page précédente

                             VACANCES A DAMESME

 

 

René Paul m'a invité à passer une dizaine de jours de vacances à la plage de Damesmes, où, ses parents avaient  un cabanon.

Filles et garçons jouions à nous attraper en nous faufilant dans les dédales des cabanons construit sur pilotis. Un propriétaire inconscient avait tendu un fil de fer  en guise d’étendage  entre deux cabanons.

En poursuivant un petit groupe d’amis, je n’ai pas vu celui-ci, je l’ai heurté en  pleine course, entre le front et le haut du nez au niveau des yeux.

Mon nez pendait et on a dû me transporter chez le médecin à ARZEW qui me posa mal deux agrafes, depuis mon nez est légèrement plus bas.

Un autre accident survenu, alors, que je rendais visite à mon cousin Guy hospitalisé pour une opération de l’appendicite a aggravé la courbe de mon nez.

L’infirmière venait de lui refaire le pansement, il y avait dans la chambre une forte odeur d’éther, à cela, s’ajouta la vue des pansements ensanglantés, je tournais de l’œil et heurtais le rebord coupant du chariot de soin me faisant une entaille de 2cm sur le coté gauche du nez nécessitant quelques points de sutures.

Fracture,déformation, maintenant encore, à la vue de mon nez, on me demande parfois, si, j’ai fais de la boxe.   

 

Ma mère qui était une femme ingénieuse et créative avait appris par les parents de mon copain, que les employés, ou, anciens employés de la SNCFA, pouvaient louer par bail amphé otique, pour une somme très modique une petite parcelle de terrain dans le domaine maritime de la Plage de Damesmes, vers la petite rivière.

C’était un endroit populaire, où, les classes modestes pouvaient construire des cabanons selon leurs moyens.

Le premier Eté, nous dûmes vivre sur le sable dans un abri de fortune fait de couvertures et de draps, mon beau frère René avait récupéré des poteaux électriques, mon frère Roger lui donna des grandes caisses de transformateurs qui étaient à l'abondons sur un chantier dans lequel il était employé. 

Nous les démontions planche par planche, afin de les réutiliser pour construire un cabanon sur pilotis.

Le plus difficile fut de creuser les trous dans le sable pour y planter les poteaux de bois, il fallait mouiller celui-ci avec la seule eau existante, l’eau de mer que j’allais prendre avec deux seaux  en courant sur la bande de sable brûlante qui me séparait de celle-ci.

Que de temps, et, d’allés et venus pour réaliser un pilier.

Mon beau frère me confiait des taches simples à exécuter, comme devoir redresser les clous retirés des planches afin de pouvoir les réutiliser, couper à certaine dimensions des planches etc,etc. »

Une grande partie de mes journées étaient consacré à ces tâches, le soir venu, malgré la fatigue j’allais rejoindre mes amis. 

René Paul, et, moi, nous avons passé une partie de l ’été 1956 à jouer  ensemble sur le sable fin et blanc de la plage de DAMESME.

Nous nous réunissions souvent, filles, et, garçons sous les cabanons sur pilotis à l’abri des regards des parents.

Nous faisions des farces aux filles, nous nous racontions des blagues, ou, nous écoutions un air de guitare, ou, d’accordéon que jouait l’un d’entre eux, moi, j’aimais chanter, (j’imitais assez bien Tino Rossi).

-  oh luna rosa reine des nuits, du haut des cieux toi qui me sourit, veux-tu porter cette mélodie à celle que j'adore......

Parfois, tout simplement, nous étions étendus sur le sable chaud, ou bien,  assis les uns prés des autres, chacun auprès de sa chacune, afin, de rêver au clair de lune, dans la douceur, et, la langueur des nuits d'été.

Nous étions rêveurs, et, romantiques. 

Bien des idylles se sont nouées dans ces moments là.

Lors de la pleine lune, avec une certaine pudeur, il y avait le traditionnel bain de minuit.  

Le lendemain mon beau frère me réveillait à 6 heures du matin, pour travailler à la fraîcheur

Vers dix heures avant la baignade ma corvée consistait à aller chercher de l’eau douce au seul point d’eau situé à 3 KMs ,vers le début de la plage de DAMESME, proche de l'épicerie Ramirez, et, du Bar « LE BERGER ».

Chargé d'une jerrican de 20 litres d'eau douce, le retour sous le soleil de plomb de l'été était le plus pénible,

Parfois mon beau frère me libérait, lorsque mon copain René Paul venait me chercher.

je me souviens d’une partie de pêche avec celui-ci, il avait une pastera, genre de barque à fond plat avec des rames , il aimait bien m’entendre chanter, aussi après avoir poussé la barque dans l’eau il me dit :

- Claude, chante pendant que je rame.   

L’année suivante mon beau frère creusa un puit dans le sable prés du cabanon, il trouva l’eau à 3 mètres de profondeur, celle-ci était  saumâtre mais abondante pouvant servir à l’usage courant.

Mon copain René Paul a été reçu au BEPC ,et, nos chemins se sont séparés, nous nous sommes revus au cours de l’été 1958 à Damesmes lors du bal du dimanche après midi au BERGER.

Il me présenta sa copine, que je trouvais très classe, il me dit que c’était sérieux, qu’ils allaient se fiancer officiellement avant son départ pour le Bled, où, à la rentrée scolaire, il allait faire la classe aux enfants d'un douar, comme instructeur.

 



 
        Plage de Damesmes avec mes tantes, cousins et cousines --  Groupes d' amis

 

page d'accueil              voir page suivante Camembert le Clochard