RAPATRIE D ALGERIE EN JUIN 1962.  

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RAPATRIE n'est pas le terme exacte que j'utilisais alors, puisque d'origine espagnole n'ayant aucune attache en FRANCE métropolitaine, ni en Espagne, je me considérais comme un Exilé que l'on pouvait qualifier de politique, du moins comme je l’explique ci-dessous, jusqu'aux événement de MAI 1968.

C'est à ce moment là que j'ai pris conscience de ma citoyenneté FRANCAISE, mon EXIL en métropole devait être provisoire, et, à défaut d'un retour dans mon pays L' ALGERIE (compromis par le massacre  d'ORAN du 5 juillet 1962), j'avais envisagé l'exil vers l'ESPAGNE Le CANADA, L' AUSTRALIE ,L ARGENTINE ou alors les DOM TOM, .   

1962 - 1968 a été une période pénible durant laquelle je refusais d'être français  parce que "diffamé, bafoué, humilié".

C'est cela qui m'a conduit à devenir PIEDS NOIRS, alors, qu'avant l’indépendance je ne l'acceptais pas, parce que ce terme désignait à mes yeux les Colons français.  

Il y a eu MAI 1968 et ses grèves, j'étais alors préposé des PTT, au service du tri de LYON  RP, parce que le salaire ne suffisait pas à faire vivre ma famille, j'avais un deuxième boulot, je vendais des vêtements sur les marchés.

Je refusais toutes participations ou engagements politiques, et syndicales. contraint, et, par la force des choses à travailler et vivre en FRANCE.  

Dans ce contexte de haine, de Racisme anti-pieds noirs, de précarités, afin, de préserver l'avenir de mes enfants, J'ai failli renier mes origines en demandant la Francisation de mon nom. GARCIA devenant GARDIN.

Après, le deuxième jour de grève, lassé par un conflit pour lequel je n'avais aucun sentiment d'appartenir, j'ai fais face au piquet de grève, m'insurgeant contre l'interdiction de rentrer travailler, j’étais prêt  à faire le coup de poing, lorsqu'un délégué syndical s'est approché de moi pour me dire

- Salut, à ton accent je devine que tu es pied noir?

-OUI pourquoi? ça te gènes lui répondis-je agressif.

-NON, je suis moi aussi de la bas.

-Tu es d'où ? lui demandai-je aussitôt plus conciliant.

- d'ORAN me rétorqua-t-il.

-Ah bon moi aussi, de quel endroit?

-de saint Pierre, et toi?

- de saint Eugêne

- Je m'appelle GARCIA ,je suis délégué FO-PTT,

- tiens moi aussi je m'appelle GARCIA.

-Nous sommes peut être de la même famille me dit-il?

-probablement, les GARCIA nous sommes tellement nombreux que va savoir.

J'étais à présent en confiance. puis il a poursuivi.

- Ces grèves sont importantes pour nous travailleurs.

Il se lança dans des explications d'ordre syndicales et politiques, et, il a poursuivi sous le ton de la confidence? dans un quasi murmure.

- en tant que pieds noirs, c'est justement pour nous l'occasion de nous venger de tout ce que le général de Gaulle, la GRANDE ZORA, nous a fait subir, il nous a menti puis trahi, il ne faut pas laissé passer l'occasion de nous venger.

Voila, comment j'ai commencé à m'impliquer dans la société française, et compris qu'acteur , ou, non, mon avenir était lié à celui des autres.

Par la suite, n'agissant plus en fonction du passé, après plusieurs approches syndicales et politiques, j'ai retrouvé le courant de pensée qui avait été celui de mes parents et qui résumait le mieux leurs conditions de vie en Algérie, c'est à dire LA GAUCHE.

EN 1962, GAUCHE ET DROITE CONFONDUS , nous avais massacré.

Il n'y avait pas de raisons objectives de privilégier l'une ou l'autre .

Globalement, je constatais que mes compatriotes pieds noirs, aveuglés par la rancune et les affres de notre exode, se fourvoyaient, poussés par les anciens colons qui avaient la mains mise sur toute les instances de RAPATRIES.  

 

Ce cheminement  de pensée a été long, car la rancoeur dominait mais jamais la haine.

En 1978, mon attention a été attirer par un certain ROBERT  FABRE président du MRG, son livre et la compassion, la justesse de propos qui en ressortait à notre égard m'ont décidé à faire le pas, à m'engager syndicalement et politiquement à GAUCHE. au MRG.


 On ne peut pas changer le passé, mais on peut modifier son avenir. 

Aujourd’hui si j’avais des regrets à exprimer ce seraient :

1° « d’avoir était ignorant en toute chose » : d’avoir ignoré les choses de mon passé qui m’auraient permis d’agir sur mon présent et orienter mon avenir.

2° « de ne pas avoir pris conscience des réalités.

3° « de ne pas m’être instruis, afin, de mieux comprendre, de faire les choses que je n’ai jamais osé entreprendre.

Mais, je n’ai aucun regret, lorsque, je compare 40 ans après l’évolution du peuple algérien, et, le notre     (les pieds noirs).

    Je remercie le destin de m’avoir fait Français plutôt qu’Algérien.  

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