il ne sera pas heureux avec nous, puis, je leurs ai dis au revoir avant de courir vers les véhicules qui commençaient à s’ébranler.

Longtemps, ils nous ont fait signe de la main jusqu à ce que nous soyons hors de vue.
- Arrivé au camps une altercation m’a opposé à ce groupe de voyous :
- Les pieds noirs ceci, cela, vous êtes des esclavagistes heureusement que nous sommes là pour vous défendre etc.etc.

On prétend que le cri de la colère c’est celui du cœur, je me suis exclamé furieux :
-
- « Foutez le camps bande de salauds , les arabes et nous, avons toujours vécu ensemble, on finira bien par s’entendre, c’est la France qui a créé la violence et la haine, d’ailleurs, si j’avais été musulman, aujourd’hui je serais là dehors à vous combattre.
- la seule différence entre eux et moi c’est que moi je ne m’en serais pas pris à la population civile mais à vous l’armée française, partez laissez nous »

( lorsque, j'ai tenu ces propos je ne connaissais pas les événement de Sétif en 1945).

Un grand silence régna pendant quelques instants, soudain, une voix s’éleva teintée de reproches, c’était celle de mon ami BERNARD d’Angers :
- Oh ! Claude je ne peux pas te laisser dire cela, la France est notre mère patrie à tous, la France c’est le pays des droits de l’homme et du citoyen, la France….ce fut une tirade d’exaltations patriotiques, j’ai compris que je venais de blesser l’ami qui ne le méritait pas, un peu confus je lui ai dis :
- Excuse moi, ce n’est pas pour toi, ni pour vous mes copains que j’ai dis cela, c’est pour cette bande de voyous malfaisants.

    

RAS le bol :


Je n’ai jamais été interrogé sur l’incident du douar, les voyous n’ont jamais été inquiétés, je suis persuadé que le second maître n’a fait aucun rapport.

Molina et moi étions en faction à l’intérieur du camps sur un lieu, où, il n’y avait jamais eu auparavant de garde. Un camion freina à notre hauteur, le chauffeur et son passager se penchèrent et m’interpellèrent j’ai reconnu un ancien quartier maître du CFM d’Alger, originaire de Carcassonne, qui travaillait au mess de la base.
- Salut Garcia, qu’est ce que tu fais là ? tu viens avec nous ? je vais faire des provisions à la B.A.N (Base Aéro Naval) de Lartigues, j’ai besoin d’un coup de main.
- Non je ne peux pas, je suis de garde, ça fait déjà plus de deux heures et j’attends la relève
- Il n’y a rien à garder ici, me dit-il ironiquement, si ça se trouve ils ne se souviennent même plus que tu es là, allez viens, monte, on aura fait l’aller et retour sans que le chef s’en aperçoive, comme j’étais réticent il a poursuivi :
- je le connais, je lui dirais que j’avais besoin de toi, il ne dira rien, donne ton arme à ton collègue. 

Il était très persuasif, mais ce qui me décida ce fut l’apparition à l’arrière du camion de deux permissionnaires en tenue de sortie, c’étaient des anciens camarades de Philippe ville affectés à un autre endroit dans le camp, l’un était métropolitain l’autre d’Alger.
- C’est ma troisième permission dit l’un,
- Moi ma cinquième répondit en écho l’autre. Irrité, j’ai répondu
- Mince alors, j’ai la même ancienneté que vous et je n’ai pas encore eu de permission, ça ne va plus.
- Tu te démerde mal, me dirent-ils nargueurs. J’ai dis à Molina en lui tendant mon fusil :
- Je pars, tu diras au chef que je suis allé aider le quartier maître.
- Fais pas l’idiot Claude me dit-il, ne l’écoutant pas, j’ai grimpé à l’arrière du camion et nous avons roulé sans problème.


Arrivé à la BAN Lartigues, le camion, s’est garé à l’arrière d'un bâtiment, les permissionnaires ont pris congé de nous, se sont dirigés vers le car qui était stationné de l’autre coté de la route. Le quartier maître, nous a dit :
- Attendez moi là les gars, j’ en ai pas pour longtemps.

Nous nous sommes approché vers une petite porte qui donnait sur la cuisine du restaurent, à notre vue le cuistot nous a dit :
- Eh les gars, je suis à la bourre, si vous me donnez un coup de mains à éplucher les patates, vous pourrez boire à volonté et manger ce que vous voudrez.
- Qu’est ce qu’il y a à manger dit mon camarade :
- Jambon beurre, œufs sur le plat, steak au choix.
- OK on arrive.
La corvée finit nous avons eu le droit à deux oeufs sur le plat ainsi qu’un bon steak.

Le quartier maître nous appela pour charger le camion. Il devait être prés de 12 heures lorsque nous avons fait route pour Mascara Thierville( Le car des permissionnaires venait de partir ).
A peine sortie de la base, on en revint à parler permission, après quelques mètres, excédé, j’ai dis :
- Stop, Arrêtez vous, je descends, je m’octroi une permission, je suis à 15 kms de chez moi.

Le camion s’arrêta et je pris congé de mes camarades éberlués par ma soudaine décision.

Je me suis mis à marcher rapidement en direction d’Oran, il faisait chaud ce jour là, il n’y avait pas un arbre bordant la route, pas une seule voiture, pas âmes qui vivent, j’ai parcouru ainsi 10kms avant de parvenir à la hauteur de la ferme où habitait Profumo l’un de mes anciens camarades du collège Notre Dame de France.

Pour parvenir chez moi je devais traverser un quartier arabe, puis le quartier de Boulanger, Choupot et enfin Cuvelier, le secteur était réputé pour son insécurité par ce que de nombreux attentats avaient eu lieu, aussi je traversais le quartier arabe à marche forcée, celui-ci, à cette heure ci était désert, seul un enfant jouait devant un café maure, à l’intérieur deux hommes surpris de voir passer un marin (treillis vert bouteille et bâchis)
- Chouf, Chouf (regarde) dit le plus jeune incrédule.  

Je traversais des ruelles étroites à vive allure regardant de tous les cotés en me demandant comment je devais réagir en cas d’agression, voici la cité des lauriers roses puis les premières rues de Choupot, où, j’ai commencé à me sentir en sécurité ; j’ai débouché sur l’avenue principale, quel bonheur de voir enfin de l’animation, des gens qui se rendaient à leurs travails, le trolleybus qui circulait, des passants qui se promenaient ou allaient prendre un café au bistrot. Tout ce monde en me voyant étaient un peu étonnés, j’ai réduis mon allure en appréciant la vie citadine.

J’étais encore un peu essoufflé lorsque j’ai frappé à la porte de chez ma mère, celle-ci vint m’ouvrir, étonnée, elle s’exclama :
- Mon fils, Claude, qu’est ce que tu fais là, quelle surprise, elle me serra fort dans ses bras, rentre, rentre, comme tu as changé, tu as maigri, tu as mangé ?, elle ne me laissait pas répondre tellement elle était heureuse de me revoir. Je lui ai dis simplement :
- Je suis en permission pour quelques jours.
Les jours passèrent à revoir mes anciens copains et amis, ma famille, mes cousins cousines, tous ceux que je n’avais pas revu depuis mon incorporation.
Trois semaines après ma mère commença a s’inquiéter :
- quand est ce que tu retourne reprendre ton service.
- plus tard maman, lorsqu’il y aura un convoi pour Mascara, elle insista tellement que je finis par lui révéler la situation. Elle pris peur en me disant :
- Les gendarmes vont venir te chercher, il faut que tu rejoignes ton unité.

Afin de retarder l’échéance je lui ai dis :
- puisque JO (mon frère aîné) travaille à présent à la BAN Lartigues qu’il demande quand est ce qu’il y aura un convoi?, comme ça, je pourrais partir avec.
Mon frère s’informa discrètement sans résultat, tous les jours ma mère me pressait de régulariser la situation, mais je remettais toujours à demain.

J’appréhendais un peu mon retour à la base, pas d’autres issues ni possibilité aucune autre alternative, alors de guerre las, j’ai fini par me décider.

Vers 8 heures du matin, en uniforme, j’ai refais le chemin inverse faisant un détour pour éviter le village arabe.

Sur la route après la ferme Profumo, une voiture une Simca Aronde de couleur bleu avec le toit blanc s’arrêta brusquement, son conducteur me dit :
- Eh, soldat vous allez où ?
- A Mascara.
- C’est mon chemin, montez.
Alors que j’allais m’installer à l’avant de la voiture il me dit
- Non à l’arrière, attention il y a un fusil.

Il roula à vive allure :
- Je suis venu à Oran pour affaires, et, je dois être de retour chez moi à la ferme avant la nuit, Mascara est sur mon trajet je vous y déposerai.
Il était crispé, nerveux, il me dit :
- Si nous sommes arrêtés par les fellagas je fonce, vous, vous tirez.

J ai essayé de détendre l’atmosphère en lui racontant que j’étais en permission que j’étais cantonné à Thierville.

Je ne savais même pas s’il m’écoutait, le chemin me paru long.

Les lacets de la route serpentaient, défilaient dans les collines arides et dénudées. je devins à mon tours, attentif, anxieux guettant le moindre signe d’agression.

A l’approche de Mascara il me dit :
- Je vous dépose devant la caserne des gendarmes mobiles et je file, j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir, je dois arriver avant la nuit répéta-t-il .

Je me suis ainsi retrouvé devant le gendarme qui était de faction à l’entrée de la gendarmerie mobile, je lui ai simplement dis que je devais rejoindre la base après une permission.
- Tiens me dit-il, il y a justement un convoi qui part pour l’aérodrome, et s’adressant au conducteur d’un half-track qui se trouvait à sa hauteur, il lui a dit :
- Le matelot monte avec vous, il va à la base.

Nous passâmes le poste de garde sans le moindre problème, arrivés prés des bâtiments je leurs ai demandé de me déposer là.
Il devait être 1h 00 car tout le monde était au réfectoire.
Dans l’allée qui menait à mes quartiers, un second maître m’arrêta et me dit :
- AH enfin vous voila ! où, étiez vous passé ? le commandant nous a donné l’ordre de vous amener dés que l’on vous verrez, vous savez que vous êtes passible du tribunal militaire pour désertion, ça va barder pour votre matricule Matelot.


Il me conduisit au bureau du pacha, et après avoir frappé me poussa littéralement dans celui-ci :
- Commandant voici l le Matelot Garcia.

Plus rien ne m’importait, la prison, le tribunal militaire, j’étais décidé à assumer les conséquences, j’aviserai plus tard, malgré tout j’essayais de faire bonne apparence.

Assis derrière son bureau j’aperçu le pacha, c’était un quatre galons d’un certain âge, il grogna en me disant toutes les conséquences possibles de mon acte s’adressant au second maître il lui a dit :
- Vous pouvez disposer, celui-ci un peu dépité, fit demi tour et s’en alla. Il a poursuivi en élevant la voix.
- Alors Matelot expliquez vous.

Je lui relatais mon ras le bol d’une situation qui était devenue explosive, la confrontation avec les voyous, le tout aggravé par le refus d’une permission, je lui fis comprendre que je n’avais plus rien à perdre.

Son attitude changea il me dit :
- Asseyez–vous matelot en me désignant un fauteuil devant lui
- Je comprends, Vous avez la chance que je ne sois pas un de ces officiers qui sortent des écoles, j’ai gagné mes galons sur le front de Normandie puis en Indochine, il m’a fallu bien plus de temps qu’eux.

C’est dans les coups durs que j’ai appris à évaluer les qualités et l’état d’esprit de mes hommes, pas dans les livres. Il rajouta: 

-  Confidentiellement je dois vous dire que sous peu notre unité va être dissoute n’en dite pas un mot à qui que ce soit, je vais prendre ma retraite dans quelques mois, alors je vais faire quelque chose pour vous mon garçon, puis il a poursuivi d’un ton amical, un peu paternaliste :
- Que comptez-vous faire après votre service militaire, avez-vous des projets ?
- Je ne sais pas commandant, je n’ai aucun métier, l’école de Rochefort m’aurait permis de faire carrière dans la marine, je lui déballais mon sac de griefs, mon beau frère est entré dans la police et il voudrait que j’en fasse autant, mais après ces événements, s’est foutu. 

Il marqua un long moment de silence et me dit :
- Voila ce que l’on va faire, je vous établi un ordre de permission et vous direz qu’ensuite vous avez été malade, que vous êtes rentrés plus tard à cause de cela. Il faut que vous vous en teniez à cette version des faits, c’est la seule solution que je trouve pour arranger votre situation, comme cela vous n’aurez plus aucun problème.
- Merci commandant, merci. Il continua :
- Quand à votre avenir c’est très bien d’avoir envisagé de rentrer dans la police, mais il vous faudra pour cela, un bon état signalétique des services.

Il a dû voir sur mon visage mon inquiétude.
- ne vous inquiétez pas, vous me ferez parvenir votre demande, c’est moi qui la signerait.

Voila enfin, malgré les apparences un homme bon, un gradé auprès duquel j’aurai combattu sans état d’âmes. Il rajouta :
- Vous n’avez pas manger encore je suppose, allez y et surtout, si on vous interroge dites bien cela, mêmes à vos plus proches camarades, compris.
- Oui, Oui, Merci pour tout commandant.
Pour la première fois, j’ai eu envie de saluer militairement un officier, ( garde à vous impeccable, salut réglementaire, demi tour parfait ).
Rassuré, je suis allé rejoindre mes copains, qui furent tout étonnés de me revoir.

C’étaient la fin du repas, ils me firent une place à leur table content de me revoir, l’un d’entre eux m’a dit :
- Il ne reste plus rien, mais je vais voir le cuistot, ne bouge pas, un autre a dit :
- On pensait que tu ne reviendrais pas.
- J’étais malade répondis-je.

puis désignant les voyous Molina dit assez fort :

-         Houai, ils y en a m^me qui ont dit qu’ils te feraient la peau à ton retour,pas vrai les gars,dit-il à l’intention des autres.

-         Eh bien il est là qu’est que vous attendez, allez, venez.

-         Les autres on répondu en se justifiant lâchement :

-         Houai pendant qu’il n’était pas là c’est nous qui avons fait ses corvées ses tours de gardes, alors houai, on voulait lui casser la figure et çà ne tardera pas.

Je me suis levé calmement en leurs disant:

-         Il faut en finir, Venez ,n’attendez plus, je vous prend l’un après l’autre, allez, venez. les copains de rajouter :

-         HOuai bande de dégonflés, c’est facile de parler de menacer lorsqu’il n’était pas là faite voir maintenant si vous êtes des hommes. Ils se sont déballonnés,et l’incident fut clos.

 Trois jours après,dix d’entre nous fûmes réveillés très tôt, deux Half-track de la gendarmerie mobile nous attendaient pour nous conduire vers une destination inconnue.

Nous roulions dans la nuit glaciale d’hiver, à un moment donné nous avons ralenti,puis très lentement, nous nous sommes rangé sous une rangée d’arbres, on nous a demandé de faire silence et d’attendre les ordres.

Les premières lueurs de l’aube apparurent lentement virant du noir au gris puis au pale clair, nous étions blottis dans le fond des véhicules en attendant que le jour se lève, il faisait très froid, nous avons commencé à distinguer les choses qui nous entouraient. A 200mts ce trouvait une petite ferme,lorsque le ciel commença à s’illuminer vers les 6 heures du matin, un homme est sorti de celle-ci, après quelques hésitations, il s’est dirigé à grandes enjambées vers le champ de vignes, à ce moment là, une voix  lui a crié :

-         Halte, Ici la Gendarmerie nationale et lui intima l’ordre de rester sur place, mais celui-ci se mit à courir à travers les rangs de vignes dénudés, soudain, nous avons sursauté, surpris par un grand claquement, c’était un coup de feu, un seul, qui a retenti dans le silence du matin et la silhouette grise s’est affaissé. Nous avons reçu l’ordre de nous diriger vers la battisse, deux gendarmes mobiles sont allés récupérer le corps, le traînant par les bras, j’étais tout proche lorsque sa veste s’est ouverte laissant apparaître des tas de billets qui s’échappaient de la doublure décousue, intrigués, je me suis approchés, c’est alors que le chef d’escadron a crié :

-         Faites dégager les jeunes du contingent il ne faut pas qu’ils voient cela.

Au retour nous avons appris que c’était un collecteur de fonds, que l’opération avais été monté à partir de renseignements.

Cela faisait la deuxième fois que je voyais un corps sans vie.

 

Quelques temps après,comme le commandant me l’avait dit  on leva le camps, certains furent démobilisés et rentrèrent chez eux les autres transférés vers Mers el Kebir Oran, j’ai été affecté à l’amirauté d’Alger.

 
Le 1/12/1959 nous avons été convoyé vers l’amirauté d’Alger.

 

  

 L’Idéal : ne vous servez donc pas de ce terme élevé « d’idéal » quand nous avons pour cela, dans la langage usuel, l’excellente expression de « mensonge »(voir l’enfance, colonies de vacances en France,traité de Bico)

   

                

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