|
Troisième
partie - Auto-éthique
I
- l'individualisme éthique (p.
97)
(...)
"L'auto-éthique
se forme au niveau de l'autonomie individuelle, au-delà
des éthiques intégrées et intégrantes, encore que des
racines ou des rameaux de ces éthiques demeurent souvent
dans l'esprit individuel. En tout cas, les deux autres
branches de l'éthique (éthique civique ou socio-éthique,
anthropo-éthique ou éthique du genre humain) doivent
aujourd'hui passer par conscience et décision
personnelle."
(...)
II
- La culture psychique (p.
101)
"Le
problème éthique central, pour chaque individu, est
celui de sa propre barbarie intérieure. C'est pour
surmonter cette barbarie que l'auto-éthique constitue une
véritable culture psychique, plus difficile mais plus
nécessaire que la culture physique."
|
Tableau
auto-éthique (p. 101) |
1.
L'éthique de soi à soi comportant :
-
auto-examen
-
autocritique
-
honneur
-
tolérance
-
pratique de la récursion éthique
-
lutte contre la moraline
-
résistance au talion et au sacrifice d'autrui
-
prise en charge responsable
2.
Une éthique de la compréhension
-
avec la conscience de la complexité et des
dérives humaines
-
avec l'ouverture à la magnanimité et au pardon
3.
Une éthique de la cordialité (avec courtoisie,
civilité)
4.
Une éthique de l'amitié
|
(...)
(chaque
item est développé dans le livre)
III.
Éthique de la reliance
(...)
"L'éthique
altruiste est une éthique de reliance qui demande de
maintenir l'ouverture sur autrui, de sauvegarder le
sentiment d'identité commune, de raffermir et de tonifier
la compréhension d'autrui."
(...)
L'impératif
de reliance (p. 114)
(...)
L'exclusion
de l'exclusion : la "reconnaissance"
(...)
"L'offense,
le mépris, la haine excluent : exclure l'exclusion
requiert l'aversion pour l'offense, la haine de la haine,
le mépris du mépris."
(...)
Le
respect d'autrui : la courtoisie
(...)
L'éthique
de tolérance (p. 117)
(...)
"La
tolérance, en se refusant à l'intimidation, à
l'interdiction, à l'anathème, donne le primat à
l'argument, au raisonnement, à la démonstration."
(...)
L'éthique
de la liberté (p. 118)
"Si
la liberté se reconnaît à la possibilité de choix -
possibilité mentale d'examiner et de formuler les choix,
possibilité extérieur d'exercer un choix - l'éthique de
liberté pour autrui se résumerait à la parole de von
Forester : "Agis en sorte qu'autrui puisse augmenter
le nombre de choix possible."
L'éthique
de l'amitié
(...)
"Le
devoir d'amitié peut se trouver en antagonisme avec
d'autres devoirs sacrés ; il rencontre alors les
contradictions éthiques indiquées plus haut. Le choix
déchirant peut appeler le sacrifice de l'amitié, jamais
la trahison de l'ami."
L'éthique
de l'amour ((p. 119)
(...)
"L'amour
véritable considère l'être aimé comme égal et libre ;
comme le dit Tagore, "il exclut la tyrannie comme la
hiérarchie"."
(...)
"Au
plus froid de la raison, il nous faut passion,
c'est-à-dire amour."
IV.
Éthique de la compréhension
Reconnaître
l'incompréhension (p. 121)
(...)
"Un
peu partout, au niveau de la vie quotidienne, il y a dans
le sillage des incompréhensions, des milliers
d'assassinats psychiques, des déluges de bassesses,
vilenies, calomnies."
(...)
Reconnaître
la compréhension (p.125)
(...)
"Trois
démarches doivent être conjuguées pour engendrer la
compréhension humaine : la compréhension objective, la
compréhension subjective, la compréhension
complexe."
(...)
La
compréhension de la complexité humaine (p.127)
(...)
La
compréhension complexe de l'être humain refuse de
réduire autrui à un seul trait et le considère dans sa
multidimensionnalité.
(...)
La
compréhension des contextes (p. 129)
(...)
"L'exercice
incontrôlé du pouvoir peut libérer le génie de la
malfaisance, ce qui fut le cas pour Hitler et Staline.
Aussi, les possibilités de génie ou de démence, de
cruauté ou de bonté, de sainteté ou de monstruosité,
virtuelles en tout être, peuvent se déployer dans des
circonstances exceptionnelles."
(...)
Comprendre
l'incompréhension (p.130)
(...)
Le
méta-point de vue
(...)
"Le
principe de réduction est inhumain quand il s'applique à
l'humain. (...) Il empêche de comprendre que nul criminel
n'est intégralement criminel, et qu'il a lui aussi une personnalité
multiple."
L'erreur
(p. 131)
(...)
"La
source de la connaissance et la source de l'erreur sont
les mêmes".
(...)
L'indifférence
(...)
"Nous
refoulons de notre esprit les malheurs proches comme les
malheurs lointains." (...) ""Dans
l'opprimé d'hier l'oppresseur de demain" disait trop
justement Victor Hugo."
(...)
L'incompréhension
de culture à culture
(...)
La
possession par les dieux, les mythes, les idées (p.
133)
(...)
L'ego-centrisme
et l'auto-centrisme
(...)
L'abstraction
(...)
L'aveuglement
(...)
La
peur de comprendre (p. 135)
"La
peur de comprendre fait partie de l'incompréhension"
(...)
Terrible
travail de compréhension. Paradoxes et contradictions
"Le
travail de compréhension a quelque chose de terrible,
parce que celui qui comprend se met en dissymétrie totale
avec celui qui ne peut ou ne veut comprendre, et notamment
avec le fanatique qui ne comprend rien, et qui ne comprend
évidemment pas qu'on le comprend."
(...)
Les
commandements de la compréhension (p. 137)
"La
compréhension rejette le rejet, exclut l'exclusion."
(...)
L'incompréhension
entretien la barbarie des rapports humains au sein de la
civilisation. Tant que nous demeurerons tels, nous
resterons des barbares et replongerons dans la barbarie."
(...)
La
compréhension porte en elle une potentialité de
fraternisation qui nous invite à nous reconnaître comme
enfants de la Terre-Patrie."
V.
Magnanimité et pardon (p.141)
Du
talion au pardon
"L'idée
archaïque de la justice s'exprime par le talion. oeil
pour oeil, dent pour dent, meurtre pour meurtre. Le talion
est à la fois vengeance et châtiment."
(...)
Au-dessus
de la punition et de la vengeance, la magnanimité, la
mansuétude, la clémence sont les précurseurs du
pardon."
(...)
Le
pardon
"Bien
qu'existent dans toutes les civilisations la faute, le
sacrilège, la honte de soi-même, la culpabilité, et que
dans beaucoup il soit recommandé de pratiquer clémence
et magnanimité, le pardon en tant que tel surgit de
l'intérieur de la religion de Moïse comme acte divin
annuel absolvant le peuple élu de ses péchés."
(...)
Le
pardon de Jésus se fonde sur un double argument...
"Que celui qui n'a jamais pêché jette la première
pierre" (...)
"Ils
ne savent pas ce qu'ils font"
(...)
Le
pari du pardon (p. 144)
"J'en
arrive à ce point capital : le pardon est un pari
éthique ; c'est un pari sur la régénération de celui
qui a failli ou défailli ; c'est un pari sur la
possibilité de transformation et de conversion au bien de
celui qui a commis le mal."
(...)
"Faut-il
subordonner le pardon au repentir ? Le repentir ouvre la
voie au pardon, mais je crois aussi que le pardon peut
ouvrir la voie au repentir, et qu'il offre ainsi une
chance de transformation."
(...)
"Le
pardon est un acte de confiance. Les relations humaines ne
sont possibles que dans la dialogique de confiance et de
méfiance, qui comporte la méfiance de la méfiance. On
peut certes tromper la confiance. Mais la confiance
elle-même peut vaincre la méfiance. La confiance est
incertaine mais nécessaire. C'est pourquoi le pardon,
acte de confiance en la nature humaine, est un pari."
Le
pardon politique (p. 146)
(...)
Mémoire
et pardon (p. 147)
"Le
non-châtiment signifie-t-il l'oubli, comme le pensent
ceux pour qui punir servirait à maintenir la mémoire des
crimes subis ?"
(...)
"Ce
n'est pas parce que Papon passera éventuellement dix ans
en prison que la mémoire d'Auschwitz sera
renforcée."
(nota
: je
suis réservée sur ce point)
(...)
"Ce
qui me terrifie est plutôt la dégradation et la
déperdition de l'expérience. En Israël, sauf pour une
minorité, les descendants des juifs séculairement
humiliés et persécutés ont humilié et méprisé les
palestiniens. Le risque n'est pas seulement l'oubli des
crimes commis, il est aussi celui d'oubli pour autrui de
la leçon des souffrances vécues."
Impossibilité
du pardon et de la punition (p. 148)
(...)
"Le
pardon comme l'impardonnable ne connaît pas de
limite."
(...)
"Sans
doute, à une limite, comme le meurtre accompagné de
supplice sur un enfant, le pardon défaille. La punition
est dérisoire, le pardon est impensable."
(...)
"Quand
au bout de cinquante ans et plus, il ne reste que quelques
survivants parmi les fonctionnaires obéissants de Berlin
ou de Vichy, doivent-ils assumer la responsabilité de
tout le système ? Faut-il qu'ils expient les crimes de la
machines à déporter ? Plus il est difficile de localiser
l'auteur du mal, plus se développe un besoin de trouver
le coupable. (...) Ne
leur offre-t-on pas un bouc émissaire ?"
(...)
Les
humiliés, les haïs, les victimes, ne doivent pas se
transformer en humiliants, haïssants, oppresseurs :
voilà l'impératif éthique."
(...)
L'auto-examen
(p. 150)
(...)
Si
chacun d'entre nous sait qu'il y a en lui de terrifiantes
potentialités meurtrières, il cesserait de considérer
celui qui a tué comme un étranger radical ou un monstre
; il lui donnerait la chance de changer."
(...)
VI.
L'art de vivre : poésie ou/et sagesse ?
"Il
commence à nous apparaître que gagner sa vie peut aussi
signifier la perdre, que les satisfactions matérielles
s'accompagnent d'insatisfactions spirituelles, que la
réalisation du bien-être extérieur suscite un mal-être
intérieur, que les accroissements en quantité déterminent
des diminutions en qualité." (...)
"Un vide se creuse en chacun." (...)
"Notre manque profond ne serait-il pas un manque de
sagesse ?"
(...)
Dialogique
raison-passion (p. 152)
(...)
"Assumer
la dialogique raison-passion signifie garder toujours la
raison comme veilleuse, c'est-à-dire entretenir toujours
la petite flamme de la conscience rationnelle jusque dans
l'exaltation de la passion."
(...)
L'art
de vivre (p. 154)
(...)
"Vivre
de prose n'est que survivre. Vivre, c'est vivre poétiquement."
(...)
Le
savoir-aimer (p. 157)
(...)
"L'amour
concentre en lui toutes les vertus de la poésie :
communion, émerveillement, ferveur, extase ; il nous fait
vivre la non-séparation dans la séparation, il nous fait
vivre le sacré, l'adoration pour un être mortel, flétrissable,
fragile." (...)
L'incorporation
du savoir : le savoir-vivre
(...)
"Il
y a aussi une autre leçon qui est une leçon éthique
clé : incorporer nos idées dans notre vie. Tant
d'humanitaires et de révolutionnaires en idées vivent de
façon égocentriques et mesquine. Tant d'émancipateurs
en paroles sont incapables de laisser un peu de liberté
à leurs proches. Tant de professeurs de philosophie
oublient de s'enseigner à eux-mêmes un peu de sagesse. Il
faudrait essayer de ressembler un peu à ses idées."
(...)
"Au
niveau individuel, la carence auto-éthique fait négliger
les leçons de l'expérience vécue."
(...)
La
sagesse de l'esprit (p. 159)
(...)
"La
compréhension de soi comporte l'auto-examen,
l'autocritique, et tend à lutter sans relâche contre les
illusions intérieures et le mensonge à soi-même ; elle
comporte le "travailler à bien penser" qui
évite les idées unilatérales, les conceptions
mutilées, et qui cherche à concevoir la complexité
humaine."
(...)
Conclusion
(...)
"ce
n'est non plus le "juste milieu" d'Aristote,
mais le dialogue en boucle des contraires".
(...)
VII.
Conclusion auto-éthique. Re- et com-
(...)
"On
pourrait résumer l'auto-éthique par les deux
commandements :
- discipliner l'égocentrisme,
- développer l'altruisme."
(...)
"Le
préfixe d'embrassement com- se trouve à la fois
dans :
- la complexité,
-
la compréhension,
-
la communauté.
Le
verbe complectere, dont vient complexus,
signifie "embrasser". La pensée complexe est la
pensée qui embrasse le divers et réunit le
séparé."
(...)
Quatrième
partie : Socio-éthique
L'éthique
de la communauté (p.165)
"L'auto-éthique
retrouve l'éthique de la communauté qui la précède et
la transcende."
(...)
La
boucle démocratique (p. 168)
(...)
"Les
démocraties contemporaines sont en dépérissement. Ce
dépérissement tient à de multiples causes que nous
avons examinées de par ailleurs. Parmi celles-ci, les
développements corrélés de la désolidarisation et de
l'égocentrisme individuel ; les excessives
compartimentations qui font écran entre les citoyens et
la société globale ; les multiples dysfonctions,
scléroses et corruptions, dont la corruption économique,
dans une société qui n'arrive pas à se réformer :
l'accroissement dans ces conditions, d'une conscience
d'inégalité et d'iniquité. Enfin l'élargissement d'un
non-savoir citoyen : comme les développements de la
techno-science ont envahi la sphère politique, le
caractère de plus en plus technique des problèmes et
décisions politiques les rend ésotériques pour les
citoyens. Les experts compétents sont incompétents pour
tout ce qui excède leur spécialité et rendent les
citoyens incompétents sur les domaines scientifiques,
techniques, économiques couverts par leur expertises. Le
caractère hyper-spécialisé des sciences les rend
inaccessibles au profane. Cette situation rend nécessaire
une démocratie cognitive, mais celle-ci ne sera possible
que lorsque les sciences auront accompli leur révolution
qui les rendra compréhensibles et accessibles."
(...)
Les
deux universalités (p. 169)
(...)
"Comme
nous avons tenté de l'expliquer dans Terre-Patrie,
l'unification technique-économique actuelle de l'ère
planétaire produit non seulement une unification de
civilisation, mais aussi, par réaction, de multiples
fermetures communautaires, du sein desquelles il est
impossible de percevoir le destin devenu commun de
l'humanité."
(...)
"le
triomphe de l'éthique de communauté serait dans son
amplification universelle."
Annexe
: le problème d'une démocratie cognitive
(p. 171)
(...)
"Plus
la politique devient technique, plus la compétence
démocratique régresse."
(...)
"Aujourd'hui,
on demande à chacun de croire que son ignorance est
bonne, nécessaire, et on lui livre tout au plus des
émissions de télévision où les spécialistes éminents
lui font quelques leçons distrayantes."
(...)
"On
retrouve le vieux problème posé par Marx dans la
troisième thèse sur Feuerbach : qui éduquera les
éducateurs ?"
(...)
"Nous
devons nous opposer à l'intelligence aveugle qui a pris
presque partout les commandes, et nous devons réapprendre
à penser : tâche de salut public qui commence par
soi-même."
Cinquième
partie : Antropo-éthique
I.
Assumer la condition humaine
(p. 179)
"L'antropo-éthique
est médiatisée par la décision individuelle consciente,
c'est-à-dire l'auto-éthique.
Elle
ne peut être déduite de l'anthropologie, car,
répétons-le, nul devoir ne peut être déduit d'un
savoir. Mais elle peut être éclairée par
l'anthropologie complexe, et peut être ainsi définie
comme le mode éthique d'assumer le destin humain.
C'est-à-dire
:
-
(...)
-
(...)
-
(...)
-
(...)
-
(...)
-
" maintenir contre vents et marée la conscience qui
nous permet à la fois de nous autocritiquer, de nous
entre-critiquer et de nous entre-comprendre,"
-
(...)
-
(...)
-
(...)
-
"savoir qu'il n'est pas de pilotage automatique en
éthique, qu'elle affrontera toujours choix et pari,
qu'elle nécessitera toujours une stratégie."
Vers
l'humanisme planétaire (p. 180)
"L'antropo-éthique
porte en elle le caractère trinitaire de la boucle
individu/espèce/société et nous fait assumer ainsi le
destin humain dans ses antinomies et sa plénitude
..."
(...)
"Elle
lie l'éthique de l'universel et celle du singulier."
(...)
II.
Éthique planétaire (p. 183)
L'humanisme
planétaire
(...)
"L'antropo-éthique
et l'antropolitique doivent affronter l'insoutenable
complexité du monde livré à un chaos dont on ne sait
s'il est agonique ou génésique."
(...)
Les
neufs commandements (p. 185)
"L'éthique
planétaire ne peut s'affirmer qu'à partir de prises de
consciences capitales :
ici
Edgar Morin énonce ses neuf commandements
(...)
"Elle
(la mission anthropo-éthico-politique) est de civiliser
la Terre, menacée par le déchaînement des anciennes
barbaries et la généralisation de la nouvelle barbarie
glacée propre à la domination du calcul
techno-économique, d'où la nécessité d'une politique
de civilisation."
(...)
"C'est
dans ces conditions que s'imposent :
-
une éthique de la compréhension planétaire,
-
une éthique de la solidarité planétaire."
(...)
"Il
est remarquable que les premières grandes synthèses
anthropo-éthiques soient venues non d'Occidentaux, mais
de penseurs indiens intégrant les apports occidentaux
(Ramakrishna, Vivekananda, Aurobindo).
(...)
Il est remarquable que les
maux qui menacent la planète (pollution, péril
nucléaire, manipulations génétiques, destructions
culturelles, etc...) soient tous les produits de la
rationalité occidentale (Wojciechowski). Le terrorisme
planétaire lui-même, dans sa volonté de détruire
l'Occident, n'a pu se développer que grâce aux
techniques de l'Occident.
Il est non moins remarquable que droits de l'homme, droits
de la femme, démocratie, laïcité sont nés en Occident.
l'éthique planétaire ne peut être que
symbiotique."
L'éthique
planétaire (p. 188)
Société-monde
?
"Où
en somme-nous de l'ère planétaire ? Ma thèse est que la
globalisation de la fin du XXè siècle a créé les
infrastructures communicationnelles, techniques et
économiques d'une société-monde ; Internet peut être
considéré comme l'ébauche d'un réseau neuro-cérébral
semi-artificiel d'une société-monde. Mais l'économie
libérale, qui a engendré les infrastructures, rend
impossible la formation d'une telle société, puisqu'elle
inhibe la constitution d'un système juridique, d'une
gouvernance et d'une conscience commune."
(...)
III.
Les voies régénératrices (p.
191)
(...)
"Comment
civiliser en profondeur ? Comment sortir de la
préhistoire de l'esprit humain ? Comment sortir de notre
barbarie civilisée ? "
(...)
Réforme
/ transformation de société (p. 192)
(...)
"La
finalité globale de la politique de civilisation serait
de civiliser la terre et elle se conjuguerait
nécessairement avec la politique de l'humanité."
(...)
Réforme
de vie (p. 195)
"La
troisième voie est la réforme de vie." (...)
(...)
"Les
germes de réforme de vie sont disséminés un peu
partout."
(...)
"La
qualité de la vie est essentielle, si l'on considère que
les besoins poétiques de l'être humain sont
essentiels."
(...)
La
régénération morale (p. 198)
(...)
Le
concours d'une science réformée (p. 199)
(...)
Complémentarité
en boucle des réformes (p. 200)
(...)
"Aussi,
il nous faut espérer que la grande régénération
pourrait se développer et conduire à ce qui serait plus
et mieux qu'une révolution, une métamorphose."
IV.
L'espérance éthique : la métamorphose (p.203)
(...)
"Quand
un système se montre incapable de traiter ses problèmes
vitaux, alors soit il se désintègre, soit il se
transforme en un méta-système capable, lui, de traiter
ses problèmes."
(...)
Conclusions
éthiques
Conclusion
1 : du mal (p. 211)
"L'éthique
complexe reconnaît la complexité du bien et la
complexité du mal."
(...)
"Si
le mal est séparation et le bien reliance, le mal permet
le bien. Le principe de reliance ne saurait être
indépendant de son antagonisme."'
(...)
"Le
cosmos est à la fois ordre et fureur, et son ordre
s'établit au sein de sa fureur."
(...)
"Il
faut comprendre que c'est en se désintégrant que le
monde s'organise et que c'est en s'organisant que le monde
se désintègre ; cela détermine
corrélativement la cruauté du monde et la possibilité
de résistance à cette cruauté."
Le
mal de vie (p. 213)
(...)
"La
vie lutte cruellement contre la cruauté du monde et
résiste avec cruauté à sa propre cruauté."
(...)
"Enfin,
c'est à partir de l'esprit humain que la cruauté du
monde apparaît telle, parce qu'elle produit la souffrance
en même temps que la conscience de la souffrance."
L'humanité
du mal (p. 215)
(...)
"Nos
nouveaux-nés naissent en hurlant de douleur. Nous sommes
nés dans la cruauté du monde et dans la cruauté de la
vie, ce à quoi nous avons ajouté nos propres cruautés,
mais aussi nos propres bontés.
Notre destin est inscrit dans la cruauté du monde."
(...)
"Il
y a chez l'humain une formidable prolifération de
malveillance, volonté de faire le mal, jouissance à
faire le mal."
(...)
"L'être
humain contient en lui un grouillement de monstres qui se
libèrent à toutes occasions favorables."
(...)
"J'ai
pu à un moment croire que le mal et le bien ne sont que
des réifications. ce sont des émergences."
(...)
"Méphisto
se définit dans Faust de Goethe comme
"l'esprit qui nie toujours", mais la négation
n'est pas produite par le mal et ne produit pas
nécessairement le mal."
(je suis réservée sur
cette formulation)
(...)
"Satan
veut le mal, la perdition, la souffrance. Ce principe des
Ténèbres n'existent pas, mais il symbolise effectivement
le mal qui est cruauté subjective. Il n'existe pas, mais
l'aptitude satanique existe dans l'esprit humain."
(...)
"Dieu
et Satan ne sont pas hors de nous, ils ne sont pas
au-dessus de de nous, ils sont en nous. (...)
Le bien est condamné à être faible, cela veut dire
qu'il faut abandonner tout rêve de perfection, de
paradis, d'harmonie. Il est toujours menacé, persécuté.
Cela veut dire aussi qu'il induit à une éthique de
résistance."
(...)
""Il
est impossible que le mal disparaisse", disait
Socrate dans le Théétète. Oui mais il faut
empêcher qu'il triomphe."
Conclusion
2 : du bien (p. 221)
(...)
La
complexité éthique
(...)
La
fragilité éthique
(...)
La
modestie éthique
(...)
Régénérer
(p. 224)
(...)
"Régénérer
est le maître mot commun à la vie, à la connaissance,
à l'éthique : tout ce qui ne se régénère pas
dégénère."
(...)
"L'éthique
complexe régénère l'humanisme"
(...)
Espérance
/ désespérance
(...)
"L'espérance
n'est pas certitude."
(...)
"Là
où il y a désespérance, la poésie de la vie,
participation, communion, amour, apporte joie et
plénitude."
"
Muss es sein ? Es muss sein "
"Le
sens que je donne, finalement, à l'éthique, s'il faut un
terme qui puisse englober tous ses aspects, c'est la
résistance à la cruauté du monde et à la barbarie
humain".
(...)
"La
guerre de l'intelligence sévit au cœur même de l'intelligentsia."
(...)
Éthique
de la résistance (p. 229)
(...)
"Il
y a de multiples îlots de bonté parmi nous. Tout doit
partir de ces îlots de bonté..."
La
finalité éthique
(...)
"Il
nous faut atteindre l'état sacré : le sacré est un
sentiment qui apparaît à l'apogée de l'éthique et du
poétique."
(...)
La
foi éthique (p.231)
"La
foi éthique est amour. Mais c'est un devoir éthique que
de sauvegarder la rationalité au cœur de l'amour."
(...)
"C'est
docteur Love qui peut sauver Mister Hyde."
(...)
"L'amour
médecin nous dit :
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