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ACTUALITE AU 21/11/2009

PAROISSE DE VILLARS-LES-DOMBES

Samedi 21 novembre à l'église:
- 15h30 Prière à l'Esprit Saint
- 15h45 1ère Conférence "La Joie d'être prêtre" par le P. Craplet
- 16h30 Adoration silencieuse, temps libre.
- 17h30 2ème Conférence "Malheur à moi si je n'évangélise pas" par M. François Ascensio.
- 18h15 Adoration, temps libre, repas.
- 20h30 3ème Conférence "Avec les grands saints du diocèse: S. François de Sales, le S. Curé d'Ars, S. Pierre Chanel, S. Vincent de Paul " par le P. Barnay.
- Heure sainte de prière.Adoration, confessions.

Dimanche 22 novembre
- 10h00 Messe pontificale célébrée par S.Em. le Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon.
- 15h00 4ème Conférence "Prêtre, prophète et roi" par le Cardinal Barbarin
- 16h30 vêpres et Salut du Saint Sacrement.
Fin de la retraite vers 17h00.


CRISE DES VOCATIONS: CHRISTIAN TERRAS A LA (MAUVAISE) SOLUTION.

Avec un demi-siècle de retard, Christian Terras (Golias) revient une énième fois sur la question du mariage des prêtres. La solution, pour cet infaillible pape du progressisme débridé, serait de supprimer l'obligation du célibat sacerdotal pour voir les séminaires se remplir à nouveau. Bien entendu, quand on est atteint de myopie, comme semble l'être Christian Terras, on ne peut pas imaginer que les problèmes français ne sont pas les problèmes de l'Eglise universelle.
La chute des vocations, dans notre pays, ne serait-elle due qu'à un problème de célibat? N'est-elle pas due aussi - et peut-être en premier lieu - à l'état catastrophique des séminaires diocésains?
Quel jeune acceptera d'entrer dans un séminaire où il perdra son temps et son énergie en réunions stériles? Quel jeune acceptera de donner sa vie pour n'avoir, au bout de 5 ou 6 années d'études, qu'un vague verni théologique et philosophique? Quel jeune acceptera d'être prêtre si c'est pour devenir, aussitôt après son ordination, l'otage d'équipes paroissiales qui lui imposeront ce qu'il faut faire et comment il faut faire? Quel jeune acceptera de s'encroûter, sa vie durant, dans des paroisses où il est assuré de se faire sabrer par son évêque sitôt qu'il voudra se montrer un peu trop "romain", sitôt qu'il voudra respecter la liturgie de l'Eglise, sitôt qu'il refusera de cautionner la pastorale molle mise en place par les prêtres aînés du secteur, dont certains, désabusés, donnent parfois l'impression de vivre une interminable crise d'identité sacerdotale?
Non, Monsieur Terras: comme d'habitude vous vous mettez le doigt dans l'oeil quand vous prétendez que la chute des vocations est due, en France, à la question du célibat et quand vous feignez d'ignorer qu'elle est aussi le résultat d'une démission des autorités diocésaines dont certaines ont, hélas, partagé une partie de vos analyses erronées.
Au demeurant, pourquoi vous limitez-vous au mariage des prêtres? Dans votre logique, ne faudra-t-il pas envisager le droit au PACS, à l'union libre, au divorce? Vous êtes bien timoré dans vos revendications, Monsieur Terras!


L'INTERPRETATION DU CHANT GREGORIEN: QUELQUES CONSEILS...
Elements de réponse aux questions posées par une internaute.

Le problème de l'apprentissage et de l'interprétation du grégorien qui se pose au sein de certaines chorales est complexe. Que répondre aux personnes qui posent des questions à ce sujet? D'abord, on peut dire qu'il n'y a aucune "méthode" d'apprentissage et d'interprétation pleinement satisfaisante ou parfaite: tout dépend aussi, pour une bonne partie, du chef de choeur.
La méthode d'interprétation sont basées sur ce qu'on apprenait jusque dans les années 1960: le comptage et la décomposition en unités neumatiques. C'est quelque chose qui peut être très utile pour le déchiffrage d'une pièce et pour unifier les voix. Cependant, ça peut aussi donner un grégorien qui manque de vie, de chaleur, d'élan. Aussi est-il souvent nécessaire de dépasser cette méthode pour donner davantage de liberté au chant (c'est surtout vrai pour les pièces ornées).
La base de tout le grégorien réside dans un principe très simple: il s'agit de chanter intelligemment les mots et les phrases. Pour cela, il faut voir que ce qui est essentiel, c'est l'accent verbal: toutes les lignes mélodiques du grégorien sont construites autour de l'accent verbal. C'est lui qui doit "chanter", c'est lui qui doit permettre de structurer les mélodies.
Un exemple: dans l'introït du 1er dimanche de l'Avent, considérons les paroles du début "Ad te levavi". Celui qui se limite au comptage mettra un ictus rythmique sur le podatus de "LEvavi". Or l'accent verbal du mot se trouve sur la syllabe "leVAvi" (il y a d'ailleurs un petit accent ajouté sur la syllabe du mot). L'ictus peut conduire ici à faire des choses fausses: en effet, il ne faut pas appuyer la première syllabe du mot (LE), mais faire chanter la deuxième syllabe (VA); cette "musicalité" de la syllabe accentuée est préparée par la syllabe qui précède (LE) et rejaillit, mais en se reposant, sur la syllabe qui suit (VI).
Même chose pour les mots suivants: l'accent est sur "A" de "animam" (d'ailleurs cette syllabe est épanouie par la montée mélodique) et on ne refait plus d'accent sur les autres syllabes... même si le comptage pousserait à remettre un ictus sur le podatus de "MAM".
Idem pour le mot "meam": l'accent est sur "ME", puis l'éclairage de la syllabe suivante "AM" se fait par la lumière de l'accent.
Attention! L'accent verbal latin est quelque chose de léger, de chantant: il ne faut donc jamais l'alourdir ou le frapper sous prétexte de vouloir bien le faire.
Il y a dans cette même pièce de l'Avent un autre exemple intéressant. C'est le mot "neque". On trouve une seule note sur "NE" et sept notes sur "QUE" (plus un point mora au sujet duquel il y aurait beaucoup à dire!) Généralement, le "NE" est sacrifié par les choristes, et l'on entend surtout le "QUE"... Or la syllabe accentuée reste bel est bien "NE". Comment interpréter alors? Il faut éviter de précipiter cette première syllabe "NE", et ensuite il faut alléger la tenue sur "QUE", ce que confirme d'ailleurs l'écriture des manuscrits anciens qui, sur les trois notes groupées signale une tristropha (légère) et non une trivirga (plus "solide").
Allons un peut plus loin et considérons la montée quilismatique sur "inimici". Le quilisma indiquait assez souvent, à l'origine, l'emplacement d'un demi-ton qui pouvait faire problème (ici, si/do) et il marquait une sorte d'élan de la montée (amplification?). Or si l'on marque très "scolairement" le point mora de la première note, on aura toutes les chances - ou plutôt les risques - de briser cet élan.
Certes, pour faire un bon élan, il faut bien prendre appui sur quelques chose... à condition de ne pas rester coller dessus! L'élan doit donc être judicieusement réparti sur les quatre notes de la syllabe "MI" en sorte que tout vienne s'épanouir sur la dernière note do.
Ce ne sont là que quelques indications. Tout maître de choeur devra aussi tenir compte des possibilités des ses choristes et de l'acoutisque de l'église. L'essentiel n'est-il pas d'abord de faire un grégorien vivant qui suscite la joie de s'unir à la prière chantée de l'Eglise?


LA LITURGIE: UNE FRESQUE A DEGAGER

Selon certains fidèles attachés de façon exclusive à la forme "extraordinaire" du rite romain, la liturgie restaurée à la suite de Vatican II serait condamnée a disparaître à plus ou moins longue échéance. A les entendre, un retour à la "messe tridentine" serait amorcé et irréversible. Quel crédit apporter à de tels propos? Regardons la réalité en face.
1. Nulle part le Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI ne parle ou n'évoque l'idée d'un remplacement de la forme "ordinaire" de la liturgie romaine par la forme "extraordinaire". Dans la Lettre qu'il a adressée aux évêques, le Saint-Père enseigne très clairement que "les deux formes d'usage du rite romain peuvent s'enrichir réciproquement. (...) Dans la célébration de la messe selon le missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien." Et Benoît XVI d'ajouter que "la meilleure garantie pour que le missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel." Il semble bien que ce soit en tablant sur une mise en oeuvre correcte du missel "de Paul VI" sur la base de l'acceptation de la forme "extraordinaire", que le Saint-Père compte parvenir à une union des communautés paroissiales.
2. Si la forme "ordinaire" de la liturgie romaine était destinée à disparaître pour être peu à peu remplacée par la forme "extraordinaire", on ne voit pas pourquoi le Vatican aurait publié une version améliorée du missel "de Paul VI" et l'on ne voit pas pourquoi le Siège apostolique travaillerait aux traductions en langues courantes de ce même missel.
3. Dans la Lettre aux évêques qui accompagne le Motu proprio Summorum pontificum, le pape Benoît XVI écrit lui-même que "le nouveau missel (i.e. celui de Paul VI n.d.l.r.) restera certainement la forme ordinaire (i.e. normale, habituelle... n.d.l.r.) du rite romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles."
4. Enfin, il faut voir que les questions liturgiques, telles que nous connaissons en France, ne touchent de loin pas l'ensemble du monde catholique. A l'échelle de l'Eglise universelle, une majorité de fidèles les ignore. De ce fait, qui serait assez naïf pour penser que Rome pourrait autoriser les fidèles des diocèses France à se constituer en Eglise ayant une forme rituelle spécifique? (La question est différente pour les communautés religieuses.)
Ainsi, s'il est tout à fait légitime que les fidèles qui préfèrent la forme "extraordinaire" du rite romain puisse la trouver facilement dans des églises de leurs diocèses, il est tout aussi légitime de veiller à ce que les fidèles qui préfèrent la forme "ordinaire" puissent la trouver dans toutes les paroisses.
On nous répondra que cette forme "ordinaire" existe (nos évêques font comme si elles existait). C'est absolument faux!
Aux fidèles qui se rendent dans les paroisses pour participer à la messe, on ne sert qu'une sorte de bouillie liturgique fait de morceaux plus ou moins reconnaissables de forme "ordinaire" qui nagent dans la mauvaise sauce préparée par les soins du célébrant ou d'une équipe liturgique. C'est lourd, indigeste... et ce n'est pas la "forme" ordinaire de la liturgie, laquelle doit intégrer le sérieux, la dignité, le sens du sacré qu'on trouve généralement dans la forme "extraordinaire".
Que faire alors pour garantir la mise en oeuvre correcte de la forme "ordinaire"?. La réponse est assez simple: nous devons travailler pour faire en sorte qu'entre la forme "extraordinaire" et la forme "ordinaire" de la liturgie la relation soit clairement marquée. Nous devons suivre le programme clairement établi par la Cardinal Ratzinger qui, comparant la liturgie romaine à une fresque abimée par le temps, soulignait dans son livre sur "L'esprit de la liturgie" que "grâce au "Mouvement liturgique", puis de façon plus nette lors du Concile Vatican II, la fresque fut dégagée, et pendant un instant, nous restâmes fascinés par la beauté de ses couleurs et de ses motifs."
Le Concile avait redonné des couleurs à la liturgie... Mais très vite, certains clercs - évêques y compris, comme le soulignait le Cardinal Ratzinger - y ont ajouté leurs barbouillages en prétendant faire oeuvre d'artistes.
Ce sont ces barbouillages qu'il faut s'empresser d'enlever si l'on veut savoir à quoi ressemble vraiment la forme "ordinaire" du rite romain. Nous devons nous y employer, quitte pour ce faire à passer par-dessus la tête de ceux qui n'ont toujours pas compris que les fidèles ne supportent plus leurs façons inconvenantes de traiter la liturgie de l'Eglise.


LA REFORME DE LA REFORME: UNE URGENCE

"La réforme de la réforme de la liturgie demeure une priorité." C'est ce que vient de déclarer le Secrétaire de la Commission "Ecclesia Dei", Mgr Guido Pozzo, dans une récente interview à "L'Homme Nouveau"
Mgr Pozzo rappelle qu'il est important de redécouvrir le sens profond et le caractère sacré de la liturgie catholique, et souligne que les deux formes du rite romain ont une égale valeur.
Mgr Pozzo a également annoncé la publication - à une date non précisée - d'un document visant à clarifier certaines questions liées au Moto Proprio Summorum Pontificum.


UN TEXTE D'UNE GRANDE ACTUALITE

"Certains ont voulu transformer l'Eglise et pour cela changer la foi.
Des équipes dans l'Eglise et hors de l'Eglise, ont travaillé méthodiquement à déstructurer le catholicisme: déstructuration du dogme, déstructuration de la morale, déstructuration de la discipline, du Droit canon et de la liturgie... En psychiatrie, on sait fort bien à quoi aboutit une déstructuration méthodique: d'abord à un retour à l'adolescence, puis à des névroses, parfois à de graves psychoses.
telle est bien la situation actuelle d'une partie de l'univers catholique: un retour à l'adolescence et aux rêves, avec des névroses individuelles et collectives, parfois même avec des psychoses très réelles. Trop de prêtres ne sont plus adultes. Certes, ils sont généreux, mais ils ne mesurent plus les conséquences de leur choix. Ils sont sincères, mais inconscients des catastrophes qu'ils préparent et du mal qu'ils font aux chrétiens (...).
Il serait certainement difficile d'énumérer toutes les causes de cette crise. [L'une d'elles est] une mauvaise interprétation de Vatican II.
Vatican II est un concile pastoral qui veut rajeunir l'Eglise en l'adaptant plus exactement au monde moderne. Il y avait deux manières de l'interpréter:
1. On pouvait situer Vatican II dans la série des Conciles passés et à venir... donc l'éclairer par la foi globale de l'Eglise, dans une dialectique vivante: Vatican II apportant des lumières et la tradition chrétienne découvrant au Concile toute sa signification grâce à l'Ecriture, grâce aux Pères et aux diverses théologies, grâce aux définitions dogmatiques, grâce à la vie même de l'Esprit visiblement présent dans l'Eglise chez les saints. (...) C'était la voie qu'il fallait suivre.
2. On pouvait aussi faire de Vatican II un point de rupture, le signe d'une mutation absolue et l'interpréter en fonction d'un Vatican III mythique ou d'un futur Concile de Jérusalem. C'est, hélas, ce qu'ont fait certains, n'hésitant pas à rejeter vingt siècles de christianisme et à proposer une nouvelle forme de vie chrétienne, toute différente de l'ancienne. Cela est inacceptable: en rendant incohérente la logique intérieure de la foi, c'est la foi elle-même qu'on détruit."

Gérard SOULAGES, 1979.


L' "ESPRIT DE LA LITURGIE"
par Don Mauro GAGLIARDI
Consulteur du Bureau des Célébrations liturgiques
du Souverain Pontife

Comme chacun sait, à l'occasion du 150ème anniversaire du dies natalis du saint Curé d'Ars, le Saint-Père Benoît XVI a proclamé l'Année sacerdotale (juin 2009 - juin 2010). L'intention est de "contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d'aujourd'hui" (1).
Saint Jean-Marie Vianney n'a pas seulement incarné de son vivant un modèle suprême de prêtre; il a toujours annoncé avec clarté et avec force l'incomparable dignité du sacerdoce et le rôle central du ministère ordonné au sein de l'Eglise. Puisant dans ses enseignements, le Saint-Père a reproposé ces paroles du Saint: "Oh! que le prêtre est quelque chose de grand! S'il se comprenait, il mourrait... Dieu lui obéit: il dit deux mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie!" Et encore: "Si nous n'avions pas le sacrement de l'Ordre, nous n'aurions pas Notre Seigneur. Qui est-ce qui l'a mis là, dans le tabernacle? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ? Le prêtre, toujours le prêtre... Et si cette âme vient à mourir à cause du péché, qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix? Encore le prêtre... Après Dieu, le prêtre c'est tout. Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel" (2).
Comme on le voit, saint Jean-Marie identifie la grandeur du prêtre avec une référence privilégiée au pouvoir qu'il exerce dans les sacrements au nom et en la Personne du Christ (in persona Christi). Benoît XVI a mis en évidence ce fait, reprenant encore d'autres paroles du Curé d'Ars, qui se réfèrent tout particulièrement au ministère de la célébration de la Sainte Eucharistie. Le pape écrit que le Saint "était convaincu que toute la ferveur de la vie d'un prêtre dépendait de la messe: la cause du relâchement du prêtre, c'est qu'on ne fait pas attention à la messe! Hélas! Mon Dieu! qu'un prêtre est à plaindre quand il fait cela comme une chose ordinaire!" (3).
L'Année sacerdotale propose à notre réflexion la figure du prêtre et, de manière spéciale, sa dignité de ministre ordonné qui célèbre les sacrements, au bénéfice de toute l'Eglise, en la personne du Christ, Grand Prêtre Eternel (4).
En cette Année Sacerdotale, célébrée entre 2009 et 2010, d'autres anniversaires méritent d'être évoqués, car ils sont intimement liés au caractère eucharistique de la dignité sacerdotale. En 1969, le pape Paul VI promulguait, avec la Constitution apostolique Missale Romanum, le nouveau missel romain établi après le Concile Vatican II.
En cette année 2009, nous célébrons donc le 40ème anniversaire de cette promulgation. L'année prochaine 2010, nous fêterons deux autres anniversaires, eux aussi directement liés à la célébration de l'Eucharistie. Le premier coïncide avec le 40ème anniversaire (1970-2010) de la promulgation de l'Editio typica définitive (la première) de l'Institutio Generalis Missalis Romani. Le second coïncide avec le 440ème anniversaire de la promulgation du missel actuellement dénommé Vetus Ordo ou Usus antiquior, promulgué par saint Pie V avec la Constitution apostolique Quo primum, du 14 juillet 1570. Cette Constitution est évoquée, en même temps que le missel de saint Pie V, dès les premiers mots de ladite Constitution apostolique Missale Romanum de Paul VI, le nouveau missel romain de Paul VI (5).
Les deux missels, unis également dans la célébration de leurs anniversaires respectifs, sont deux formes de l'unique lex orandi ("loi de la prière") de l'Eglise de rite latin. Le Saint-Père Benoît XVI s'est exprimé à ce sujet, enseignant, à propos du missel de Paul VI, que "le missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l'expression extraordinaire de la même lex orandi de l'Eglise et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la lex orandi de l'Eglise n'induisent aucune division de la lex credendi ("loi de la foi") de l'Eglise; ce sont en effet deux mises en oeuvre de l'unique rite romain.
Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la messe suivant l'édition type du missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l'Eglise" (6).
La possibilité d'une coexistence sereine et harmonieuse des deux formes de l'unique rite romain a été enfin indirectement affirmée par la présence simultanée des Ordines Missae (bienheureux Jean XXIII et Paul VI) au sein du Compendium Eucharisticum, qui vient d'être publié par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements (7).
La coïncidence de ces différents anniversaires a dicté le thème que la rubrique Esprit de la Liturgie se propose d'approfondir cette année: celui du "prêtre dans la célébration eucharistique". A travers de courts articles publiés à raison d'un article tous les 15 jours, rédigés par des théologiens, liturgistes et canonistes compétents, nous chercherons à présenter d'une manière claire et accessible le rôle et la fonction du prêtre dans les différentes parties de la messe, en gardant présents à l'esprit les deux missels dont nous célébrons les anniversaires. J'augure que ces articles pourront aider les prêtres à saisir l'opportunité de réflexion et de conversion qui leur est offerte par l'Année sacerdotale, et les inciter à une exigence et une attention de plus en plus grandes dans l'ars celebrandi.
Espérons en outre que les contributions qui seront peu à peu publiées pourront aider aussi les autres lecteurs - religieux, religieuses, séminaristes, fidèles laïcs - à reconsidérer avec une attention accrue, et à vénérer avec un profond respect religieux, la grandeur du mystère eucharistique et la dignité du ministère sacerdotal, ainsi qu'à redécouvrir son rôle central dans la vie et dans la mission de l'Eglise.

à suivre

NOTES
(1) Benoît XVI,  Lettre pour l'Année sacerdotale, 16.06.2009
(2) Ibid.
(3) Ibid.
(4) "C'est avant tout lors de la synaxe (culte eucharistique) que les prêtres exercent leur fonction (munus) sacrée; là, tenant la place du Christ [In persona Christi] et proclamant son mystère, ils joignent les prières des fidèles au sacrifice de leur Chef et, dans le sacrifice de la messe, ils rendent présent à nouveau et appliquent jusqu'à la venue du Sauveur l'unique sacrifice du Nouveau Testament, celui du Christ, qui s'est offert une fois pour toutes au Père comme victime immaculée"; Concile Vatican II, Lumen gentium, n. 28; AAS 57 (1965), p. 34. Cf. également Presbyterorum Ordinis, nn. 2; 12; 13.
(5) Cf. Paul VI, Missale Romanum, 03.04.1969; AAS 61 (1969), p. 217.
(6) Benoît XVI, Summorum Pontificum, 07.07.2007, art. 1.
(7) Cf. Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Compendium Eucharisticum, LEV, Cité du Vatican 2009. La mise au point de ce texte a été confiée directement à la Congrégation par le Saint-Père, qui en avait fait l'annonce dans l'Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis, 22.02.2007, n. 93.


OÙ DONC EST LA FORME "ORDINAIRE" DE LA LITURGIE ROMAINE?

Des fidèles organisent des rencontres, des débats, des colloques pour étudier les deux formes du rite romain. On souhaite ainsi discuter et comparer une forme à l'autre. De telles initiatives sont très louables et s'inscrivent dans la ligne du Motu proprio Summorum pontificum pour autant qu'elles ne visent pas à faire de la forme "extraordinaire" un absolu, ce qui serait contraire aux intentions du Souverain Pontife.
Seulement, il y a un problème de taille! Pour comparer les deux formes du rite romain, il faudrait que ces deux formes existent. Or, si la forme extraordinaire existe bel et bien et si les fidèles qui la fréquentent savent à quoi elle ressemble, il n'en va pas de même pour la forme ordinaire: rares sont, en effet, les fidèles qui l'ont vue, qui la connaissent, qui peuvent en discuter...
Les échanges qui se feront lors de ces rencontres et de ces colloques risquent donc fort de partir sur des idées fausses à propos de la forme ordinaire du rite romain.
La forme ordinaire n'existe pas... "ordinairement" dans nos paroisses. C'est un fait reconnu. Et qui ne date pas d'aujourd'hui!
- en 1988, Jean-Paul II écrit qu' "il faut reconnaître que l'application de la réforme liturgique s'est heurtée à des difficultés (...) Il en est résulté des attitudes diverses et même opposées vis-à-vis de la réforme."
- en 1996, Mgr Moutel fait remarquer que les compositions musicales en usage dans les célébrations liturgiques sont "pauvres, approximatives, et insuffisantes pour éduquer à une expression juste de la foi."
- toujours en 1996, Mgr Jullien écrit que nos communautés souffrent "d'un déficit liturgique, d'une pauvreté des signes, d'un oubli de la symbolique, d'une méconnaissance de l'esthétique, et ici ou là du refus de formes de la prière de l'Eglise dont nous ne sommes pas maîtres."
- encore en 1996, un Cardinal écrit: "La situation liturgique réelle, comme elle se présente par exemple en France, est un (...) problème. On peut y observer (...) la rareté des célébrations faites vraiment selon les livres édités par Paul VI."
- en 1998, un moine bénédictin écrit au nom de son Père Abbé: "Je pense que si tout le monde avait célébré la messe de Paul VI comme elle est célébrée à l'Oratoire de Brompton (GB), il n'y aurait pas eu de problèmes. Je pense aussi à des endroits comme (...) Solesmes, Saint-Wandrille, Kergonan (...) où la célébration de la nouvelle messe ne provoque pas la même impression d'ensemble que dans tant de nos paroisses françaises."
- en 2000, Mgr Lagoutte reconnaît qu'il n'y a, en France, que "quelques églises où l'Ordo de Paul VI est observé avec rigueur."
- en 2005, Mgr Doré écrit que "demander que la liturgie soit célébrée comme le veut le missel conduirait à s'écarter de ce qui se fait ordinairement dans nos paroisses."
Et l'on ne citera pas ici les nombreuses allusions faites par le Cardinal Ratzinger/Benoît XVI au sujet des "déformations" plus ou moins graves de la forme ordinaire du rite romain, la dernière de ces allusions étant contenue dans la Lettre que le Saint-Père a adressée aux évêques en même temps que le Motu proprio Summorum pontificum.
Ainsi donc, vouloir discuter des deux formes de la liturgie romaine pour en évaluer les différents aspects ou intérêts semble pour le moins problématique. Car, comme le reconnaissent les évêques de France eux-mêmes, l'authentique héritage de Vatican II est totalement ignoré de la grande majorité des fidèles.
Mais pour ces mêmes évêques, rien ne doit changer... C'est probablement ce que, en France, on appelle "être en union avec le pape".


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