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GERMAIN dit CAMEMBERT  LE CLOCHARD

                                    

          

                                                                                Faire part paru dans l'Echo d'Oran

Quels est?, l’Oranais ou l'oranaise, qui n’a pas connu, ou, entendu parler de camembert le clochard. Chacun d’entres nous peut raconter un fait, une histoire mettant en scène camembert.

Je me souviens, ainsi, de lui. Cela s’est passé pas très loin du collège Notre Dame de France, à la sortie de classe vers midi.

Une bande d’enfants se sont mis à le chahuter, nous étions un petit groupe de copains à désapprouver cela.

Camembert s’est adressé à nous.

-         Venez les enfants, écoutez moi. Nous hésitions, mais comme il n’avait pas l’air agressif, nous nous sommes approchés de lui.

-          Vous sortez de l’école ? nous dit-il, j’ai été dans le temps moi aussi enseignant. Comment croire cela de la part d’un ivrogne, d’un clochard. Il a poursuivi :

-          ça vous surprend n’est ce pas ? venez, essayez vous prés de moi, approchez que je vous raconte.

-          Je vivais alors en France, j’étais professeur de Français au collège ??.

Son langage était clair avec un accent pas de chez nous, un accent métropolitain, l’un de mes camarades lui a demandé :

-         vous faisiez quelle classe ?

-          J’avais dans mon cour des enfants de votre âges.

Instinctivement nous l'avons cru, nous l’avons vouvoyé, et, appelé Monsieur.

-         Mais Monsieur, Comment ce fait-il que vous soyez devenu clochard ? dit un autre camarade.

-         J’étais marié à une charmante et jolie femme que j’aimais passionnément, un jour, elle m’a quitté pour un autre, alors, je me suis mis à boire pour oublier.

 -  Mon chagrin était tel que cela me fut impossible, j'ai tout quitté, j’ai erré ainsi de ville en ville pensant que seule la distance parviendrait à m’apaiser, je suis allé de plus en plus loin, j’ai pris le bateau, et, me voici devenu clochard dans les rues d’Oran.

Voilà mes enfants mon histoire.

Nous étions tristes, et, désolés. Chemin faisant, nous méditions chacun à notre tour. Cela pourrait nous arriver.

J’ai revu Camembert dans d’autres lieus d’Oran. Il est devenu pour nous Oranais une célébrité, une légende.

Germain-Camembert était unique, son quartier de prédilection était Saint Antoine, Il dormait la plupart du temps dans l'entrée des immeubles.

 Il avait du talent pour le dessin et la peinture: en période de Noël c'était lui qui décorait les vitrines des magasins, tout le monde se le disputait. 

C 'était un réel plaisir pour lui d'aider les jeunes. Certains se souviennent qu'il les aidait à faire leurs devoirs, ou, des dessins pour leurs cahiers de récitations, ou bien, encore à raconter des histoires. 

Germain était un homme de coeur rendant de menus services. 

Il ne faisait pas la manche pour lui ceux qui la faisait c'était des fainéants.

Il était une sorte de philosophe farfelu aux reparties multiples : lorsqu'il voyait passer des femmes voilées il disait :

- Il va y avoir une régate au port, les barques à voile sont de sortie.

ou:

- il va y avoir une mauvaise mer, les régates sont de retour.

Parfois, faisant de grands gestes il apostrophait les passants sur un thème de la vie.

Avenue d'Oujda il y avait un marchand de chevaux Monsieur VIDAL, sur la devanture de la maison, au dessus du portail, Germain avait peint la tête d'un cheval très réaliste avec un licol de corde autour du coup.

Il était connu également sous le pseudonyme de Germain Sansoeufs.

des personnes sans âmes nous l'ont tué, il ne méritait pas une fin pareil..l'église St-André n'était que pleure ce jour là.....<Il doit être content d'entendre qu'on ne l'oubli pas>. 

                                                                             (Germain a été victimes du terrorisme fin mars1962)

 

 

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