AIDEZ-NOUS EN ENVOYANT VOTRE COTISATION
donnant droit aux 12 numéros du bulletin "Pro Liturgia" de l'année civile en cours
TARIS:
* Pays de la CEE, Suisse et Liechtenstein : 25 Euros
* Autres pays : 30 EuroMODES DE PAIEMENT:
* par chèque bancaire à l'ordre de l'APL (9c, avenue
G. Clemenceau, F67560 Rosheim)
* par virement CCP : Strasbourg 8150 U
ACTUALITE
AU 21/11/2009
PAROISSE DE VILLARS-LES-DOMBES
Samedi 21 novembre à l'église:
- 15h30 Prière à l'Esprit Saint
- 15h45 1ère Conférence "La Joie d'être
prêtre" par le P. Craplet
- 16h30 Adoration silencieuse, temps libre.
- 17h30 2ème Conférence "Malheur à
moi si je n'évangélise pas" par M. François
Ascensio.
- 18h15 Adoration, temps libre, repas.
- 20h30 3ème Conférence "Avec les grands saints
du diocèse: S. François de Sales, le S. Curé
d'Ars, S. Pierre Chanel, S. Vincent de Paul " par le P.
Barnay.
- Heure sainte de prière.Adoration, confessions.
Dimanche 22 novembre
- 10h00 Messe pontificale célébrée par S.Em.
le Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon.
- 15h00 4ème Conférence "Prêtre, prophète
et roi" par le Cardinal Barbarin
- 16h30 vêpres et Salut du Saint Sacrement.
Fin de la retraite vers 17h00.
CRISE DES VOCATIONS:
CHRISTIAN TERRAS A LA (MAUVAISE) SOLUTION.
Avec un demi-siècle de retard, Christian Terras
(Golias) revient une énième fois sur la question
du mariage des prêtres. La solution, pour cet infaillible
pape du progressisme débridé, serait de supprimer
l'obligation du célibat sacerdotal pour voir les séminaires
se remplir à nouveau. Bien entendu, quand on est atteint
de myopie, comme semble l'être Christian Terras, on ne
peut pas imaginer que les problèmes français ne
sont pas les problèmes de l'Eglise universelle.
La chute des vocations, dans notre pays, ne serait-elle due qu'à
un problème de célibat? N'est-elle pas due aussi
- et peut-être en premier lieu - à l'état
catastrophique des séminaires diocésains?
Quel jeune acceptera d'entrer dans un séminaire où
il perdra son temps et son énergie en réunions
stériles? Quel jeune acceptera de donner sa vie pour n'avoir,
au bout de 5 ou 6 années d'études, qu'un vague
verni théologique et philosophique? Quel jeune acceptera
d'être prêtre si c'est pour devenir, aussitôt
après son ordination, l'otage d'équipes paroissiales
qui lui imposeront ce qu'il faut faire et comment il faut faire?
Quel jeune acceptera de s'encroûter, sa vie durant, dans
des paroisses où il est assuré de se faire sabrer
par son évêque sitôt qu'il voudra se montrer
un peu trop "romain", sitôt qu'il voudra respecter
la liturgie de l'Eglise, sitôt qu'il refusera de cautionner
la pastorale molle mise en place par les prêtres aînés
du secteur, dont certains, désabusés, donnent parfois
l'impression de vivre une interminable crise d'identité
sacerdotale?
Non, Monsieur Terras: comme d'habitude vous vous mettez le doigt
dans l'oeil quand vous prétendez que la chute des vocations
est due, en France, à la question du célibat et
quand vous feignez d'ignorer qu'elle est aussi le résultat
d'une démission des autorités diocésaines
dont certaines ont, hélas, partagé une partie de
vos analyses erronées.
Au demeurant, pourquoi vous limitez-vous au mariage des prêtres?
Dans votre logique, ne faudra-t-il pas envisager le droit au
PACS, à l'union libre, au divorce? Vous êtes bien
timoré dans vos revendications, Monsieur Terras!
L'INTERPRETATION
DU CHANT GREGORIEN: QUELQUES CONSEILS...
Elements de réponse aux questions posées par une
internaute.
Le problème de l'apprentissage et de l'interprétation
du grégorien qui se pose au sein de certaines chorales
est complexe. Que répondre aux personnes qui posent des
questions à ce sujet? D'abord, on peut dire qu'il n'y
a aucune "méthode" d'apprentissage et d'interprétation
pleinement satisfaisante ou parfaite: tout dépend aussi,
pour une bonne partie, du chef de choeur.
La méthode d'interprétation sont basées
sur ce qu'on apprenait jusque dans les années 1960: le
comptage et la décomposition en unités neumatiques.
C'est quelque chose qui peut être très utile pour
le déchiffrage d'une pièce et pour unifier les
voix. Cependant, ça peut aussi donner un grégorien
qui manque de vie, de chaleur, d'élan. Aussi est-il souvent
nécessaire de dépasser cette méthode pour
donner davantage de liberté au chant (c'est surtout vrai
pour les pièces ornées).
La base de tout le grégorien réside dans un principe
très simple: il s'agit de chanter intelligemment les mots
et les phrases. Pour cela, il faut voir que ce qui est essentiel,
c'est l'accent verbal: toutes les lignes mélodiques du
grégorien sont construites autour de l'accent verbal.
C'est lui qui doit "chanter", c'est lui qui doit permettre
de structurer les mélodies.
Un exemple: dans l'introït du 1er dimanche de l'Avent, considérons
les paroles du début "Ad te levavi".
Celui qui se limite au comptage mettra un ictus rythmique sur
le podatus de "LEvavi". Or l'accent verbal
du mot se trouve sur la syllabe "leVAvi"
(il y a d'ailleurs un petit accent ajouté sur la syllabe
du mot). L'ictus peut conduire ici à faire des choses
fausses: en effet, il ne faut pas appuyer la première
syllabe du mot (LE), mais faire chanter la deuxième
syllabe (VA); cette "musicalité" de la
syllabe accentuée est préparée par la syllabe
qui précède (LE) et rejaillit, mais en se
reposant, sur la syllabe qui suit (VI).
Même chose pour les mots suivants: l'accent est sur "A"
de "animam" (d'ailleurs cette syllabe est épanouie
par la montée mélodique) et on ne refait plus d'accent
sur les autres syllabes... même si le comptage pousserait
à remettre un ictus sur le podatus de "MAM".
Idem pour le mot "meam": l'accent est sur "ME",
puis l'éclairage de la syllabe suivante "AM"
se fait par la lumière de l'accent.
Attention! L'accent verbal latin est quelque chose de léger,
de chantant: il ne faut donc jamais l'alourdir ou le frapper
sous prétexte de vouloir bien le faire.
Il y a dans cette même pièce de l'Avent un autre
exemple intéressant. C'est le mot "neque".
On trouve une seule note sur "NE" et sept notes
sur "QUE" (plus un point mora au sujet duquel
il y aurait beaucoup à dire!) Généralement,
le "NE" est sacrifié par les choristes,
et l'on entend surtout le "QUE"... Or la syllabe
accentuée reste bel est bien "NE". Comment
interpréter alors? Il faut éviter de précipiter
cette première syllabe "NE", et ensuite
il faut alléger la tenue sur "QUE", ce
que confirme d'ailleurs l'écriture des manuscrits anciens
qui, sur les trois notes groupées signale une tristropha
(légère) et non une trivirga (plus "solide").
Allons un peut plus loin et considérons la montée
quilismatique sur "inimici". Le quilisma indiquait
assez souvent, à l'origine, l'emplacement d'un demi-ton
qui pouvait faire problème (ici, si/do) et il marquait
une sorte d'élan de la montée (amplification?).
Or si l'on marque très "scolairement" le point
mora de la première note, on aura toutes les chances -
ou plutôt les risques - de briser cet élan.
Certes, pour faire un bon élan, il faut bien prendre appui
sur quelques chose... à condition de ne pas rester coller
dessus! L'élan doit donc être judicieusement réparti
sur les quatre notes de la syllabe "MI" en sorte
que tout vienne s'épanouir sur la dernière note
do.
Ce ne sont là que quelques indications. Tout maître
de choeur devra aussi tenir compte des possibilités des
ses choristes et de l'acoutisque de l'église. L'essentiel
n'est-il pas d'abord de faire un grégorien vivant qui
suscite la joie de s'unir à la prière chantée
de l'Eglise?
LA LITURGIE:
UNE FRESQUE A DEGAGER
Selon certains fidèles attachés de façon
exclusive à la forme "extraordinaire" du rite
romain, la liturgie restaurée à la suite de Vatican
II serait condamnée a disparaître à plus
ou moins longue échéance. A les entendre, un retour
à la "messe tridentine" serait amorcé
et irréversible. Quel crédit apporter à
de tels propos? Regardons la réalité en face.
1. Nulle part le Motu proprio Summorum pontificum de Benoît
XVI ne parle ou n'évoque l'idée d'un remplacement
de la forme "ordinaire" de la liturgie romaine par
la forme "extraordinaire". Dans la Lettre qu'il a adressée
aux évêques, le Saint-Père enseigne très
clairement que "les deux formes d'usage du rite romain peuvent
s'enrichir réciproquement. (...) Dans la célébration
de la messe selon le missel de Paul VI, pourra être manifestée
de façon plus forte que cela ne l'a été
souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité
qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien."
Et Benoît XVI d'ajouter que "la meilleure garantie
pour que le missel de Paul VI puisse unir les communautés
paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer
avec beaucoup de révérence et en conformité
avec les prescriptions; c'est ce qui rend visible la richesse
spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel."
Il semble bien que ce soit en tablant sur une mise en oeuvre
correcte du missel "de Paul VI" sur la base de l'acceptation
de la forme "extraordinaire", que le Saint-Père
compte parvenir à une union des communautés paroissiales.
2. Si la forme "ordinaire" de la liturgie romaine était
destinée à disparaître pour être peu
à peu remplacée par la forme "extraordinaire",
on ne voit pas pourquoi le Vatican aurait publié une version
améliorée du missel "de Paul VI" et l'on
ne voit pas pourquoi le Siège apostolique travaillerait
aux traductions en langues courantes de ce même missel.
3. Dans la Lettre aux évêques qui accompagne le
Motu proprio Summorum pontificum, le pape Benoît
XVI écrit lui-même que "le nouveau missel (i.e.
celui de Paul VI n.d.l.r.) restera certainement la
forme ordinaire (i.e. normale, habituelle... n.d.l.r.)
du rite romain, non seulement en raison des normes juridiques,
mais aussi à cause de la situation réelle dans
lesquelles se trouvent les communautés de fidèles."
4. Enfin, il faut voir que les questions liturgiques, telles
que nous connaissons en France, ne touchent de loin pas l'ensemble
du monde catholique. A l'échelle de l'Eglise universelle,
une majorité de fidèles les ignore. De ce fait,
qui serait assez naïf pour penser que Rome pourrait autoriser
les fidèles des diocèses France à se constituer
en Eglise ayant une forme rituelle spécifique? (La question
est différente pour les communautés religieuses.)
Ainsi, s'il est tout à fait légitime que les fidèles
qui préfèrent la forme "extraordinaire"
du rite romain puisse la trouver facilement dans des églises
de leurs diocèses, il est tout aussi légitime de
veiller à ce que les fidèles qui préfèrent
la forme "ordinaire" puissent la trouver dans toutes
les paroisses.
On nous répondra que cette forme "ordinaire"
existe (nos évêques font comme si elles existait).
C'est absolument faux!
Aux fidèles qui se rendent dans les paroisses pour participer
à la messe, on ne sert qu'une sorte de bouillie liturgique
fait de morceaux plus ou moins reconnaissables de forme "ordinaire"
qui nagent dans la mauvaise sauce préparée par
les soins du célébrant ou d'une équipe liturgique.
C'est lourd, indigeste... et ce n'est pas la "forme"
ordinaire de la liturgie, laquelle doit intégrer le sérieux,
la dignité, le sens du sacré qu'on trouve généralement
dans la forme "extraordinaire".
Que faire alors pour garantir la mise en oeuvre correcte de la
forme "ordinaire"?. La réponse est assez simple:
nous devons travailler pour faire en sorte qu'entre la forme
"extraordinaire" et la forme "ordinaire"
de la liturgie la relation soit clairement marquée. Nous
devons suivre le programme clairement établi par la Cardinal
Ratzinger qui, comparant la liturgie romaine à une fresque
abimée par le temps, soulignait dans son livre sur "L'esprit
de la liturgie" que "grâce au "Mouvement
liturgique", puis de façon plus nette lors du Concile
Vatican II, la fresque fut dégagée, et pendant
un instant, nous restâmes fascinés par la beauté
de ses couleurs et de ses motifs."
Le Concile avait redonné des couleurs à la liturgie...
Mais très vite, certains clercs - évêques
y compris, comme le soulignait le Cardinal Ratzinger - y ont
ajouté leurs barbouillages en prétendant faire
oeuvre d'artistes.
Ce sont ces barbouillages qu'il faut s'empresser d'enlever si
l'on veut savoir à quoi ressemble vraiment la forme "ordinaire"
du rite romain. Nous devons nous y employer, quitte pour ce faire
à passer par-dessus la tête de ceux qui n'ont toujours
pas compris que les fidèles ne supportent plus leurs façons
inconvenantes de traiter la liturgie de l'Eglise.
LA REFORME DE
LA REFORME: UNE URGENCE
"La réforme de la réforme de la
liturgie demeure une priorité." C'est ce que vient
de déclarer le Secrétaire de la Commission "Ecclesia
Dei", Mgr Guido Pozzo, dans une récente interview
à "L'Homme Nouveau"
Mgr Pozzo rappelle qu'il est important de redécouvrir
le sens profond et le caractère sacré de la liturgie
catholique, et souligne que les deux formes du rite romain ont
une égale valeur.
Mgr Pozzo a également annoncé la publication -
à une date non précisée - d'un document
visant à clarifier certaines questions liées au
Moto Proprio Summorum Pontificum.
UN TEXTE D'UNE
GRANDE ACTUALITE
"Certains ont voulu transformer l'Eglise et pour
cela changer la foi.
Des équipes dans l'Eglise et hors de l'Eglise, ont travaillé
méthodiquement à déstructurer le catholicisme:
déstructuration du dogme, déstructuration de la
morale, déstructuration de la discipline, du Droit canon
et de la liturgie... En psychiatrie, on sait fort bien à
quoi aboutit une déstructuration méthodique: d'abord
à un retour à l'adolescence, puis à des
névroses, parfois à de graves psychoses.
telle est bien la situation actuelle d'une partie de l'univers
catholique: un retour à l'adolescence et aux rêves,
avec des névroses individuelles et collectives, parfois
même avec des psychoses très réelles. Trop
de prêtres ne sont plus adultes. Certes, ils sont généreux,
mais ils ne mesurent plus les conséquences de leur choix.
Ils sont sincères, mais inconscients des catastrophes
qu'ils préparent et du mal qu'ils font aux chrétiens
(...).
Il serait certainement difficile d'énumérer toutes
les causes de cette crise. [L'une d'elles est] une mauvaise interprétation
de Vatican II.
Vatican II est un concile pastoral qui veut rajeunir l'Eglise
en l'adaptant plus exactement au monde moderne. Il y avait deux
manières de l'interpréter:
1. On pouvait situer Vatican II dans la série des Conciles
passés et à venir... donc l'éclairer par
la foi globale de l'Eglise, dans une dialectique vivante: Vatican
II apportant des lumières et la tradition chrétienne
découvrant au Concile toute sa signification grâce
à l'Ecriture, grâce aux Pères et aux diverses
théologies, grâce aux définitions dogmatiques,
grâce à la vie même de l'Esprit visiblement
présent dans l'Eglise chez les saints. (...) C'était
la voie qu'il fallait suivre.
2. On pouvait aussi faire de Vatican II un point de rupture,
le signe d'une mutation absolue et l'interpréter en fonction
d'un Vatican III mythique ou d'un futur Concile de Jérusalem.
C'est, hélas, ce qu'ont fait certains, n'hésitant
pas à rejeter vingt siècles de christianisme et
à proposer une nouvelle forme de vie chrétienne,
toute différente de l'ancienne. Cela est inacceptable:
en rendant incohérente la logique intérieure de
la foi, c'est la foi elle-même qu'on détruit."
Gérard SOULAGES, 1979.
L' "ESPRIT
DE LA LITURGIE"
par Don Mauro GAGLIARDI
Consulteur du Bureau des Célébrations liturgiques
du Souverain Pontife
Comme chacun sait, à l'occasion du 150ème
anniversaire du dies natalis du saint Curé
d'Ars, le Saint-Père Benoît XVI a proclamé
l'Année sacerdotale (juin 2009 - juin 2010). L'intention
est de "contribuer à promouvoir un engagement de
renouveau intérieur de tous les prêtres afin de
rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage
évangélique dans le monde d'aujourd'hui" (1).
Saint Jean-Marie Vianney n'a pas seulement incarné de
son vivant un modèle suprême de prêtre; il
a toujours annoncé avec clarté et avec force l'incomparable
dignité du sacerdoce et le rôle central du ministère
ordonné au sein de l'Eglise. Puisant dans ses enseignements,
le Saint-Père a reproposé ces paroles du Saint:
"Oh! que le prêtre est quelque chose de grand! S'il
se comprenait, il mourrait... Dieu lui obéit: il dit deux
mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se
renferme dans une petite hostie!" Et encore: "Si nous
n'avions pas le sacrement de l'Ordre, nous n'aurions pas Notre
Seigneur. Qui est-ce qui l'a mis là, dans le tabernacle?
Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme
à son entrée dans la vie? Le prêtre. Qui
la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage?
Le prêtre. Qui la préparera à paraître
devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière
fois dans le sang de Jésus-Christ? Le prêtre, toujours
le prêtre... Et si cette âme vient à mourir
à cause du péché, qui la ressuscitera, qui
lui rendra le calme et la paix? Encore le prêtre... Après
Dieu, le prêtre c'est tout. Le prêtre ne se comprendra
bien que dans le ciel" (2).
Comme on le voit, saint Jean-Marie identifie la grandeur du prêtre
avec une référence privilégiée au
pouvoir qu'il exerce dans les sacrements au nom et en la Personne
du Christ (in persona Christi). Benoît XVI a mis
en évidence ce fait, reprenant encore d'autres paroles
du Curé d'Ars, qui se réfèrent tout particulièrement
au ministère de la célébration de la Sainte
Eucharistie. Le pape écrit que le Saint "était
convaincu que toute la ferveur de la vie d'un prêtre dépendait
de la messe: la cause du relâchement du prêtre, c'est
qu'on ne fait pas attention à la messe! Hélas!
Mon Dieu! qu'un prêtre est à plaindre quand il fait
cela comme une chose ordinaire!" (3).
L'Année sacerdotale propose à notre réflexion
la figure du prêtre et, de manière spéciale,
sa dignité de ministre ordonné qui célèbre
les sacrements, au bénéfice de toute l'Eglise,
en la personne du Christ, Grand Prêtre Eternel (4).
En cette Année Sacerdotale, célébrée
entre 2009 et 2010, d'autres anniversaires méritent d'être
évoqués, car ils sont intimement liés au
caractère eucharistique de la dignité sacerdotale.
En 1969, le pape Paul VI promulguait, avec la Constitution apostolique
Missale Romanum, le nouveau missel romain établi
après le Concile Vatican II.
En cette année 2009, nous célébrons donc
le 40ème anniversaire de cette promulgation. L'année
prochaine 2010, nous fêterons deux autres anniversaires,
eux aussi directement liés à la célébration
de l'Eucharistie. Le premier coïncide avec le 40ème
anniversaire (1970-2010) de la promulgation de l'Editio typica
définitive (la première) de l'Institutio
Generalis Missalis Romani. Le second coïncide avec le
440ème anniversaire de la promulgation du missel actuellement
dénommé Vetus Ordo ou Usus
antiquior, promulgué par saint Pie V avec la Constitution
apostolique Quo primum, du 14 juillet 1570.
Cette Constitution est évoquée, en même temps
que le missel de saint Pie V, dès les premiers mots de
ladite Constitution apostolique Missale Romanum de
Paul VI, le nouveau missel romain de Paul VI (5).
Les deux missels, unis également dans la célébration
de leurs anniversaires respectifs, sont deux formes de l'unique
lex orandi ("loi de la prière")
de l'Eglise de rite latin. Le Saint-Père Benoît
XVI s'est exprimé à ce sujet, enseignant, à
propos du missel de Paul VI, que "le missel romain promulgué
par saint Pie V et réédité par le bienheureux
Jean XXIII doit être considéré comme l'expression
extraordinaire de la même lex orandi de l'Eglise
et être honoré en raison de son usage vénérable
et antique. Ces deux expressions de la lex orandi de l'Eglise
n'induisent aucune division de la lex credendi ("loi
de la foi") de l'Eglise; ce sont en effet deux mises en
oeuvre de l'unique rite romain.
Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de
la messe suivant l'édition type du missel romain promulgué
par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé,
en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l'Eglise"
(6).
La possibilité d'une coexistence sereine et harmonieuse
des deux formes de l'unique rite romain a été enfin
indirectement affirmée par la présence simultanée
des Ordines Missae (bienheureux Jean XXIII et Paul VI)
au sein du Compendium Eucharisticum, qui vient d'être
publié par la Congrégation pour le culte divin
et la discipline des sacrements (7).
La coïncidence de ces différents anniversaires a
dicté le thème que la rubrique Esprit de la
Liturgie se propose d'approfondir cette année:
celui du "prêtre dans la célébration
eucharistique". A travers de courts articles publiés
à raison d'un article tous les 15 jours, rédigés
par des théologiens, liturgistes et canonistes compétents,
nous chercherons à présenter d'une manière
claire et accessible le rôle et la fonction du prêtre
dans les différentes parties de la messe, en gardant présents
à l'esprit les deux missels dont nous célébrons
les anniversaires. J'augure que ces articles pourront aider les
prêtres à saisir l'opportunité de réflexion
et de conversion qui leur est offerte par l'Année sacerdotale,
et les inciter à une exigence et une attention de plus
en plus grandes dans l'ars celebrandi.
Espérons en outre que les contributions qui seront peu
à peu publiées pourront aider aussi les autres
lecteurs - religieux, religieuses, séminaristes, fidèles
laïcs - à reconsidérer avec une attention
accrue, et à vénérer avec un profond respect
religieux, la grandeur du mystère eucharistique et la
dignité du ministère sacerdotal, ainsi qu'à
redécouvrir son rôle central dans la vie et dans
la mission de l'Eglise.
à suivre
NOTES
(1) Benoît XVI, Lettre pour l'Année sacerdotale,
16.06.2009
(2) Ibid.
(3) Ibid.
(4) "C'est avant tout lors de la synaxe (culte eucharistique)
que les prêtres exercent leur fonction (munus) sacrée;
là, tenant la place du Christ [In persona Christi]
et proclamant son mystère, ils joignent les prières
des fidèles au sacrifice de leur Chef et, dans le sacrifice
de la messe, ils rendent présent à nouveau et appliquent
jusqu'à la venue du Sauveur l'unique sacrifice du Nouveau
Testament, celui du Christ, qui s'est offert une fois pour toutes
au Père comme victime immaculée"; Concile
Vatican II, Lumen gentium, n. 28; AAS 57 (1965),
p. 34. Cf. également Presbyterorum Ordinis,
nn. 2; 12; 13.
(5) Cf. Paul VI, Missale Romanum, 03.04.1969; AAS
61 (1969), p. 217.
(6) Benoît XVI, Summorum Pontificum, 07.07.2007,
art. 1.
(7) Cf. Congrégation pour le culte divin et la discipline
des sacrements, Compendium Eucharisticum, LEV, Cité
du Vatican 2009. La mise au point de ce texte a été
confiée directement à la Congrégation par
le Saint-Père, qui en avait fait l'annonce dans l'Exhortation
apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis,
22.02.2007, n. 93.
OÙ DONC
EST LA FORME "ORDINAIRE" DE LA LITURGIE ROMAINE?
Des fidèles organisent des rencontres, des
débats, des colloques pour étudier les deux formes
du rite romain. On souhaite ainsi discuter et comparer une forme
à l'autre. De telles initiatives sont très louables
et s'inscrivent dans la ligne du Motu proprio Summorum pontificum
pour autant qu'elles ne visent pas à faire de la forme
"extraordinaire" un absolu, ce qui serait contraire
aux intentions du Souverain Pontife.
Seulement, il y a un problème de taille! Pour comparer
les deux formes du rite romain, il faudrait que ces deux formes
existent. Or, si la forme extraordinaire existe bel et bien et
si les fidèles qui la fréquentent savent à
quoi elle ressemble, il n'en va pas de même pour la forme
ordinaire: rares sont, en effet, les fidèles qui l'ont
vue, qui la connaissent, qui peuvent en discuter...
Les échanges qui se feront lors de ces rencontres et de
ces colloques risquent donc fort de partir sur des idées
fausses à propos de la forme ordinaire du rite romain.
La forme ordinaire n'existe pas... "ordinairement"
dans nos paroisses. C'est un fait reconnu. Et qui ne date pas
d'aujourd'hui!
- en 1988, Jean-Paul II écrit qu' "il faut reconnaître
que l'application de la réforme liturgique s'est heurtée
à des difficultés (...) Il en est résulté
des attitudes diverses et même opposées vis-à-vis
de la réforme."
- en 1996, Mgr Moutel fait remarquer que les compositions musicales
en usage dans les célébrations liturgiques sont
"pauvres, approximatives, et insuffisantes pour éduquer
à une expression juste de la foi."
- toujours en 1996, Mgr Jullien écrit que nos communautés
souffrent "d'un déficit liturgique, d'une pauvreté
des signes, d'un oubli de la symbolique, d'une méconnaissance
de l'esthétique, et ici ou là du refus de formes
de la prière de l'Eglise dont nous ne sommes pas maîtres."
- encore en 1996, un Cardinal écrit: "La situation
liturgique réelle, comme elle se présente par exemple
en France, est un (...) problème. On peut y observer (...)
la rareté des célébrations faites vraiment
selon les livres édités par Paul VI."
- en 1998, un moine bénédictin écrit au
nom de son Père Abbé: "Je pense que si tout
le monde avait célébré la messe de Paul
VI comme elle est célébrée à l'Oratoire
de Brompton (GB), il n'y aurait pas eu de problèmes. Je
pense aussi à des endroits comme (...) Solesmes, Saint-Wandrille,
Kergonan (...) où la célébration de la nouvelle
messe ne provoque pas la même impression d'ensemble que
dans tant de nos paroisses françaises."
- en 2000, Mgr Lagoutte reconnaît qu'il n'y a, en France,
que "quelques églises où l'Ordo de Paul VI
est observé avec rigueur."
- en 2005, Mgr Doré écrit que "demander que
la liturgie soit célébrée comme le veut
le missel conduirait à s'écarter de ce qui se fait
ordinairement dans nos paroisses."
Et l'on ne citera pas ici les nombreuses allusions faites par
le Cardinal Ratzinger/Benoît XVI au sujet des "déformations"
plus ou moins graves de la forme ordinaire du rite romain, la
dernière de ces allusions étant contenue dans la
Lettre que le Saint-Père a adressée aux évêques
en même temps que le Motu proprio Summorum pontificum.
Ainsi donc, vouloir discuter des deux formes de la liturgie romaine
pour en évaluer les différents aspects ou intérêts
semble pour le moins problématique. Car, comme le reconnaissent
les évêques de France eux-mêmes, l'authentique
héritage de Vatican II est totalement ignoré de
la grande majorité des fidèles.
Mais pour ces mêmes évêques, rien ne doit
changer... C'est probablement ce que, en France, on appelle "être
en union avec le pape".
|