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1)
Avant propos
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Plutôt
que de rédiger une synthèse, j'ai choisi de sélectionner
des phrases tout au long de ce livre. Publier des
extraits peut être discutable puisque de ce fait on les
retire de leur tout. Cependant, j'ai
reproduit la totalité des titres de chapitres, de
paragraphes et sous-titres afin que chaque phrase
soit localisée. Cette présentation permet également
d'avoir un aperçu de l'étendu du travail d'Edgar
Morin sur son sujet, l'éthique, et de toutes ses
nuances.
J'ai
cependant quelques (rares) points de
divergence. J'ai en effet relevé quelques sujets
qui méritent, à mon sens, d'être relativisés,
en particulier concernant le pardon et le déni.
Ceux-ci ne représentent
qu'une exception à l'ensemble du livre qui exprime un niveau
de clairvoyance et d'universalité remarquables.
J'espère
que vous résisterez à la tentation de vous
contenter de la lecture de ces extraits, qui
peuvent certes donner des points de repère dans
cet enseignement de l'éthique, mais qui ne
peuvent en aucun cas refléter la richesse et la
globalité du livre. Je ne saurais trop vous
conseiller d'acquérir ce livre et de le lire tout
entier.
©
j. abadie |
2)
Morceaux choisis
Première
partie : La pensée éthique et l'éthique de la pensée
I
- La pensée éthique
(...)
"Ainsi
tout se passe comme si chaque individu-sujet comprenait en
lui-même un double logiciel, l'un commandant le
"pour soi", l'autre commandant le "pour
nous" ou "pour autrui". L'un commandant l'égoïsme,
l'autre l'altruisme. La fermeture égocentrique nous rend
autrui étranger, l'ouverture altruiste nous le rend
fraternel. Le principe d'égocentrisme porte en lui la
potentialité de concurrence et d'antagonisme à l'égard
du semblable, voire du frère et conduit Caïn au meurtre."
(...)
La
reliance éthique (p. 16)
"Tout
regard sur l'éthique doit percevoir que l'acte moral est
un acte individuel de reliance : reliance avec autrui,
reliance avec une communauté, reliance avec une société,
et à la limite reliance avec l'espèce humaine."
(...)
...
individu et société ont double nature."
(...)
"Les
sources de l'éthique sont également naturelles dans le
sens où elles sont antérieures à l'humanité, où le
principe d'inclusion est inscrit dans l'auto-socio-organisation
biologique de l'individu et se transmet via la mémoire génétique.
Les sociétés de mammifères sont à la fois
communautaires et rivalitaires." (...) Les individus
sont dévoués à leur progéniture, mais aussi parfois
capables de manger leurs enfants."
(...)
"Le
sentiment de communauté, au sein des sociétés
historiques est et sera source de responsabilité et de
solidarité, elles-mêmes sources de l'éthique. Grâce au
langage, l'éthique de communauté devient explicite dans
les sociétés archaïques, avec ses prescriptions, ses
tabous, et son mythe d'ancêtre commun."
(...)
L'autonomie
morale (p.18)
(...)
"Les
progrès de la conscience morale individuelle et ceux de
l'universalisme éthique sont liés."
La
modernité éthique, les grandes dislocations (p. 19)
(...)
"Depuis
Machiavel, l'éthique et la politique se sont trouvés
officiellement disjointes dans la conception où le
Prince (le gouvernant) est tenu d'obéir à l'utilité,
et l'efficacité et non à la morale."
(...)
"Le
développement technique, inséparable des développements
scientifiques et économiques a permis le surdéveloppement
de la rationalité instrumentale, qui peut être mise au
service des fins les plus immorales."
(...)
L'individualisme
éthique (p.21)
(...)
"...une
distanciation s'effectue entre l'éthique individuelle et
celle de la cité".
(...)
"...
l'égocentrisme se développe dans tous les
domaines..."
(...)
"Il
y a érosion du sens sacré de la parole donnée,
du sens sacré de l'hospitalité, soit l'une des racines
les plus anciennes de l'éthique. La profanation de
ce qui fut sacré entraîne sa profanation."
La
crise des fondements (p. 22)
(...)
"Le
sens de la responsabilité est rétréci, le sens de la
solidarité est affaibli."
(...)
Ressourcer
l'éthique (p. 25)
(...)
"Cette
régénération peu partir du réveil intérieur de la
conscience morale, du surgissement d'une foi ou d'une espérance,
d'une crise, d'une souffrance, d'un amour, et aussi,
aujourd'hui, de l'appel qui vient du vide éthique, du
besoin qui vient du dépérissement éthique.
Il
ne s'agit donc pas pour nous de trouver un fondement pour
l'éthique, mais à la fois de la ressourcer et de la régénérer
dans la boucle de reliance."
|
individu
t
espèces t
société |
|
|
m
r m r
o |
(...)
II
- Le ressourcement cosmique
Les
sources de la reliance (p.30)
(...)
"A
l'échelle des individus comme celle de l'histoire
humaine, nous vivons dans la dialogique créatrice
destructrice :
|
ordre
- désordre - interactions
- organisation |
" |
|
m
r m r m
r o |
"...la
conscience humaine est à la fois fragile et
hyper-minoritaire."
(...)
L'Organisation
fonde l'unité du multiple et assure la multiplicité dans
l'un ; elle introduit les émergences, qualités et propriétés
inconnues au niveau de ses constituants isolés ; elle
engendre des métamorphoses. Sans organisation, l'univers
ne serait que dispersion."
(...)
L'humaine
reliance (p.32)
(...)
"Beaucoup
de sociétés historiques ont considéré comme vital de
se relier au cosmos dans des cultes aux souverains célestes,
Soleil et Lune, et dans des rites accomplis, non seulement
pour bénéficier de l'aide et de la protection des dieux,
mais aussi pour renouveler les énergies cosmiques, comme
les rites aztèques sacrifiant des centaines d'adolescents
pour aider le Soleil à se régénérer. Le lien entre
mort et régénération est profondément inscrit dans nos
mythes et les sacrifices sont des rites où l'on met à
mort pour régénérer."
(...)
"Nous
sommes intégrés dans le jeu (tétragramme) cosmique
entre forces de reliance et force de déviance, forces
d'organisation et forces de désorganisation, forces d'intégration
et forces de désintégrations, soumis à toutes les ruses
du diabolus (le séparateur) et pratiquant les
ruses qui consistent à utiliser le diabolus pour
relier à travers la séparation, au-delà de la séparation,
et à utiliser la mort (irrémédiable séparation
d'atomes et molécules) pour nous régénérer."
(...)
"L'éthique
est pour les individus autonomes et responsables,
l'expression de l'impératif de reliance. Tout acte éthique,
répétons le, est en fait un acte de reliance, reliance
avec autrui, reliance avec les siens, reliance avec la
communauté, reliance avec l'humanité et, en dernière
instance, insertion dans la reliance cosmique."
(...)
"L'amour
est l'expression supérieure de l'éthique.... l'amour a
toujours besoin d'une conscience rationnelle en
veilleuse."
(...)
Au
cœur du mystère (p.35)
"Pourrons-nous
un jour comprendre le mystère de la reliance cachée ? le
mystère de la deliance invisible ?"
III.
L'incertitude éthique
Principe
d'incertitude dans la relation intention-action (p.
39)
(...)
Écologie
de l'action (p.40)
(...)
"Ainsi
l'action risque non seulement l'échec, mais aussi le détournement
ou la perversion de son sens." ... Les effets de
l'action dépendent non seulement des intentions de
l'acteur, mais aussi des conditions propres au milieu où
elle se déroule.
Ainsi, en concevant le contexte de l'acte, l'écologie de
l'action introduit l'incertitude et la contradiction dans
l'éthique".
Limite
de la prévisibilité (p. 41)
(...)
Double
et antagoniste nécessité du risque et de la précaution
(...)
Inconscience
ou négligence des effets secondaires pervers d'une action
jugée salutaire
(...)
Incertitude
dans la relation entre la fin et les moyens (p.43)
(...)
Permutation
de finalités selon les circonstances
(...)
"Dans
l'impossibilité d'un succès, ne faut-il pas recourir à
une éthique de la résistance ?"
(...)
Dérives
et inversions (p.44)
(...)
"En
situation de guerre ou d'occupation, l'obéissance aux
ordres de torture ou d'assassinats provoque la dégradation
morale de ceux qui ne peuvent ou n'osent s'y soustraire.
Une expérience de Stanley Milgram illustre la dérive par
soumission à l'autorité..."
(...)
"N'est-ce
pas la médiocrité qui serait à la fois le jouet et l'exécutant
des plus basses oeuvres de l'histoire humaine ?"
(...)
Les
contradictions éthiques (p.46)
(...)
Les
impératifs éthiques contraires
(...)
"Il
y a les contradictions de la tolérance. Jusqu'à quel
point tolérer ce qui risque de détruire la tolérance
?"
(...)
"...
l'impératif universel peut disparaître au profit de
l'impératif particulier (les siens)... De même nous
devons affronter le conflit entre les injonctions
antagonistes de préserver l'immédiat et le moyen
terme."
(...)
La
dialogique éthico-politique (p. 51)
(...)
Incertitude
et contradiction éthiques dans les sciences (p.52)
(...)
"Hiroshima
a révélé que les pouvoirs bienfaisants de la découverte
scientifique pouvaient s'accompagner de pouvoirs
terrifiants."
(...)
"De
nouveaux progrès ont fortement ébranlé le sens de la
notion de père, de mère, d'enfant et introduit une
incertitude en chacune de ces notions."...
"Notons aussi pour bientôt l'antagonisme entre
liberté de choix du sexe, des traits morphologiques et
des aptitudes de l'enfant, et le risque de normalisation
biologique de l'être humain. Faudra-t-il éliminer les
anormaux potentiels alors que nous savons que l'invention
et la créativité viennent d'individus hors normes
?"
(...)
L'illusion
éthique (p.55)
(...)
L'histoire de l'humanité nous montre sans cesse que
l'amour et la fraternité, expressions suprêmes de la
morale, sont faciles à tromper."
(...)
L'illusion
intérieure (p.56)
(...)
"La
mémoire et l'oubli sélectifs sont ainsi des opérateurs
d'illusion."
(...)
Ripostes
à l'incertitude et à la contradiction (p.57)
(...)
Puisque
les conséquences d'une action juste sont incertaines, le
pari éthique, loin de renoncer à l'action par peur des
conséquences, assume cette incertitude, reconnaît ses
risques, élabore une stratégie."
(...)
Conclusion
: la complexité éthique (p. 59)
(...)
"L'incertitude
s'introduit à l'intérieur du juste et du bien : Où
est la justice ? Où est la vérité éthique supérieure
? Loi ? Châtiment ? Miséricorde ? Pardon ?".
(...)
"Nous
devons assumer les contradictions de l'action..."
IV
L'éthique de pensée
L'éthique
de la connaissance et la connaissance de l'éthique
(p.63)
Le
lien
(...)
"L'éthique
de la connaissance comporte la lutte contre l'aveuglement
et l'illusion..."
(...)
"Nous
ne devons, ni ne pouvons concevoir une éthique insulaire,
solitaire."
Le
mal-penser (p.64)
(...)
"La
parcellarisation, la compartimentation, l'atomisation du
savoir rendent incapable de concevoir un tout dont les éléments
sont solidaires, et par là tendent à atrophier la
connaissance des solidarités et la conscience de
solidarité. Elles enferment l'individu dans un secteur
cloisonné et par là tendent à circonscrire étroitement
sa responsabilité. Ainsi le mal-penser ronge l'éthique
à ses sources : solidarité / responsabilité.
L'incapacité de voir le tout, de se relier au tout désolidarise
et irresponsabilise."
Le
"travailler à bien penser"
-
(...)
- (...)
- (...)
- (...)
- (...)
- (...)
- dépasse le réductionnisme et le holisme en liant
-
(...)
- inscrit le présent dans la relation circulaire
|
passé
t
présent t
futur |
|
|
m
r m r o |
-
(...)
- (...)
- (...)
- (...)
- (...)
- (...)
- opère ses diagnostics en tenant compte du contexte et
de la relation local-global,
- (...)
- (...)
(...)
"Le
"travailler à bien penser" s'efforce
aujourd'hui de concevoir l'ère planétaire et d'y
inscrire l'éthique. Il peut dès lors concevoir concrètement
la solidarité et la responsabilité humaines dans l'idée
de Terre-Patrie et régénérer un humanisme.
De
la pensée complexe à l'éthique (p. 68)
(...)
L'éthique
éclairée / éclairante (p. 69)
(...)
|
épistémologie
t
anthropologie t
éthique |
|
|
m
r m
r o |
(...)
"Oui,
comme nous le verrons plus loin, la morale est lucide,
parfois extra-lucide, en résistant à la barbarie de
l'esprit."
Deuxième
partie : Éthique, science politique
I
- Science / technique / société / politique
(p. 73)
(...)
"La
science aventure désintéressée est captée par les intérêts
économiques, la science aventure apolitique est captée
par les forces politiques, au premier chef les États."
(...)
La
tache aveugle (p. 75)
(...)
"De
plus, l'hyper-spécialisation contribue puissamment à la
perte de la vision ou conception d'ensemble car les
esprits enfermés dans leur discipline ne peuvent appréhender
les solidarités qui unissent les connaissances entre
elles. Une pensée aveugle au global ne peut saisir ce qui
unit les éléments séparés."
(...)
Les
compromis éthiques
(...)
Vers
la réforme
(...)
Vers
la transformation de la nature humaine ? (p. 80)
(...)
"On
va dans ce sens, vers un eugénisme préventif.
(programmation génétique du sexe) On commence par éliminer
dans l'œuf les éléments génétiques, puis on risque d'éliminer
les déviants potentiels, anticipant in vivo la
liquidation des déviants réels qu'ont opérée les régimes
totalitaires (alors que, dans un univers totalitaire, la
pathologie est celle de l'état et non pas celle des
citoyens dissidents )."
(...)
Conclusions
(...)
"La
physique nucléaire avait fait exploser sa bombe au cœur
de l'éthique. La biologie y installe une machine
infernale."
(...)
"La
science est une affaire trop sérieuse pour être laissée
aux mains des scientifiques".
(...)
II
- Éthique et politique (p.
85)
(...)
"Le
retour de la torture est l'indicateur sans équivoque
d'une régression barbare au cœur des
civilisations."
(...)
Les
grandes incertitudes
(...)
Réalisme
et éthique
(...)
"Le
vrai réalisme se fonde sur l'incertitude du réel".
(...)
Crise
(p. 91)
(...)
"Les
crises favorisent les interrogations, stimulent les prises
de conscience, les recherches de solutions nouvelles, et
dans ce sens aident les forces génératives (créatrices)
et régénératrices sommeillant dans l'être individuel
comme dans l'être social. Mais en même temps les crises
favorisent les solutions névrotiques ou pathologiques,
c'est à dire la désignation, la persécution, voire
l'immolation d'un bouc émissaire (individu, groupe,
classe, ethnie, race), la recherche de solutions
imaginaires ou chimériques."
(...)
Y
a-t-il de l'espérance ? (p. 92)
(...)
"Il
nous faut d'abord constater l'échec historique de toute
tentative d'amélioration humaine..."
(...)
"Le
mal éthique est dans la barbarie des rapports humains au
cœur même de la civilisation. Tant que nous demeurerons
tels, nous resterons et replongerons dans la
barbarie."
(...)
Troisième
partie - Auto-éthique
>>>
(page 2)
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