commémoration du 5 juillet 2009 à cuers



« Mesdames, Messieurs, chers compatriotes, chers amis, Monsieur le conseiller régional, Mme la conseillère générale, Mesdames et Messieurs les adjoints au Maire.
Oran le 5 juillet 1962 à 11 h du matin un coup de feu retentit sur la place d’Armes, un signal sans doute, la rafle au faciès commença.
Les auxiliaires de l'armée algérienne, les A.T.O. emmenaient les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central où ils étaient battus et tués, ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle.
On égorgea, on tua au revolver ou à la mitraillette, on prit des rues en enfilade, tuant tout ce qui bougeait, on pénétra dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens, des hommes, des femmes, des enfants de tous ages et toutes conditions sociales dont
le seul crime était d’être chrétien ou juif.
Pourtant, dans cette folie sanguinaire des arabes sauvèrent des européens, d’autres intervinrent et permirent de délivrer des prisonniers.
Le général Katz avait donné l’ordre de ne pas bouger et les 18.000 soldats français qui se trouvaient à Oran restèrent cantonnés dans leurs casernes sans intervenir.
Katz téléphona à De Gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’état répondit " ne bougez pas "
C’est le seul exemple dans l’histoire d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense en présence d’une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.
La tuerie dura près de six heures. Lorsqu’ à 17 heures les gendarmes français sortirent de leurs cantonnements, le calme revint aussitôt.
Extraits du livre l’agonie d’Oran 5 juillet 1962 de Madame genevieve de Ternant, directrice du journal l’écho d’Oran et présente au moment des faits.
Plus de 1.000 personnes ont été ce jour là victimes de la barbarie immonde de fanatiques sanguinaires.
La plupart sont portés disparus et leur famille sont encore aujourd’hui, plus de 47 ans après, sans nouvelles.
Pour lutter contre l’oubli et le silence imposé
L’ARAPREM demande la création d’une commission d’enquête parlementaire droite/gauche qui sera chargée de définir les responsabilités.
Maintenant nous allons nous recueillir et observer une minute de silence…………………….
Au nom de l’ARAPREM je remercie, Monsieur Charles Laugier conseiller régional représentant Mr. Michel Vauzelle président de la région PACA, Mme la conseillère générale, Mesdames et Messieurs les adjoints au Maire de Cuers.
Nous allons à présent nous recueillir et déposer un bouquet de fleur sur la stèle dédiée à la mémoire des civils et militaires morts en
AFN qui se trouve à quelques mètres d’ici.
Le 5 juillet 2009 étant un dimanche et le début des vacances d’été, nous nous sommes posés la question sur l’anticipation de cette commémoration au 4 juillet 2009, ainsi que du genre de cérémonie que nous pouvions faire, nous avions envisagé de ne faire qu’une messe la veille ou l’avant veille, afin de permettre au plus grand nombre de venir.
De nombreuses défections s’étant manifestées parmi nos adhérents et amis : départs en vacances, accueil de la famille venant en vacances, motifs divers, etc. etc. (ils se sont excusés), Cela, nous a posé un problème pour l'organisation..
Après quelques doutes et hésitations le bureau du CA de l’ ARAPREM a décidé que : quelle que soit la fréquentation, nous devions mêmes seul à trois ou bien quatre fidèles maintenir la commémoration à cette date anniversaire du 5 juillet 2009.
Dimanche ou pas, c’était ce jour là du mois de juillet 1962 que des compatriotes s’étaient fait enlevés et massacrés à Oran, que nous devions par devoir de mémoire marquer ce jour.
Devant une bonne quarantaine de personnes, (légèrement moins que l’année dernière), le discours a été lu par Monsieur Gaston Giroud (Algérois) secrétaire de l’ Association ARAPREM, il l’a fait avec une intense et grande émotion, soulignant avec force certains passages de celui-ci.
Après le dépôt de la gerbe de fleurs de l’ ARAPREM et celle du Conseil Régional PACA au monument aux morts situé au cimetière de Cuers, une minute de silence a été observé, puis ensuite nous somme allés fleurir la stèle dédiée à la mémoire des civils et militaires morts en AFN où nous avons marqué également une minute de silence.
A l'issue de la commémoration le président de l'association Claude Garcia s'est adressé aux élus de tous bords politiques pour les remercier de leur présence et leur dire combien il était fier et heureux de voir réunis dans ce recueillement la représentation nationale, que cela était un bel hommage rendu à la mémoire des victimes et disparus du 5 juillet 1962.
Personnalités présentes : Monsieur Charles Laugier Conseiller régional, qui a déposé une gerbe de fleurs au nom de Monsieur Michel Vauzelle député président de la région PACA,
Madame Véronique Baccino conseillère générale, et adjointe au Maire de Cuers
Monsieur Tardivet 1° Adjoint au Maire de Cuers, Monsieur Malfatto et Monsieur Rodulfo Adjoints au Maire de Cuers.
Il s’est ensuite adressé aux personnes présentes, camarades et amis, pour leurs dire combien il était heureux de voir en cette circonstance (Dimanche et chaleur) ses compatriotes rapatriés d’Algérie, Oranais, Algérois, Constantinois (qui se sont fait connaître), tous unis dans le recueillement, pour se souvenir de cette terrible journée qui fut un crime de guerre, et exprimer leur soutien aux familles des innocentes victimes et disparus du 5 juillet 1962.
Tout au long de cette commémoration et du pot de l'amitié qui s’en ai suivi, nous avons évoqué leur mémoire, afin, de lutter contre l’oubli et le silence imposé.
Claude Garcia a poursuivi : Nous voulons également remercier nos amis les Harkis représentés par Monsieur Guerroui Belkacem Président de l'association de Mémoire de l'armée d'Afrique de Saint Maximin, remercier Monsieur Martin de l' ACL de Cuers, Monsieur Chorda président de la FNACA de Cuers, sans oublier mes camarades et amis métropolitains de la section socialiste de Cuers Lucienne et Richard Pellissier, Daniel Drie Serge Zanarelli qui s’est excusé, Cécile Laublet de Nans les pins.
Le président de l’ ARAPREM a dit sa triple satisfaction sur le déroulement et la participation à cette commémoration :
- Rassemblement républicain marquant ainsi la solidarité et l’amitié des élus à l’égard des familles des victimes et disparus du 5 juillet 1962
- Union et communion des rapatriés d’Algérie unis dans l’épreuve.
- Entente entre PN et métropolitains, Ainsi a t-il dit : la lutte contre la désinformation se poursuit.
Nous remercions les nombreux sites Internet qui ont relayé l'information.
Des marques de soutien et des excuses nous sont parvenues comme celle
de Robert Daumas :
Claude,
Je suis vraiment désolé de n'avoir pu participer à ta manifestation de dimanche et je viens par ce mel, m'en excuser. Comme à du te le dire Lucienne, des contraintes familiales m'ont empêché d'arriver à temps. Je sais que cette manifestation a été une réussite au vue des personnalités présentes, ce qui doit t'inciter à continuer. A très bientôt j'espère. Amicalement Robert.
Merci à Gaston Giroud secrétaire, à Raymond Perez trésorier, à Paul Soria membre du bureau pour leur fidélité et leur dévouement.
Claude Garcia président de l’ ARAPREM.

Pour mieux comprendre le 5 juillet 1962
Texte pour mieux comprendre le 5 Juillet 1962
Le 5 juillet 1962, une journée d’horreur, une page d’histoire longtemps occultée par l’état Français, une mémoire qui gène et qui dérange. Que certains, à gauche comme à droite, nous dénient au prétexte de voir à chaque commémoration l’ombre de l’OAS, le spectre de
l’ Algérie Française.
Ce n’est pas parce qu’au mois d’avril et de mai 1962, tous les soirs les oranais tapaient sur leur casserole les cinq notes « Algérie Française » qu’ils étaient tous acquis à la cause de l’OAS NON ! C’était un cri de désespoir qu’ils lançaient au
monde entier.
Seuls, abandonnés de tous subissant la barbarie du FLN, ils se disaient : ce n’est pas possible que personne ne vienne à notre secours, nous qui avons tant donné à la mère patrie et au monde libre dans les différents conflits
mondiaux ? Mais rien en retour ! Et le silence est devenu horreur.
Pour comprendre le 5 juillet 1962, il faut examiner la situation géostratégique, géopolitique dans laquelle se trouvait Oran.
Oran l’andalouse appelée aussi le petit Paris de l’Afrique du nord, ville moderne et dynamique de 400.000 habitants majoritairement européenne 220.000 européens pour180.000 musulmans.
Ville proche des frontières marocaines et d’Oujda où se trouvait l’état major de l’ ALN de Ben Bella et Boumedienne.
La zone d’Oran Mers el Kebir pouvait constituer une enclave européenne comme il y en avait en méditerranée à Melia/Tanger pour les espagnols au Maroc, et Gibraltar en Espagne pour les britanniques.
Une solution de repli des européens d’ algerie vers l’Oranie avait été préconisé par certains hommes politiques et ministres, seulement, ni de gaulle ni l’ OAS n’en ont voulu.
Un combat à mort dont a été victime la population civile européenne d’ORAN, s’en ait suivi entre l’OAS menant sa guerre Franco/Française, sanglante et aveugle et un vieux général mégalomane et sa barbouzerie. Le de Gaulle de 1958 n’étant pas le même que celui que
nous avons admiré et suivi en juin 1940.
Par ailleurs, un Conflit pour le pouvoir entre un GPRA non préparé a l’indépendance, sous équipé, et l’armée des frontières de Boumedienne casquée, équipée de neuf., s’est engagé par la Provocation et un Coup d’état au prétexte que les partisans du GPRA n’étaient
pas capables d’assurer l’ordre.
La volonté islamique : Il fallait faire fuir les européens, les Gaouri (non musulman) conformément aux accords secrets de Tripoli (dixit Mohamed Harbi historien et ex responsable FLN, l’historien jean François Paya), pour cela, il fallait créer un climat de terreur et de
barbarie s’en prenant aux civils, femmes et enfants.
La fuite de l’ OAS dés le 27 juin 1962 laissa une population civile sans défense à la merci de provocateurs.
Malgré la création d’un comité de réconciliation créé par des notables musulmans et européens le capitaine Bakhti de l’ ALN parachuté à Oran met sur le dos d’un chef de bande un pseudo Attou les exactions et horribles massacres qui se sont produits ce 5 juillet 1962 à
oran. (Femmes et fillettes violées, égorgées, et pendues aux crochets des abattoirs d’Oran le petit lac).
Au moins deux charniers sont recensés à Oran (Sud Est) : le petit lac et le cimetière de tamasouet
Pour utiliser une terminologie très usitée dans certains partis politiques de gauche, c’étaient des travailleurs, des ouvriers des employés, de petits fonctionnaires, de petits artisans et commerçants. C’étaient des gens qui voulaient continuer à vivre et à travailler
dans leur pays, sur leur terre natale, qui ont été lâchement enlevés et massacrés en présence de 18.000 soldats français qui se trouvaient à Oran et qui restèrent cantonnés dans leurs casernes sans intervenir.
Seuls, quelques officiers que l’on peut compter sur les doigts d’une main désobéirent aux ordres du gouverneur militaire d’Oran le général Katz et sauvèrent des Français ainsi que l’honneur de l’armée française.
Le devoir d’une nation, le rôle d’une armée, c’est de protéger tous ses citoyens.
Le général Katz téléphona à de gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’état répondit « NE BOUGEZ PAS ».
C’est le seul exemple dans l’Histoire d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense en présence d’une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.
Les accords d'Evian prévoyaient la remise des pouvoirs à " l'exécutif provisoire " mis en place depuis le 19 Mars 1962 .Celui-ci devait maintenir l'ordre avec une " force locale " assistée de l'Armée Française ; et ce en principe jusqu'à la transmission de ses pouvoirs à une assemblée nationale élue au suffrage universel. Ceci ne fut effectif que le 27 Septembre 1962.
Cette amnésie historique, ce silence imposé, Nous interdit notre droit légitime à une mémoire apaisée et à celui de disposer de lieux de mémoire que certains nous conteste encore aujourd’hui.
Prés d’un demi siècle après les faits il est grand temps que toute la lumière soit faite sur ces disparitions, que l’on puisse véritablement étudier le sort des disparus et aider ainsi leurs familles à retrouver la paix à pouvoir faire leurs deuils, il est grand temps de
connaître la vérité historique des faits, il est grand temps de rendre hommage à ces victimes et à leurs familles (propos de Nicolas Sarkozy candidat à l’élection présidentielle le 3 avril 2007).
Dans tout conflit, des Justes trouvent la mort : ce sont eux qui méritent considération, pas leurs bourreaux
Il existe dans de nombreuses villes de France des rues, des ronds points, des places, des squares, dédiés, comme à St Denis, une rue portant le nom d’une poseuse de bombes, à Rennes une place aux massacres du 8 mai 1945 de Setif, à Paris un quai à la mémoire des victimes de
la répression d’octobre 1961, à valence et dans d’autres villes de France des places du 19 mars 1962.etc, etc.
Je vous pose la question :Il y a-t-il à votre connaissance en France une seule rue, un seul rond point, une seule place, un seul square qui soit dédié aux victimes et disparus du 5 juillet 1962 ? NON !!!!
Faut-il que la France se sente coupable pour faire preuve de tant d’amnésie, coupable d’avoir laissé des citoyens français lâchement massacrés.
Toutes les abominations de l'histoire ne peuvent trouver un prétexte une justification aux actes les plus odieux, les plus barbares.
Nous ne devons pas avoir une mémoire sélective qui ferait qu'il y ait de bons martyrs et de mauvaises victimes surtout lorsqu'elles sont civiles et désarmées comme le furent celles du 5 juillet 1962 à Oran.
La douleur et le chagrin sont là dans les coeurs de ceux qui ont perdu un proche qui ont survécu à la haine et la violence. Il ne faut pas que la haine constitue un clivage !
Il serait temps que dans certaines villes de France s’exprime ce courage citoyen, comme cela est fait pour les Harkis.
L’ ARAPREM demande que chaque ville de France se souviennent des HARKIS, mais aussi des victimes et disparus du 5 juillet 1962 massacre d’ ORAN par l’appellation de rue, de rond point, de place et de square du 5 Juillet 1962 (Massacre d’ ORAN).
CUERS serait une pionnière dans la reconnaissance des souffrances des Oranais, et de celle, qui perdure, des familles des victimes et disparus du 5 juillet 1962. Humanisme dont ont fait preuve des témoins algériens dans le film de JP Lledo « Algérie, histoires à ne
pas dire » ou « ne reste dans l’oued que ses galets »
Claude Garcia président de l’ ARAPREM Cuers le 16 juillet 2009.