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L' Oncle R... Les Communistes à Oran

Souvent nous calquons notre existence sur celle de nos parents, nos engagements politiques et syndicaux se font par rapport à leurs vécus, ou, à leurs galères. Je ne sais pas si tel a était le cas pour l’oncle R.., je me souviens l’avoir entendu dire qu’il ne voulait pas pour lui, ni pour ses enfants, ni pour quiconque, la vie qu’avait eu son père.

Je me souviens de celui-ci, il était jardinier de son métier, je revois un homme plié en deux bêchant un champ de pomme de terre qui se trouvait juste derrière chez moi, entre ma maison et celle de Monsieur Feran, curieux je le regardais faire, il me paraissait être petit, mais en réalité c’était parce qu’il était cassé en deux et ne pouvait pas se redresser.

L’oncle R… était un fervent communiste qui vivait son engagement politique comme d’autres leur foi, il était marié à ma tante Yvonne l’une des sœurs de ma mère.

Ils habitaient avec leurs quatre enfants (Olga,Emma,Gisèle,Pierrot) dans la maison de mes grands parents à Victor Hugo, où, habitait également une autre sœur de ma mère,ma tante Marie qui était veuve avec cinq enfants (Joséico, Guy, Huguette, Yves, Sonia), c’est dans cette maison, où, j’allais souvent jouer avec mes cousins et cousines que j’ai mes meilleurs souvenirs d’enfants.

Face à la porte d’entrée il y avait une sorte de cheminée en marbre gris au dessus de laquelle un grand drapeau rouge avec la faucille et le marteau était tendu, sur le rebord il y avait un cadre avec le portrait de Staline.  

Mes oncles maternelles, François, Jules, Antoine, partageaient les mêmes convictions.

Politiquement mon père était plutôt MRP, ce qui l’opposait parfois à ses beau-frères.

Les communistes à Oran ont tenu une place importante, je crois même me souvenir d’une municipalité dans laquelle ils avaient des Maires adjoints. ???

Je me souviens d’un défilé du 1° Mai, où, ma mère m’avait emmené, parce que ma sœur Denise qui travaillait à l’usine de pâtes Podesta y participait. Les femmes scandaient :

  -  On veut du pain, des pois chiches, des pois cassés. Cela, me paraissait ridicule,voir risible, mais avec le recul et l’expérience de la vie, je comprend tout ce que cela pouvait signifier, c’est à dire juste avoir l’essentiel pour survivre.     

Mon oncle R…a mené sa vie de militant communiste avec ses frères musulmans jusqu’au renoncement de sa liberté pour une cause qu’il croyait juste, celle de l’Algérie indépendante. 


Un pays libre, juste et fraternel, dans lequel tous les enfants de ce pays qu’ils soient musulmans, chrétiens, ou, juifs, auraient leurs places.

Il a été arrêté pour subversion, et condamnait à cinq ans d’interdiction de séjour, cela ne l’a pas empêché de rester à Oran, où, il a été caché par la famille jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.

Après le 5 juillet 1962, Il est resté en Algérie avec sa fille aînée Olga, jusqu’à la prise de pouvoir par Boumediene. A ce moment là, ses propres camarades, ses frères musulmans, lui ont dit :

 -  Maintenant, il faut que tu partes, tu n’as plus rien à faire ici. 

Lui qui espérait faire revenir au pays toute sa famille, nous y compris, a du être très déçu, mais je reste persuadé, que malgré cela, sa conviction, ses idéaux sont restés toujours intactes.

Le FLN sera jugé par les Algériens eux mêmes. 

Pouvoir et liberté  rime rarement ensemble.

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