Journée Nationale d'hommage aux harkis 25 sept 2007 St Maximin
Discours de Monsieur le Maire de Saint Maximin
Hommage aux Harkis et aux formations supplétives de l'Armée Française le 25 septembre 2007
Il y a cinquante ans de cela, notre pays était en guerre, une guerre occultée, une guerre dissimulée, une guerre menée sans ostentation, mais qui d'opération de pacification en action de maintien de l'ordre, coûta la vie à des dizaines de milliers de combattants des deux bords, comme dans toutes les guerres.
Un jour vînt la paix par la signature des accords d'Evian. Cette paix fît sans doute prés d'une centaine de milliers de morts, principalement civils, ces malheureux harkis décimés sans aucune pitié par les vainqueurs, célébrant de cette manière brutale la conquête de l'indépendance de leur pays.
Cette accession à l'indépendance était, tout le monde le reconnaît, au nom du droit des peuples à se gouverner eux-mêmes parfaitement légitime.
Cette paix cependant, qui enfante l'un des plus grands massacres de l'histoire, n'est pas et ne sera jamais acceptable.
Un des rôles de l'histoire, C'est sans doute d'apprendre à ceux à qui on l'enseigne qu'il faut savoir pardonner, mais ce sens du pardon ne s'obtient pas en occultant un moment douloureux, bien au contraire.
Ce n'est pas rien que de se sentir d'un pays. Ce n'est pas rien de se dire que l'on appartient à une communauté humaine revendiquant la même histoire, les mêmes coutumes, la même géographie.
Ceux-là étaient Algériens, Kabyles, Berbères mais le drame de leur vie fut de se sentir français au mauvais moment, d'avoir au coeur cette chose indéfinissable qui vous attache à un pays, à ses institutions, à son histoire. Ils ne partaient pas au combat pour la gloire, l'argent ou pour un quelconque avancement dans leur carrière. Ils partaient au combat pour défendre aussi ce droit intangible des hommes, le droit de pouvoir choisir.
Il faut se replonger dans l'époque pour comprendre que ces hommes n'étaient pas des traîtres à leur nation comme on a pu à tort les accuser, car la conquête de leur terre par la France remontait au début du 19eme siècle. Jamais ils n'avaient vu au fronton d'un bâtiment public, un autre drapeau que celui de la France.
Jamais ils n'avaient entendu un autre hymne national que la Marseillaise.
Leurs parents s'étaient battus et illustrés sur les champs de bataille des deux guerres mondiales
Ceux d'entre eux qui savaient lire, écrire, compter, l'avaient appris par la bouche d'instituteurs français. L'hôpital, le dispensaire, la mairie de leur commune portaient souvent la devise de notre République.
On comprend alors aisément, sans entrer dans la stérile polémique, que nous connaissons sur le passé colonial de notre pays, qu'avant d'accuser, qu'avant de blâmer, qu'avant de salir, il faut connaître, comprendre et avoir la vision globale d'une époque très compliquée.
Il faut raconter, même si la France ne s'est pas grandie dans cette affaire, la fin de l'histoire.
Raconter comment le gouvernement d'alors a refusé l'asile à des milliers de familles qu'on aurait pu sauver en les accueillant en métropole, alors qu'on les abandonnait aux mains de leurs bourreaux. Raconter aussi le courage de quelques officiers Français désobéissant aux ordres et rapatriant par voie maritime quelques milliers de personnes qui, dans des conditions plus que précaires, s'installeront dans notre pays.
Voilà, cette page peu glorieuse de notre histoire S'éloigne et bientôt il ne restera pour témoigner de celle-ci qu'une poignée d'hommes.
Il est cependant extrêmement important que notre hommage leur survive.
Je vous remercie.
L’ARAPREM (Association de Rapatriés d’Algérie (Harkis et Pieds noirs) Pour la Réconciliation des Mémoires. s’associe à cette journée nationale d’hommage aux Harkis et aux formations supplétives de l’Armée Française.
Aux cours des différents conflits, Ils sont morts pour une certaine Idée de la France. (Zouaves et tirailleurs Algériens de la garde Impériale, guerre contre la Prusse 1870, 1° conflit mondiale 1914/1919, seconde guerre 1939/45, Indochine, Algérie)
En 1962, Le gouvernement de la France d’alors leur a menti, les a trahi, et, les a abandonné, les a livré à leurs bourreaux. Il les a parqué dans des camps les a honteusement caché à l’opinion publique.
Le devoir d'une Nation c'est de protéger tous ses citoyens, L'honneur d'une Armée c'est de récupérer tous ses soldats. Dans la tourmente d'après 1962 la mère patrie, la France n'a pas su reconnaître les siens. 45 ans ce sont écoulés, et, ce problème n'est toujours pas résolu comme il se doit, voila un motif de repentance.
Citations du lieutenant colonel René LARA chevalier de la légion d’honneur médaille militaire chevalier de l’ordre du mérite : Les Harkis, Moghaznis, goumiers étaient des supplétifs que nous embauchions « au mois », et, qui étaient tout à fait libres de nous quitter lorsqu’ils le décidaient, ou, que nous pouvions licencier avec une raison valable.
De Mars 1956 au 2 juillet 1962, je n’ai jamais été confronté à une telle situation ! Car ils nous étaient dévoués, tout comme nous envers eux, jusqu’à la mort, parce qu’ils étaient, et, voulaient rester Français.,
La gauche et le PS n’ont pas su durant de longues années parler et agir comme il se devait, à l’encontre de tous les rapatriés d’Algérie (Harkis et pieds noirs).
Notre Association de gauche a pour but de porter à l’intérieur de nos formations politiques respectives et notamment au PS ce regard différent et cette expression nouvelle, afin, de faire lever cette chape de plomb qui nous étouffe depuis plus de quarante cinq ans, et, rendre justice à tous nos compatriotes.
Nous sommes ici à plus d’un titre : en Qualité de citoyens Français reconnaissants, et solidaires, en qualité de compatriotes ayant subi l’exode, en qualité de frères d’armes pour avoir eu l’honneur de combattre à leurs cotés, dans l’armée d’Afrique, les zouaves, les tirailleurs algériens les spahis, mais aussi dans les forces supplétives territoriales, groupe mobile de sécurité GMS SAS….
Par notre présence, nous leurs témoignons notre indéfectible amitié.
Les Harkis savent qu’ils pourront compter sur le soutien de l’ARAPREM.
Le président de l’ARAPREM Claude Garcia