La Maison de retraite Claire Menier
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1930
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![]() Noisiel, Hôpital militaire Claire Menier |
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L'ordre
de mobilisation d'Alexis Carrel l'affecte à l'Hôtel-Dieu de Lyon,
grand centre des blessés du front de l'Est. Les combattants arrivent,
gravement infectés pour la plupart. Les recherches qu'il effectue
le conduisent à une conclusion : l'infection des plaies constitue
un problème grave. Pour le résoudre, il faut agir immédiatement, donc,
installer un hôpital tout près du front. Il obtient de la part du
gouvernement français que soit créée une ambulance proche du front.
A Compiègne, « Le Rond Royal », hôtel de luxe est réquisitionné. A
partir de 1915 l'ambulance s'installe peu à peu, et constitue en quelques
mois l'hôpital complémentaire n' 21. Médecins, chimistes, biologistes,
bactériologistess, radiologues secondent Alexis Carrel. Il s'entoure
également d'une équipe d'infirmières (dont Anne son épouse) d'un dévouement
sans borne, toutes issues de La Source, école suisse-romande d'infirmières
de la Croix-Rouge. Cent blessés venant directement du front sont constamment
hospitalisés. |
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![]() Prix Nobel de médecine en 1912, Alexis Carrel (1873-1944), physiologiste et chirurgien français, exerçait aux Etats-Unis à l'institut Rockefeller quand éclata la grande guerre. Mobilisé, il obtient que soit créée au front une ambulance qui permettrait ainsi de raccourcir les délais d'intervention aux blessés. D'abord installée à Compiègne, son équipe se replie à Noisiel en 1918 |
Madame Carrel |
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Dans l'urgence des soins à prodiguer, un seul mot d'ordre : désinfecter les plaies le plus rapidement et le plus complètement possible, dans le but de voir disparaître le tétanos, la gangrène gazeuse, maladies trop fréquentes qui entraînent au mieux l'amputation, quand ce n'est pas l'issue fatale. Drainages, irrigations, solutions d'hypochlorite de soude, autant de procédés inventés de substances mises au point par toute l'équipe médicale pour lutter plus efficacement contre l'infection des tissus voisins des plaies et de l'organisme tout entier. En 1916, la méthode Carrel est reconnue comme la plus importante contribution à la technique chirurgicale antiseptique depuis le début de la guerre. Le printemps 1918 voit s'amplifier les combats. La ville de Compiègne est menacée. Dans la nuit du 22 au 23 mars l'hôpital semble particulièrement visé par l'aviation allemande. Un aéroplane Gotha lache plusieurs bombes. L'hôtel est touché, les dégâts sont importants. Les blessés transportés dans les caves échappent à la mort. C'est l'évacuation, le repli sur Paris dans l'attente de la création d'une nouvelle ambulance. Au début juillet, le docteur Carrel avise les Sourciennes qu'un nouvel hôpital va s'ouvrir. Pas comme prévu à Ris-Orangis, mais à Noisiel, et ceci grâce à l'autorisation de Gaston Menier, le fabricant de chocolat. L'équipe du docteur Carrel s'installe dans les bâtiments de la maison de retraite Claire Menier.
Georgette
Mottier, auteur du livre « L'ambulance du docteur Alexis Carrel »,
indique que le bâtiment, tout neuf, destiné à des retraités, n'a encore
jamais été habité. Cette affirmation, comme l'ensemble de l'ouvrage,
fondée sur la consultation des archives de La Source, et aussi sur
les témoignages de celles qui s'occupèrent des blessés pose un problème.
En effet, plusieurs correspondances de militaires, découvertes au
dos de cartes postales, font état d'un hôpital militaire à Noisiel
dès 1915 : Le 17 mai 1916, Aimé écrit de Noisiel: « Il y a très longtemps que je ne vous ai donné de mes nouvelles. Je me trouvais dans une position dans mon lit qui ne permettait pas d'écrire. Je suis resté quarante jours couché sur le côté droit sans bouger, à présent, je commence à me remuer, malgré ça je ne suis pas prêt à me lever enfin ma blessure va très bien c'est tout ce qu'il faut. Bons Baisers. » Plusieurs cachets différents se retrouvent sur la correspondance des soldats soignés à Noisiel. Bien sûr celui de la mission Carrel (une oblitération relevée le 7-11-1918) ; celui de la 5e région noté plus haut; ceux imprimés en rouge sur les cartes postales et qui mentionnent « Hôpital complémentaire n' 8 » ; Enfin cette carte postale datée du 25 mai 1915 de Lucien H(?) prouvant l'occupation de la maison Claire Menier bien avant l'arrivée de l'ambulance du Dr. Carrel. « Encore une carte mais c'est la dernière de la série où vous pouvez voir le personnel au premier rang et à peu prés la moitié des blessés de l'hôpital... Pour ma part ça va très bien, j'attends que l'on me mette à la porte, très patiemment»
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En
juillet 1918. La maison de retraite est aménagée pour recevoir cent
blessés, répartis en chambres de douze à quinze lits, sans compter
les isolements et quelques chambres particulières réservées aux officiers.
Si cette installation n'a pas le confort du « Rond Royal », elle permet
cependant aux douze infirmières d'assurer les soins aux blessés dans
de bonnes conditions.
Leur
tâche s'effectue, comme à Compiègne avec l'aide d'infirmiers militaires.
Dès le jour d'ouverture, les voitures d'ambulance amènent des blessés
venant le plus souvent du front. Si le docteur Carrel reste le responsable
de ce nouvel hôpital, ses fréquents déplacements, ses visites en pre
mière ligne ne lui permettent pas d'être présent en permanence à Noisiel.
Aussi c'est son adjoint le docteur Bernoud qui prend le titre de médecin-chef
de la mission Carrel à Noisiel. L'équipe médicale applique les mêmes
méthodes qu'à Compiègne: désinfection, drainages, etc. L'hôpital étant
plus loin du front, les visites des familles aux soldats sont autorisées
plus largement. Les blessés valides peuvent se reposer dans le jardin
qui entoure la maison de retraite. Certains vont se promener dans
le parc du château de Noisiel et admirer « les majestueux paons qui
font la roue en se mirant dans l'eau ». |
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Depuis
1917 la France décide d'octroyer des galons aux infirmières, françaises
ou non, selon leurs états de services. En septembre 1918, à Noisiel,
une cérémonie de remise de décorations a lieu en présence du ministre
suisse Dunant. Le rédacteur de la « Gazette de Lausanne » rapporte
l'évènement dans son quotidien : « Notre ministre, M. Dunant, m'a
prié à déjeuner et m'a raconté qu'admis à visiter l'hôpital pour cent
grands blessés du Dr Alexis Carrel, naguère à Compiègne, mais transféré
à cause des trop fréquentes « marmites », à Noisiel, dans la propriété
du grand chocolatier Menier, il y a trouvé les patients commis aux
soins de douze infirmières de La Source. |
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Dans la matinée du 11 novembre 1918, le canon tonne, mais cette fois ce bruit familier depuis quatre ans est acceuilli avec joie. Il annonce la fin des hostilités. A Noisiel comme partout en France c'est le délire.Pour les bléssés de l'hopital ce n'est pas bien entendu le retour immédiat dans les foyers.Certains resteront plusieurs semaines encore. Puis peu à peu les lits restent vides, des chambres ferment. En février 1919 la maison de retraite est rendue à Monsieur Menier. |
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