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L UTOPIE de l'Algérie Française

 

Dans le contexte d’alors ma priorité était d’acquérir une bonne formation professionnelle pour « l’après ??? ».

L’Algérie française des colons ou l’Algérie algérienne des fellagas c’était pour moi des causes de rejet d’autrui, d’intolérance, d’injustice.

Je n’avais comme seul repère que les expériences passées d’engagements pour la défense de la «  mère patrie ingrate » : mon trisaïeul qui s’était battu pour la France contre les prussiens, mort au combat à SEDAN.

Mes grands pères qui se sont battus également pour la FRANCE, l’un d’entre eux a été blessé au cour de la bataille du RIF Marocain.

Mon père qui s’était engagé à 17 ans la fleur au fusil, comme l’on disait en 1914, mes oncles paternels et maternelles qui se sont battu pour la France lors de la seconde guerre mondiale, tout cela a fait que leurs déceptions, leurs amertumes, leurs ressentiments se sont accumulés au cours des générations, c’est d’ailleurs cela qui a conduit une partie de la famille a s’engager dans le communisme et le militantisme pour la défense de l’Algérie  indépendante  « oncle R... »,  et, après la déception de Mai 1958 m’a donné à réfléchir,et à ne pas faire comme eux, n’être considérés que comme de la chaire à canon.

 L’après Mai 1958 : 

J’ai vite compris, que l’Algérie Française ne pouvait être qu’une UTOPIE. Cela ne pouvait pas représenter « un idéal » ou une cause à défendre qui puisse me donner envie de me battre, je me sentais bizarrement comme étranger à cette guerre que je subissais comme un certains nombres de mes compatriotes.

 
 
« Pas tout à fait Français, pas tout à fait algérien », j’étais plein d’interrogations, d’inquiétudes et d’incertitudes.
La recrudescence des attentas barbares contre la population civile européenne, la terreur islamiste imposée par les faucons du FLN, et ses corollaires, ainsi que les événements de mai 1958, me laissaient perplexe quand à mon avenir. Quel serait mon futur ?, que je n’imaginais pas ailleurs que dans mon pays.
Que pourrait être notre devenir ? dans un tel contexte de violence et de haine.
Un européen pour dix musulmans, quelle place serait la notre ? dans l’Algérie Algérienne, nos conditions de liberté.

 
Sans autre alternative que l’Algérie française ou l’Algérie algérienne, Inconsciemment je me disais « on verra plus tard».

J’avais 18 ans, je devais gérer l’immédiat, et m’en remettais au DESTIN qui ferait de moi peut être un Français à part entière.

l’après mai 1958 n’a été qu’une série de déceptions, les réformes promises n’ont pas été suivies de faits. Au mois d’octobre 1958, je me suis retrouvé sans travail, rien en perspective dans le domaine de la formation professionnelle, la seule issue c’était l’armée. 

J’avais deux solutions mon service militaire obligatoire de plus de 18 mois, avec maintient sous les drapeaux, ou bien un engagement volontaire.
Après, avoir discuté avec ma mère celle-ci m’a dit :
-   Mon fils, ton père s’est engagé à l’age de 17 ans au moment de la guerre de 1914, la fleur au fusil comme l’on disait. Tu as bien vu le manque de considération et de reconnaissance de la France qui n’a pas voulu reconnaître son invalidité par ce qu’elle s’était produite après la période réglementaire de validité, et cela, malgré que les médecins aient affirmés que sa cécité était due aux gaz moutardes. 

-   Ne te laisse pas embrigader.

Je me suis souvenu alors de l'été 1954, où, je me suis fais traiter de "Sale Bico"(voir les jolies colonies de vacances), de la situation qu'avait connue ma mère, et, ma famille en général.

Faut-il être patriote ? alors, que la patrie ne vous reconnaît pas.
On ne peut être patriote sans reconnaissance, en ayant l’estomac vide.


IDEAL : Ne vous servez donc pas de ce terme élevé « Idéal » quand nous avons pour cela dans le langage usuel l’excellente expression de    « Mensonge ».

J’étais persuadé, qu’ayant fait ma préparation militaire parachutiste je serais incorporé dans les paras, ou alors dans l’armée de terre comme mes frères et oncles, cela ne m’enthousiasmait pas, je n’envisageais pas mon avenir comme homme de troupe.
J’avais vu une affiche disant : Engagez-vous dans la Marine Nationale vous verrez du pays.
Après un entretien avec l’agent recruteur, celui-ci, m’avait vanté les mérites de l’école de Rochefort, ses formations professionnelles, et a réussi à me convaincre de choisir la Marine, comme j’hésitais, il m’a proposé un engagement par devancement d’appel, me disant, qu’après mon incorporation si je me faisais avec la discipline je pourrais souscrire un engagement définitif pour 3 ou 5 ans, je lui ai fais part du sentiment que j’éprouvais de passer pour un dégonflé, il m’a rassuré en me disant que je n’étais qu’un rouage dans ce conflit, que je servirais mon pays tout aussi bien dans la Marine Nationale, qu’il fallait bien des marins, comme des fantassins, ou, des aviateurs.
J’étais mineur, et, il m’a fallu l’autorisation de ma mère.


    

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