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                                                        René Paul et Claude

LE Cours RASPAIL Mon copain  René Paul.

     

Le directeur du cours Raspail était originaire de l'Aveyron, il s'appelait M. Balbusquier, nous le surnommions familièrement "Babouche".

                              

                               Merci à Georges Abad pour la photo de Monsieur Balbusquier

                     

                                                                 Cours de chimie ( photos yves balbusquier )

il était aussi notre Professeur de Mathématiques,et, de chimie, c'était un professeur sévère mais juste.

je suis allé au Collège Notre Dame de France ( Je prenais tous les jours le tram avec Françoise barreto)  j'ai eu comme professeur Mr Achille Balbusquier originaire de Rodez et  j'ai eu le plaisir de le rencontrer à Agen à une réunion des anciens élèves, j'ai eu également Monsieur Pons et Mr Thouvenin ardent supporter du CDJ foot, tous deux ont crée avec Mr Balbusquier le Cours Raspail, c'étaient des professeurs exceptionnels par leur compétence, leur expérience, et l'amour de leur métier de pédagogue.   JP Llopis.

 Que dire de plus après cet élogieux hommage, cela est tout à fait ce que l'ensemble de mes camarades de cours pensions de nos professeurs, et, particulièrement de Monsieur Balbusquier

      Je me souviens également de Mister Pickwik notre professeur d'Anglais "so british" avec son parapluie sur l'avant bras et son chapeau.

Madame Hernandez notre professeur d'Espagnol.

Monsieur Durbet était basque, il nous a communiqué la passion du jeux de la pelote basque

Le prof de français s'appelait Monsieur Durbet, faisait effectivement de la pelote basque à l'Oranaise  mais aussi du Judo dont il était ceinture noire. Sa femme enseignait l'anglais à Raspail. Ils habitaient Bouisseville et se déplaçaient en "Coccinelle". Il fumait comme un pompier( Georges Abad).

Monsieur Thouvenin notre Professeur d'Histoire Géo, lorsque nous ne voulions pas suivre son cours nous le branchions sur la guerre de 1945, ancien de la 2° DB il ne tarissait pas de souvenirs, il a enseigné la Physique/Chimie en 4ème.

Monsieur Gallois notre professeur de musique un fameux Harpiste."

C’est  en classe de 4°,  que j’ai connu René Paul, s’était un garçon gentil, calme et posé, j’ai appris par la suite que ses parents étaient originaire de GAP, son père travaillait à la SNCFA.

Nous partagions les mêmes rêves, partir à l’aventure dans la cale d’un navire vers les états unis d’Amérique, puis comme pilote dans l’aviation de chasse. Notre amitié est née à la suite d’un incident survenu à la cour de récréation.

Mon copain  n’était pas habitué au genre de jeux qu'avaient certains camarades d'école , au lieu de se ré biffer il se laissait faire disant ils vont se décourager.

Cette indifférence avait le don de m’irriter, et souvent je le défendais contre ces agressions , un jour son inaction cette passivité a fini par m'énerver, m’emportant, je lui ai dis :

- Défends-toi, cognes le, t’es une mauviette ou quoi, ?

Cela a eu pour effet de le secouer, et, pour ne pas perdre la face devant les autres il me répondit, en colère.

- Mauviette moi ? je t’attends à la sortie de l’école on verra qui sera une mauviette, naturellement cette discorde entre deux amis suscita l’intérêt des autres qui ne manquèrent pas de nous le rappeler, lorsque le cours fut fini.

Ni René Paul, ni moi, ne voulions en arriver aux mains et compromettre notre amitié, aussi, nous trouvions des excuses sur l’endroit où devait avoir lieu ce pugilat, pressés par nos camarades ils nous fallait repousser cet instant qui aurait mis à mal notre amitié, alors nous trouvions toujours une astuce, une excuse, c’était :

- Pas devant l’école il y a des parents !

suivi par un petit groupe de curieux, nous nous sommes dirigé plus loin dans d’autres ruelles, ce fut alors :

- il y a trop de monde ici allons plus loin, ce qui finit par décourager le groupe de  spectateurs qui s’en allèrent, nous sommes ainsi parvenu en un lieu que nous jugions tranquille :

- Bien, il faut qu’on se batte me dit mon copain, d’un air mi interrogatif mi affirmatif.

- Oui ! OUI ! lui répondis-je sans conviction.

- Tiens tu fumes me dit-il ? en sortant un paquet de cigarettes de sa poche

Je ne fumais pas habituellement parce que mes parents me l'interdisaient (je n'avais que 15 ans), et, surtout, parce que j’étais fauché,( je n’avais pas d’argent de poche comme mes autres camarades).

J’acceptais cette cigarette, me faisant la remarque : c'est l'occasion de fumer le calumet de la paix.

Après un long moment, lorsque la cigarette fut fumée, et, durant lequel nous discutions de choses et d'autres, sur les méfaits de la cigarette, après quelques pas il me dit :

- Qu’est ce que l’on va dire aux copains, s’il apprennent que l’on ne s’est pas battu ?

- Oui c’est vrai, que fait-on ?

- En garde me dit-il hésitant, je me disais à moi-même :

-   il ne faut pas que je frappe, mais comment faire pour éviter la bagarre, car il faudra bien un vainqueur et un perdant, c’est moi qui l’ai provoqué, comment  sortir de cette situation sans perdre la face, probablement il devait penser autant.

Pendant que nous tournions lentement autour de nous mêmes, sans conviction il balança son poing qui cogna le mien, voilà c’était l’occasion attendue pensai-je, je fis semblant d’être atteint au menton.

- Ouah ! m’exclamai-je, tu m’as sonné.

Il se précipita navré vers moi.

- Excuse moi, je ne le voulais pas, je t’ai fais mal ? il me fallait bien une raison, alors je lui ai dit:

- Non, non, ça doit être la cigarette qui me fait cet effet là ? il me répondit soulagé :

- Oui, sûrement, la cigarette me fait parfois cet effet, à moi aussi,

- Surtout que je n’ai pas l’habitude de fumer poursuivis-je.

Voilà notre combat était enfin terminé sans casse pensais-je, cela préserve sa fierté, et l’amitié était sauve

Cote à cote nous sommes revenus sur nos pas en blaguant sur notre différent et la déception de nos collègues.

Le lendemain à l’heure de la rentrée de classe les camarades sont venus vers nous en nous demandant :

- Alors, alors, qu’est-ce qui s’est passé ? qui est-ce qui a gagné ?

Mon copain était gêné, voyant qu’il ne dirait rien, voulant intimider les copains, je m’exclamais fortement:

  Poh,poh,poh, il a une de ces pêches, il m’a mis K.O debout , s’il y en a un parmi vous qui veut essayer attention à sa droite, j’ai encore le menton tout endolori, j’exagérais un max, afin d’impressionner les autres.

Depuis ce jour, plus personne ne l’a importuné, et, nos rêves d’avenir se sont poursuivis durant les classes de 4° et de 3éme.

 

J'étais un bon élève en Mathématique, Anglais, Espagnol, Histoire et Musique, paresseux pour les matières que je n'aimais pas, le Français la géographie.

UN trimestre où ma moyenne baissa , le directeur Monsieur Balbusquier me dit en roulant les Rrrrr:

-  Monsieur Garcia votre mère fait des ménages pour payer vos études,vous avez tout au creux de votre main, il vous suffit de la refermer, ce n'est pas un grand effort que l'on vous demande, alors, faites- le, et, me prenant la main il replia mes doigts sur la paume de celle-ci.

J’ai échoué au BEPC pour un quart de point le jour de l'examen je n'avais pas voulu écouter ma mère lorsqu'elle m'a fait les dernières recommandations :

- Claude prends une plume de stylo de rechange on ne sait jamais, comme si elle avait eue une prémonition de ce qui allait se produire.

Au cours de l’épreuve de dictée ma plume de stylo à encre s’est cassée, j’ai poursuivi l'épreuve en écrivant au stylo à bille ce qui était non seulement interdit mais éliminatoire, du moins, c’est ce que l’on m’a dit lorsque je suis allé prendre connaissance des mes notes au secrétariat de l’inspection académique d’Oran, certains camarades avaient pu être repêchés jusqu'à 3/4 de point.

A 17 ans on pense pouvoir "bouffer" le monde, et, par inconscience, insouciance on passe à coté d'un destin meilleur.

Par fierté,ou, par paresses je n'ai pas voulu me représenter à la session d'octobre. J'étais parmi les meilleurs élèves et j'avais stupidement échoué.

Le diplome du BEPC aurait pu être une clé, un sésame d'un avenir plus serein.

Pourtant, au crépuscule de ma vie je constate que :                                 

    " Ce sont nos erreurs qui nous font grandir ".

Après mon échec au BEPC, j’ai travaillé comme laborantin chez un négociant en vins, les effluves de vins m’enivraient et ma mère ne voulu pas que je continue, car disait-elle, j’allais devenir un ivrogne.

En parallèle, le soir je suivais des cours de comptabilité, qui me permirent, par la suite, d’être employé comme aide comptable, après ce remplacement, j’ai trouvé un emploi dans un bureau d’étude au tirage de plans, (que des petits boulots).

Mon copain René Paul et moi dans nos rêves d’adolescents nous faisions des projets d’avenirs et d’aventures, partir comme clandestins au fond d’une cale de bateau pour découvrir les Amériques, nous engager comme pilote de chasse dans l’armée de l’air, ou, dans la Marine Nationale pour faire le tour du monde.

 ( j’étais sans situation stable, embauché dans des emplois précaires, bref, sans avenir, car :

Il n’y avait pas d’embauche stable, ni perspective de carrière sans l’accomplissement du service militaire obligatoire.

Cinquante années après, René-Paul et moi Claude, nous nous sommes retrouvés grâce à Internet. Nous nous sommes revus le 19 octobre 2006 les traits vieillis, légèrement bedonnant, mais tellement semblables à ce que nous étions lorsque nous avions 17 ans, que c'était comme si l'on s'était quitté peu de temps auparavant. Ce fut une franche accolade, et, une légère hésitation au vouvoiement envers Marie son épouse, bien évidement une grande joie, et émotion contenues comme il se doit entre mecs. Nos femmes ont très vite sympathisé. on se reverra prochainement c'est promis, nous avons tant de choses à nous raconter. 

Nous nous sommes revus à Rosas en Espagne. Immanquablement nous avons évoqué nos souvenirs du collège Raspail d'Oran, de nos copains, nos professeurs et bien évidemment de notre Directeur Monsieur Balbusquier.

René Paul :

- Claude, Te souviens-tu ? des heures de colles qu'il nous infligeait, puis, l'imitant en roulant les rrrr......il poursuivit :

- Mr Garcia, vous viendrez jeudi matin, réciter livre d'histoire 5° chapitre. 

- Tu t'en souviens Claude il parlait ainsi, et comme je ne voulais pas être en reste, il me disait.

- Monsieur Ravaux, vous bavardez? vous viendrez également avec votre copain jeudi matin réciter 6° chapitre.

ou bien alors s'adressant à un de nos camarades qui avait un scooter :

- Vous ne trouverez pas de diplôme dans le pot d'échappement de votre scooter.

Monsieur Balbusquier nous ne vous oublierons jamais, vous nous avez enseigné avec compétence et dévouement les mathématiques, éduqué et formé nos jeunes esprits avec sévérité mais avec justesse. Nous vous en sommes tous redevables. Merci monsieur le Directeur.

                                          

 

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