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sont les autres figures essentielles de la cité. Ils sont trois en 1876 et cinq
à partir de 1893. L'instituteur des garçons de 11 à 13 ans est aussi directeur
des écoles et le secrétaire de mairie. Après 1890 ils sont nommés par le recteur
d'académie mais leur rémunération reste à la charge des Menier. Elle ajoute au
traitement fixe des indemnités de résidence variant de 25 à 100 Frs et quelques
primes. La surveillance des enfants leur est tout particulièrement dévolue dans
une cité où la plupart des parents travaillent. A cet effet, ils doivent assurer
les classes de garde le soir, du jeudi et de certains jours de vacances, institués
par les Menier. L'un d'eux est aussi le bibliothécaire de Noisiel. Enfin l'instituteur
et son adjoint enseignent aux cours des adultes. Deux personnalités se détachent
parmi eux : Thouzard et Hanneton ; le premier est instituteur-directeur de 1889
à 1906 ; le second de 1906 à 1919. Ces instituteurs sont ainsi redevables aux
Menier comme l'indique la mutation pour des motifs inconnus, d'une institutrice
adjointe en janvier 1901, demandée par la femme de Thouzard et appuyée par Logre.
Sans l'indépendance que laisse présager leur statut, la première obligation de
ces "hussards noirs" devient la reproduction aux écoles de l'ordre Menier existant
dans l'usine et la Cité. Leur nomination, leur travail sont évoqués lors des débats
du comité de direction. Un fait témoigne de leurs liens étroits avec les responsables
de la chocolaterie : la scolarité-assiduité, comportement, diplôme-des ouvriers
natifs de Noisiel est toujours signalée dans les notes confidentielles du patronat.
D'autre part les oeuvres scolaires, distribution de prix, caravane scolaire, représentations
théâtrales, ... sont à la charge, sinon organisées par le comité. Eux mêmes participent
pleinement à cette gestion paternaliste. Constamment présents dans la cité ils
indiquent par écrit, à Jules Logre notamment, les moindres manquements des enfants
ou des parents, s'empressent de fournir des faits ou des noms, proposent des mesures
disciplinaires. De ces écrits en voici l'un des modèles le plus achevés, tout
y est:délation, dénonciation d'illégalismes, privatisation d'espaces publics,
non assistance à la classe de garde, motifs invoqués, insousciance parentale,
mesures disciplinaires à envisager, délations à venir, ... Cette lettre datée
du 2 mars 1903 est adressée à Logre. Monsieur,
il
est évident que certains parents se désintéressent absolument de ce que font leurs
enfants en dehors des heures de classe et les laissent entièrement libres de faire
toute es pèce de sottises. Je suis très heureux que vous leur rappelliez leurs
devoirs à cet égard et que vous donniez ainsi le poids de votre autorité aux conseils
et aux réprimandes de l'école. De mauvaises habitudes, contre lesquelles je me
suis sans cesse élevé, ont été prises ainsi depuis longtemps, et notamment dans
les périodes de vacances et de jours de congé. Au lieu d'envoyer leurs enfants
à la classe de garde, où ils sont tenus et surveillés, on les laisse à la maison,
soi-disant pour y exécuter quelque travail, et sitôt les parents sortis, les enfants
sont dehors, et livrés à eux-mèmes. J'ai constaté que des arbustes au square avaient
été abimés et que des balançoires y avaient été installées en permanence. On peut
voir encore le reste des cordes. Les enfants François, Cottin, Mélinet, Guyot,
ont toujours été là en pays conquis quoique j'ai pu en dire ou faire. Quand les
parents auront compris une bonne fois qu'ils sont responsables de leurs enfants,
tout rentrera dans l'ordre. D'ailleurs, j'estime qu'une surveillance régulière,
avec pénalités possibles devrait être exercée par un garde (champêtre ou autre)
dans les squares, places et rues, les après-midi du dimanche et du jeudi. Si cela
avait été organisé dès l'établissement du square, les quelques enfants
mal surveillés qui sont ici heureusement, l'infime minorité, auraient pris, comme
leurs camarades l'habitude de respecter tout ce qui a été établi ici pour le bien-être
et la commodité de tous. Plusieurs jeunes apprentis ont aussi l'habitude de se
servir de frondes à caoutchouc, pour tirer les oiseaux : entre-autre Befve Armand
à qui j'ai fait maintes fois des observations à ce sujet. Je n'ai pas besoin d'insister
sur les dangers de ces engins que vous connaissez sans doute. Je pourrai, si vous
le voulez bien. vous donner quelques renseignements sur les enfants dont vous
me donnerez les noms. Ainsi qu'il arrive souvent, ce ne sont pas les plus fréquemment
fautifs qui ont été pris. veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mon respectueux
dévouement. M.
THOUZARD Enfin
l'intérêt jamais démenti des Menier pour l'instruction scolaire en font des interlocuteurs
privilégiés. Avec Logre, les directeurs des écoles sont les seuls à entretenir
une correspondance avec les industriels. D'un ton très déférent ils demandent
si GM reconduira sa venue annuelle à Lagny avec les candidats du CEP, et plus
tard indiquent les résultats de l'examen. ils évoquent quelques manquements à
l'ordre déjà signalés à Logre, remercient à chaque occasion les Menier de leur
constante attention aux écoles de Noisiel. |